dysart-capital.com arnaque : l’usurpation d’une société suisse

Créé le 21 juin 2026, le site dysart-capital.com se présente comme « Dysart Capital AG » et promet jusqu’à 4,45 % d’intérêts par an sur des dépôts d’épargne. Or cette société existe réellement : elle est inscrite au registre du commerce du canton de Schwyz depuis une douzaine d’années, et son activité de gestion de patrimoine ne lui permet pas de recevoir les dépôts que cette vitrine s’emploie à collecter en son nom.

Dernière mise à jour : 27/08/2026

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Capture de la page d'accueil de dysart-capital.com

Une société suisse bien réelle derrière le nom d’emprunt

La vraie Dysart Capital AG est une société par actions inscrite au registre du commerce du canton de Schwyz, sous le numéro CH-130.3.019.116-2 et le numéro d’identification CHE-422.830.437. Son siège est domicilié au Summelenweg 93, 8808 Pfäffikon SZ, en Suisse. Constituée il y a une douzaine d’années, elle exerce une activité de family office et de conseil en gestion de patrimoine dans les domaines de la stratégie, de l’immobilier, des participations, de la fiscalité, du droit et des finances. Son objet statutaire exclut précisément les activités soumises à la loi sur les banques et à la loi sur les bourses : elle n’est pas un établissement de dépôt et ne peut pas recevoir l’argent du public comme le ferait une banque.

Or la vitrine dysart-capital.com reprend point par point cette identité : le nom de la société, son adresse suisse de Pfäffikon, une adresse allemande à Munich (Mies-van-der-Rohe-Straße 6, 80807 München), un numéro de téléphone allemand et le même numéro d’inscription au registre. En pied de page, le site affiche la mention « FINMA » suivie de ce numéro de registre, comme s’il s’agissait d’un agrément de surveillance. C’est un procédé classique d’usurpation : prendre l’habillage complet d’une entreprise existante pour donner l’apparence d’un établissement contrôlé, alors qu’aucune autorité n’a délivré le moindre agrément à ce domaine créé en juin 2026. Ce détournement d’identité d’une société réelle rappelle le cas d’orsay-participations.com, une holding dont le nom avait été repris sans autorisation, documenté par BrokerDefense.

Un domaine de deux mois, masqué derrière un empilement de protections

Les données d’enregistrement du domaine dysart-capital.com indiquent une création le 21 juin 2026, pour une durée d’un an seulement, auprès d’un registrar qui n’effectue qu’un minimum de vérifications d’identité. Le nom ne résout vers aucune infrastructure propre : il pointe vers les adresses du réseau Cloudflare, et le site est entièrement enveloppé dans l’écosystème de ce fournisseur (système de noms de domaine, réseau de diffusion, hébergement et mesure d’audience), ce qui rend impossible l’identification de l’hébergeur réel. Un investissement d’un an, derrière un empilement d’anonymisation, est le profil typique des opérations conçues pour disparaître.

Le certificat de sécurité du site est délivré par une autorité qui ne procède à aucune vérification d’identité, de type « wildcard » couvrant les sous-domaines, et n’est valable que quatre-vingt-dix jours, du 19 août au 17 novembre 2026. Ce type de certificat, renouvelé sans contrôle d’identité et adapté aux infrastructures multi-sous-domaines, se retrouve régulièrement sur les fausses plateformes financières. Nos outils techniques n’ont par ailleurs relevé aucune archive historique du domaine : la vitrine n’a aucun passé, ce qui confirme sa création récente. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Des dépôts rémunérés jusqu’à 4,45 % : la promesse impossible d’un gestionnaire d’actifs

La promesse commerciale est simple : placer son argent en « Festgeld » (dépôt à terme) ou en « Tagesgeld » (dépôt à vue) auprès de banques européennes supposément sélectionnées, avec des intérêts « garantis » allant jusqu’à 4,45 % par an, des durées de trois mois à dix ans, et une « protection européenne » de 100 000 euros par établissement, voire 200 000 euros « en partenariat ». Le site affiche des badges de « Testsieger 2024 & 2025 » (vainqueur des tests), revendique plus de 10 000 épargnants dans la région DACH et publie des témoignages de clients identifiés seulement par leurs initiales.

Le problème n’est pas le niveau des taux, c’est l’intermédiaire. Une société de gestion de patrimoine, fût-elle réellement inscrite au registre suisse, n’est pas un établissement de crédit : elle ne peut pas recevoir de dépôts et ne peut donc pas offrir la moindre garantie de dépôt européenne, qui ne s’applique qu’aux banques agréées. Pour collecter les fonds, le site ne propose d’ailleurs aucune procédure bancaire identifiable : un formulaire de contact demande nom, adresse électronique, numéro de téléphone, montant envisagé (par paliers allant jusqu’à plus d’un million d’euros) et type de produit choisi. Un « portail client » accessible par une simple page d’identification complète le décor. Aucun établissement de paiement, aucune société française déclarée (le site ne mentionne ni SIREN ni SIRET pour sa vitrine allemande), et une seule adresse électronique de contact : la signature habituelle des opérations montées à la chaîne pour récupérer des coordonnées puis des virements. Le parallèle avec optima-cred, la fausse banque qui se prétendait licenciée, est frappant : même recours à une apparence d’autorisation, même absence d’existence opérationnelle réelle.

