Sommaire
- Des tickets d’entrée de 3 000 à 200 000 dollars sur un nom vieux de quatre mois
- La bibliothèque d’images date de décembre 2022, le nom de juin 2026
- L’adresse de County Hall et le titre de premier courtier britannique
- Plus de 51 000 dollars par semaine promis dans un témoignage
- Une plainte se prépare avec des pièces, pas avec des impressions
- Aucune inscription, aucune page légale, aucun agrement publiable
- Vos questions sur le nom fxquantixoption.com
Des tickets d’entrée de 3 000 à 200 000 dollars sur un nom vieux de quatre mois
Le premier écran que fxquantixoption.com présente à un visiteur décidé n’est pas un graphique de cours : c’est un menu déroulant intitulé « Select Account Plan », avec quatre lignes. Start à 3 000 dollars, Silver à 10 000, Gold à 50 000, Diamond à 200 000. Aucune de ces sommes ne paie un abonnement, un logiciel ou une formation : elles fixent le montant à verser pour ouvrir le compte, avant même que le prospect ait vu une mention légale.
Ce menu a été relevé le 19 octobre 2026 sur la page d’inscription. Le nom de domaine, lui, a été créé le 18 juin 2026, soit quatre mois plus tôt, et il expire le 18 juin 2027. La page d’accueil parle pourtant d’un « #1 IT Broker Company In UK », de 250 plateformes de trading, de 30 000 utilisateurs et de 45 millions de dollars échangés. Un écart de cette taille entre l’âge du nom et l’ancienneté revendiquée se contrôle en une requête auprès du registre public.
Le formulaire demande un nom complet, une adresse de courrier, un numéro de téléphone mobile, deux fois un mot de passe et une adresse postale. Rien d’autre. Pas de pièce d’identité, pas de justificatif d’origine des fonds, pas de questionnaire de connaissance du risque, à aucun moment des quatre paliers proposés. Pour une plateforme qui se présente comme un courtier britannique, l’absence de ces contrôles est déjà une réponse : le versement est la seule formalité, et le reste de la page n’a pas de contenu légal à opposer à un client mécontent.
Dernière mise à jour : 19/10/2026
📄 Copie de la page d’accueil
Voici, mise à disposition gratuitement par BrokerDefense, la capture de l’accueil affiché par fxquantixoption.com le 19 octobre 2026. On y retrouve le bandeau « Supercharge your trading journey », la rangée des marchés annoncés et les compteurs laissés à zéro, autant de repères pour reconnaître l’écran qu’un prospect a eu sous les yeux.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

La bibliothèque d’images date de décembre 2022, le nom de juin 2026
Les fichiers servis par fxquantixoption.com portent une date que le domaine ne peut pas expliquer. Les visuels de la page d’accueil sont rangés sous /wp-content/uploads/sites/39/2022/12/, et un élément d’interface sous /wp-content/uploads/sites/39/2023/08/. Autrement dit : des images déposées en décembre 2022 puis en août 2023, sur un nom enregistré en juin 2026, avec trois ans et demi d’écart entre les deux.
Le chemin lui-même est parlant. Le fragment sites/39/ désigne le trente-neuvième site d’une installation WordPress mutualisée : la plateforme n’est pas un courtier qui exploite son propre système, mais un locataire sur une machinerie partagée, dont la bibliothèque de médias est commune et bien plus ancienne que l’enseigne affichée. La version du logiciel corroborre l’ancienneté du socle : WordPress 6.2.3 et Elementor 3.17.3, deux versions de 2023, toujours en place.
La balise de rétrolien de la page en dit plus long que la page elle-même. Elle pointe vers advanture.icu/tradex/xmlrpc.php, c’est-à-dire vers une autre installation, dont le nom ne résout plus aujourd’hui : interrogé le 19 octobre 2026, ce nom d’hôte ne rend aucune adresse. La vitrine est donc un ancien module d’un ensemble dont le centre a disparu, réhabillé avec une enseigne de courtier et laissé en l’état.
Le reste confirme le copier-coller d’un modèle de démonstration : thème Hello Elementor, extensions ElementsKit et Jeg Elementor Kit, greffon d’import de kits de modèles, et des paragraphes « Lorem ipsum dolor sit amet » restés en place sur les pages « About » et « Contact ». Deux fenêtres de conversation différentes, Smartsupp et Tidio, sont chargées en même temps sur la même page, ce qui ne correspond à aucun choix d’éditeur mais à l’empilement de deux kits successifs.
