Minerv-corvesse.com arnaque : le socle d’un dossier déjà publié

Minerv Corvesse tournait sur le socle déjà relevé chez Fort Trésorique

Nos relevés techniques de mai 2026 conservaient sept chemins d’actifs communs aux deux noms minerv-corvesse.com et fort-tresorique.com. Six de ces fichiers maison portaient un contenu strictement identique d’un domaine à l’autre : le script propre de la page, pesant quatre mille trois cent cinquante-deux octets, quatre pictogrammes de moyens de paiement totalisant respectivement mille deux cent vingt-six, sept cent quarante et un, quatre mille trois cent dix et cinq mille huit cent soixante-dix octets, ainsi qu’une image d’illustration de vingt-cinq mille deux cent soixante octets dont l’empreinte visuelle était elle aussi identique. Les deux noms étaient servis depuis la même adresse de serveur, 103.109.100.253, déjà consignée dans nos dossiers publics.

Ce constat établit qu’un même atelier a produit les deux vitrines à partir d’une maquette partagée, et que les fichiers constitutifs de cette maquette n’ont pas été modifiés entre les deux déploiements. Ce qu’il n’établit pas, en revanche, c’est l’identité de la ou des personnes qui exploitaient l’un ou l’autre de ces noms : mesurer une superposition de fichiers et conclure à un exploitant commun sont deux opérations distinctes, et nous nous en tenons à la première.

Le lien entre les deux noms n’avait pas été posé dans notre article du 19 mai 2026. C’est le dossier consacré à Fort Trésorique, publié deux jours plus tôt, le 17 mai 2026, qui rassemble les observations sur ce premier nom ; minerv-corvesse.com n’y était pas rattaché. Cette mise à jour corrige ce point, et elle documente un second fait mesuré le 28 septembre 2026 : la diffusion du nom est interrompue depuis le 25 septembre 2026, soit une coupure décidée par le bureau d’enregistrement alors que l’échéance du dossier court encore jusqu’au printemps prochain.

Les données d’enregistrement public du nom sont consultables via la fiche WHOIS complète sur DomainTools, qui rassemble l’historique des modifications successives portées au dossier.

Dernière mise à jour : 28/09/2026

Retenue du bureau d’enregistrement sur un nom mené jusqu’au printemps 2027

Le 28 septembre 2026, ni la forme principale du nom ni sa variante avec les trois w ne répondaient à aucune requête : plus aucune adresse de serveur, plus aucune adresse de messagerie, plus aucun serveur de noms n’était joignable. Le nom était silencieux sur l’ensemble de ses points d’entrée habituels.

Le dossier du registre, lu le même jour, indique que l’enregistrement a été ouvert le 29 avril 2026 et que l’échéance portée au dossier est le 29 avril 2027. La dernière écriture date du 25 septembre 2026, soit trois jours avant notre relevé. Le statut du dossier combine deux mesures : une retenue prononcée par le bureau d’enregistrement, qui coupe le nom de tout service de résolution, et un verrou interdisant le transfert de sa gestion vers un prestataire concurrent. Le bureau d’enregistrement est NETIM SAS. Le titulaire est masqué dans les données publiques.

Le fait décisif est là : le nom est réglé pour sept mois encore. La coupure ne résulte donc pas d’un défaut de paiement de la part du titulaire, mais d’une décision prise par NETIM SAS. Pour les personnes qui cherchent un interlocuteur, cette distinction importe : elles n’ont pas affaire à un nom tombé dans un vide administratif, mais à un nom suspendu par une autorité identifiable, ce qui oriente différemment les démarches.

Le dossier mentionne trois serveurs de résolution, tous rattachés à un seul domaine tiers dont le libellé semble tiré au sort. Ce type de configuration, où l’ensemble de la résolution est confié à un prestataire unique présentant un nom sans signification apparente, est courant dans les déploiements rapides destinés à une durée limitée. Entre l’ouverture du dossier le 29 avril 2026 et la coupure le 25 septembre 2026, la vitrine a tenu environ cinq mois.

