Tradevexa.com arnaque : la vitrine retirée, le nom conservé

Une adresse tenue, une vitrine qui n’est plus servie

Au 3 octobre 2026, la racine de tradevexa.com répond encore, mais la vitrine de courtier présentée le 5 juillet 2026 sous l’enseigne « TradeVexa » n’est plus servie : aucune des pages qui composaient cette plateforme ne répond, et l’adresse ne délivre plus qu’un gabarit d’application sans enseigne, portant le seul intitulé générique « DEMO ».

Ce constat s’inscrit dans un schéma que nous documentons régulièrement : des noms enregistrés pour une durée courte, exploités quelques semaines ou quelques mois sous l’apparence d’un courtier, puis vidés de tout contenu identifiable sans pour autant être abandonnés. Le nom reste tenu, le certificat est renouvelé, mais la plateforme qui recevait les dépôts a disparu. Quiconque a déposé des fonds sur cette enseigne ne trouve plus, en face, qu’une infrastructure sans marque exploitable.

Ce type de construction n’est pas isolé. Nos recherches sur des adresses voisines révèlent des montages identiques, comme en témoigne notre enquête sur dexmarketspro.com, publiée à la même période et présentant des caractéristiques d’infrastructure comparables.

Le nom tradevexa.com demeure enregistré jusqu’au 15 novembre 2026. Son entretien actif, attesté par le renouvellement récent du certificat et la persistance des serveurs de noms, distingue cette situation d’un simple abandon technique : quelqu’un maintient ce nom opérationnel sans y faire fonctionner la plateforme d’origine.

Dernière mise à jour : 03/10/2026

📄 Document

BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par tradevexa.com, réalisée le 5 juillet 2026. On y retrouve l’enseigne « TradeVexa », la mention « Fully regulated broker » et le sélecteur anglais, grec et italien.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Capture de la vitrine servie par tradevexa.com le 5 juillet 2026

Chez Mat Bao, une inscription vietnamienne et un nom entretenu

Le nom tradevexa.com a été enregistré le 15 novembre 2025 auprès de MAT BAO CORPORATION, société vietnamienne dont c’est le bureau d’enregistrement habituel pour cette région. L’échéance est portée au 15 novembre 2026, soit une durée d’inscription initiale d’un an, cohérente avec les délais observés sur des constructions comparables. Le statut « client transfer prohibited » verrouille le nom chez ce bureau d’enregistrement pour toute la durée de l’inscription.

La résolution du nom s’appuie sur deux serveurs de noms Cloudflare : cody.ns.cloudflare.com et delilah.ns.cloudflare.com. La diffusion des réponses transite par le réseau Cloudflare : deux adresses de machine du même bloc desservent le nom, dont 188.114.97.3. Ce dispositif, courant dans les constructions de cette nature, assure à la fois la disponibilité du nom et une certaine opacité sur l’infrastructure réelle.

Le nom est protégé par un certificat délivré par Google Trust Services (autorité WE1), valable du 6 septembre 2026 au 5 décembre 2026 et portant sur le nom comme sur ses sous-domaines. Ce renouvellement récent confirme que le nom est activement maintenu. Il convient de rappeler qu’un certificat de ce type atteste uniquement du chiffrement des échanges entre le navigateur et le serveur ; il ne renseigne en rien sur la légitimité de l’enseigne ni sur l’existence d’un agrément.

Tous ces paramètres figurent dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Un gabarit de démonstration là où se tenait le courtier

Ce que l’adresse tradevexa.com délivre au 3 octobre 2026 n’est pas une plateforme de courtage : c’est un gabarit d’application monopage construit sur la technologie Nuxt, dont les métadonnées portent l’intitulé générique « DEMO ». Ce même intitulé est utilisé comme nom d’enseigne dans le texte de présentation, qui reprend mot pour mot la promesse d’origine : un courtier international donnant accès à plus de 130 instruments répartis sur 6 classes d’actifs. Les cotations affichées sont des valeurs d’exemple figées, sans aucune connexion à un flux de marché réel.

Les logos de moyens de paiement Skrill, Mastercard, PayPal et Trustly restent chargés, de même que les bibliothèques de graphiques boursiers Highcharts et lightweight-charts. Ces éléments sont présents dans le code de la page sans pour autant être rattachés à une fonctionnalité opérationnelle : aucun formulaire d’inscription fonctionnel n’est proposé. La mise en scène d’un courtier subsiste, mais tout ce qui permettrait d’y verser des fonds a été retiré.

Les pages qui composaient la plateforme d’origine, qu’il s’agisse des rubriques à propos, plateforme de trading, types de comptes, contact ou annonces, renvoient désormais une erreur de page introuvable. L’adresse d’interface déclarée dans le code de l’application, apis.metas22022.xyz, ne résout plus dans le système d’adressage et porte le statut « client hold » auprès de son bureau d’enregistrement depuis une modification relevée en avril 2026 : le moteur qui devait alimenter la plateforme en données est lui aussi hors d’atteinte.

Cette architecture résiduelle évoque d’autres constructions que nous avons documentées. Safacapltd présente une organisation similaire : une vitrine de courtier construite sur des composants standards, retirée après une courte période d’activité, laissant derrière elle un nom encore tenu mais une plateforme inaccessible.

La promesse d’un courtier « fully regulated », sans agrément

La vitrine relevée en juillet 2026 était un site de courtage multilingue, disponible en anglais, en grec et en italien. Sa construction reposait sur WordPress et Elementor, complétés par le thème Betheme et une boutique WooCommerce détournée de son usage commercial habituel pour habiller une offre financière. Cette combinaison technique est fréquemment observée dans des constructions de cette nature : elle permet de déployer rapidement un site d’apparence professionnelle sans développement sur mesure.