L’adresse de County Hall et le titre de premier courtier britannique
La page de contact donne une adresse unique : Riverside Building, County Hall, London SE1 7PB, United Kingdom. County Hall est un bâtiment connu de la rive sud de la Tamise, ancien siège du conseil du Grand Londres, qui abrite aujourd’hui des hôtels et des attractions touristiques. Une société de courtage peut y louer des bureaux, mais l’adresse seule ne dit rien : ce qui compte est la personne morale qui l’occupe, et c’est précisément ce que le site ne fournit nulle part.
Aucune dénomination sociale, aucun numéro d’immatriculation, aucun numéro de TVA ne figure sur les pages visitées. La recherche effectuée le 19 octobre 2026 dans le registre public des sociétés britanniques, sur la dénomination complète puis sur la marque seule, ne restitue aucune société portant ce nom. Les résultats voisins qui remontent portent d’autres dénominations, avec des dates de création et des sièges différents : rien n’indique qu’ils aient un lien quelconque avec cette plateforme, et aucun n’est cité ici comme tel.
Le titre de « #1 IT Broker Company In UK » n’est adossé à aucun classement nommé, à aucune institution, à aucune date. La récompense mise en avant, un titre de « Most Trusted Binary Options Broker » attribué par MasterForex-V, renvoie à un site de comparaison de courtiers lui-même spécialisé dans les options binaires, produit dont nous reparlons plus bas. Enfin, la page de contact annonce des horaires « New Zealand 07.00 AM / 19.00 PM » : un troisième pays s’invite dans un dossier qui en compte déjà deux.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Plus de 51 000 dollars par semaine promis dans un témoignage
Sous le titre « Read what they say about us », la page publie deux avis. Le premier, signé Allen Brewer, raconte avoir découvert la plateforme sur Facebook, contacté l’équipe par WhatsApp et « commencé à investir avec 5 000 dollars » pour désormais « gagner 51 560 dollars par semaine ». Le second, signé Carly Jones, annonce un retrait de 7 500 dollars sur un compte bancaire. Le premier témoignage décrit donc un rendement supérieur à dix fois la mise en sept jours, sans que la page précise sur quel marché, à quel horizon ni avec quel risque.
Les chiffres de la même page ne se recoupent pas. Un bloc affirme « 99% Accuracy In Analytics » et « 45 Million » de volume échangé ; deux autres affichent « 0 + Global Traders » et « 0 M Traded Volume », compteurs restés à leur valeur initiale. Une plateforme qui revendique 30 000 utilisateurs et 45 millions de dollars de flux ne laisse pas ses propres compteurs à zéro sur sa page d’accueil, sauf si le modèle n’a jamais été rempli.
Le pied de page contredit enfin le corps de la page, dans les termes mêmes du secteur : « 82% of retail investor accounts lose money when trading with this provider ». Un avertissement de cette nature, copié des courtiers de produits dérivés, coexiste mal avec la promesse de « profits quotidiens et constants » du texte de présentation et avec un avis à plus de dix fois la mise en une semaine. Les deux ne peuvent pas être vrais ensemble ; l’un des deux est un décor.
Une plainte se prépare avec des pièces, pas avec des impressions
Après validation d’un plan à 3 000, 10 000 ou 50 000 dollars, ce qui reste à faire tient d’abord en une heure de travail documentaire. Trois documents comptent plus que les autres : l’ordre de virement ou le justificatif du paiement en cryptoactifs, avec l’identifiant du bénéficiaire et l’adresse de portefeuille quand elle figure ; les captures de la page « Select Account Plan » et du message de confirmation reçu après l’inscription ; et l’historique complet des échanges, que ceux-ci soient passés par le widget WhatsApp intégré à la page ou par les courriels adressés à [email protected].
Ces éléments se conservent dans leur forme d’origine, avec la date visible et sans retouche, y compris les messages où l’interlocuteur promet un rendement ou réclame un complément. Un versement complémentaire présenté comme la condition d’un déblocage, d’une vérification de compte ou d’un paiement de taxes est à refuser : il ne rouvre pas le dossier, il l’alourdit. La banque émettrice doit être saisie par écrit dans les meilleurs délais, avec les références du virement, pour qu’un rappel soit tenté et que la traçabilité soit documentée.
