Bitchain-webx.com arnaque : les plateformes de la fausse Alice Jonhson effacées des registres

En septembre 2026, les deux plateformes vers lesquelles la fausse conseillère « Alice Jonhson » dirigeait ses victimes rencontrées sur Tinder n’existent plus nulle part. Nos vérifications du 5 septembre 2026 montrent que bitchain-webx.com ne figure plus dans la base d’enregistrement des .com et que bitchainnweb.cc, le domaine qui portait l’adresse h5.bitchainnweb.cc, ne figure plus dans celle des .cc : les deux noms documentés par l’enquête publiée par BrokerDefense en avril 2025 ont été effacés des registres.

En septembre 2026, les deux plateformes ont disparu des registres

Nos vérifications du 5 septembre 2026 sont sans ambiguïté : bitchain-webx.com ne répond plus et son nom ne figure plus dans la base d’enregistrement des .com, la base renvoyant un « No match » sans aucune fiche associée. Le constat est identique pour h5.bitchainnweb.cc : le domaine parent bitchainnweb.cc a subi le même sort dans la base d’enregistrement des .cc, rendant les deux adresses de la fausse plateforme de trading à haute fréquence entièrement muettes. La date exacte de leur radiation n’est pas connue.

Les bases d’enregistrement consultées le 5 septembre 2026 ne conservent aucune fiche pour bitchain-webx.com : le nom a été entièrement effacé du registre des .com. Aucun enregistrement actif, aucune trace d’un titulaire, aucune donnée technique rattachée à ce nom ne subsiste dans les bases consultées.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Les traces archivées de bitchain-webx.com montrent une présence de la vitrine entre avril 2024 et février 2025 : des certificats avaient été émis pour www.bitchain-webx.com durant cette période. On ne peut pas dater précisément le lancement ni la fermeture de la plateforme. L’enquête d’avril 2025 l’avait déjà décrite comme une coquille vide, sans société identifiable derrière l’interface affichée.

Dernière mise à jour : 05/09/2026

Alice Jonhson : la rencontre Tinder devenue « experte » en trading

« Alice Jonhson », parfois orthographié « Alice Johnson », n’existait pas. Comme le relevait l’enquête publiée en avril 2025, la victime la rencontrait sur Tinder : photo séduisante, compliments rapides, faux air de compétence financière. La conversation basculait ensuite sur WhatsApp, où un numéro commençant par +33 donnait l’apparence d’un interlocuteur français. Ce mobile n’était qu’une façade : rien ne permettait de rattacher ce numéro à une identité réelle, et le passeport présenté pour asseoir la crédibilité de la prétendue « conseillère » comportait des incohérences manifestes, notamment un lieu de naissance fantaisiste mentionnant l’« Upper West Side of Manhattan », une photo floue et des champs désalignés.

Une fois la confiance installée, la fausse conseillère se présentait comme une experte en finance algorithmique et introduisait le « High-Frequency Trading » à travers un jargon soigneusement dosé : optimisation de la variance moyenne, frontière efficiente, corrélation entre actifs, le tout traduit en métaphores accessibles pour paraître pédagogue sans se laisser questionner. Elle appuyait son discours sur des captures d’écran de supposés gains, répondait aux interrogations avec aplomb et maintenait une pression subtile mais constante. Le mode opératoire reposait sur trois leviers : séduction, jargon et fausse preuve. Chacun de ces leviers venait renforcer les autres, rendant la manipulation d’autant plus difficile à identifier pour la victime.

Deux coquilles vides pour un faux trading à haute fréquence

La fausse conseillère orientait ses victimes vers deux adresses présentées comme des plateformes de trading à haute fréquence : bitchain-webx.com et h5.bitchainnweb.cc. Comme le relevait l’enquête d’avril 2025, ces sites étaient des coquilles vides : pas de mentions légales, pas de contacts, pas d’adresse, aucune entreprise réelle derrière l’interface. Tout était conçu pour imiter une apparence sérieuse, assez propre pour paraître légitime, assez confuse pour décourager les questions. Le choix de noms à consonance technologique, avec le terme « bitchain » évoquant les univers de la blockchain et des cryptomonnaies, visait à renforcer l’illusion d’une plateforme de trading sophistiquée et d’un accès à des marchés de niche inaccessibles au commun des épargnants.

Ce recours à Tinder comme point d’entrée pour conduire des victimes vers de fausses plateformes de courtage n’est pas isolé : la plateforme dénoncée par BrokerDefense en septembre 2021 sous le nom Douglas Forex recourait au même point de départ, des profils féminins fictifs sur Tinder pour attirer des victimes vers un faux courtier ; les arnaqueurs derrière Poseidonfx, dénoncés par BrokerDefense en novembre 2020, utilisaient eux aussi Tinder pour recruter leurs victimes.

Un paiement par carte vers un compte au Danemark

L’enquête d’avril 2025 documentait la suite du scénario : après la phase de mise en confiance, la victime finissait par transférer de l’argent, par carte, vers un compte bancaire dont le titulaire déclaré était une entité dénommée « Sonic Trading », domiciliée au Danemark. Aucun lien clair n’existait entre ce bénéficiaire et les plateformes affichées, aucune vérification n’était possible, et aucune régulation ne venait encadrer ces flux. La fausse conseillère présentait parallèlement un passeport manifestement fabriqué : le lieu de naissance mentionné, « Upper West Side of Manhattan », constitue à lui seul un signal d’alerte, l’Upper West Side étant un quartier résidentiel et non une ville susceptible de figurer comme lieu de naissance sur un document officiel. La photo était floue, les champs désalignés.