Six fichiers maison au contenu identique sur les deux vitrines

Le script propre de la page, à quatre mille trois cent cinquante-deux octets, était servi depuis le même chemin sur les deux noms et portait un contenu octet pour octet identique. Les quatre pictogrammes de moyens de paiement, aux tailles de mille deux cent vingt-six, sept cent quarante et un, quatre mille trois cent dix et cinq mille huit cent soixante-dix octets, occupaient la même position dans la même arborescence, y compris le sous-dossier nommé d’après la couleur d’accent de la maquette. L’image d’illustration de vingt-cinq mille deux cent soixante octets présentait une empreinte visuelle identique des deux côtés.

L’arborescence qui rangeait ces fichiers était strictement la même, ce qui suppose que la maquette a été déployée telle quelle, sans reorganisation des répertoires. Une seule divergence a été relevée dans les fichiers de langue : le même emplacement portait un drapeau français du côté de minerv-corvesse.com et un drapeau belge du côté de fort-tresorique.com, indiquant un ciblage géographique distinct pour chaque vitrine.

Le certificat de sécurité de minerv-corvesse.com avait été délivré par une autorité de certification gratuite le 29 avril 2026. Il valait pour les deux graphies du domaine, celle du nom seul comme celle précédée des trois w, et son terme était fixé au 28 juillet 2026, soit une durée de trois mois. Cette même autorité avait signé le certificat de fort-tresorique.com. Un certificat valable trois mois, renouvelable par procédure simplifiée, correspond à une gestion au plus court, sans engagement sur la durée.

Relever ce partage de fichiers permet de relier des vitrines qui se présentaient comme indépendantes et d’informer les personnes qui auraient pu fréquenter l’une ou l’autre. C’est à ce titre, et non pour attribuer une responsabilité, que nous le consignons ici.

Trente-quatre millions d’utilisateurs annoncés, aucun nom de société

Les copies que nous avons gardées des pages d’avril et mai 2026 décrivent un service qui se donnait pour « la plateforme de référence » de la négociation de cryptomonnaies en France, revendiquant trente-quatre millions d’utilisateurs vérifiés, quatre cents millions de dollars de volume échangé et une présence dans quatre-vingt-dix-huit pays. Un taux de performance de quatre-vingt-cinq pour cent était mis en avant, et le dépôt minimum demandé était de deux cent cinquante euros.

Aucune mention légale vérifiable n’y figurait : ni raison sociale, ni numéro d’immatriculation, ni adresse physique, ni dirigeant nommé. La seule adresse de contact disponible était une adresse générique construite sur le nom du domaine, [email protected]. Les témoignages mis en avant provenaient tous de personnes présentées comme des utilisateurs situées à Lyon, et leur rédaction suivait un patron similaire. Du côté des moyens de paiement, les marques Visa, Mastercard, PayPal et UnionPay étaient bien affichées, alors que les visuels censés présenter des partenaires restaient vides et laissaient voir leur texte de substitution. Les formulaires répartis sur les pages réclamaient quatre informations d’identification : le prénom, le nom, une adresse électronique et un numéro de téléphone. Une partie des textes portait les marques d’une production de contenu par intelligence artificielle.

Nos recherches menées le 28 septembre 2026 sur les fichiers d’avertissement publiés par l’Autorité des marchés financiers et sur la liste consolidée des autorités française de supervision bancaire et de marché n’ont fait apparaître aucune entrée reprenant le nom minerv-corvesse.com. Par ailleurs, la fiche ScamDoc de minerv-corvesse.com affiche un indice de confiance public de vingt-cinq pour cent.

Une vitrine servie sans intermédiaire, un certificat de trois mois

Nos relevés de mai 2026 montraient que la vitrine était servie directement depuis l’adresse 103.109.100.253, sans aucune protection d’intermédiaire placée devant le serveur. Le serveur se présentait comme un serveur web à la mode nginx. L’interface associait un fond clair et des accents d’une couleur tirant sur l’orangé, des modules de cotation empruntés à un service tiers, et un espace de connexion accessible depuis la page d’accueil, flanqué des marques de plusieurs moyens de paiement.

Cette configuration tranche avec ce qu’un intermédiaire financier légitime installe habituellement devant ses espaces clients : une protection réseau, un filtrage du trafic entrant, et une infrastructure conçue pour absorber les tentatives d’intrusion. Ici, l’adresse de serveur était directement exposée, ce qui est inhabituel pour une plateforme qui prétendait gérer des fonds.

