Le 22 septembre 2024, BrokerDefense publiait une mise en garde contre ArowInvest, un site se présentant comme un courtier en ligne actif sur « tous les marchés financiers » : derrière une façade visuelle soignée et un discours promotionnel, l’enquête ne trouvait ni adresse, ni numéro de téléphone, ni référence à une autorité de régulation, ni aucune information permettant d’identifier l’entité qui sollicitait des dépôts de fonds. En 2026, des montages construits sur le même modèle continuent d’être documentés, ce qui confirme la persistance de ce type de vitrine trompeuse.
Sommaire
- ArowInvest : la vitrine de « courtier » dénoncée en septembre 2024
- « Tous les marchés financiers » : une promesse sans aucune preuve d’enregistrement
- Des milliers de clients et des offres quotidiennes : des chiffres jamais étayés
- Ce que les vrais courtiers affichent, ce qu’ArowInvest taisait
- Le même procédé de faux courtier encore documenté en 2026
- ArowInvest : les démarches après un dépôt de fonds
- ArowInvest : les questions des épargnants
ArowInvest : la vitrine de « courtier » dénoncée en septembre 2024
L’enquête publiée le 22 septembre 2024 portait sur un site dont l’intégralité du propos tenait dans un argument : accéder, via cette plateforme, à l’ensemble des marchés financiers. Ce positionnement de courtier universel était accompagné d’une présentation visuelle travaillée, conçue pour inspirer confiance au premier regard. Pourtant, dès que l’on cherchait à aller au-delà du vernis graphique, le vide était total : aucun texte n’indiquait où la structure était établie, sous quelle forme juridique elle opérait, ni qui en avait la direction.
L’enquête de septembre 2024 qualifiait l’introduction du site de texte purement promotionnel, dénué de toute substance. La stratégie relevée reposait sur l’ambiguïté : une présentation assez flatteuse pour que l’internaute, emporté par le flux du discours, ne remarque pas l’absence de toute information essentielle. Le titre choisi par BrokerDefense pour l’article d’origine, « Chemin fléché vers l’arnaque », décrivait précisément ce mécanisme : un parcours balisé qui guidait le visiteur vers un dépôt de fonds auprès d’une entité sans visage et sans cadre juridique identifiable. La conclusion de l’enquête était sans nuance : ce site présentait toutes les caractéristiques d’une arnaque et constituait un piège.
Aucune adresse de site exploitable n’a été conservée dans ce dossier. Tous les constats qui suivent sont rattachés aux observations documentées lors de cette enquête de septembre 2024.
Dernière mise à jour : 07/09/2026
« Tous les marchés financiers » : une promesse sans aucune preuve d’enregistrement
Prétendre couvrir l’ensemble des marchés financiers suppose, pour un intermédiaire légitime, d’être enregistré auprès d’une ou plusieurs autorités compétentes selon les instruments traités : actions, devises, matières premières, produits dérivés. Or l’enquête de septembre 2024 ne documentait aucune référence de ce type dans la présentation d’ArowInvest. Pas de numéro de licence, pas d’autorité de contrôle citée, pas d’organisme de supervision mentionné : la promesse de « tous les marchés financiers » restait suspendue dans le vide, sans le moindre ancrage réglementaire.
Ce vide s’étendait aux coordonnées les plus élémentaires. L’enquête notait l’absence d’adresse postale, d’adresse électronique dédiée au service client, de numéro de téléphone et de toute mention légale. En l’absence de ces éléments, un épargnant n’avait aucun moyen de savoir à qui il aurait affaire, dans quel pays une éventuelle réclamation pourrait être portée, ni sous quelle juridiction l’entité prétendait opérer. L’enquête soulignait que la vitrine jouait sur l’ambiguïté, comptant sur le fait que la grande majorité des visiteurs ne s’arrêteraient pas sur ces absences et resteraient impressionnés par la forme du site plutôt qu’alertés par le fond.
Des milliers de clients et des offres quotidiennes : des chiffres jamais étayés
Parmi les procédés relevés par l’enquête de septembre 2024 figurait le recours à des chiffres imposants destinés à simuler une apparence de succès. La vitrine d’ArowInvest affichait des milliers de clients actifs et mettait en avant des offres quotidiennes, créant ainsi l’impression d’une plateforme animée, établie, et déjà choisie par un large public. Ce type de mise en scène chiffrée vise à déclencher un effet de validation sociale : si des milliers de personnes utilisent ce service, le visiteur est invité à conclure qu’il est fiable.