Ces deux éléments, le compte bénéficiaire étranger sans lien vérifiable avec les plateformes affichées et la fausse pièce d’identité produite pour accréditer le personnage, montrent que la victime n’avait aucun moyen de vérifier qui se trouvait réellement derrière la prétendue plateforme. Le paiement par carte vers un compte danois au nom d’une entité inconnue représente un point de départ central pour toute démarche ultérieure : c’est à partir de ce flux financier identifiable que des recours peuvent être envisagés, notamment à l’égard de l’établissement bancaire qui a reçu les fonds.

Les victimes de cette arnaque ont versé des fonds par carte vers un compte bancaire désigné par la fausse conseillère, au Danemark. La question de la responsabilité de la banque qui a reçu ces paiements est donc centrale. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris, explique dans la vidéo ci-dessous comment l’établissement qui a accepté les fonds d’une escroquerie peut voir sa responsabilité engagée pour manquement à son devoir de vigilance, et comment cette piste s’inscrit dans la stratégie d’indemnisation des victimes.

Vous avez effectué un versement après cette rencontre : les démarches

Pour les personnes qui ont transféré des fonds à la suite d’une rencontre sur Tinder ou d’une conversation WhatsApp avec une prétendue « Alice Jonhson », la priorité est de ne laisser aucun délai supplémentaire s’écouler sans agir. Plus les démarches sont engagées rapidement, plus les chances de limiter le préjudice restent ouvertes, notamment auprès de la banque ayant traité le paiement par carte vers le compte « Sonic Trading » au Danemark.

Plusieurs étapes concrètes peuvent être suivies dès maintenant. Les victimes peuvent également vérifier si une plateforme est signalée en consultant la page des listes noires et mises en garde de l’AMF, même si les deux noms de cette affaire n’y figuraient pas lors de nos vérifications du 5 septembre 2026.

  • La première précaution est de ne procéder à aucun nouveau versement, quelle que soit la justification avancée : frais de « déblocage », « mise à niveau de compte » ou promesse de récupération des sommes déjà versées. Ces demandes supplémentaires font partie intégrante du mécanisme d’arnaque.
  • Rassembler l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran des échanges sur Tinder et WhatsApp, relevés du paiement par carte vers le compte « Sonic Trading » au Danemark, captures d’écran des plateformes bitchain-webx.com et h5.bitchainnweb.cc si la victime en conserve dans ses fichiers ou dans l’historique de son navigateur.
  • Signaler le paiement par carte à sa banque dans les meilleurs délais : demander une opposition si le paiement est récent, interroger l’établissement sur les possibilités de rappel de fonds et sur son devoir de vigilance à l’égard des transactions vers des comptes étrangers liés à des signalements d’escroquerie.
  • Déposer plainte auprès des autorités compétentes : consulter notre page consacrée au dépôt de plainte pour connaître les modalités adaptées à ce type d’affaire. BrokerDefense peut également accompagner les victimes dans l’analyse de leur dossier et les orienter vers les démarches les plus pertinentes selon leur situation.

Alice Jonhson et le trading à haute fréquence : vos questions

Les plateformes bitchain-webx.com et h5.bitchainnweb.cc existent-elles encore ?

Non. Le 5 septembre 2026, les deux adresses ne répondent plus et les noms bitchain-webx.com et bitchainnweb.cc ne figurent plus dans les bases d’enregistrement des .com et des .cc. La date exacte de leur radiation n’est pas connue, mais aucune fiche ni aucune donnée technique ne subsiste pour ces deux noms dans les registres consultés.

Qui se cachait derrière « Alice Jonhson » sur Tinder ?

L’enquête de BrokerDefense d’avril 2025 n’a trouvé aucune trace réelle de cette personne : le profil, la photo et le passeport présenté étaient des éléments de façade, et le numéro français affiché sur WhatsApp ne prouvait rien quant à l’identité réelle de l’interlocuteur. Le document d’identité produit comportait des incohérences manifestes, notamment un lieu de naissance fantaisiste et des champs désalignés, caractéristiques d’un document fabriqué pour l’occasion.

J’ai versé des fonds après une rencontre sur Tinder, que puis-je faire ?

La première démarche est de conserver toutes les preuves disponibles, échanges, relevés du paiement par carte et captures d’écran des plateformes, puis de prévenir sa banque pour tenter une opposition ou un rappel des fonds vers le compte danois désigné. Il est également indispensable de ne pas répondre aux offres de récupération payante et de déposer plainte ; BrokerDefense peut accompagner les victimes dans l’analyse de leur dossier.

La disparition des deux noms des registres ne change rien à ce que l’enquête d’avril 2025 avait documenté : pendant des mois, une fausse conseillère rencontrée sur Tinder a pu conduire des personnes à verser des fonds par carte vers un compte bancaire au Danemark, au nom d’une plateforme de trading à haute fréquence sans société identifiable ni lien avec les marchés réels. Les personnes qui ont effectué de tels versements conservent la possibilité de faire évaluer leur situation et d’engager des démarches, en commençant par prévenir leur banque et en rassemblant l’ensemble des échanges conservés. La radiation des deux adresses, elle, rappelle à quel point ces dispositifs sont éphémères : une raison supplémentaire de vérifier l’identité et l’agrément de tout intermédiaire financier avant le moindre versement.

Article réécrit le 05/09/2026

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