Sommaire
- Bruxelles a inscrit cette vitrine sur sa liste, six semaines après notre dossier
- Un nom réglé jusqu’en avril 2027 que plus rien ne dessert
- Une même journée de coupure pour toute une série de vitrines
- Quatre cents millions de dollars annoncés, aucune société derrière
- Un serveur sans masque et des formulaires à chaque page
- Réunir les pièces d’un virement vers fort-tresorique.com
- Ce que les épargnants demandent à propos de ce nom
Bruxelles a inscrit cette vitrine sur sa liste, six semaines après notre dossier
Le 30 juin 2026, l’Autorité des services et marchés financiers belges a publié une mise en garde intitulée « 25 nouvelles plateformes frauduleuses dans la liste de la FSMA », dans laquelle elle nomme noir sur blanc « Fort Trésorique (fort-tresorique.com) » parmi les adresses par lesquelles des particuliers ont été aiguillés vers des plateformes de trading frauduleuses. Ce nom figure dans la première énumération de ce document, aux côtés de neuf autres adresses, et la FSMA annonce les avoir toutes inscrites à sa liste officielle des plateformes frauduleuses, sous un libellé qui vise les plateformes frauduleuses de trading, à la date du 30/06/2026. L’autorité précise que cette liste n’est pas exhaustive et qu’elle est adaptée régulièrement.
La mise en garde explique que ces plateformes attirent les consommateurs par des promesses de gains rapides et faciles, et que derrière ces promesses se dissimulent des escroqueries organisées susceptibles de causer des pertes importantes. Une seconde énumération, distincte, réunit quinze noms que l’autorité déconseille vivement, sans les qualifier de la même manière que les dix premiers. Pour le détail du fonctionnement de ces fraudes, l’autorité renvoie à ses mises en garde antérieures des 23 avril et 12 mars 2026. L’ensemble du document est consultable via la mise en garde publiée le 30 juin 2026.
Notre article du 17 mai 2026 affirmait que fort-tresorique.com ne disposait d’aucune autorisation et qu’il n’apparaissait sur les listes ni de l’autorité française, ni de l’autorité belge, ni de l’autorité chypriote. Cette affirmation était inexacte pour ce qui concerne la FSMA : nous avions commis une erreur, que nous corrigeons ici franchement. La mise en garde belge est datée du 30 juin 2026, soit six semaines après notre publication ; elle lui est donc postérieure, et c’est à cette date que le nom a intégré la liste officielle.
Les données d’enregistrement de ce nom restent consultables, pour les lecteurs qui souhaitent en examiner le détail complet, sur la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 28/09/2026
Un nom réglé jusqu’en avril 2027 que plus rien ne dessert
Relevé le 28 septembre 2026, l’état du nom fort-tresorique.com est le même sur sa forme principale et sur la variante précédée des trois w : plus aucune trace de résolution ne subsiste. Aucune adresse de serveur, aucune adresse de messagerie, aucun serveur de noms ne répond. Le nom est techniquement muet.
Le dossier du registre raconte pourtant autre chose. L’enregistrement a été ouvert le 22 avril 2026 et l’échéance portée au dossier est le 22 avril 2027 : le nom est donc réglé pour près de sept mois encore. Sa dernière écriture remonte au 25 septembre 2026. Le bureau d’enregistrement est NETIM SAS. Deux mentions composent son statut : une retenue prononcée par ce bureau, qui interrompt la diffusion du nom, et une interdiction de transférer sa gestion ailleurs.
La conjonction de ces deux éléments est décisive pour comprendre la situation. Un nom qui n’est plus réglé cesse d’être actif parce que son titulaire n’a pas renouvelé son contrat ; ce n’est pas ce qui se passe ici. La coupure a été décidée par NETIM SAS, alors que l’échéance contractuelle reste lointaine. Le dossier existe encore, le règlement court, mais la délégation est coupée : le nom ne dessert plus rien non pas par oubli ou défaut de paiement, mais par un acte délibéré du bureau d’enregistrement.
Cinq serveurs de noms figurent au contrat, hébergés sur trois domaines différents. L’un de ces domaines présente un libellé à caractère aléatoire. Malgré cette infrastructure déclarée, aucun de ces serveurs ne répond à une requête sur le nom, ce qui confirme que la coupure est effective à tous les niveaux de la chaîne de résolution.
Une même journée de coupure pour toute une série de vitrines
Nos relevés du 28 septembre 2026 révèlent que dix-huit dénominations suivies par nos soins portent exactement la même date de dernière modification, le 25 septembre 2026, et le même statut associant une retenue demandée par le bureau d’enregistrement et un verrou de transfert. Dix-sept d’entre elles sont enregistrées chez NETIM SAS. Plusieurs de ces noms partagent, deux à deux, des serveurs de noms identiques hébergés sur des domaines à libellé aléatoire.
Parmi ces dix-huit dénominations figure le nom documenté dans le dossier consacré à Steen Luxeris. Ce nom était enregistré chez le même bureau d’enregistrement, il a lui-même été visé par une mise en garde de la FSMA, et plus rien ne répond à son adresse depuis la même journée du 25 septembre 2026.
Ces partages de date et de serveurs sont des faits mesurés, non des conclusions sur l’identité de ceux qui ont exploité ces vitrines. Une date commune et des serveurs communs établissent qu’un même bureau d’enregistrement a prononcé une vague de coupures en une seule journée, sur une population de noms bâtis selon un modèle comparable. Ils ne permettent pas d’affirmer que ces vitrines relevaient d’un exploitant unique.
