Sommaire
- Le 30 octobre à 10 h 07, le nom a quitté la zone publique
- Ce que le gel laisse debout : un dossier payé jusqu’en mars 2027
- La même machine sert désormais une vitrine signée TradePro
- Dans le paquet livré au navigateur, MetaQuotes est resté au pied de page
- Un CRM commun, une société chypriote et une garantie britannique
- Six fichiers de l’AMF rouverts ce 2 novembre
- Ce qu’un nom gelé change pour la personne qui a versé des fonds
- Quatre questions sur un nom gelé qui continue de servir
Le 30 octobre à 10 h 07, le nom a quitté la zone publique
Le fichier du registre pour metatrader5.online porte, depuis le 30 octobre 2026 à 10 h 07 et 25 secondes UTC, deux mentions d’état : « client hold » et « client transfer prohibited ». Ce n’est ni une expiration, ni une radiation, ni une saisie judiciaire. Un « client hold » est une instruction du bureau d’enregistrement, Namecheap en l’occurrence, qui cesse de publier le nom dans la résolution publique. Les motifs exacts ne sont jamais rendus publics : un signalement pour usage abusif, une vérification du titulaire restée sans réponse, un litige ou un impayé produisent le même affichage. Rien n’établit de lien de cause à effet entre cette mesure et notre publication du 11 juin 2026.
Le nom avait été déposé le 9 mars 2026 à 16 h 32 UTC. Son échéance court jusqu’au 9 mars 2027 : il n’était donc pas en fin de vie au moment du gel. Ce 2 novembre, il ne résout plus, ni sous sa forme nue, ni avec le préfixe www. Les enregistrements interrogés, qu’il s’agisse de l’adresse, des serveurs de noms, de la messagerie, du texte ou de l’autorité de zone, reviennent tous vides sur deux résolveurs publics distincts. Deux serveurs de noms Cloudflare restent pourtant inscrits au dossier, sous les noms abby et giancarlo, mais ils ne publient plus rien pour ce nom. Le nom frère metatrader5.fr, documenté par nos soins en avril 2026, a connu un sort différent : toujours actif au registre, il ne renvoie plus qu’une page d’erreur de son hébergeur.
Malgré ce gel, les deux adresses Cloudflare relevées dans notre dossier de juin, 172.67.136.77 et 104.21.94.129, servent encore la vitrine ce 2 novembre. Dès lors qu’on présente le nom dans la requête HTTP, les deux adresses répondent avec un code 200. Le document rendu ne pèse que 1 262 octets. Tous les chemins essayés, la racine, /login, /register, /dashboard, /api, /terms et /privacy-policy, rendent ce même document : c’est une coquille applicative qui charge tout par script, via une seule ressource de 1 847 911 octets logée à /assets/index-C5VxFae9.js. Le nom a quitté la zone publique, mais la machine, elle, n’a pas bougé.
La capture du 11 juin reste dès lors la seule image fixe de ce que la vitrine montrait, et le dossier du nom, lui, court toujours jusqu’en mars 2027.
Dernière mise à jour : 02/11/2026
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Ce que le gel laisse debout : un dossier payé jusqu’en mars 2027
L’enregistrement subsiste et il est payé. L’échéance du 9 mars 2027 place le nom à quatre mois complets après le gel : le titulaire n’a pas laissé le dossier expirer, il a simplement perdu, ou s’est vu retirer, la publication dans la zone. La messagerie, elle, ne peut plus rien recevoir : le nom ayant quitté la résolution, l’adresse de contact publiée par la vitrine n’achemine plus aucun message vers son destinataire.
La série de certificats s’arrête au 3 septembre 2026. Le dernier couvre le nom et ses sous-domaines, et reste valable jusqu’au 2 décembre 2026. Quatre certificats Let’s Encrypt se sont succédé pour ce nom, émis les 9 mars, 7 mai, 5 juillet et 3 septembre 2026, soit un rythme d’environ deux mois. La série s’interrompt alors que le certificat en cours courait encore. Un certificat valide ne dit rien du nom : il ne parle que de la machine qui le présente. La machine répond toujours, le certificat est valide, mais le nom ne résout plus.
La même machine sert désormais une vitrine signée TradePro
En juin, la capture que nous conservons montrait une vitrine qui se présentait sous la marque « MetaTrader5 » et portait en pied de page « © 2026 MetaQuotes Ltd. ». Le document servi ce 2 novembre ne porte plus cette marque en façade. Son titre est désormais « TradePro », suivi de la mention « Professional Trading Platform », et sa description, rédigée en français, annonce une « plateforme de trading professionnelle » donnant accès aux marchés mondiaux avec des outils avancés.
