Xeodis, présentée en 2024 comme une plateforme d’« online trading » ouvrant l’accès aux marchés mondiaux, a été inscrite par l’Autorité des marchés financiers sur sa liste noire le 3 décembre 2024 ; trois mois après la publication de l’enquête BrokerDefense, la régulation confirmait ce que l’analyse technique avait établi. Au 7 septembre 2026, la vitrine de trading a disparu, et le nom xeodis.com, ré-enregistré le 16 mars 2026, est proposé à la vente sur une place de marché de noms de domaine.
Sommaire
- Xeodis : une plateforme de trading inscrite par l’AMF puis réduite à un nom à vendre
- Xeodis : un « online trading » présenté en 2024 comme un accès sans effort aux marchés
- Xeodis : une licence des Comores et une société introuvable derrière la promesse
- Xeodis : des coordonnées de façade et des visuels soignés pour seule vitrine
- Xeodis : d’autres plateformes de trading documentées par BrokerDefense en septembre 2024
- Xeodis : les démarches pour les personnes ayant versé des fonds
- Xeodis : les questions fréquentes des épargnants
Xeodis : une plateforme de trading inscrite par l’AMF puis réduite à un nom à vendre
Lorsque BrokerDefense publie son enquête sur Xeodis le 10 septembre 2024, le régulateur français n’a pas encore pris position. Ce délai s’est refermé le 3 décembre 2024 : l’Autorité des marchés financiers a inscrit www.xeodis.com sur sa liste noire officielle, avec la qualification Forex. Cette inscription constitue une confirmation régulatrice de plein droit : l’AMF ne figure pas parmi les autorités de contrôle aux délibérations légères, et l’ajout d’un nom sur cette liste signifie que l’entité concernée proposait des services d’investissement en France sans y être habilitée. Vous pouvez consulter directement la fiche consacrée à www.xeodis.com dans la liste noire de l’AMF, qui demeure accessible et maintient l’inscription à la date d’écriture de ces lignes.
Moins de dix-huit mois après cette inscription, le domaine ne sert plus aucune plateforme de trading. Les vérifications conduites le 7 septembre 2026 établissent que xeodis.com répond techniquement, mais que la page renvoyée n’est pas une interface d’investissement : il s’agit d’une coquille de redirection vers une page proposant le nom à la vente sur une place de marché de noms de domaine. La vitrine, ses rubriques, son formulaire d’ouverture de compte et son chat en direct ont disparu sans laisser de trace accessible. Les données d’enregistrement révèlent que le nom a fait l’objet d’un ré-enregistrement le 16 mars 2026, avec une échéance fixée au 16 mars 2027, et que les serveurs de noms actuels appartiennent au service de revente qui gère la page d’offre. Le registrant demeure masqué. Il n’est ni possible ni exact d’affirmer que l’opérateur de la plateforme d’origine est à l’origine de cette mise en vente : c’est le service de revente qui gère la procédure. Ce qui est certain, en revanche, c’est que le nom n’a pas disparu du registre : il a été ré-enregistré, il est enregistré, et il est aujourd’hui commercialisé comme actif disponible. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
La séquence est ainsi complète : une enquête BrokerDefense en septembre 2024, une inscription AMF en décembre 2024, une vitrine réduite à néant et un nom de domaine revendu au printemps 2026. Entre ces jalons, des personnes ont pu verser des fonds sur la foi de promesses que ni la régulation ni la réalité technique ne venaient étayer.
Dernière mise à jour : 07/09/2026
Xeodis : un « online trading » présenté en 2024 comme un accès sans effort aux marchés
La vitrine de Xeodis s’ouvrait sur un slogan sans ambiguïté : « Immerse Yourself in Online Trading ». La promesse qui suivait déclinait ce thème en termes commerciaux précis : entrer sur les marchés mondiaux « sans effort », bénéficier des « meilleures conditions de trading », accéder à « une large gamme de marchés » avec des « outils de trading avancés ». Le registre choisi était celui de la démocratisation financière, l’idée que n’importe quel particulier pouvait, depuis son téléphone ou son ordinateur, opérer sur les devises, les matières premières, les indices boursiers et les actions, sans compétence préalable particulière.
