Finarionaxi arnaque : la fausse plateforme crypto désormais bloquée par Cloudflare

Bloqué par Cloudflare, mais un certificat renouvelé en juillet 2026

Le 13 août 2026, nos vérifications confirment un fait doublement révélateur : finarionaxi.fr est bloqué par Cloudflare, qui refuse de livrer le moindre contenu, tandis que son certificat SSL Let’s Encrypt a été renouvelé le 22 juillet 2026, soit près de trois mois après la publication de notre enquête du 25 avril 2026. Le CDN renvoie une erreur 403 « Attention Required! » accompagnée de la page « Sorry, you have been blocked ». Aucun contenu de la plateforme n’est servi.

Le domaine, lui, répond toujours. Il résout dans le DNS vers l’adresse 185.191.124.115 et reste actif au registre AFNIC jusqu’au 20 novembre 2026. Ce n’est donc pas une disparition silencieuse : c’est Cloudflare qui a tranché, en refusant de relayer la plateforme. Or, un renouvellement de certificat SSL n’est pas un acte passif. Il suppose une intervention délibérée des opérateurs. Ils ont maintenu l’infrastructure en état de marche après avoir été démasqués, puis le CDN les a neutralisés.

Notre enquête initiale avait déjà identifié les signaux d’alerte : plateforme de trading crypto présentée comme « pilotée par intelligence artificielle », témoignages fabriqués, adresse IP partagée avec plus de vingt domaines suspects, hébergement offshore. Le blocage par Cloudflare valide ce diagnostic sur le fond.

Un domaine enregistré en novembre 2025 chez un registrar tchèque, jamais modifié depuis

Les données d’enregistrement du domaine, vérifiées le 13 août 2026 auprès du registre national du .fr (AFNIC), dressent un portrait sans ambiguïté. Finarionaxi.fr a été créé le 20 novembre 2025 chez GRANSY s.r.o., opérant sous la marque Subreg.cz, dont le siège est à Prague, en République tchèque (IANA 1505). La date d’expi

Dernière mise à jour : 13/08/2026

ration est fixée au 20 novembre 2026.

Le dernier changement enregistré au registre remonte au 25 novembre 2025, soit cinq jours après la création. Depuis, rien. Le titulaire est masqué derrière l’anonymisation AFNIC, sous l’identité fictive « Ano Nymous ». Les contacts administratif et technique sont enregistrés au nom de Terezie Dockalova. Les serveurs de noms utilisés sont ns01.fenravo.com et ns02.fenravo.com, hors du réseau Cloudflare. Le DNSSEC n’est pas activé. La fiche WHOIS complète sur DomainTools permet de consulter l’historique complet de cet enregistrement.

Par ailleurs, l’évaluation ScamDoc de finarionaxi.fr documente indépendamment les signaux de risque associés à ce domaine, et constitue un élément utile à conserver pour toute démarche ultérieure.

Avant d’aller plus loin, les victimes d’une fausse plateforme d’investissement ont intérêt à comprendre les recours disponibles. Me Julie Younes, avocate au barreau de Paris spécialisée dans les escroqueries financières, détaille dans la vidéo ci-dessous les voies d’action concrètes : recours précontentieux, protocole transactionnel, procédure pénale et civile, dépôt de plainte, et conditions d’indemnisation pour les victimes de faux investissements.

Une adresse IP mutualisée avec plus de vingt domaines suspects

En avril 2026, le serveur hébergeant finarionaxi.fr était localisé aux Seychelles. Le TTL DNS était réglé à cinq secondes, une valeur extrêmement courte qui facilite les migrations rapides d’infrastructure. Notre analyse avait également relevé des erreurs 403 intermittentes dès cette époque, signe que le blocage par Cloudflare n’était pas soudain mais progressif.

L’adresse IP 185.191.124.115 était partagée avec plus de vingt domaines aux noms construits sur le même modèle : aivontrixen.at, apexionty.at, arbinio.at, arbivex.at, axiventro.at, balvionex.at, bitfinexapp.at, cifrenit.at, crenoxhala.at, dornatrixel.at, dravexoly.at, dravixen.at, faraxifeturam.at, fenextor.at, fetunxorium.at, fextuntex.at, finlorepex.at, fyvexlabfin.at, givirtrinxes.at, gowarapex.at. Tous en extension autrichienne (.at), tous hébergés sur le même serveur. Ce type d’infrastructure mutualisée est caractéristique d’opérations d’escroquerie industrialisées, où un même réseau sert plusieurs vitrines simultanément.

Cependant, finarionaxi.fr se distinguait par son extension française (.fr), qui lui conférait une apparence de légitimité supplémentaire auprès d’un public francophone. Nous avons documenté des cas similaires, notamment Bitazalium et AzaliumBit, deux domaines d’une arnaque crypto désormais également bloqués par Cloudflare.

Un robot de trading « intelligent » et des aveux dissimulés dans les CGU

La plateforme promettait des gains 24h/24 et 7j/7 grâce à un prétendu « robot de trading intelligent ». Les témoignages mis en avant étaient invérifiables : un certain « Matthew Davis » aurait transformé 1 870 dollars en 4 145 dollars de profit. Aucune identité réelle, aucune preuve, aucune trace vérifiable.