L’enquête de 2024 relevait cependant qu’aucune de ces assertions n’était accompagnée de la moindre preuve ni certification. Aucun rapport d’activité, aucune attestation d’un organisme indépendant, aucun registre consultable ne venait confirmer ces volumes. La stratégie décrite était celle de l’illusion de grandeur : occuper l’attention par des données impressionnantes pour détourner l’internaute des vraies questions, à savoir l’origine, l’identité et la régulation de l’entité derrière la vitrine. Des chiffres sans source dans un contexte d’absence totale de transparence ne constituent pas un signal de sérieux : ils en constituent l’exact contraire.
Ce que les vrais courtiers affichent, ce qu’ArowInvest taisait
Un courtier en ligne dûment autorisé à exercer son activité dans l’Union européenne ou dans tout autre espace réglementé affiche, de manière visible et permanente, son numéro d’enregistrement auprès de l’autorité compétente et le nom de cette autorité. En France, les prestataires de services d’investissement sont notamment supervisés par l’Autorité des marchés financiers et par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Des équivalents existent dans chaque État membre et dans de nombreux pays tiers. Cette information est vérifiable par tout épargnant en quelques secondes sur les registres publics mis à disposition par ces organismes.
L’enquête de septembre 2024 soulignait que les courtiers authentiques affichent fièrement leur numéro de licence ainsi que les organismes régulateurs qui les supervisent, et qu’ils respectent des normes de transparence et de protection des fonds des clients, notamment en matière de ségrégation des avoirs. ArowInvest, selon les constats de cette même enquête, taisait la totalité de ces éléments : ni licence, ni organisme de supervision, ni règles de protection des fonds, ni identité de l’équipe, ni localisation. L’enquête concluait que cette absence de transparence était souvent synonyme de risque élevé de fraude, et le dossier d’ArowInvest en constituait une illustration directe.
Le même procédé de faux courtier encore documenté en 2026
Le modèle de vitrine documenté sur ArowInvest en septembre 2024 n’est pas un cas isolé dans le temps. BrokerDefense a publié en 2026 des enquêtes sur des montages construits selon le même schéma : une présentation de courtier en ligne, une promesse d’accès aux marchés, aucune identité vérifiable, aucune régulation documentée.
En juin 2026, l’enquête sur tradopex.com documentait un faux courtier se prétendant basé à Zurich, sans existence légale vérifiable, dont la façade affichait des éléments de réassurance visuelle sans fondement réel, et dont le site a cessé de répondre début août 2026 après l’expiration de son certificat. Quelques jours plus tard, l’enquête sur atfxs.com décrivait un faux broker promettant l’accès aux marchés internationaux sans aucune immatriculation vérifiable, dont l’environnement technique était partagé avec une vingtaine d’autres sites suspects, révélant un atelier de production en série de fausses vitrines de courtage. Ces deux cas ne permettent pas d’affirmer que leurs opérateurs sont les mêmes que ceux qui se trouvaient derrière ArowInvest : seule la ressemblance du procédé est établie. Ils montrent que ce type de montage reste actif et continue d’être documenté.
ArowInvest : les démarches après un dépôt de fonds
Si des fonds ont été versés à ArowInvest ou à un site présentant les mêmes caractéristiques, la première mesure est d’interrompre immédiatement tout nouveau versement, quelle que soit la justification avancée par les interlocuteurs de la plateforme (frais de déblocage, impôts à régler, bonus à activer). Chaque somme supplémentaire envoyée dans ce contexte accroît le préjudice sans améliorer les chances de récupération.
Il convient ensuite de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran des pages du site au moment de l’inscription et des communications ultérieures, relevés bancaires faisant apparaître les virements, courriels et messages reçus. Ces éléments sont indispensables pour toute démarche ultérieure. La banque qui a exécuté les virements doit être contactée sans délai pour lui signaler la situation : selon les circonstances, sa responsabilité peut être examinée si elle n’a pas exercé les vérifications attendues lors du traitement des opérations. Pour les aspects liés aux poursuites pénales, BrokerDefense met à disposition une page dédiée aux plaintes pénales. Il est également possible de consulter la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF pour vérifier si un intermédiaire financier a déjà été signalé par l’autorité.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Le discours d’ArowInvest promettait un accès à « tous les marchés financiers » via une présentation flatteuse, mais les sommes versées par les épargnants transitaient concrètement par des virements bancaires vers des comptes désignés par la plateforme, laissant ainsi des traces écrites dans les relevés et dans les systèmes des établissements concernés. Ces mouvements peuvent être exploités dans le cadre d’un recours : une banque qui a traité des virements vers une entité non régulée sans exercer les contrôles requis peut voir sa responsabilité recherchée devant les juridictions compétentes. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et avocate partenaire de BrokerDefense, commente dans la vidéo ci-dessous une décision rendue par le tribunal judiciaire d’Avignon : un établissement bancaire condamné pour manquement à son devoir de vigilance, aboutissant à la récupération de 209 000 euros pour une victime d’arnaque à l’investissement.
