Neuf mois après la publication de notre enquête, le nom tcglobal.me, qui hébergeait la fausse plateforme d’investissement « Trade Credit Global UK », ne sert plus qu’une page de parking vide : le site a été abandonné par ses opérateurs fin août 2026. Ce que se présentait comme un acteur du trading et de l’investissement, enregistré au Royaume-Uni et fort d’une prétendue expertise depuis 2018, s’est évanoui en quelques heures, laissant derrière lui des épargnants qui avaient confié des fonds par virements bancaires sur la foi de rendements « garantis » allant jusqu’à 12 %. BrokerDefense avait conclu dès le 26 novembre 2025 à une plateforme frauduleuse : la bascule des serveurs de noms vers une infrastructure de stationnement, constatée le 27 août 2026, confirme cet abandon délibéré. La fiche ScamDoc de tcglobal.me affichait déjà un indice de confiance de 1 % ; aucune autorité de régulation financière, AMF, ACPR, FCA ou CySEC, n’avait jamais inscrit ce nom dans ses registres.
Dernière mise à jour : 29/08/2026
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BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de ce site frauduleux. Retrouvez son apparence originale même après sa fermeture : utile pour identifier le site, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
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Sommaire
- Le nom tcglobal.me réduit à une page de parking
- Registrar Namecheap, titulaire masqué : ce que disent les registres
- Une vitrine « UK » sans société derrière
- Des rendements « garantis » et des logos de banques sans preuve
- Vous avez investi sur Trade Credit Global : vos recours
- FAQ : vos questions sur la disparition de Trade Credit Global
Le nom tcglobal.me réduit à une page de parking
Depuis le 27 août 2026, toute tentative d’accès à tcglobal.me aboutit à une impasse. Sur le port 80, le serveur répond bien avec un code HTTP 200, mais la page servie est exclusivement une page de stationnement Namecheap intitulée « Domain registration has expired » : un contenu quasi vide généré par le script de la plateforme parity.domains, sans trace du site d’origine. Sur le port 443, la situation est encore plus radicale : aucune réponse, aucun certificat SSL, la connexion sécurisée est tout simplement impossible.
Les serveurs de noms ont basculé vers ns1.lander.d.parity.domains et ns2.lander.d.parity.domains, soit l’infrastructure de stationnement de domaines opérée par parity.domains. Les adresses IP désormais associées au nom, 104.219.250.37 et 2.59.170.20, appartiennent à cette même infrastructure. Les certificats Google Trust Services qui sécurisaient autrefois le site ont disparu : aucun certificat valide n’est plus émis pour ce nom de domaine.
Ce qui rend cet événement particulièrement significatif, c’est sa chronologie précise. La surveillance de BrokerDefense a constaté la disparition le 27 août 2026 : c’est exactement ce même jour que les données d’enregistrement enregistrent la dernière modification du domaine. Cette coïncidence n’en est pas une. Il ne s’agit pas d’une panne technique, d’un oubli de renouvellement ou d’un incident d’hébergement involontaire : les opérateurs ont délibérément basculé le domaine vers une page de parking, moins d’un an après l’avoir enregistré et neuf mois après la publication de notre enquête. Le signal est clair.
Registrar Namecheap, titulaire masqué : ce que disent les registres
La chronologie du domaine tcglobal.me est révélatrice à elle seule. Le domaine a été créé le 26 août 2025, soit quelques semaines seulement avant le lancement du site frauduleux. Sa date d’expiration prévue est le 26 août 2027, ce qui signifie que les opérateurs avaient techniquement payé deux ans d’enregistrement. Pourtant, la dernière modification enregistrée dans les données publiques date du 27 août 2026 : c’est précisément la date à laquelle le domaine a été redirigé vers l’infrastructure de stationnement, abandonnant ainsi le site plus d’un an avant l’échéance théorique.
Le registrar est NameCheap, Inc., l’un des plus utilisés par les opérateurs de plateformes frauduleuses pour sa facilité d’accès et son anonymat relatif. Le titulaire du domaine est masqué derrière le service « Withheld for Privacy ehf », une société islandaise spécialisée dans la protection de la vie privée des titulaires de noms de domaine. Ce mécanisme rend toute identification directe des opérateurs impossible depuis les registres publics. Les statuts du domaine sont clientTransferProhibited et autoRenewPeriod, ce dernier indiquant que le domaine était en période de renouvellement reconduit d’office au moment de la bascule.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une vitrine « UK » sans société derrière
L’enquête de novembre 2025 avait mis en lumière une série d’incohérences construisant l’apparence d’une légitimité britannique qui n’existait pas. Le site affichait fièrement un numéro d’enregistrement britannique, le 12235133, censé attester d’une inscription auprès des autorités commerciales du Royaume-Uni. Ce numéro est introuvable au registre Companies House : aucune société enregistrée ne lui correspond.
