Le 1er octobre 2026, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers a publié sur sa liste d’alerte une entrée intitulée « valgreen.ch / valgreen.xyz / valgreen-ag.com / valgreentrad.com ». Ce lundi 19 octobre, la page d’accueil de valgreentrad.com affiche pourtant, en haut de page, un bandeau en capitales : « RÉGLEMENTÉ FINMA · GESTION DE PATRIMOINE PRIVÉE ».
Sommaire
- L’alerte du 1er octobre 2026, et les quatre noms qu’elle réunit
- Trois pour cent par jour : l’arithmétique qui disqualifie les robots
- Hergiswil NW : la société à laquelle ces vitrines ne sont pas liées
- Un espace client ouvert sans compte, des mentions légales vides
- Ce qu’il reste à faire après un dépôt en cryptomonnaies
- Nos réponses aux questions les plus fréquentes
L’alerte du 1er octobre 2026, et les quatre noms qu’elle réunit
La fiche publiée par le régulateur suisse tient en quelques champs, et chacun d’eux contredit la vitrine. Date : 1er octobre 2026. Nom ou raison sociale : les quatre domaines, cités côte à côte, comme une seule et même entité. Siège : un simple tiret. Adresse : Hergiswil NW, dans le canton de Nidwald. Registre du commerce : « Sans inscription au registre du commerce ». Voilà donc une plateforme qui se présente comme un gestionnaire de fortune privée suisse, et dont l’exploitant n’a aucune existence au registre des sociétés de ce pays.
La rubrique « Remarques » de la fiche est plus instructive encore. Elle précise, en quatre langues, que ces domaines n’ont pas de lien avec Valgreen Advisors AG, société domiciliée à Hergiswil NW et inscrite au registre du commerce suisse sous le numéro CHE-184.708.393. Le régulateur nomme donc lui-même la maison dont l’enseigne est reprise, et prend le soin de l’en disculper. Une telle mention n’est pas décorative : elle existe parce que des porteurs de projet ont jugé utile de faire cohabiter leur vitrine avec le nom d’une société réelle, en pariant sur la confusion.
Du côté français, nos relevés sont plus sobres. Les six listes publiées par l’Autorité des marchés financiers, arrêtées entre décembre 2023 et le 8 octobre 2026, ne comportent aucune entrée correspondant à valgreentrad. Cette absence ne vaut évidemment pas certificat de régularité, et la FINMA rappelle elle-même qu’aucune garantie n’est donnée quant au caractère exhaustif ou parfaitement à jour de sa liste. Elle vaut simplement rappel d’une règle de méthode : c’est l’inscription qui informe, jamais le silence.
Les deux documents se consultent en ligne : la fiche nominative consacrée aux quatre domaines et la liste d’alerte complète de la FINMA. Ils datent la contradiction, ce qui est exactement ce dont un dossier de victime a besoin.
Dernière mise à jour : 19/10/2026
📄 Relevé
BrokerDefense dépose ici une copie de l’accueil servi par valgreentrad.com ce 19 octobre 2026. On y lit le bandeau « RÉGLEMENTÉ FINMA », les trois formules de robots à 0,5 %, 1,5 % et 3 % par jour, et les compteurs d’investisseurs et d’encours affichés sans le moindre justificatif. Autant de pièces à conserver si un versement doit plus tard être discuté.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Trois pour cent par jour : l’arithmétique qui disqualifie les robots
Sous le bandeau, le catalogue se déroule en trois paliers. STARTER, 0,5 % par jour, pour un dépôt de 500 à 5 000 euros. PREMIUM, 1,5 % par jour, de 5 000 à 50 000 euros. ELITE, 3 % par jour, au-delà de 50 000 euros, avec « algorithme HFT exclusif ». Une ligne résume l’ensemble, juste au-dessus des marchés en direct : « Rendement moyen robot ValGreen : +1,5 % / jour ».
Ces taux se convertissent en une phrase. Un capital placé à 0,5 % par jour, intérêts réinvestis, est multiplié par 6,2 au bout d’un an. À 1,5 % par jour, il est multiplié par 229. À 3 % par jour, par 48 700. Aucun fonds, aucune société de gestion, aucun mandat de courtage au monde ne produit cela sur la durée : les meilleurs gérants professionnels travaillent sur des ordres de grandeur annuels à un chiffre, et l’écart entre ces ordres de grandeur et un triplement mensuel n’est pas une question de talent, mais de nature du montage.
Le simulateur de la page d’accueil trahit d’ailleurs la fabrication. Pour 5 000 euros sur 30 jours au palier intermédiaire, il affiche 75 euros de gain quotidien et 2 250 euros de gains totaux, soit 45 % en un mois. C’est un calcul en intérêts simples, celui d’une calculette de vitrine, pas celui d’une stratégie de marché. Et il ne mentionne ni frais, ni perte possible, alors que la même page promet des « fonds ségrégués » et un « KYC obligatoire ».
