Le 8 juillet 2026, le registrar Hostinger a placé le domaine finosio.com sous le statut client hold : six semaines après la publication de notre enquête du 26 mai 2026, la fausse banque en ligne Finosio s’est éteinte du web. Aujourd’hui, plus rien ne résout dans le DNS, ni le site, ni les serveurs de messagerie : le nom ne répond plus à aucune requête.
Le gel n’est pourtant pas une suppression. Le nom reste enregistré jusqu’au 27 novembre 2026, et ses serveurs de noms pointent vers un service de parking. La vitrine a disparu, mais la coquille du domaine est toujours là, prête à être réactivée ou revendue.
Dernière mise à jour : 10/08/2026
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BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page d’accueil de ce site frauduleux, horodatée au moment de notre enquête. Retrouvez son apparence originale même après sa fermeture — utile pour identifier le site, constituer un dossier ou alerter votre entourage.
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Sommaire
- Un domaine gelé par son registrar, six semaines après notre enquête
- L’enregistrement de finosio.com : Hostinger, un gel et des serveurs de parking
- Une « banque » aux références juridiques impossibles
- Une infrastructure d’hébergement partagé, jamais celle d’une banque
- Des promesses de néobanque aux preuves inexistantes
- Vos démarches si vous avez déposé des fonds chez Finosio
- FAQ : vos questions sur la disparition de Finosio
Un domaine gelé par son registrar, six semaines après notre enquête
Le 26 mai 2026, nous publiions notre analyse de finosio.com : une prétendue banque en ligne qui annonçait 65 millions de clients et 36 milliards d’euros de dépôts, sans qu’aucun agrément vérifiable n’accompagne ces chiffres. Six semaines plus tard, le 8 juillet 2026, le registre a été modifié pour la dernière fois : le domaine est passé sous client hold, le statut que les bureaux d’enregistrement réservent aux noms problématiques.
Nos vérifications du 10 août 2026 confirment l’extinction complète. Les requêtes DNS de type A, NS et MX renvoient toutes un échec de résolution : aucun serveur web, aucun serveur de noms délégué, aucun serveur de messagerie n’est plus joignable. Le site, qui se présentait comme une néobanque régulée par la BCE et l’ACPR, est inaccessible aussi bien en HTTP qu’en HTTPS.
Ce qui frappe dans cette chronologie, c’est qu’aucune autorité financière n’est intervenue. À la date de notre enquête, finosio.com ne figurait ni sur la liste noire de l’AMF ni sur celle de l’ACPR, ni sur les registres de la CySEC. C’est le registrar lui-même, Hostinger, qui a figé le nom après la diffusion de nos conclusions — le même réflexe de gel post-dénonciation que nous avons documenté sur d’autres dossiers.
L’enregistrement de finosio.com : Hostinger, un gel et des serveurs de parking
Le domaine finosio.com a été créé le 27 novembre 2025, soit six mois avant notre enquête. C’est une durée de vie dérisoire pour un établissement qui prétendait gérer des dépôts depuis des années. Le registrar est Hostinger operations UAB, une société lituanienne d’hébergement mutualisé bon marché — un choix courant dans les montages frauduleux, et incompatible avec le profil d’une banque.
Les données d’enregistrement montrent deux statuts cumulés : client hold et client transfer prohibited. Le premier retire le nom de la délégation DNS et explique l’échec de résolution total ; le second empêche tout transfert du domaine vers un autre registraire. Les serveurs de noms déclarés, NS1.DNS-PARKING.COM et NS2.DNS-PARKING.COM, appartiennent à un service de parking : le nom est conservé jusqu’à son expiration, sans contenu, prêt à être recyclé ou revendu.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une « banque » aux références juridiques impossibles
Finosio empilait les identités juridiques sans jamais en prouver une seule. Le site présentait « Finosio Europe » comme un établissement de monnaie électronique enregistré sous le numéro CHE220.835.948, un format d’immatriculation suisse. Or le même pied de page revendiquait une supervision par la Banque centrale européenne — ce qui est juridiquement impossible pour une entité suisse.
La mention « Finosio Markets Ltd » à Canary Wharf, Londres, n’était accompagnée d’aucun numéro d’autorisation FCA. La supervision ACPR annoncée pour la France ne s’appuyait sur aucun numéro d’agrément vérifiable. Enfin, le pied de page affichait littéralement « © {{year}} Finosio Europe » : la variable de date n’avait jamais été remplacée, un oubli technique révélateur d’une vitrine montée à la hâte.
