Le domaine hismajestytreasury.com, qui se faisait passer pour le Trésor de Sa Majesté dans des courriels frauduleux, ne répond plus depuis le début du mois d’août 2026. Notre surveillance a enregistré trois échecs de connexion consécutifs sur ce nom de domaine créé le 2 mars 2026 pour usurper l’administration fiscale britannique.
Concrètement, le nom de domaine résout encore vers les serveurs de Cloudflare, mais l’infrastructure située derrière ne renvoie plus aucune page : la connexion HTTPS échoue avec une erreur de négociation SSL (code 525) et le port HTTP répond par un refus 403. La façade web du dispositif est donc tombée. Seuls les enregistrements DNS et les serveurs de messagerie Google configurés en mars 2026 subsistent, comme des coquilles vides prêtes à être réactivées ou revendues.
Cette extinction confirme le caractère éphémère du montage. Hismajestytreasury.com n’a jamais hébergé de véritable site : le domaine servait uniquement d’habillage crédible à des campagnes de courriels signés du nom du Trésor britannique. Lorsque les signalements se multiplient, ce type d’infrastructure est généralement abandonné en quelques semaines par ses opérateurs.
Dernière mise à jour : 09/08/2026
Sommaire
- Le domaine du faux Trésor britannique est silencieux depuis août 2026
- L’enregistrement du 2 mars 2026 : NameSilo et une identité sous PrivacyGuardian
- Des courriels usurpant le Trésor de Sa Majesté
- Une infrastructure minimale : messagerie Google, aucun site web
- Treize domaines financiers sur les mêmes adresses IP
- Vos démarches après un courriel du faux fisc britannique
- FAQ : vos questions sur le domaine hismajestytreasury.com
Le domaine du faux Trésor britannique est silencieux depuis août 2026
Notre dernier contrôle en date du 9 août 2026 confirme l’état de délabrement du dispositif. Le domaine répond toujours aux requêtes DNS grâce à Cloudflare, mais aucune page ne se charge : ni la version sécurisée, ni la version classique. L’erreur 525 renvoyée par Cloudflare signifie que le serveur d’origine ne répond plus au handshake SSL, une signature typique d’une infrastructure abandonnée.
Ce silence n’est pas anodin. Un domaine légitime en difficulté conserve généralement une page d’attente ou une redirection. Ici, plus rien : le nom existe encore dans le registre (jusqu’au 2 mars 2027), mais il ne produit plus aucun contenu. Pour un montage d’usurpation par courriel, c’est l’état terminal : l’opérateur a collecté ce qu’il pouvait et a coupé les ponts.
L’enregistrement du 2 mars 2026 : NameSilo et une identité sous PrivacyGuardian
Le domaine a été enregistré le 2 mars 2026 auprès de NameSilo, un registrar américain fréquemment utilisé par les opérateurs frauduleux, avec une durée d’un an. Il n’avait que 73 jours d’existence au moment de notre première enquête en mai 2026 ; il en compte environ 160 aujourd’hui. Cette jeunesse relative reste incompatible avec l’image d’une administration fiscale établie.
L’identité du titulaire est dissimulée derrière PrivacyGuardian.org, le service de confidentialité associé à NameSilo. Aucune personne physique ou morale ne peut être identifiée derrière cet enregistrement. Une administration publique n’aurait aucune raison de masquer son identité : cette opacité est un signal d’alerte décisif.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Des courriels usurpant le Trésor de Sa Majesté
Le nom « His Majesty’s Treasury » évoque directement l’administration fiscale officielle du Royaume-Uni. Or le véritable Trésor britannique communique exclusivement via des adresses en @gov.uk. Tout courriel provenant de hismajestytreasury.com est donc nécessairement frauduleux, quelle que soit la qualité apparente de sa présentation.
Les messages envoyés sous cette fausse identité empruntent deux ressorts classiques. Le premier annonce un remboursement d’impôt fictif, invitant la victime à fournir ses coordonnées bancaires pour « percevoir » une somme qui n’existe pas. Le second menace de poursuites pour un impayé inexistant, dans l’espoir d’arracher un paiement sous la pression. Dans les deux cas, l’objectif est identique : obtenir des données bancaires ou un virement direct.
Ce procédé d’usurpation d’une institution par courriel rappelle le cas de Banxofrance, faux domaine de la Banque de France, et celui des adresses épinglées par l’ACPR dans l’affaire Rvltsecurities, deux autres dossiers documentés par BrokerDefense.
