Worldpay condamné au pénal dans une arnaque au trading : une victoire pour les victimes

Arnaque au trading : Worldpay condamnée au pénal à Paris – une victoire pour les victimes défendues par Me Anne Bernard-Dussaulx

Le mardi 9 juin 2026, le tribunal correctionnel de Paris (13e chambre) a rendu son jugement. Il s’agit d’une des plus importantes affaires d’arnaque au trading jamais portées devant la justice française. Le géant mondial des paiements Worldpay a été reconnu coupable de complicité d’exercice illégal de l’activité de prestataire de services de paiement.

Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et partenaire de Broker Defense depuis nos débuts, défendait une vingtaine de victimes. Elles se sont constituées parties civiles, aux côtés d’une dizaine de confrères mobilisés pour les autres épargnants lésés.

Pour Broker Defense et pour les particuliers que nous accompagnons depuis des années, cette décision est un nouveau jalon décisif dans la reconnaissance de la responsabilité des intermédiaires financiers.

Dernière mise à jour : 9 juin 2026. Cet article date du lendemain du jugement et sera l’objet de compléments au fur et à mesure des éléments

Le schéma de fraude : des épargnants piégés par un faux Forex

Les victimes ont fait l’objet d’un recrutement sur Internet et démarchées par téléphone. Avec la promesse de rendements spectaculaires sur le marché des changes (Forex). Convaincues d’investir sur des plateformes sérieuses, elles ont transféré leurs économies vers des comptes présentés comme dédiés à ces placements.

En réalité, les fonds étaient aussitôt détournés vers une myriade de comptes bancaires répartis aux quatre coins du monde, des Seychelles à l’Ukraine. Au cœur du montage figurait la société néerlandaise Seroph (anciennement liée à l’enseigne ALLCHARGE). Elle servait d’intermédiaire à plusieurs plateformes frauduleuses et utilisait l’infrastructure de paiement de Worldpay.

Les faits se sont déroulés entre 2011 et 2014. Le préjudice s’évalue à au moins 35 millions d’euros, supportés par des dizaines d’épargnants – parmi lesquels des retraités ruinés et de jeunes investisseurs. Il aura fallu plus de dix ans d’enquête pour renvoyer onze prévenus – neuf personnes physiques et deux sociétés, dont Worldpay – devant le tribunal correctionnel.

Ce que le tribunal a jugé : Worldpay complice par défaut de vigilance

L’originalité de ce dossier tenait à la présence, sur le banc des prévenus, d’un prestataire de paiement de dimension mondiale. Worldpay revendique 55 milliards de transactions par an dans 174 pays – aux côtés des responsables présumés de l’escroquerie.

Le tribunal a estimé que Worldpay, professionnel expérimenté du secteur, ne pouvait se contenter de l’affirmation orale et non documentée de son partenaire selon laquelle la réglementation française ne lui était pas applicable. Le groupe avait l’obligation de contrôler la régularité des opérations réalisées en France ; il y a renoncé.

Jugée pour deux procédures distinctes, chacune liée à une société fictive différente, Worldpay a été condamnée à deux amendes de 100 000 euros assorties de l’exécution provisoire. Sa demande de confusion des peines a été déclarée irrecevable. Le tribunal a relevé que, dans ce volet, Worldpay avait transféré près de 16,82 millions d’euros à Seroph.

Les organisateurs de l’escroquerie lourdement condamnés

Les principaux organisateurs de la fraude, établis notamment entre la France et Israël, ont été condamnés à des peines pouvant atteindre trois ans de prison ferme et 400 000 euros d’amende, avec exécution provisoire.

Comme souvent dans ce type d’arnaque en ligne, ces auteurs, même condamnés, demeurent fréquemment insolvables. C’est précisément ce qui rend la mise en cause des intermédiaires financiers – banques et prestataires de paiement – aussi déterminante pour l’indemnisation réelle des victimes.

Pourquoi cette victoire compte pour les victimes

Cette condamnation pénale prolonge un combat que nous menons depuis plus d’une décennie avec le cabinet de Me Anne Bernard-Dussaulx. Elle fait écho à la victoire historique obtenue en Cassation en octobre 2025. Elle avait consacré, au civil, la responsabilité de Worldpay et de Seroph pour manquement à leur obligation de vigilance.

Le message envoyé au secteur financier est désormais double, sur le terrain civil comme sur le terrain pénal. Une technologie de paiement ne peut servir de paravent à la fraude. Les acteurs qui prêtent leur réseau à des montages frauduleux sans en vérifier la légitimité engagent leur responsabilité.

Pour les victimes que nous défendons, c’est bien plus qu’un dossier de plus. C’est la reconnaissance qu’elles n’étaient pas de simples imprudentes, mais les cibles d’un système organisé que des professionnels auraient dû repérer.

Une décision de première instance : les prochaines étapes

Il s’agit d’un jugement de première instance. Worldpay, qui conteste depuis l’origine l’application de la loi française, dispose d’un délai pour faire appel : une voie de recours est à ce stade très probable. Tant que les décisions ne sont pas définitives, les condamnations prononcées contre le groupe restent susceptibles d’être réexaminées par la cour d’appel.

Nous actualiserons cet article au fil de la procédure. Dès que le jugement complet sera disponible, nous préciserons le détail des condamnations, les sommes aux parties civiles et les suites du dossier (appel de Worldpay ou des autres prévenus).


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FAQ

Pourquoi Worldpay a-t-il été condamné dans cette affaire d’arnaque au trading ?

Le tribunal correctionnel de Paris l’a donc reconnu coupable de complicité d’exercice illégal de l’activité de prestataire de services de paiement. Worldpay a mis son infrastructure à la disposition de la société Seroph sans vérifier la régularité de ses opérations en France, alors qu’il avait l’obligation de le faire.

À quelle peine Worldpay a-t-il été condamné ?

À deux amendes de 100 000 euros (une par procédure), assorties de l’exécution provisoire. Sa demande de confusion des peines a été déclarée irrecevable. S’agissant d’un jugement de première instance, cette condamnation n’est pas définitive.

Quel est le rôle de la société Seroph ?

Société néerlandaise (ex-ALLCHARGE) qui se présentait ainsi comme prestataire de paiement sans en détenir l’agrément. Elle collectait les fonds des victimes via le réseau de Worldpay puis les reversait vers des plateformes frauduleuses. Worldpay lui a transféré près de 16,82 M€ dans le volet jugé.

Worldpay peut-il faire appel de cette condamnation ?

Oui. C’est une décision de première instance et donc un appel est, à ce stade, très probable. Tant qu’elle n’est pas définitive, les condamnations peuvent être alors réexaminées par la cour d’appel.

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