Les conditions d’utilisation contenaient pourtant un aveu remarquable : « tous les participants sont des acteurs professionnels ». Une clause supplémentaire précisait que « Finarionaxi et les autres noms de marque mentionnés sur notre site web sont utilisés uniquement à des fins promotionnelles et ne représentent pas des entreprises ou des fournisseurs de services spécifiques ». En d’autres termes, les opérateurs reconnaissaient eux-mêmes que les marques affichées (BBC, Fox News, Sky News, Binance, Coinbase, Gemini) étaient utilisées sans autorisation.

En complément, le site proposait un « bonus de bienvenue de 200 dollars » et « 6 mois d’accès VIP gratuit ». La responsabilité maximale des opérateurs était plafonnée à 100 dollars dans les CGU. Aucune entité juridique identifiable, aucune adresse physique vérifiable, seule une adresse email générique : [email protected].

Une infrastructure entretenue jusqu’au blocage

Le serveur répond aujourd’hui avec le header « Server: openresty », framework OpenResty. En avril 2026, la plateforme reposait sur jQuery 3.7.1, Bootstrap 5.3.2 et une bibliothèque intl-tel-input, conçue pour collecter des numéros de téléphone internationaux via un formulaire d’inscription. Les endpoints API identifiés incluaient /api/v1/login, /api/v1/sign-up, /api/v1/contact et /api/v1/add-visit, avec un jeton CSRF actif.

Le certificat SSL d’origine, un Let’s Encrypt E7 en wildcard couvrant *.finarionaxi.fr et finarionaxi.fr, avait été émis le 20 mars 2026 et a expiré le 18 juin 2026. Un nouveau certificat Let’s Encrypt YE1 a été émis le 22 juillet 2026, valable jusqu’au 20 octobre 2026. Ce renouvellement, intervenu après notre publication du 25 avril 2026, prouve que les opérateurs ont délibérément maintenu l’infrastructure active. Toutefois, Cloudflare a finalement refusé de servir le contenu. Des plateformes comparables, comme Rodaxo.ai ou Primextradeglobal, ont suivi une trajectoire similaire après leur dénonciation.

Les démarches pour les personnes ayant interagi avec finarionaxi.fr

Le formulaire d’inscription collectait nom, prénom, adresse email et numéro de téléphone. Les CGU précisaient explicitement que ces données étaient « divulguées à des fournisseurs de services de négociation tiers ». En pratique, cela signifie que les personnes inscrites ont pu être contactées par des centres d’appels, invitées à déposer des fonds sur une plateforme sans identité légale ni licence reconnue.

Dès lors, deux situations méritent une attention particulière. D’abord, les personnes ayant effectué des virements bancaires ou des transferts en cryptomonnaies doivent rassembler tous les justificatifs disponibles : confirmations de virement, captures d’écran des échanges, adresses de portefeuilles crypto utilisées. Ensuite, il faut se méfier des faux intermédiaires de récupération de fonds, qui ciblent précisément les victimes d’arnaques financières en se présentant comme des spécialistes du recouvrement.

Un dépôt de plainte auprès du procureur de la République constitue l’étape formelle indispensable. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille les étapes à suivre, les pièces à réunir et les délais à respecter. BrokerDefense peut par ailleurs fournir un rapport de recherches complet, documentant l’infrastructure, les données d’enregistrement et les éléments techniques identifiés, destiné à accompagner ce dépôt de plainte.

Finarionaxi.fr ne sert plus aucun contenu depuis que Cloudflare a bloqué la plateforme. Pourtant, le domaine reste actif, le certificat SSL court jusqu’en octobre 2026, et l’adresse IP répond toujours. Les personnes qui ont communiqué leurs coordonnées ou déposé des fonds restent exposées à des tentatives de contact ultérieures. Avant toute décision, une évaluation préalable de la situation par BrokerDefense permet d’identifier les recours adaptés et de préparer un dossier solide.

finarionaxi.fr est-il toujours accessible en août 2026 ?

Non. Notre vérification du 13 août 2026 montre que Cloudflare refuse de servir le moindre contenu : la requête renvoie une erreur 403 « Attention Required! » avec la page « Sorry, you have been blocked ». Le domaine reste pourtant enregistré jusqu’au 20 novembre 2026 et résout toujours dans le DNS, mais aucune page de la plateforme n’est plus livrée.

Pourquoi le renouvellement du certificat SSL du 22 juillet 2026 est-il un signal important ?

Un certificat SSL ne se renouvelle pas tout seul : l’opération suppose une intervention délibérée des opérateurs. Or ce renouvellement est intervenu le 22 juillet 2026, près de trois mois après la publication de l’enquête BrokerDefense du 25 avril 2026. L’infrastructure a donc été entretenue après la dénonciation, avant que Cloudflare ne bloque le site.

Que faire si j’ai laissé mes coordonnées ou envoyé des fonds à Finarionaxi ?

Conservez toutes les preuves : captures d’écran, échanges par téléphone ou email, relevés de virements et de transactions en cryptomonnaies. Contactez votre banque sans délai pour signaler la fraude. Déposez plainte auprès du procureur de la République compétent. Méfiez-vous des faux intermédiaires de récupération, qui constituent une arnaque secondaire quasi systématique.

Article réécrit le 13/08/2026

2 Comments

  1. […] et finarionaxi.fr, l’autre fausse plateforme de crypto-actifs dénoncée le même jour, partageaient exactement la même adresse IP : 185.191.124.115. BrokerDefense avait publié les […]

  2. […] partageait l’adresse IP 185.191.124.115 avec Finarionaxi et Spot +7X Neraq, deux fausses plateformes de cryptomonnaies dénoncées par BrokerDefense le 25 […]

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