La première contradiction visible était l’extension du domaine lui-même : .me est l’extension nationale du Monténégro, sans aucun lien avec le Royaume-Uni. Choisir cette extension pour une entité se présentant sous le nom « Trade Credit Global UK » constitue en soi un signal d’alerte. La contradiction chronologique n’était pas moins flagrante : le site prétendait exister depuis 2018, construisant ainsi une image de solidité et d’ancienneté, alors que le domaine tcglobal.me avait été enregistré en août 2025, soit à peine quelques semaines avant le lancement.
La page de contact mentionnait un « CEO » nommé John Reid, sans qu’aucune recherche n’ait permis de rattacher ce nom à une personne réelle, à un parcours professionnel vérifiable ou à une présence en ligne cohérente. L’adresse affichée, sur St Dunstan’s Hill, EC3R 8HL à Londres, est une adresse dans un quartier financier central, mais elle n’a jamais été vérifiée comme étant effectivement occupée par la société. Le numéro de téléphone britannique affiché, commençant par +442, est un numéro facilement obtenu à distance via des services de virtualisation téléphonique, sans nécessiter aucune présence physique au Royaume-Uni.
Des rendements « garantis » et des logos de banques sans preuve
Le modèle économique affiché par Trade Credit Global reposait sur quatre paliers de compte. Le premier, intitulé « Démarrage », était accessible dès 250 dollars. Le deuxième, « Standard », nécessitait 5 000 dollars. Un troisième niveau s’ouvrait à partir de 25 000 dollars. Ces seuils progressifs sont caractéristiques des plateformes frauduleuses : ils permettent d’inciter les victimes à « monter en gamme » une fois un premier dépôt effectué. À chacun de ces paliers correspondaient des « garanties de rendement » allant de 2,5 % à 12 %. Aucun acteur régulé ne peut légalement garantir des rendements sur des placements spéculatifs : cette promesse constitue à elle seule une infraction aux règles applicables aux prestataires de services financiers.
La section « Banks And Partners » affichait les logos de Commerzbank, Deutsche Bank, HypoVereinsbank, Bondora et Payday UK, institutions réelles dont la réputation était ainsi instrumentalisée pour conférer une apparence de sérieux. Aucune preuve de partenariat avec l’une ou l’autre de ces entités n’a jamais été fournie, et aucune de ces institutions n’a confirmé une quelconque relation avec Trade Credit Global. La section « Trusted By Investors Worldwide » complétait ce dispositif avec des témoignages clients non vérifiables, rédigés dans un style générique. Le slogan « Préparez-vous à libérer la révolution » et les références à une « sécurité au niveau bancaire » et à une « technologie d’IA de pointe » participaient du même registre rhétorique destiné à rassurer sans engager.
Sur le plan technique, le site fonctionnait sous WordPress avec le thème « Paylo », un thème fréquemment rencontré sur des plateformes frauduleuses construites en série. Les plugins utilisés incluaient Elementor pour la mise en page, Contact Form 7 pour les formulaires de contact et un plugin WhatsApp Chat permettant aux opérateurs de maintenir un contact direct avec les visitimes. Le site était disponible en français, en anglais et en allemand, avec des balises hreflang correspondantes, ce qui témoigne d’une stratégie de ciblage de plusieurs pays francophones et germanophones. Cloudflare était utilisé en façade, aussi bien pour le DNS que comme réseau de distribution de contenu, masquant l’hébergeur réel : Hostinger, avec un serveur LiteSpeed et PHP. Ce recours à Cloudflare est une pratique délibérée pour compliquer l’identification de l’infrastructure réelle.
Riqueza Tradewise a opté pour la même stratégie de disparition rapide après avoir collecté des fonds auprès d’investisseurs particuliers. Sigmainvestglobal.com a suivi un parcours analogue, inscrit sur liste noire avant de se retirer du web, laissant ses victimes sans interlocuteur.