Une plainte ne s’instruit pas sur un récit, elle s’instruit sur des annexes. Le mode d’emploi figure sur notre guide du dépôt de plainte, qui indique quelles pièces un enquêteur attend et dans quelle séquence les classer. Deux dossiers voisins, publiés par notre rédaction, montrent la même mécanique de rendement promis derrière des décors différents : notre dossier sur Hyperailtd et l’enquête sur Shieldlex.
Aucune inscription, aucune page légale, aucun agrement publiable
Le pied de page de fxquantixoption.com affiche deux liens, « Privacy Policy » et « Terms & Condition ». Les deux adresses correspondantes ont été demandées le 19 octobre 2026 : elles renvoient une erreur 404, comme les variantes testées ensuite (/privacy-policy, /terms, /terms-condition, /terms-conditions). Une plateforme qui collecte un nom, une adresse, un téléphone et un versement n’a donc publié ni politique de traitement des données, ni conditions contractuelles, ni la moindre clause de risque.
Six fichiers tenus par l’AMF, dans leurs versions exportées entre décembre 2023 et octobre 2026, ont été ouverts un à un : ce nom n’y figure sur aucune ligne. Le même contrôle, porté sur le fichier européen publié par l’ABE, ne restitue pas davantage de résultat, alors qu’une recherche témoin sur un nom déjà signalé y renvoie bien une entrée. Ces deux absences décrivent l’état de ces fichiers à leur date d’export et ne constituent ni un agrément, ni une garantie.
Le produit mis en avant pose un problème plus direct que l’absence de fiche. Le site se présente comme un courtier d’options binaires, activité que le Royaume-Uni a fermée à la clientèle de détail en 2019 et que les régulateurs européens avaient déjà encadrée l’année précédente. Une enseigne qui se dit britannique et vend ce produit à des particuliers français, sans immatriculation ni agrément, ne peut donc pas exercer légalement le métier qu’elle revendique. Une évaluation publique de ce nom, consultable via cette évaluation publique, lui attribue au demeurant un indice de confiance de 25 %.
Pour éclairer les recours, nous avons posé la question à Maître Goce Novakov, du barreau de Paris, sur ce qu’une banque peut encore répondre quand l’ordre de virement a été exécuté vers une plateforme sans existence légale. Son intervention est filmée ci-dessous :
Vos questions sur le nom fxquantixoption.com
Non. Aucun déblocage n’exige un nouveau paiement, qu’il soit présenté comme des frais de dossier, une taxe, une assurance ou une vérification d’identité. Un interlocuteur qui subordonne la restitution d’une somme à un versement supplémentaire décrit un second prélèvement, pas une procédure. La demande de fonds se traite par écrit avec la banque et, le cas échéant, avec le service d’assistance de BrokerDefense, jamais par le canal du site.
La recherche menée le 19 octobre 2026 dans le registre public des sociétés britanniques ne restitue aucune société portant cette dénomination, et la page de contact du site ne publie ni numéro d’immatriculation ni nom de personne morale. L’adresse de County Hall ne remplace pas cette information : un bâtiment ne contracte pas, une société le fait. Sans matricule, il n’y a ni responsable identifié, ni interlocuteur juridique à qui adresser une mise en demeure.
Parce qu’elles n’ont jamais été rédigées. Les liens « Privacy Policy » et « Terms & Condition » figurent au pied de page, mais les adresses derrière ces libellés répondent en 404, ainsi que les quatre variantes testées. Sur un site de cette famille, l’absence de texte contractuel n’est pas un oubli de mise en service : elle évite d’avoir à écrire noir sur blanc les conditions de conservation des fonds et la façon dont le capital versé est utilisé.
fxquantixoption.com s’adresse à des personnes qui cherchent à faire travailler une épargne, et non à des professionnels des marchés : un ticket d’entrée de 3 000 dollars, un témoignage à 51 560 dollars par semaine et un formulaire qui ne demande aucune pièce d’identité composent un discours calibré pour ce public. Avant de valider un palier, faites examiner le dossier : le service d’assistance aux victimes de BrokerDefense relit gratuitement les pièces d’un versement déjà parti et dit ce qui peut encore être tenté auprès de la banque comme devant un juge.