Les chiffres avancés participaient de la même mise en scène. Xeodis annonçait un effet de levier pouvant atteindre 1:400, un catalogue de « plus de 2 000 actifs », et une disponibilité totale grâce au trading mobile. La plateforme était présentée en plusieurs langues simultanément : anglais, chinois, hindi, espagnol et turc, ce qui signalait un ciblage délibérément international, sans ancrage géographique identifiable. Le menu proposait des rubriques attendues d’un courtier en ligne régulé : About, Mission & Vision, Legal Policies, Trading Platform, Our Accounts, Markets, News & Tools, Client Login, Open an Account. Un chat en direct complétait le dispositif, donnant l’apparence d’une assistance disponible à tout moment.
La page « À propos » employait un vocabulaire de confiance soigneusement calibré : « votre partenaire de confiance pour les services de trading en ligne », « exécution ultra-rapide », « technologie de pointe », « transparence des frais », « support client dédié ». L’expression « Precision Trading » revient dans les formulations publicitaires, au point de constituer un marqueur de la vitrine. Ces éléments n’étaient pas anodins : combinés à des graphiques financiers et à des visuels de marchés en temps réel, ils construisaient une apparence de sérieux destinée à rassurer un public novice, celui-là même que l’effet de levier à 1:400 pouvait le plus exposer à des pertes rapides, dans un cadre réel de marché.
Xeodis : une licence des Comores et une société introuvable derrière la promesse
Derrière le vernis commercial, Xeodis s’appuyait sur une déclaration de régulation précise dans sa forme, creuse dans sa substance. La mention figurant sur la vitrine indiquait que « Capital Connect Ltd. operates Xeodis.com under license BFX2024026 ». Cette formulation reproduisait la grammaire des courtiers régulés en bonne et due forme : une société identifiée, un numéro de licence, une relation explicite entre l’entité et le domaine exploité.
L’enquête de 2024 a déconstruit cet édifice point par point. La licence BFX2024026 était présentée comme relevant d’un prétendu « International Brokerage Act » délivré aux Comores, plus précisément à l’île de Mwali. Or cette juridiction ne fait l’objet d’aucune reconnaissance par les autorités financières de l’Union européenne, ni par les grandes places financières réglementées. Un numéro de licence émis dans ce cadre n’autorise aucunement un opérateur à solliciter des investisseurs européens, et encore moins des résidents français, pour qui le cadre applicable est celui de l’AMF et, au-delà, des directives européennes sur les marchés d’instruments financiers.
La société Capital Connect Ltd, enregistrée sous le numéro HA00224736, n’a pas pu être vérifiée. L’enquête n’a trouvé aucune immatriculation exploitable, aucune adresse physique cohérente, aucune mention légale fiable permettant d’identifier un siège, des dirigeants ou une présence dans un registre commercial reconnu. Le numéro de société a été mentionné sur la vitrine sans que le moindre document officiel ne vienne l’appuyer. C’est précisément ce type de montage, une entité nominale adossée à une juridiction périphérique, qui a conduit l’AMF à qualifier l’opérateur de Forex non autorisé et à l’inscrire sur sa liste noire en décembre 2024.
Xeodis : des coordonnées de façade et des visuels soignés pour seule vitrine
Les coordonnées disponibles sur la plateforme ne permettaient de rejoindre personne de localisable. Le numéro de téléphone affiché portait un indicatif de Hong Kong et était partiellement masqué, une pratique caractéristique des dispositifs qui veulent donner l’impression d’une présence internationale tout en restant injoignables. L’adresse courriel [email protected] complétait le tableau, sans qu’aucun bureau, aucune équipe, aucune ville ne soit associée à ce point de contact.
L’absence d’adresse physique vérifiable n’était pas une lacune accidentelle. Dans le cas d’un courtier régulé, les mentions légales doivent comporter une adresse de siège social opposable, un numéro d’immatriculation contrôlable et une identification claire des dirigeants responsables. Rien de tel n’était disponible sur Xeodis. Les rubriques Legal Policies et About, pourtant présentes dans le menu, ne livraient aucune information substantielle permettant de rattacher la plateforme à une entité réelle.
Ce vide était compensé visuellement. La vitrine mobilisait des graphiques de cours, des courbes de marchés, des indicateurs boursiers et des images associées au monde de la finance professionnelle. L’effet recherché était de faire passer l’apparence pour la substance : montrer des outils pour faire croire à leur existence réelle, afficher des marchés pour suggérer un accès effectif, multiplier les rubriques pour simuler la complétude d’un service sérieux. L’enquête BrokerDefense a qualifié ce procédé d’« arnaque de précision », une expression qui souligne que la sophistication visuelle n’est pas le signe d’un courtier fiable, mais peut au contraire servir à désarmer la méfiance des investisseurs les moins expérimentés.