La plateforme annonçait l’accès à plus de 130 instruments répartis sur 6 classes d’actifs, des dépôts acceptés par virement bancaire ou par crypto-monnaie, et une exécution rapide des ordres. Sur la page d’accueil figuraient trois arguments côte à côte : « Fully regulated broker », « No Commissions » et « Tight Spreads ». La mention de régulation n’était étayée par aucun numéro d’agrément, aucune référence à une autorité de surveillance, aucun lien vers un registre public.

Les bibliothèques jQuery, Bootstrap et LottieFiles assuraient l’interactivité visuelle de la vitrine, tandis qu’un outil de gestion de balises et un dispositif de mesure d’audience, tous deux signés Google, étaient intégrés au code : des données de navigation y étaient donc collectées pendant toute la durée d’exploitation de la plateforme.

Nos relevés techniques ont suivi ce nom depuis sa mise en service fin 2025. La présence de WordPress a cessé d’être relevée après le 24 juin 2026, soit environ dix jours avant la publication de notre premier article. La substitution du gabarit Nuxt à la vitrine WordPress marque une rupture nette dans l’exploitation du nom, sans que celui-ci soit pour autant abandonné.

Aucune inscription de ce nom sur les listes du régulateur

La vérification menée le 3 octobre 2026 est sans ambiguïté : aucune entrée correspondant à tradevexa.com n’apparaît dans les avertissements que publie l’AMF. Cette absence ne constitue pas un certificat de régularité : une enseigne peut être signalée dans d’autres pays, ou simplement ne pas encore avoir fait l’objet d’une mise en garde formelle.

La présence d’un certificat récemment renouvelé et d’un nom maintenu actif ne renseigne en rien sur l’existence d’un agrément ni sur une société immatriculée auprès d’une autorité de surveillance. Le chiffrement de la connexion et la continuité technique du nom sont des attributs purement infrastructurels, sans lien avec la légitimité de l’opérateur.

Un nom entretenu sans être exploité place l’opérateur dans une situation particulière : il conserve le contrôle du nom, peut y redéployer une nouvelle vitrine à tout moment, mais reste hors de portée des épargnants qui ont confié des fonds à l’enseigne précédente et cherchent un interlocuteur. Cette configuration est précisément celle que nos vérifications révèlent à cette adresse.

Ce que la banque qui a exécuté les ordres peut encore dire

La vitrine retirée, l’établissement qui a exécuté les virements vers l’enseigne TradeVexa devient le dernier interlocuteur encore joignable. La première étape consiste à réunir les pièces bancaires et les confirmations d’ordre correspondant aux dépôts effectués. Ces pièces permettent de reconstituer un historique précis : montants, dates, références de transaction et coordonnées bancaires ou adresses de portefeuille crypto utilisées lors des versements.

Identifier l’intermédiaire qui a réceptionné les fonds est une démarche distincte et complémentaire : l’établissement de paiement ou la plateforme crypto ayant traité le virement peut être sollicité pour fournir des informations sur le bénéficiaire final. L’établissement qui a laissé passer l’opération peut également être interrogé sur les dispositifs de vigilance appliqués à ce type de transaction.

Conserver l’intégralité des échanges avec la personne qui se présentait comme gestionnaire de compte, qu’il s’agisse de courriels, de messages sur une application de messagerie ou de captures des espaces de discussion intégrés à la plateforme, constitue un élément central de tout dossier. Ces pièces établissent la relation entre la victime et l’enseigne et documentent les promesses formulées.

La voie pénale reste ouverte quelle que soit la situation actuelle de l’adresse. Notre page consacrée à cette voie expose la manière de bâtir un dossier recevable.

Maître Julie Younes, avocate établie à Paris, expose dans l’entretien ci-dessous les mécanismes du faux investissement, les conditions dans lesquelles une indemnisation des victimes peut être recherchée, le recours précontentieux et le protocole transactionnel, ainsi que l’articulation entre le volet pénal et le volet civil.

Le dossier tradevexa.com en trois réponses

TradeVexa affichait la mention « Fully regulated broker » : cela signifie-t-il qu’elle disposait d’un agrément ?

Non. La mention « Fully regulated broker » figurait sur la vitrine d’origine aux côtés des arguments « No Commissions » et « Tight Spreads », sans qu’aucun numéro d’agrément, aucune référence à une autorité de surveillance ni aucun lien vers un registre public ne vienne l’étayer. Nos vérifications menées le 3 octobre 2026 confirment qu’aucune inscription de ce nom n’apparaît sur les listes tenues par l’Autorité des marchés financiers.

La plateforme TradeVexa a disparu : est-il encore possible de récupérer des fonds versés à cette enseigne ?

Que la vitrine ait été retirée ne ferme pas toutes les voies d’action. Il convient de réunir les pièces bancaires et les confirmations de virement liées aux dépôts, d’identifier l’intermédiaire qui a réceptionné les fonds et de conserver tous les échanges avec le prétendu gestionnaire de compte. Une plainte pénale peut être déposée sur la base de ces pièces, et l’établissement de paiement ayant traité l’opération peut être interrogé sur les conditions dans lesquelles la transaction a été exécutée.

Pourquoi l’adresse tradevexa.com est-elle encore accessible si la plateforme de courtage a disparu ?

Le nom est enregistré jusqu’au 15 novembre 2026 auprès de MAT BAO CORPORATION et son certificat a été renouvelé en septembre 2026 : quelqu’un maintient activement cette infrastructure. La racine de l’adresse délivre désormais un gabarit d’application générique portant l’intitulé « DEMO », sans formulaire fonctionnel ni connexion à un flux de données réel. Ce maintien technique ne témoigne d’aucune activité régulée et ne signifie pas que la plateforme d’origine peut reprendre du service à tout moment.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 03/10/2026

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