Une production de masse : textes générés et analyse refusée

Nos outils techniques indiquent que les textes de la vitrine présentent une forte probabilité d’avoir été produits par une intelligence artificielle, du texte d’accueil aux réponses de la foire aux questions. Le détail le plus parlant se trouve dans le fichier de configuration destiné aux robots d’indexation : le site refuse l’accès aux robots d’indexation des intelligences artificielles (GPTBot, ClaudeBot, Google-Extended, Applebot-Extended, Bytespider, Amazonbot, CCBot, meta-externalagent) et interdit explicitement l’utilisation de son contenu pour l’entraînement de modèles. Une plateforme dont les pages sont elles-mêmes le produit d’une génération par intelligence artificielle prend soin de se soustraire aux outils qui analysent l’intelligence artificielle : la contradiction dit beaucoup sur la nature du montage.

Pour compléter l’apparence de sérieux, la page intègre des modules de cours de marché d’un fournisseur de données financières, sans aucune relation avec des dépôts d’épargne, et une carte Google Maps censée situer le bureau de Munich. La fiche de confiance publiée par le service indépendant ScamDoc attribue au domaine un indice de confiance de 25 % seulement, classé « faible ». Consultez la fiche ScamDoc de dysart-capital.com pour le détail. Au jour de notre enquête, le site ne figurait pas encore sur les listes noires des autorités françaises : l’absence d’inscription ne change rien au diagnostic, les signalements prenant généralement plusieurs semaines après l’apparition d’une vitrine. La page générale des listes noires et mises en garde de l’AMF permet de vérifier l’évolution de la situation.

Dans la vidéo ci-dessous, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, revient sur un jugement d’escroquerie lié à de faux investissements : la condamnation d’une banque pour manquement à son devoir de vigilance, l’indemnisation complète des victimes et le rôle des virements bancaires dans ce type de dossier. Un éclairage directement utile aux épargnants qui ont transféré des fonds vers une vitrine telle que dysart-capital.com.

Vous avez transféré des fonds à dysart-capital.com : les démarches utiles

Si vous avez versé de l’argent après un échange avec un « conseiller » de dysart-capital.com, conservez immédiatement tous les éléments : les courriels échangés depuis [email protected], les relevés des virements effectués vers les comptes indiqués, les captures du « portail client » et des pages affichant la promesse de 4,45 % par an. Signalez la plateforme aux autorités et déposez plainte : notre page Le pénal / Porter plainte détaille la procédure. Méfiez-vous de toute offre de « récupération de vos fonds » contre le versement d’une avance : ces propositions émanent souvent des mêmes réseaux. Contactez notre service d’aide aux victimes : un dossier complet est constitué pour chaque cas documenté, et nos avocats partenaires évaluent les recours possibles, notamment la responsabilité des banques destinataires des virements.

FAQ : que vaut l’offre Festgeld de dysart-capital.com ?

Dysart Capital AG est-elle une vraie société ?

Oui, une société suisse de gestion de patrimoine inscrite au registre du commerce du canton de Schwyz existe bien sous ce nom depuis une douzaine d’années. Mais elle n’a aucun lien avec le site dysart-capital.com, dont le domaine a été créé en juin 2026.

Le site est-il autorisé par la FINMA ?

La mention « FINMA » affichée en pied de page renvoie au numéro d’inscription au registre du commerce de la société réelle. Ce n’est pas un agrément de surveillance, et rien n’autorise ce site à recevoir des dépôts du public.

Puis-je réellement obtenir 4,45 % d’intérêts garantis ?

Aucun rendement n’est garanti par cette vitrine. La « protection européenne » jusqu’à 100 000 euros ne s’applique qu’aux dépôts placés auprès de banques agréées, pas aux sommes versées à un intermédiaire non autorisé.

Que faire si j’ai déjà envoyé de l’argent ?

Conservez toutes les preuves (courriels, virements, captures du portail), signalez le site aux autorités et contactez notre service d’aide aux victimes. Le dépôt de plainte est possible, comme expliqué sur notre page « Le pénal / Porter plainte ».

En l’état, dysart-capital.com n’est qu’une vitrine de deux mois construite autour d’une identité d’emprunt : celle d’une société suisse qui n’a jamais mandaté personne pour collecter des dépôts en son nom. Les épargnants germanophones, et plus largement européens, qui ont versé des fonds sur la foi d’intérêts « garantis » et d’une « protection » européenne se retrouvent face à un intermédiaire sans agrément, sans procédure bancaire identifiable et sans aucun historique. Avant de confier la moindre somme à un comparateur de dépôts, vérifiez systématiquement l’existence légale de l’intermédiaire, son agrément et l’absence de mise en garde : c’est l’évaluation préalable que BrokerDefense recommande dans tous ses dossiers.

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