Sommaire
- Le fichier du régulateur vise une adresse bâtie sur son propre sigle
- Une page de constructeur, un formulaire, rien à acheter
- Un nom qui avait déjà servi de vitrine de démonstration en 2023
- Un dépôt du 24 août et un certificat délivré le soir même
- Réunir les échanges et les ordres de virement
- Réponses aux interrogations laissées par ce message
- Après avoir été démarché par une adresse au nom du régulateur
Le fichier du régulateur vise une adresse bâtie sur son propre sigle
Depuis le 25 septembre 2026, l’Autorité des marchés financiers inscrit l’adresse [email protected] dans son fichier public des acteurs non autorisés, sous le libellé « Usurpation AMF ». Ce que le régulateur établit dans cette fiche du régulateur est sans ambiguïté : aucune autorisation ne couvre cette adresse pour démarcher le public français. Ce n’est pas un domaine commercial qui est visé en premier lieu, c’est une adresse de courriel, et le libellé retenu indique que cette adresse se présente comme émanant de l’Autorité elle-même.
Le procédé n’est pas nouveau dans nos relevés. Un dossier antérieur, consacré à un domaine construit cette fois sur le nom complet du régulateur, décrit le même montage : notre enquête sur autorite-des-marches-financiers.com en détaille la mécanique. Les deux cas reposent sur l’appropriation du sigle ou du nom d’une institution pour établir un contact qui paraît légitime.
La liste générale des mises en garde du régulateur, consultable sur le site de l’AMF, recense l’ensemble de ces inscriptions. GoDaddy, le constructeur de sites utilisé et les prestataires de messagerie mentionnés dans ce dossier sont des intermédiaires techniques neutres : leur présence dans ce relevé ne les met en cause à aucun titre.
Dernière mise à jour : 27/09/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par amf-info.com, réalisée le 27 septembre 2026. Y figurent le bandeau « AMF Info », la formule « Information claire, réponses précises » répétée plusieurs fois, et le formulaire de contact réduit à un champ nom, un champ courriel et une case d’inscription : de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Une page de constructeur, un formulaire, rien à acheter
D’après nos investigations menées le 27 septembre 2026, le domaine amf-info.com répond et ne sert qu’une seule page. Cette page est produite par un constructeur de sites grand public, hébergé chez le même prestataire. Le nom affiché en tête est « AMF Info », accompagné de la phrase « Information claire, réponses précises », répétée à plusieurs reprises à l’écran.
Le seul élément interactif visible est un formulaire de contact comportant un champ pour le nom, un champ pour une adresse de courriel et une case d’inscription à une liste de diffusion. La description de la page mentionne une formation en ligne et annonce un lancement imminent, invitant les visiteurs à s’inscrire pour être tenus informés.
La page ne comporte aucune offre chiffrée, aucun prix, aucune mention légale, aucun nom de société identifiable, aucun numéro d’immatriculation. Les autres adresses testées sur ce domicile, notamment les chemins habituellement associés à un espace client ou à une interface d’administration, renvoient toutes la page d’erreur du constructeur. Il n’existe aucun espace client, aucun tableau de bord, aucune zone réservée. L’unique usage observable de cette page est de recueillir un nom et une adresse de courriel.
L’indice de confiance relevé sur la fiche ScamDoc de amf-info.com s’établit à 25 %, avec une analyse encore en cours au moment de nos relevés. Ce score confirme que le domaine ne présente aucun des signaux caractérisant un opérateur établi.
Un nom qui avait déjà servi de vitrine de démonstration en 2023
Des copies publiques de la page ont été conservées pour le 22 juillet 2023 et le 18 août 2023. Ces captures montrent un site de démonstration d’agence de communication : les textes visibles sont des textes de remplacement de type « Lorem Ipsum », le slogan renvoie à une agence, et les rubriques portent sur le référencement, la rédaction et les réseaux sociaux. Des chemins propres à une plateforme de construction de sites apparaissent également dans ces copies.
Le nom amf-info.com a donc eu une première vie, distincte de l’usage actuel. Entre ces copies de 2023 et le dépôt enregistré à l’été 2026, aucune copie de page conservée ne suit le nom : la rupture entre les deux périodes est documentée, sans qu’il soit possible de déterminer ce qui a pu se passer dans l’intervalle.
Ce que les captures de 2023 établissent avec certitude, c’est que le nom n’était pas alors associé à une quelconque imitation du régulateur. L’orientation actuelle du domaine, le nom « AMF Info » affiché en tête et l’adresse [email protected] constituent une configuration entièrement différente, mise en place après que le nom a été redéposé en août 2026.
Un dépôt du 24 août et un certificat délivré le soir même
Nos relevés du 27 septembre 2026 indiquent que le nom amf-info.com a été créé le 24 août 2026 à 18 h 10 UTC, pour une échéance fixée au 24 août 2027. Le bureau d’enregistrement est GoDaddy.com, LLC. Quatre statuts de retenue sont actifs sur le dossier : suppression interdite, renouvellement interdit, transfert interdit, modification interdite. Ces statuts signifient que ni la suppression, ni le renouvellement, ni le transfert, ni la modification du dossier ne peuvent intervenir sans l’accord du bureau. Les serveurs de noms associés sont ns11.domaincontrol.com et ns12.domaincontrol.com.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Un certificat a été délivré par GoDaddy le même soir, à 18 h 16 UTC, soit six minutes après la création du nom. Ce certificat ne couvre qu’un seul nom, amf-info.com, et reste valide jusqu’au 10 mars 2027. La rapidité de délivrance indique une mise en service immédiate, sans période de configuration intermédiaire.