Une infrastructure d’hébergement partagé, jamais celle d’une banque
L’infrastructure racontait la même histoire. Le site tournait sur un hébergement mutualisé Hostinger, avec un certificat SSL Let’s Encrypt délivré gratuitement, sans vérification de l’identité du titulaire : le cadenas HTTPS n’apportait aucune garantie bancaire. L’adresse IP 147.93.92.68 était partagée avec des dizaines de domaines sans rapport avec la finance — patapouf.be, cazimall.com, ainesscoffee.com, entre autres — une configuration typique des hébergements à bas coût.
Le site ne passait par aucun réseau de diffusion de contenu : l’adresse réelle du serveur était directement exposée, sans protection sérieuse contre les attaques. Aucune banque légitime, même de petite taille, ne fonctionne ainsi. Cette absence de précaution élémentaire confirmait qu’il ne s’agissait pas d’une institution financière, mais d’une façade jetable.
Des promesses de néobanque aux preuves inexistantes
Le discours commercial reprenait les codes des néobanques européennes : comptes, cartes virtuelles, virements internationaux, placements, prêts. Le site affichait une « note de 4,6 sur Trustpilot » et un « prix FastCompany 2024 » dont nous n’avons trouvé aucune trace vérifiable. Les chiffres de 65 millions de clients et de 36 milliards d’euros de dépôts n’étaient corroborés par aucune source indépendante.
Les dysfonctionnements s’accumulaient : la page « Cartes » renvoyait une erreur 403, le formulaire de contact ne comportait aucun attribut d’envoi fonctionnel, et le numéro de téléphone affiché — +33 62 00 00 00 — était manifestement fictif, aucun opérateur français n’attribuant de numéros mobiles commençant par 062. Autant de signaux qui trahissaient une mise en scène destinée à rassurer le visiteur.
L’analyse de finosio.com est documentée sur ScamDoc : vous pouvez consulter la fiche ScamDoc de finosio.com pour accéder au détail des critères d’évaluation.
Pour comprendre les recours possibles après une escroquerie au faux investissement, nous avons interrogé Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et membre du réseau d’avocats de BrokerDefense. Elle revient sur un jugement rendu par le tribunal judiciaire du Mans dans une affaire d’escroquerie au faux investissement : les victimes ont obtenu l’indemnisation de leurs pertes et la banque a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance.
Vos démarches si vous avez déposé des fonds chez Finosio
Si vous avez ouvert un compte sur finosio.com, fourni une pièce d’identité ou effectué un virement vers la « banque », ne répondez à aucune nouvelle demande de paiement, même présentée comme des frais de déblocage. Contactez immédiatement votre établissement bancaire pour tenter un rappel de virement, puis rassemblez vos justificatifs : relevés, captures d’écran du site, courriels échangés, historique de conversation.
Vous pouvez signaler le site sur la plateforme Assurance Banque Épargne Info Service et déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie avec l’ensemble de votre dossier. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes. Ce schéma — une fausse institution financière qui disparaît après la collecte — rappelle Eisenbergbank, fausse banque suisse au domaine gelé par son registrar, et Helveti Finanz, faux prêteur réduit au silence, deux dossiers documentés par BrokerDefense.
FAQ : vos questions sur la disparition de Finosio
Oui. Depuis le 8 juillet 2026, le domaine finosio.com est placé sous le statut client hold par son registrar Hostinger : plus aucun serveur ne répond, ni en DNS, ni en HTTP, ni en HTTPS. Le nom reste néanmoins enregistré jusqu’au 27 novembre 2026, ce qui signifie qu’il peut être réactivé ou revendu à tout moment avant son expiration.
Contactez sans attendre votre banque pour demander un rappel de virement, puis déposez plainte avec tous vos justificatifs : relevés bancaires, captures d’écran du site finosio.com, courriels et historiques de conversation. Signalez également la fraude sur la plateforme Assurance Banque Épargne Info Service. BrokerDefense peut vous accompagner dans la constitution d’un dossier utilisable en justice.
Le gel (client hold) retire la délégation DNS mais pas l’enregistrement du nom. Le domaine appartient toujours à son titulaire jusqu’au 27 novembre 2026, et ses serveurs de noms pointent vers un service de parking. C’est une coquille vide : l’opérateur conserve le nom pour le recycler ou le revendre, d’où l’importance de rester vigilant sur les plateformes qui reprendraient cette apparence.
Finosio a disparu comme elle était apparue : dans le silence. La fausse banque en ligne, qui promettait des comptes et des cartes à des dizaines de millions de clients imaginaires, n’est plus qu’un nom gelé dans le registre, en attente d’expiration. Pour les personnes qui ont versé des fonds ou transmis leurs documents d’identité, la prudence reste de mise : le domaine peut renaître sous une autre apparence, et les escrocs ne réapparaissent jamais sous le même nom. BrokerDefense procède à une évaluation préalable de chaque dossier avant d’accompagner une victime dans ses démarches.
Article réécrit le 10/08/2026. Données complémentaires issues de notre veille technique.