Les traces d’un versement qui servent encore ensuite

Plusieurs éléments conservent leur utilité pour toute personne ayant interagi avec cette vitrine : les relevés bancaires documentant les virements et les débits de carte vers des comptes liés à minerv-corvesse.com, les courriels reçus depuis l’adresse [email protected] ou depuis toute autre adresse construite sur ce domaine, les captures de l’espace de connexion et des tableaux de bord affichés, les courriels et messages échangés avec les interlocuteurs qui tenaient le rôle de conseiller, ainsi que le relevé des appels entrants pendant toute la durée de la relation.

L’urgence la plus immédiate est de contacter l’établissement bancaire qui a exécuté les paiements : pour les virements récents, un rappel peut être tenté ; pour les paiements effectués par carte, une procédure de rétrofacturation reste ouverte dans des délais qui varient selon l’émetteur.

Signalons que le dossier consacré à Riche Fondois porte sur un nom dont la coupure est intervenue le même jour, le 25 septembre 2026, décidée par le même bureau d’enregistrement NETIM SAS, et qui reste lui aussi muet depuis. Cette coïncidence de date et de bureau est un élément que nous conservons dans nos dossiers.

Nos vérifications du 28 septembre 2026 peuvent être prolongées en consultant le registre public des sites dépourvus d’habilitation en France, puis la liste noire consolidée des autorités de surveillance française et européenne, qui rassemble les avertissements émis par plusieurs régulateurs du continent.

Toute personne ayant envoyé des fonds vers minerv-corvesse.com en croyant confier son épargne à un robot de trading piloté par intelligence artificielle se trouve désormais face à un nom qui ne répond plus et à un interlocuteur introuvable. Avant d’entreprendre toute démarche, BrokerDefense propose d’examiner la situation et les pièces disponibles afin d’identifier les voies praticables. Nous mettons également en garde contre les offres de récupération de fonds présentées spontanément par des tiers inconnus une fois qu’un service de ce genre s’est arrêté : ces sollicitations constituent fréquemment une seconde escroquerie visant les mêmes personnes. Pour comprendre comment construire un dossier pénal et ce que suppose une plainte devant le juge, nous avons rédigé un guide pratique accessible via notre guide sur la marche à suivre devant le juge pénal.

Une décision de justice a retenu la responsabilité d’une banque pour n’avoir pas suffisamment surveillé des mouvements litigieux dans une affaire de faux investissement, aboutissant à une indemnisation des victimes. Maître Goce Novakov, avocat exerçant sous le barreau de Paris, revient sur le raisonnement retenu par le tribunal et sur ce qu’il ouvre concrètement aux personnes qui ont envoyé des fonds vers ce type de plateforme.

Ce qu’on nous écrit le plus souvent à propos de Minerv Corvesse

Voici les trois questions qui reviennent le plus fréquemment depuis notre article de mai 2026.

Minerv Corvesse propose-t-elle encore une plateforme de trading aujourd’hui ?

Non. Depuis le 25 septembre 2026, la diffusion du nom est interrompue sur décision de NETIM SAS, bureau d’enregistrement du domaine. Plus aucune requête n’aboutit, ni sur la forme principale ni sur la variante avec les trois w. Aucune plateforme n’est accessible à cette adresse.

Comment un nom réglé jusqu’en avril 2027 peut-il ne plus répondre du tout ?

Le règlement du dossier d’enregistrement jusqu’au 29 avril 2027 garantit uniquement que le titulaire a acquitté les frais de réservation. Il ne protège pas contre une retenue décidée par le bureau d’enregistrement, qui peut suspendre la diffusion d’un nom pour ses propres motifs, indépendamment de l’échéance contractuelle. C’est précisément ce statut qui figure au dossier depuis le 25 septembre 2026.

Quelles démarches engager si des fonds ont été versés sur cette plateforme ?

Rassemblez d’abord tous les justificatifs : relevés de compte, courriels reçus depuis le domaine, captures de l’espace de connexion, courriels et messages échangés avec les interlocuteurs qui tenaient le rôle de conseiller, puis la liste des appels reçus. Contactez ensuite sans attendre l’établissement bancaire qui a exécuté les paiements pour explorer un rappel de virement ou une rétrofacturation par carte. BrokerDefense peut examiner votre dossier avant toute démarche formelle.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 28/09/2026

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