Le récit de la page, à la section « à propos », date la marque de 2015 à Londres, puis évoque 100 000 traders actifs en 2018, une expansion dans plus de cent pays en 2020 et le lancement du trading de cryptomonnaies en 2022. Aucun document consulté n’étaie ces dates. La page promet également un badge « entièrement régulé » sans nommer aucune autorité ni afficher aucun numéro d’agrément. Le changement d’enseigne n’a pas modifié le service : ce sont les deux mêmes adresses qui répondaient déjà pour ce nom en juin, et le paquet de scripts continue de désigner l’enseigne gelée.
Dans le paquet livré au navigateur, MetaQuotes est resté au pied de page
Le paquet de scripts a gardé la trace de l’éditeur d’origine. Le pied de page affiche toujours « © MetaQuotes Ltd. » et l’adresse de support renvoie au domaine metatrader5.com, qui est celui de l’éditeur réel du logiciel. Ce domaine répond et redirige vers sa version publique. Nous rapportons ces mentions telles qu’elles apparaissent dans le code : la présence du nom d’un éditeur réel dans une vitrine ne met pas cet éditeur en cause.
Le paquet contient également, écrit en clair, l’adresse du back-office : crm.bebillionaire2.com, appelé avec le suffixe /api/v1. Une clé d’accès y est inscrite en dur, formée d’un prénom, d’un nom et de deux chiffres. Le nom de domaine metatrader5.online est transmis à chaque appel comme identifiant du site. Trois routes au moins sont sollicitées : /updateLogin, qui journalise les connexions et déconnexions et est envoyé aussi à la fermeture de l’onglet ; /uploadFiles, qui permet l’envoi d’un document accompagné de l’adresse de la personne ; et /webtrader/positions, qui expose les positions de trading d’un compte.
Ce back-office répond ce 2 novembre. Il redirige vers une page de connexion intitulée « BeBillionaire CRM », qui se présente comme « le CRM qui transforme vos leads en revenus », avec gestion des clients, intégrations de trading en temps réel et indicateurs en direct. La page affiche « 60k+ leads gérés » et « 12+ intégrations ». Une même installation sert donc plusieurs enseignes, dont celle qui portait le nom gelé.
Un CRM commun, une société chypriote et une garantie britannique
Les conditions générales logées dans le paquet désignent une plateforme nommée « Smart Trading Pro », exploitée par une société chypriote, STP Capital Ltd, numéro HE 412380, dont le siège est indiqué au 35 Dodekanisou, Germasogeia, 4043 Limassol. Ces conditions sont datées du 27 mars 2026. Nous rapportons cette mention telle qu’elle est affichée dans le paquet : nous n’avons pas consulté le registre chypriote, la société n’est pas mise en cause, et sa présence dans un paquet servi depuis un nom gelé ne prouve pas qu’elle exploite cette vitrine.
Toutes les boîtes de contact de ces conditions, qu’il s’agisse du support, de la sécurité, des réclamations, de la lutte anti-blanchiment, du juridique ou de la confidentialité, sont sur le domaine smarttradingpro.com. Ce domaine répond ce 2 novembre par un document de 114 octets qui redirige par script vers une page d’accueil commerciale. Ce terminal partagé entre plusieurs enseignes n’est pas sans rappeler le cas documenté sur web.lsewebmt5.com, où une infrastructure commune servait plusieurs vitrines distinctes.
La FAQ du paquet répond à la question « mon argent est-il en sécurité » en affirmant que les fonds sont détenus sur des comptes séparés et que la plateforme est « également régulée par la FCA », les dépôts étant « protégés par le FSCS à hauteur de 85 000 livres ». Un numéro chypriote et une garantie britannique ne peuvent pas coexister de cette façon : la protection du FSCS couvre les dépôts placés auprès d’établissements autorisés au Royaume-Uni, et aucun numéro d’agrément britannique n’est affiché nulle part dans le paquet.
Six fichiers de l’AMF rouverts ce 2 novembre
Nous avons rouvert les six fichiers de listes noires publiés par l’AMF, dans leur dernière édition disponible : options binaires (6 décembre 2023), biens divers (12 juin 2026), forex (28 septembre 2026), produits dérivés sur crypto-actifs (28 septembre 2026), autres signalements (8 octobre 2026) et crypto-actifs (8 octobre 2026). Aucune entrée ne correspond à la racine « metatrader », ni à la graphie « metatradrr ». Ils se consultent depuis le portail de l’AMF, à la rubrique des listes noires.
Cette vérification appelle une correction franche. La version de juin de cet article affirmait que metatrader5.online figurait « sur la liste noire officielle de l’AMF et de l’ACPR ». Ce n’est pas ce que portent ces fichiers. L’inscription relevée en avril 2026 par nos soins portait sur le nom frère metatrader5.fr, dans le fichier consolidé des autorités, sous deux qualifications d’usurpation. Nous rectifions cette erreur sans ambiguïté. L’absence de metatrader5.online dans ces fichiers ne dit rien d’une autorisation d’exercer : un nom peut être signalé tardivement, ou ne pas l’être du tout.