Quatre cents millions de dollars annoncés, aucune société derrière
Les pages conservées d’avril et mai 2026 montraient une vitrine se présentant comme une plateforme de trading crypto pilotée par intelligence artificielle, promettant des profits optimisés et des décisions éclairées à destination des investisseurs belges et francophones. Les chiffres mis en avant étaient imposants : 400 millions de dollars de volume de trading, une couverture de 98 pays et un taux de rendement annoncé de 85 pour cent. Le dépôt minimum requis était fixé à 250 euros.
Aucune mention légale vérifiable ne figurait sur ces pages : ni numéro de société, ni adresse physique, ni dirigeant nommé. Les témoignages affichés portaient des prénoms francophones, mais ils étaient localisés à Munich, Hambourg, Berlin ou Francfort. Le site évoquait des « courtiers belges expérimentés » sans jamais en nommer un seul ni justifier d’un quelconque agrément. Plusieurs passages présentaient les marques caractéristiques d’une production de contenu par intelligence artificielle.
Un indice synthétique est disponible publiquement : la fiche ScamDoc de fort-tresorique.com lui attribue une note de confiance publique de 1 pour cent.
Un serveur sans masque et des formulaires à chaque page
Nos relevés techniques conduits en avril et mai 2026 situaient la vitrine derrière l’adresse de serveur 103.109.100.253. Aucune protection d’intermédiaire ne s’interposait entre cette adresse et les visiteurs, ce qui est inhabituel pour un service se présentant comme une plateforme financière. Le serveur se présentait comme fonctionnant sous nginx.
Un certificat de sécurité avait été délivré le 22 avril 2026 par une autorité de certification gratuite et courait jusqu’au 21 juillet 2026 seulement, une durée courte. L’interface affichait un fond blanc, des modules de cotation empruntés à un prestataire tiers, et les marques visuelles de plusieurs moyens de paiement : Visa, Mastercard, PayPal et UnionPay. Plusieurs visuels censés représenter des partenaires ne se chargeaient pas et laissaient apparaître des libellés de remplacement génériques, signe d’un assemblage inachevé.
Sur chaque page de la vitrine, un formulaire réclamait prénom, nom, adresse électronique et numéro de téléphone. Cette collecte systématique de coordonnées précédait tout accès à quelque information que ce soit, positionnant la prise de contact comme premier acte imposé au visiteur et ouvrant la voie à des relances téléphoniques répétées.
Réunir les pièces d’un virement vers fort-tresorique.com
Quiconque a versé des fonds à une plateforme de ce genre dispose d’un ensemble de pièces qu’il est encore temps de réunir : les extraits de compte où apparaissent les opérations faites au profit du site, les messages reçus depuis son adresse de contact, les vues conservées de l’espace client, les conversations écrites tenues avec les interlocuteurs qui se recommandaient de ce service, et le relevé des appels entrants comme sortants liés à cette relation.
S’adresser sans attendre à l’établissement qui a exécuté ces opérations reste la première démarche utile : lui demander l’annulation des ordres les plus récents et la contestation des paiements faits par carte, en tenant compte des délais que chaque établissement applique.
Une autre vitrine de la même génération, documentée au même printemps, est présentée dans le dossier consacré à Stone Vest : son nom ne répond plus lui non plus depuis la même vague de coupures. Le tableau des entreprises irrégulièrement actives en Belgique, tenu par l’Autorité des services et marchés financiers, recense l’ensemble des noms concernés et constitue un document de référence utile lors des démarches : le tableau des entreprises irrégulièrement actives en Belgique. Pour les personnes qui envisagent de porter les faits devant une juridiction, la marche à suivre pour engager une procédure pénale détaille les étapes concrètes. Enfin, si un tiers inconnu prend contact pour proposer de récupérer des fonds perdus contre rémunération ou avance, il convient de traiter cette approche avec la même méfiance que la fraude initiale : ce type d’offre constitue fréquemment une seconde escroquerie, dirigée contre des épargnants qui ont déjà perdu de l’argent.
Devant le tribunal judiciaire de Perpignan, une affaire d’arnaque à l’or a trouvé son épilogue au terme de dix-huit mois de procédure. Maître Denitza Gueorguieva, avocate ayant prêté serment à Lyon, revient sur cette décision et sur la portée qu’elle peut avoir pour des épargnants engagés dans un montage comparable.
Ce que les épargnants demandent à propos de ce nom
Non. Relevé le 28 septembre 2026, le nom ne répond plus sur aucune de ses formes : ni adresse de serveur, ni messagerie, ni serveur de noms ne subsistent. La délégation a été coupée le 25 septembre 2026 par le bureau d’enregistrement NETIM SAS. Aucune plateforme n’est accessible à cette adresse.
Le règlement du nom et la résolution du nom sont deux choses distinctes. Le dossier d’enregistrement indique une échéance au 22 avril 2027, ce qui signifie que le contrat avec le registraire court encore. Mais NETIM SAS a prononcé une retenue qui coupe la délégation : le nom existe au dossier, il est verrouillé contre tout transfert, mais il ne dirige vers aucun serveur. Ce n’est pas un défaut de paiement, c’est une décision du bureau d’enregistrement.
Trois réflexes se complètent : mettre à l’abri les pièces citées à la section précédente avant qu’elles ne se perdent, les porter à la connaissance de sa banque pour tenter d’obtenir l’annulation des opérations les plus récentes, et porter les faits à l’attention de l’autorité belge par le canal indiqué plus haut.
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Article réécrit le 28/09/2026


