Le 4 mars 2026, le domaine winseterra.com a été enregistré chez le registrar Tucows à 10 h 47 UTC, cinquante-trois minutes avant byronixel.com, la vitrine de trading que BrokerDefense a dénoncée le 24 août 2026. Les deux noms présentent le même profil : un enregistrement d’un an, une résolution DNS confiée à Cloudflare, un certificat Sectigo « wildcard » émis le même jour et arrivant à échéance le 8 octobre 2026, et une page de contact affichant une adresse londonienne. Surtout, les deux vitrines renvoient leurs visiteurs vers un portail de trading installé sur un nom de domaine tiers : webtrader.unprlyno-hardleyx.com pour Winseterra. La fiche ScamDoc consacrée au site affiche un indice de confiance de 1 %. Notre enquête a été menée le 7 septembre 2026.
Dernière mise à jour : 07/09/2026
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Sommaire
- Enregistré cinquante-trois minutes avant byronixel.com, déjà dénoncé
- Le portail de dépôt installé sur webtrader.unprlyno-hardleyx.com
- Huit paliers de comptes et un « CMTrading E-Book » recopié
- 40 Leadenhall Street, des numéros masqués et aucun document légal
- Après un versement sur la plateforme Winseterra, quels recours ?
- Les questions fréquentes sur la plateforme Winseterra
- Conclusion : une vitrine dont le jumeau a déjà été dénoncé
Enregistré cinquante-trois minutes avant byronixel.com, déjà dénoncé
Les données d’enregistrement publiées par le registre des .com sont sans ambiguïté : winseterra.com a été créé le 4 mars 2026 à 10 h 47 UTC chez Tucows Domains Inc., et byronixel.com le même jour à 11 h 40 UTC, soit cinquante-trois minutes plus tard, chez le même registrar. Une semaine plus tard, le 11 mars 2026, les deux portails de connexion ont suivi le même mouvement : webtrader.unprlyno-hardleyx.com a été enregistré à 12 h 21 UTC et webtrader.aberly-penterious.com à 12 h 39 UTC, dix-huit minutes d’écart. Quatre noms, deux journées de création, un seul registrar : la coïncidence statistique est exclue, et la vitrine byronixel.com ayant déjà été documentée par BrokerDefense le 24 août 2026, c’est tout naturellement par elle que commence l’analyse de winseterra.com.
Le domaine winseterra.com a été enregistré pour une durée d’un an, avec une échéance fixée au 4 mars 2027, et son titulaire n’est pas identifiable : les données d’enregistrement sont masquées, une pratique courante sur les vitrines frauduleuses. La résolution DNS passe par Cloudflare et le site est servi par un serveur nginx situé aux Pays-Bas, sur l’adresse IP 168.100.10.67. Le certificat de sécurité, un « wildcard » délivré par Sectigo le 24 mars 2026, expire le 8 octobre 2026 : une durée de validité de six mois et demi, typique des certificats renouvelés à court terme sur des infrastructures louées. Le parallèle avec byronixel.com est ici encore frappant, puisque la vitrine déjà dénoncée présente le même certificat émis le même jour avec la même échéance. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Le portail de dépôt installé sur webtrader.unprlyno-hardleyx.com
Sur winseterra.com, les boutons « Log in » et « Join the Community Now! » ne conduisent vers aucun espace client du site. Ils pointent tous deux vers webtrader.unprlyno-hardleyx.com, où sont hébergés la page de connexion et le formulaire d’inscription de la « plateforme ». Le visiteur quitte donc silencieusement la vitrine au moment précis où il s’apprête à créer un compte puis, plus tard, à verser des fonds. Les deux pages du portail répondent : le service est actif, il est simplement installé ailleurs que sur le nom que l’on présente aux clients.
Le nom principal de ce portail mérite l’attention : unprlyno-hardleyx.com n’est associé à aucune adresse IP. Seul le sous-domaine webtrader.unprlyno-hardleyx.com est maintenu en vie, comme un guichet unique ouvert en façade. Cette organisation reproduit exactement celle observée sur byronixel.com, dont le portail webtrader.aberly-penterious.com présente la même particularité, et rappelle le cas déjà documenté de Webtrader Swiss Capital Platform, où un sous-domaine « webtrader » servait de portail à un réseau blacklisté par l’AMF. Un établissement financier légitime n’installe pas l’espace où transitent les fonds de ses clients sur un domaine tiers dont le nom principal n’existe même pas.
Huit paliers de comptes et un « CMTrading E-Book » recopié
La page « Accounts » de winseterra.com présente huit types de comptes : Green (3 000 €), Bronze (10 000 €), Silver (25 000 €), Gold (50 000 €), Platinum (100 000 €), Diamond (250 000 €), Premium (500 000 €) et VIP (1 000 000 €). Chaque palier promet des « revues de marché », l’accès à des webinaires, du « Social Trading », un assistant personnel ou encore des transactions « sans risque ». Un compte « islamique » sans swap est également proposé. Plus le palier est élevé, plus les avantages s’accumulent : un escalator soigneusement construit pour amener le nouvel inscrit à verser le montant le plus important possible.
Le détail le plus révélateur se trouve dans la liste des avantages : chaque palier, du plus modeste au plus coûteux, offre un « CMTrading E-Book ». CMTrading est une autre marque de trading, dont le contenu a donc été recopié tel quel sans même retirer le nom de l’enseigne d’origine. Ce résidu trahit la production en série de vitrines quasi identiques : le même texte promotionnel, les mêmes seuils, les mêmes promesses circulent de domaine en domaine. La page d’accueil affiche par ailleurs un bandeau de cryptoactifs (Bitcoin, Ethereum, Tether, Solana, Cardano, Polygon, Dogecoin) et promet l’accès au forex, aux actions, aux indices et aux matières premières : la promesse est large, les seuils d’entrée sont élevés, et aucune information ne permet de vérifier la réalité du service.