Xeodis : d’autres plateformes de trading documentées par BrokerDefense en septembre 2024
Xeodis n’était pas un cas isolé dans le panorama de l’automne 2024. BrokerDefense a documenté, dans cette même période, plusieurs plateformes au fonctionnement analogue, sans pour autant établir de lien d’opérateur commun entre elles. Le 10 septembre 2024, jour même de la publication de l’enquête sur Xeodis, Capital Systematics faisait l’objet d’une analyse distincte : un courtier dont les promesses de rendement n’étaient adossées à aucune preuve vérifiable et dont les mentions légales présentaient les mêmes lacunes structurelles.
Quelques jours plus tard, le 19 septembre 2024, Influxchain était examinée sous l’angle d’une plateforme d’« investissements décentralisés » dont le nom de domaine a lui aussi fini par être proposé à la vente, suivant un parcours qui fait écho à la situation actuelle de xeodis.com. Le 20 septembre 2024, Metiks complétait ce tableau avec une pratique alors relevée : l’affichage de logos de régulateurs financiers réputés, sans qu’aucun numéro d’enregistrement ne permette de vérifier une habilitation réelle. Ces enquêtes convergent vers le même enseignement : la présentation visuelle d’une plateforme ne suffit pas à en valider la légitimité, et les promesses d’accès simplifié aux marchés méritent une vérification systématique avant tout versement.
Xeodis : les démarches pour les personnes ayant versé des fonds
Si vous avez effectué des versements sur Xeodis en réponse aux promesses de la plateforme, plusieurs démarches sont à engager sans attendre. La première consiste à interrompre immédiatement tout paiement supplémentaire, quelle que soit la justification présentée : une demande de frais de déblocage, d’impôts à régler avant retrait ou de tout autre prétexte est un signal d’alarme supplémentaire, non un engagement contractuel. Méfiez-vous également des contacts qui se présenteraient comme des services spécialisés dans la récupération de fonds perdus : ces démarches, désignées sous le terme de faux services de recouvrement, reproduisent souvent le schéma de l’arnaque initiale.
Rassemblez l’ensemble des éléments en votre possession : captures d’écran des pages de la plateforme, relevés de compte détaillant les virements, courriels échangés avec les interlocuteurs de Xeodis, historique des conversations via le chat. Ces pièces constituent la base de tout recours, qu’il soit bancaire, administratif ou judiciaire. Contactez votre établissement bancaire pour signaler les opérations et vérifier si une opposition ou un rappel de virement reste envisageable selon les délais et les modalités applicables.
L’inscription de www.xeodis.com sur la liste noire des acteurs non autorisés publiée par l’AMF constitue un appui documentaire que vous pouvez mentionner dans vos démarches. Sur le plan pénal, notre page dédiée aux plaintes pénales recense les pièces à réunir et les étapes à suivre pour formaliser une plainte. N’attendez pas que la prescription s’approche pour agir : les traces bancaires des versements subsistent indépendamment de la disparition de la vitrine.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Quand une plateforme ferme et qu’un nom de domaine change de main, il peut sembler que toute prise n’est plus possible. Ce n’est pas exact : les virements bancaires, eux, ont laissé des empreintes que ni la réorientation d’un domaine ni la disparition d’une vitrine ne peuvent effacer. Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient dans la vidéo ci-dessous sur une affaire de faux investissements tranchée par la Cour d’Appel de Paris : les victimes ont obtenu une indemnisation, et la banque ayant reçu les virements a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance, démontrant que le dossier judiciaire peut s’appuyer sur des éléments que l’opérateur frauduleux ne maîtrise pas.
Xeodis : les questions fréquentes des épargnants
Selon l’enquête publiée par BrokerDefense le 10 septembre 2024, Xeodis présentait tous les marqueurs d’une plateforme frauduleuse : une promesse d’accès « sans effort » aux marchés mondiaux, une prétendue licence délivrée sous un « International Brokerage Act » des Comores (numéro BFX2024026) sans aucune reconnaissance dans l’Union européenne, et une société annoncée, Capital Connect Ltd (HA00224736), dont rien ne permettait de vérifier l’existence. Le régulateur français a confirmé ce diagnostic : l’AMF a inscrit www.xeodis.com sur sa liste noire le 3 décembre 2024. Aujourd’hui, la plateforme a disparu et le nom de domaine, ré-enregistré en mars 2026, est proposé à la vente.