Concernant la messagerie, deux serveurs relevant du prestataire du bureau d’enregistrement sont déclarés. La politique d’authentification des envois comporte une déclaration SPF se terminant par « -all » : tout message qui ne part pas de l’infrastructure déclarée doit être rejeté. La politique DMARC est réglée sur « quarantaine », avec des rapports adressés au prestataire. L’ensemble de cette configuration indique un nom outillé pour émettre des messages et pour recevoir des réponses, non pour héberger un commerce ou une prestation visible.
Douze terminaisons voisines ont été testées dans le cadre de nos investigations : .fr, .net, .org, .eu, .io, .co, .online, .info, .app, .ch, .shop et .site. Aucune ne porte d’inscription ni ne résout vers une page active. Le dispositif ne dispose que d’un seul nom.
Réunir les échanges et les ordres de virement
Si vous avez reçu un message signé de l’adresse [email protected] ou d’une adresse construite sur le domaine amf-info.com, la première démarche consiste à conserver l’intégralité de ces messages sans en modifier l’en-tête, en notant l’adresse d’expédition exacte telle qu’elle apparaît dans les métadonnées. Tout ordre de virement émis à la suite de ces échanges, ainsi que les relevés de compte correspondants, doit être réuni et conservé. Les échanges écrits avec l’interlocuteur, quelles que soient la messagerie ou la plateforme utilisées, constituent des éléments déterminants. Il convient de cesser tout envoi de fonds ou de documents tant que la situation n’a pas été évaluée.
Pour les étapes suivantes, notamment la rédaction d’une plainte et le choix de la juridiction compétente, consultez notre page consacrée à la plainte pénale. Le service public de signalement des fraudes peut également être saisi en parallèle.
Sur les questions de responsabilité dans les affaires de démarchage financier frauduleux, de reconstitution des flux d’argent et de réparation du préjudice subi, l’entretien vidéo ci-dessous avec Maître Michel Orsini, avocat dont l’inscription au barreau relève de Paris, aborde les fondements sur lesquels une victime peut s’appuyer : identification de ceux qui ont rendu possible l’escroquerie, reconstitution des mouvements de fonds et voies d’indemnisation ouvertes, y compris lorsque l’opérateur mis en cause ne présente plus d’activité directement observable.
Un dossier antérieur de nos enquêtes, consacré à une adresse inscrite au nom du régulateur, illustre comment ce type de montage s’articule avec des intermédiaires : notre dossier sur blockchain-support.fr en décrit les étapes.
Réponses aux interrogations laissées par ce message
L’Autorité des marchés financiers écrit depuis son domaine officiel, amf-france.org. Toute adresse construite sur un autre domaine, comme [email protected], n’émane pas du régulateur, quels que soient le ton officiel du message, le sigle utilisé ou la mise en page adoptée. Il suffit de vérifier l’adresse d’expédition complète, visible dans les métadonnées du message, pour écarter toute confusion.
Le formulaire de la page ne demande qu’un nom et une adresse de courriel, mais cette collecte suffit à alimenter une liste de contacts ciblés. Une fois l’adresse enregistrée, son détenteur peut être relancé par d’autres messages se réclamant toujours du régulateur, ou orienté vers une demande de virement sous couvert d’une procédure officielle. Ne remplir aucun champ de ce formulaire est la seule précaution fiable.
Il convient d’agir sans délai : réunir tous les messages reçus de [email protected] ou de toute adresse du domaine amf-info.com, conserver les ordres de virement et les relevés, puis saisir la juridiction compétente, ou faire enregistrer un dépôt de plainte dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie. Un signalement peut également être adressé au service public de signalement des fraudes. Contacter un avocat spécialisé permet d’évaluer les possibilités de recouvrement et d’identifier les responsables susceptibles d’être mis en cause.
Après avoir été démarché par une adresse au nom du régulateur
Le domaine amf-info.com et l’adresse [email protected] visent des personnes qui, en recevant un message apparemment signé du régulateur, n’ont pas immédiatement identifié l’usurpation. La situation type est celle d’un destinataire qui répond au message, remplit le formulaire de collecte, puis se voit adresser des instructions de virement présentées comme une procédure officielle. L’absence totale de mentions légales, de société identifiable et d’espace client sur la page n’est pas un oubli : c’est la configuration d’un dispositif conçu pour obtenir des coordonnées et orienter des réponses, sans laisser de trace commerciale vérifiable.
Si vous avez reçu un message depuis cette adresse, si vous avez renseigné le formulaire ou si vous avez effectué un virement à la suite d’échanges avec un interlocuteur se réclamant de l’AMF via ce domaine, notre service d’aide aux victimes peut examiner votre situation.