Cette promesse de cantonnement mérite qu’on s’y arrête, car elle est démentie par le parcours de dépôt lui-même. L’espace client ne propose ni virement, ni carte, ni prélèvement : uniquement des cryptomonnaies, présentées comme « dépôts instantanés via NowPayments », avec un bouton qui génère une adresse de dépôt par utilisateur, pour du bitcoin, de l’ether, du tether, du litecoin ou du BNB. Des fonds annoncés comme ségrégués, mais versés sur des adresses dont on ne sait ni qui les détient, ni sur quel registre elles sont inscrites, et qu’aucun relevé bancaire ne viendra documenter.
Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, revient dans cette intervention sur l’arnaque au virement et sur la fraude au faux RIB, deux mécanismes voisins de celui qui vide les comptes des victimes de fausses plateformes : un ordre de paiement donné de bonne foi, un bénéficiaire réel qui n’a rien à voir avec celui annoncé, et une contestation qui se joue sur des délais très courts. Sa page professionnelle est consultable Maître Anne Bernard-Dussaulx.
Hergiswil NW : la société à laquelle ces vitrines ne sont pas liées
Reprenons la remarque de la FINMA, car elle est le coeur du dossier. Valgreen Advisors AG est une société suisse réelle, domiciliée à Hergiswil, titulaire du numéro CHE-184.708.393. Elle n’est pas en cause ici, et rien dans nos constats ne permet de lui imputer les sites en question : le régulateur écrit exactement l’inverse, en précisant que les quatre domaines ne lui sont pas liés. Ce qui est en cause, c’est l’usage de son nom pour donner corps à une plateforme qui, elle, n’a ni siège, ni inscription, ni document contractuel.
Le 19 octobre, trois vitrines portant cette enseigne répondaient encore. valgreen.xyz affiche en titre la promesse d’une « Sécurité et Régulation FINMA » et se présente comme un « Gestionnaire de Fortune Suisse ». valgreen-ag.com résume l’offre en deux mots, « Trading & Épargne », suivis de la mention « Régulé FINMA ». valgreentrad.com, celui de cette fiche, martèle le même mot en haut de chaque section. Le quatrième nom cité par le régulateur, valgreen.ch, ne répond plus à nos requêtes : le domaine est dans la liste, la vitrine ne s’affiche pas.
Ces pages ne sont pas seulement jumelles par le discours : elles sortent du même atelier. On y retrouve les mêmes attributs de position dans le code source, la même mesure d’audience Umami servie depuis un domaine tiers, le même en-tête de proxy. Trois noms, un opérateur, et une enseigne empruntée à une société qui n’a rien demandé.
Le schéma n’est pas isolé dans nos dossiers récents. CIFMarkets construisait le même décor autour d’une licence sud-africaine que son propre contrat contredisait, et tempstone-cap.com empilait les agréments annoncés sans publier un seul numéro vérifiable. Ici, la différence tient en une ligne : le régulateur a déjà répondu, et sa réponse est publique depuis le 1er octobre.
Un espace client ouvert sans compte, des mentions légales vides
Autre constat, plus déroutant pour qui attend d’une plateforme financière un minimum de sérieux : l’espace client se visite sans créer de compte. Les adresses /dashboard, /wallet, /kyc, /referrals et /history répondent à un visiteur anonyme et affichent une interface complète, avec un en-tête au nom de « Utilisateur » et au profil « Investisseur ». Les soldes sont à zéro, les historiques vides, mais la mécanique est là, entièrement déployée.
La page de vérification d’identité demande le prénom, le nom, la date de naissance, l’adresse complète, le recto et le verso d’une pièce d’identité, puis un selfie tenant le document. Celle du parrainage promet un bonus « sur chaque dépôt effectué par vos filleuls ». On mesure alors la double fonction du dispositif : collecter des pièces d’identité avant même le premier versement, et transformer chaque client en apporteur d’affaires, deux étages qui rendent la sortie plus coûteuse pour la victime et le recrutement plus rentable pour l’opérateur.
Les quatre liens de pied de page achèvent la démonstration. « Mentions légales », « Politique de confidentialité », « CGU » et « Contact » pointent tous vers une ancre vide, la même, celle qui ramène en haut de page. Il n’existe donc aucun texte contractuel, aucune entité nommée, aucune adresse de service, aucun numéro de registre. Une plateforme qui revendique la gestion de patrimoine privée depuis la Suisse ne publie rien de ce que la loi suisse impose à quiconque approche l’épargne d’autrui.
La couche technique confirme le montage artisanal. Derrière Cloudflare, un serveur Express répond depuis l’infrastructure de Google Cloud, avec un certificat wildcard émis le 27 août 2026 par Google Trust Services et valable jusqu’au 25 novembre. La page est une application React dont le code porte encore les repères de son atelier de fabrication, et l’en-tête de proxy trahit la plateforme de génération de sites utilisée. Une mesure d’audience Umami, servie depuis manus-analytics.com, complète l’ensemble. Aucun CMS, aucune trace d’un service de conformité, et une consigne d’indexation négative adressée aux moteurs : un dispositif pensé pour durer le temps d’une campagne.