Le nom frère metatrader5.fr, lui, est toujours actif au registre : déposé le 16 novembre 2025, son échéance court jusqu’au 16 novembre 2027, sa dernière modification date du 26 octobre 2026 et son bureau d’enregistrement est Hostinger. Il répond ce 2 novembre par une page d’erreur 403 de son hébergeur.
Ce qu’un nom gelé change pour la personne qui a versé des fonds
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Ce gel déplace le problème de ceux qui ont payé. La messagerie de la vitrine n’achemine plus rien : les courriels, fils de messagerie instantanée, relevés et captures déjà en possession de la personne sont désormais les seules pièces qui établissent la promesse faite, et il n’est plus possible d’en obtenir de nouvelles de l’opérateur. La vitrine ayant changé de nom sans changer de machine, la capture de juin et l’adresse gelée restent les deux repères à conserver pour rattacher un versement à cette enseigne.
Selon le moyen de paiement utilisé, les démarches diffèrent. Pour un virement, il faut demander sans délai le rappel des fonds à la banque et conserver l’ordre de virement, l’identifiant du compte bénéficiaire et la date d’exécution. Pour un paiement par carte, il convient de signaler l’opération comme non autorisée auprès de l’émetteur et de demander le formulaire de contestation. Pour un envoi en crypto-actifs, il faut relever l’adresse de destination, la référence de la transaction et la plateforme d’échange utilisée, puis prévenir celle-ci par écrit. Pour les démarches pénales, la marche à suivre pour déposer plainte détaille les étapes selon la juridiction.
Sur la fiche publique d’évaluation du nom, l’indice de confiance s’établit à 25 %, ce qui le range parmi les plus faibles de l’échelle. Cette notation porte sur le comportement technique du nom, pas sur un droit d’exercer.
Maître Goce Novakov, dont le barreau d’inscription est celui de Paris, a accordé à notre rédaction un entretien consacré à une affaire dans laquelle une victime d’arnaque au faux investissement a obtenu en justice que sa banque soit condamnée à lui rembourser 70 % de ses pertes. La vidéo ci-dessous revient sur les arguments retenus par le tribunal et sur les conditions dans lesquelles une telle action peut être engagée.
Quatre questions sur un nom gelé qui continue de servir
Le gel retire le nom de la résolution publique : la personne ne peut plus accéder à la vitrine par son adresse habituelle, et la messagerie de la plateforme n’achemine plus aucun message. En revanche, les fonds déjà versés ne sont pas bloqués par cette mesure, qui ne touche que la visibilité du nom. Les pièces déjà en possession de la personne, captures, relevés, historiques de conversation, restent les seules preuves disponibles pour toute démarche ultérieure.
Oui. Un « client hold » est réversible : si le bureau d’enregistrement lève la restriction, le nom peut être republié dans la zone et pointer à nouveau vers la même infrastructure. Les deux adresses IP qui servent la vitrine ce 2 novembre n’ont pas changé depuis juin. La machine est prête ; seul le nom est absent de la résolution. Une levée du gel suffirait à rendre la vitrine accessible sans aucune autre modification.
Le changement de nom en façade ne modifie pas la machine ni le back-office sous-jacent. Une personne démarchée sous la marque « MetaTrader5 » et qui retrouverait la vitrine sous le nom « TradePro » se trouverait devant le même back-office. La capture de juin, qui montrait l’ancienne enseigne, et l’adresse gelée constituent les deux repères permettant de relier un versement passé à la vitrine actuelle.
Toute pièce reçue avant le gel : courriels, captures d’écran de l’interface, historiques de messagerie instantanée, relevés de compte affichés par la plateforme, ordres de virement et références de transaction. Ces documents établissent la promesse faite et le lien entre la personne et la vitrine. Il n’est plus possible d’en obtenir de nouvelles depuis l’opérateur, puisque la messagerie du nom n’achemine plus rien.
metatrader5.online a été gelé le 30 octobre 2026, mais son dossier d’enregistrement court jusqu’en mars 2027 et la machine qui le servait répond toujours. Ceux qui ont payé sur cette plateforme, présentée sous une marque connue du secteur, se retrouvent dans une situation précise : un interlocuteur devenu injoignable, une vitrine qui a changé de nom sans changer d’adresse, et des pièces qui s’arrêtent à la date du gel. BrokerDefense propose une évaluation préalable de chaque dossier pour déterminer quelles démarches sont envisageables selon les montants, les moyens de paiement et les preuves disponibles.
Article réécrit le 02/11/2026
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