Vous avez investi sur Trade Credit Global : vos recours
Si vous avez effectué des virements bancaires vers Trade Credit Global (tcglobal.me), que ce soit au palier « Démarrage » de 250 dollars, au palier « Standard » de 5 000 dollars ou à des montants supérieurs atteignant 25 000 dollars et au-delà, votre situation appelle des démarches rapides et documentées.
La première priorité est la conservation de toutes vos preuves : relevés de virements bancaires mentionnant les montants et les bénéficiaires, courriels reçus ou envoyés aux opérateurs, captures d’écran de votre espace client, de vos soldes affichés et des promesses de rendement. Si vous avez communiqué avec les opérateurs via le plugin WhatsApp Chat intégré au site, conservez l’intégralité de ces échanges : ils constituent des éléments à valeur probatoire. Ne supprimez rien, ne répondez plus aux éventuelles sollicitations et n’effectuez aucun versement supplémentaire, notamment si l’on vous demande de payer des « frais de déblocage » ou des « taxes de retrait » pour récupérer vos fonds : ces demandes sont systématiquement frauduleuses.
Contactez votre banque pour signaler les transactions et demander si un rappel de virement est encore possible selon les délais réglementaires applicables. Engagez une procédure pénale en déposant plainte auprès des services compétents : escroquerie en bande organisée, abus de confiance et exercice illégal de l’activité de prestataire de services d’investissement sont les qualifications habituellement retenues dans ce type de dossier. Consultez également la liste noire publiée par l’AMF pour vérifier si d’autres entités liées à Trade Credit Global y figurent. BrokerDefense évalue les plateformes de trading et d’investissement en amont pour aider les épargnants à éviter ces situations.
Avant de confier des fonds à une plateforme, vérifiez systématiquement son inscription auprès des régulateurs financiers de votre pays. Un rendement garanti n’existe pas dans l’investissement spéculatif légal.
Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, intervient spécifiquement dans la défense des victimes de faux investissements en ligne. Son activité couvre l’indemnisation des victimes, les recours précontentieux, la mise en place de protocoles transactionnels avec les établissements bancaires impliqués dans les flux frauduleux, ainsi que des victoires amiables et confidentielles obtenues au bénéfice des épargnants lésés. L’interview exclusive ci-dessous, intitulée « Escroquerie – Victoires Confidentielles : interview exclusive avec Me Goce Novakov », donne un aperçu concret des leviers juridiques disponibles pour les victimes de plateformes comme Trade Credit Global.
FAQ : vos questions sur la disparition de Trade Credit Global
Non, plus sous sa forme frauduleuse. Depuis le 27 août 2026, le nom ne sert plus qu’une page de parking vide du registraire Namecheap : aucun contenu du site d’origine n’est accessible, et la connexion sécurisée (HTTPS) est impossible.
Non. Notre enquête n’a identifié aucune inscription auprès des autorités de régulation financière. Le numéro d’enregistrement britannique affiché (12235133) était introuvable au registre Companies House, et l’extension du domaine (.me) était incohérente avec l’identité « UK » revendiquée.
Conservez toutes vos preuves (relevés de virements, courriels, captures d’écran, échanges sur WhatsApp), ne répondez plus aux sollicitations et n’effectuez aucun versement supplémentaire. Signalez les transactions à votre banque, déposez plainte, et contactez notre service d’aide aux victimes pour constituer un dossier utilisable en justice.
Trade Credit Global (tcglobal.me) a ciblé des épargnants à la recherche de placements performants, en leur proposant des rendements « garantis » allant jusqu’à 12 % via des paliers de compte structurés à partir de 250 dollars. Les fonds ont été collectés par virements bancaires, sur la base d’une identité britannique fabriquée de toutes pièces et d’une ancienneté fictive remontant à 2018. Le site a disparu le 27 août 2026, laissant sans réponse ceux qui avaient fait confiance à ses promesses. Cette trajectoire illustre précisément pourquoi BrokerDefense insiste sur la nécessité de vérifier le statut réglementaire d’une plateforme avant d’y déposer le moindre euro : un rendement garanti est toujours un signal d’alerte, et une société sans inscription vérifiable auprès des régulateurs n’offre aucune protection en cas de défaillance. Avant tout engagement financier en ligne, la vérification préalable de la plateforme par BrokerDefense reste le meilleur rempart contre ce type d’arnaque.
Article réécrit le 29/08/2026