Le nom, lui, a été déposé le 29 juin 2026 auprès de Global Domain Group LLC et court jusqu’au 29 juin 2027, avec les serveurs ns1 et ns2 de ce même bureau. Les profils techniques publics repèrent la vitrine à partir du 9 juillet 2026. Il faut garder ces dates en tête quand on lit les compteurs de la page d’accueil : 12 400 investisseurs actifs, 98,7 % de satisfaction, 2,4 milliards d’euros de volume géré. Trois mois et demi d’existence, et déjà l’encours d’une banque privée. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Ce qu’il reste à faire après un dépôt en cryptomonnaies
Les versements se font en USDT, en bitcoin ou en ether, vers une adresse générée dans l’espace client : il n’y a donc pas de prélèvement à contester auprès d’une banque, et pas de rappel possible par l’émetteur d’une carte. Ce qui reste, ce sont des preuves, et elles se collectent vite. L’identifiant de transaction et l’adresse de dépôt affichée par le wallet, d’abord. Les captures de l’historique et du tableau de bord, ensuite, avant que l’accès ne se ferme. Le dossier KYC envoyé, s’il l’a été, avec sa date. Et la fiche FINMA du 1er octobre 2026, qui établit noir sur blanc qu’aucune société immatriculée ne se cache derrière ces quatre noms.
Ces pièces servent à deux endroits. Un signalement auprès de la FINMA, qui centralise les déclarations sur les entités non autorisées, et une plainte pénale, pour escroquerie, déposée en France avec la chronologie des versements et l’identité des interlocuteurs. Le mode d’emploi du dépôt de plainte, avec la liste des pièces à joindre, figure sur notre page dédiée : porter plainte après une arnaque financière. Sur le plan de la réputation, la fiche ScamDoc de valgreentrad.com enregistre un indice de confiance de 25 %, un repère utile à opposer à quiconque présenterait encore la plateforme comme sérieuse.
Il faut enfin prévenir l’entourage, car le parrainage est intégré au produit : chaque filleul qui dépose rapporte un bonus à celui qui l’a invité. Dans ce type de montage, la recommandation personnelle devient le principal canal d’acquisition, et les proches du premier déposant sont les victimes les plus probables.
Valgreentrad.com se présente donc comme un gestionnaire de fortune suisse, avec un bandeau FINMA, des robots à 3 % par jour et un encours affiché en milliards. Le régulateur suisse a publié, le 1er octobre 2026, l’exact contraire : quatre domaines réunis dans une même alerte, aucun siège, aucune inscription au registre du commerce, et une société réelle explicitement mise hors de cause. Les victimes, ici, sont des épargnants convaincus par un rendement quotidien et invités à payer en cryptomonnaies, sans contrat, sans entité et sans recours bancaire. Notre équipe peut évaluer votre situation et les pièces que vous détenez avant toute démarche.
Nos réponses aux questions les plus fréquentes
Non. La FINMA a publié le 1er octobre 2026 une entrée de liste d’alerte réunissant valgreen.ch, valgreen.xyz, valgreen-ag.com et valgreentrad.com, avec la mention « Sans inscription au registre du commerce ». Le bandeau « RÉGLEMENTÉ FINMA » affiché sur la page d’accueil contredit donc directement le régulateur que le site revendique.
Aucun, selon la FINMA elle-même. La fiche précise que les quatre domaines n’ont pas de lien avec Valgreen Advisors AG, société domiciliée à Hergiswil NW et inscrite au registre du commerce suisse sous le numéro CHE-184.708.393. Cette société n’est pas mise en cause : son nom est repris par des sites qu’elle ne contrôle pas.
Il s’agit d’un rendement quotidien présenté comme acquis, ce qui correspond à un capital multiplié par 48 700 en un an si les gains sont réinvestis. Aucune stratégie de marché ne produit un tel résultat, et aucun document du site ne décrit l’algorithme, le dépositaire des fonds ou la source des performances affichées.
Les versements en cryptomonnaies ne bénéficient pas du mécanisme de contestation ouvert par un paiement par carte. Il faut donc conserver sans délai l’identifiant de chaque transaction, l’adresse de dépôt générée dans l’espace client, les captures du tableau de bord et du dossier KYC, puis engager un signalement auprès de la FINMA et une plainte pénale. Nos équipes peuvent examiner ces pièces avant toute action.
Si vous avez effectué un versement vers l’un des quatre domaines cités par la FINMA, la chronologie de la page que nous venons de décrire vous appartient : le 1er octobre reste la date à laquelle une autorité publique a écrit noir sur blanc ce que la vitrine continue de nier.