Dans la vidéo ci-dessous, Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, décrypte le mécanisme du spoofing, l’arnaque au faux conseiller, et les recours ouverts aux victimes de phishing. Retrouvez sa présentation sur la page de Maître Anne Bernard-Dussaulx.
Une infrastructure minimale : messagerie Google, aucun site web
Notre analyse technique du domaine révèle une infrastructure réduite au strict minimum. Les serveurs de messagerie pointent vers Google (aspmx.l.google.com et ses variantes), avec un enregistrement SPF limité à _spf.google.com : les escrocs utilisaient l’infrastructure de messagerie de Google pour donner une apparence de sérieux à leurs envois.
Aucun certificat SSL n’a jamais été émis pour ce nom de domaine selon les registres publics de transparence des certificats, et l’archive Wayback Machine ne contient aucune capture. Un domaine qui n’a jamais eu de certificat ni d’archive est un domaine qui n’a jamais servi de véritable site : il n’existait que pour donner du crédit à des courriels.
Le registrar NameSilo, les serveurs DNS Cloudflare (desi.ns.cloudflare.com et ivan.ns.cloudflare.com), la messagerie Google : cette combinaison générique est un moule récurrent des usurpations par courriel. Aucune société ne figure au registre Companies House sous le nom « His Majesty’s Treasury » en lien avec ce domaine, ce qui élimine toute piste d’une entité enregistrée au Royaume-Uni.
Treize domaines financiers sur les mêmes adresses IP
L’élément le plus parlant de notre enquête concerne les adresses IP associées au domaine. Ces mêmes adresses hébergent treize autres noms de domaine financiers suspects, parmi lesquels mingcoin.club, slotscapital.club, coin-payback.com et soexoticinvest.cam. Cette cohabitation démontre l’appartenance de hismajestytreasury.com à un ensemble plus vaste de montages frauduleux coordonnés.
L’analyse de hismajestytreasury.com est également disponible sur ScamDoc : consultez la fiche ScamDoc du domaine pour accéder au détail des critères d’évaluation. Ce procédé est par ailleurs dénoncé sur Signal Arnaques.
Vos démarches après un courriel du faux fisc britannique
Si vous avez reçu un courriel signé du Trésor de Sa Majesté depuis une adresse en hismajestytreasury.com, ne répondez pas et ne cliquez sur aucun lien : les pièces jointes et les boutons de ces messages servent à installer des pages de collecte ou des formulaires de phishing. Signalez immédiatement le message comme spam et phishing auprès de votre fournisseur de messagerie.
Si vous avez déjà communiqué des coordonnées bancaires ou effectué un virement, contactez votre banque sans délai pour tenter de bloquer la transaction, puis conservez l’intégralité des échanges : en-têtes du courriel, captures d’écran, relevés. Ces éléments constituent un dossier exploitable. Pour toute vérification, le fisc britannique ne se contacte que via le portail officiel gov.uk. Consultez également notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître les étapes d’un dépôt de plainte.
L’extinction de hismajestytreasury.com ne signifie pas que le danger est passé : l’opérateur conserve le nom de domaine enregistré jusqu’en mars 2027 et peut le réactiver ou le revendre. La vigilance reste de mise sur tout courriel non sollicité se réclamant d’une administration, en particulier lorsqu’il demande des informations personnelles ou un paiement. C’est précisément pour évaluer ce type de risque que BrokerDefense mène ses enquêtes préalables : un nom de domaine récent, une identité masquée et une absence totale de site sont trois signaux qui doivent déclencher la prudence avant toute confiance.
FAQ : vos questions sur le domaine hismajestytreasury.com
Non. Le Trésor de Sa Majesté communique exclusivement via des adresses en @gov.uk. Hismajestytreasury.com a été créé le 2 mars 2026 chez NameSilo et ne sert qu’à des courriels frauduleux. Tout message provenant de ce domaine est une tentative d’escroquerie.
Ne répondez pas, ne cliquez sur aucun lien et ne fournissez aucune coordonnée bancaire. Signalez le message comme phishing auprès de votre messagerie. Si vous avez déjà transmis des informations, contactez votre banque sans délai pour faire opposition. Le vrai fisc britannique n’écrit jamais depuis un domaine en .com.
Les opérateurs de ce type d’usurpation ferment leur infrastructure dès que les signalements s’accumulent. Le nom reste enregistré jusqu’au 2 mars 2027 chez NameSilo, mais il ne produit plus aucun contenu. Il peut être réactivé ou revendu : la vigilance reste de mise sur tout courriel se réclamant du Trésor britannique.
Article réécrit le 09/08/2026