ArowInvest : les questions des épargnants
L’enquête publiée par BrokerDefense le 22 septembre 2024 concluait qu’ArowInvest présentait toutes les caractéristiques d’une arnaque : un site qui se présentait comme un courtier en ligne actif sur « tous les marchés financiers » sans fournir la moindre information vérifiable sur son identité, son enregistrement ou sa régulation. Cette absence totale de substance, derrière un discours purement promotionnel et des chiffres jamais étayés, réunissait les marqueurs caractéristiques des fausses vitrines de courtage.
Le dossier de septembre 2024 ne documentait aucune régulation : aucun numéro d’enregistrement, aucune autorité de contrôle citée, aucune adresse, aucun téléphone, aucune mention légale. Un courtier authentique affiche au contraire sa licence et l’organisme qui le supervise, et respecte des normes de transparence et de protection des fonds des clients. L’absence de ces éléments était le cœur du signalement de septembre 2024.
Il faut cesser immédiatement tout versement et conserver l’ensemble des preuves : captures d’écran de la plateforme et des échanges, relevés bancaires mentionnant les virements, courriels reçus. Contactez votre banque sans délai pour signaler les opérations. Le dépôt d’une plainte auprès des autorités compétentes est une étape importante : BrokerDefense met à disposition une page dédiée aux plaintes pénales. La consultation de la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF permet aussi de vérifier si un intermédiaire a déjà été signalé.
Les épargnants qui ont été attirés par la promesse d’un accès à « tous les marchés financiers » et ont versé des fonds à ArowInvest, un prétendu courtier sans adresse, sans identité et sans aucune régulation documentée, se sont heurtés à une vitrine construite pour simuler la légitimité sans en réunir les conditions. Avant de confier des fonds à un intermédiaire financier, vérifier son identité précise, ses coordonnées complètes, son numéro d’enregistrement et l’autorité qui le supervise est une précaution indispensable, et non une formalité. C’est cette vérification systématique que BrokerDefense applique dans chacune de ses enquêtes.
Article réécrit le 07/09/2026



1 Comment
Je vous confirme que la société exploitant le site http://www.arowinvest.pro et ses offres commerciales ne bénéficient pas d’enregistrement/autorisation auprès de l’AMF. Elle n’est donc pas autorisée à proposer des services d’investissement, à procéder à une communication à caractère promotionnel ou à un démarchage financier auprès des investisseurs français.
Votre cas s’apparente à un schéma type d’arnaque. L’AMF, compétente uniquement sur les entités qu’elle régule et à qui elle a délivré un agrément ou une autorisation, n’a pas de pouvoir de contrôle sur cette société. Elle ne peut que, si cela s’avère juridiquement possible, signaler cette société dans une liste noire afin d’alerter les épargnants et/ou en application de l’article L. 621-20-1 du Code monétaire et financier (CMF), avertir le procureur de la république qu’elle a eu la connaissance d’un crime ou d’un délit dans le cadre de ses attributions, et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs.
L’AMF appelle les victimes à la plus grande vigilance quant aux appels d’usurpateurs prétendant aider à la récupération de fonds. Nous avons publié une mise en garde à ce sujet le 12 janvier 2023 : https://www.amf-france.org/fr/actualites-publications/communiques/communiques-de-lamf/lamf-alerte-le-public-contre-des-appels-dusurpateurs-pretendant-aider-la-recuperation-de-fonds. L’AMF n’a pas la compétence de récupérer et restituer des fonds perdus par des épargnants. En cas d’arnaque, seule la justice est habilitée à intervenir. Je vous invite à vous tourner vers les autorités judiciaires. Vous pouvez porter plainte (https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1435) auprès de la police ou la gendarmerie de votre ville, ou par courrier auprès du procureur de la république du tribunal judiciaire dont vous dépendez (https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R11469). N’hésitez pas à consulter l’espace épargnant du site Internet de l’AMF, notamment, la rubrique « éviter les arnaques »:
• https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants/proteger-son-epargne/eviter-les-arnaques
• https://protectepargne.amf-france.org/