40 Leadenhall Street, des numéros masqués et aucun document légal
La page « Contact » de winseterra.com affiche une adresse au 40 Leadenhall Street, à Londres (EC3), un quartier d’affaires réputé. Elle indique deux numéros de téléphone britanniques, mais ceux-ci sont affichés de manière tronquée : « +442\*\*\*\*2492 » pour le support et « +442\*\*\*\*1659 » pour le trading. Une société qui se présente comme un courtier international et invite ses clients à déposer jusqu’à un million d’euros ne masque pas ses numéros de téléphone sur sa propre page de contact. L’adresse électronique, [email protected], renvoie vers un nom de domaine distinct, winseterra-mail.com, qui n’héberge aucun site : il n’est utilisé que pour la messagerie.
Aucun document légal n’est accessible depuis le site : la page « Conditions d’utilisation » renvoie une erreur 404, tout comme la page « Risques ». Seule une « politique de confidentialité » générique est présentée, sans nom de société, sans numéro d’immatriculation, sans mention d’un quelconque agrément. La vitrine ne cite aucun régulateur, aucune autorité de tutelle, aucun numéro d’enregistrement : il n’existe derrière elle aucune entité identifiable à qui adresser une réclamation. C’est le décor complet de la fausse crédibilité : une adresse prestigieuse, une promesse de rendement et huit paliers de dépôt, mais zéro identité légale.
Après un versement sur la plateforme Winseterra, quels recours ?
Les personnes qui ont ouvert un compte puis versé des fonds sur le portail webtrader.unprlyno-hardleyx.com, après avoir été contactées par téléphone ou par courrier électronique depuis les coordonnées affichées sur winseterra.com, disposent de plusieurs voies. Il faut d’abord conserver l’intégralité des échanges avec les prétendus conseillers, les captures des pages de la vitrine et du portail, ainsi que les justificatifs des virements ou des paiements par carte bancaire : ce sont ces éléments qui permettront de reconstituer le circuit des fonds. Il convient ensuite de signaler les opérations à sa banque dans les plus brefs délais afin d’étudier une éventuelle procédure de rappel, en particulier pour les virements récents. Un dépôt de plainte peut être envisagé, en s’appuyant sur notre guide complet sur la procédure pénale, et le site peut être signalé sur la plateforme ScamDoc.
La confrontation avec byronixel.com, enregistré moins d’une heure après winseterra.com chez le même registrar et doté du même portail « webtrader » sur un domaine tiers, doit inciter les personnes concernées à ne pas rester isolées : les victimes d’une même production en série ont souvent affaire aux mêmes intermédiaires et aux mêmes circuits de paiement. Notre service d’aide aux victimes est là pour étudier chaque situation et orienter vers les démarches adaptées. L’entretien ci-dessous, mené avec Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient sur les voies que les épargnants trompés par une fausse plateforme d’investissement peuvent encore actionner lorsque la vitrine s’éteint : mise en cause des intermédiaires de paiement, négociation d’un accord amiable, plainte pénale et action devant les juridictions civiles pour obtenir réparation.
Les questions fréquentes sur la plateforme Winseterra
Rien sur le site ne permet de l’affirmer : aucune autorisation d’un régulateur financier, aucun numéro d’immatriculation, aucune société identifiable derrière l’adresse londonienne affichée. Le domaine est récent (mars 2026), le titulaire est masqué et la fiche ScamDoc affiche un indice de confiance de 1 %.
Les boutons de connexion et d’inscription de winseterra.com renvoient vers webtrader.unprlyno-hardleyx.com, un portail installé sur un domaine tiers dont le nom principal n’existe pas. Ce découplage entre la vitrine et le portail de dépôt est une signature des plateformes de trading louées clé en main par des opérateurs frauduleux.
Les deux domaines ont été enregistrés le même jour, le 4 mars 2026, à cinquante-trois minutes d’intervalle, chez le même registrar Tucows. Leurs portails respectifs ont été créés une semaine plus tard, à dix-huit minutes d’écart. Les deux sites partagent le même gabarit, les mêmes paliers de comptes et le même type de certificat : tout indique une même production en série, et byronixel.com a déjà été dénoncé par BrokerDefense.
Les tentatives de retrait sur ce type de plateforme se heurtent généralement à des frais imprévus, des blocages ou la disparition du site. Conservez toutes les preuves de versement, signalez les opérations à votre banque et contactez rapidement notre service d’aide aux victimes pour étudier les recours possibles.
Conclusion : une vitrine dont le jumeau a déjà été dénoncé
Winseterra.com cumule les marqueurs des arnaques au trading : un domaine âgé de quelques mois au titulaire masqué, un contenu recopié d’une autre marque sans même en retirer le nom, des numéros de téléphone tronqués sur la page de contact, aucun document légal, et surtout un portail de dépôt installé sur un domaine tiers dont le nom principal n’existe plus. Le plus accablant reste la chronologie : enregistré cinquante-trois minutes avant byronixel.com, chez le même registrar, avec le même gabarit et le même type de portail, winseterra.com appartient à la même production en série que la vitrine que BrokerDefense a dénoncée le 24 août 2026. Les personnes qui ont versé des fonds à Winseterra, souvent après avoir été approchées par téléphone et guidées vers le portail webtrader.unprlyno-hardleyx.com, ne sont pas seules face à ce montage. Comme toujours, BrokerDefense recommande de ne verser aucun fonds supplémentaire, de rassembler les preuves et de faire évaluer sa situation avant d’engager toute démarche : notre équipe reste à la disposition des victimes pour les accompagner.