Interrompez immédiatement tout paiement complémentaire, quelle que soit la justification avancée par un interlocuteur se réclamant de cette plateforme, et méfiez-vous des prétendus services de récupération qui recontactent les victimes. Conservez l’ensemble des preuves : captures d’écran, relevés bancaires, courriels, historique des échanges. Contactez votre banque sans délai pour signaler les virements effectués et vérifier si une opposition ou un rappel est possible. Le dépôt d’une plainte pénale est une étape utile : notre page dédiée aux plaintes pénales détaille les pièces à rassembler, et notre service d’aide aux victimes peut vous orienter.
Le nom de domaine xeodis.com ne sert plus aucune plateforme depuis la disparition de la vitrine. Les données d’enregistrement indiquent qu’il a été ré-enregistré le 16 mars 2026 et qu’il est désormais proposé à la vente sur une place de marché de noms de domaine. Cette situation est fréquente après l’abandon d’un site frauduleux : le nom, récupéré puis revendu, change de main sans que cela ne change rien au sort des fonds versés à l’époque, ni aux recours disponibles pour les personnes concernées.
Les personnes qui ont versé des fonds sur Xeodis en 2024, convaincues par la promesse d’un trading « sans effort » derrière une licence comorienne fantôme et une société introuvable, se trouvent aujourd’hui face à une vitrine évanouie et un nom de domaine revendu comme simple actif commercial. L’inscription de www.xeodis.com sur la liste noire de l’AMF en décembre 2024 a apporté la confirmation régulatrice que l’enquête appelait. Elle rappelle aussi l’utilité d’un réflexe préalable à tout investissement en ligne : vérifier l’identité de l’opérateur, l’existence de ses mentions légales et la réalité de son habilitation auprès d’une autorité reconnue, une démarche que BrokerDefense applique systématiquement dans l’ensemble de ses enquêtes.
Article réécrit le 07/09/2026



4 Comments
Malheureusement mon père s’est fait en toute vraisemblance pigeonné. Novice dans le trading et sûrement un peu trop naïf, il est passé par cette plateforme pour investir son épargne. Je vous passe les détails, mais ils lui ont fait signé un contrat de crédit pour soit disant faire une bonne affaire. Aujourd’hui il lui demande de les rembourser ou bien ils feront une mise en demeure. J’avoue avoir moi-même quelques réserves à ce sujet car je suis allée sur le site officiel des autorités Mwali et ils sont bien enregistrés avec une licence active (citée dans votre article) et pourtant ils ne sont en aucun cas régulés, et de sont pas soumis aux lois européennes. De l’autre côté, la banque de mon père a gelé son compte et bloqué sa carte de crédit car ils suspectent cette plateforme xeodis d’être frauduleuse. Ils lui demandent de déposer plainte et une fois que c’est fait ils débloqueront ses avoirs. On ne sait plus où est le vrai du faux, et notre famille ne vit pas un moment agréable.
Il est vrai que mon père avait déjà demandé à retirer des fonds de la plateforme et ils lui avaient fait un virement mais en consultant aujourd’hui son relevé bancaire, j’ai noté que le nom de l’expéditeur est douteux; il est écrit « Dstrltd limassol ». Non seulement c’est visiblement à Chypre mais je ne trouve aucune info sur internet concernant une entreprise possédant ce nom. Bref si c’est une platefrome légitime, mon père est prêt à rembourser les 4000€ et clôturer son compte une bonne fois pour toute, afin de ne pas avoir de contencieux avec eux. D’un autre côté s’il s’agit bien d’une arnaque montée de toutes pièces, alors il n’est pas question de leur verser 1 centime de plus.
Existe-t-il de réelles preuves avancées les concernant? Ils ne figurent pas sur la liste noire de l’AMF, autrement ça aurait été trop facile…
Une licence au Mwali n’a aucune valeur sur l’Union Européenne et en Suisse. Le paiement que votre père a effectué est sur une société Destream spécialisée dans l’encaissement pour les producteurs de contenu sur Internet.
Donc ma position est sans appel, ne versez pas un centime de plus !!
Bonjour
C’est arrivé à moi de la même manière que c’est arrivé au père de Madame Jessica ,sauf que j’ai signé un contrat de crédit de 3000€,mais écrit contrat de débutant très bizarre.
ON m’a menacé aussi mercredi dernier 10/10/2024, que je vais avoir des problème avec la préfecture, la banque et la police, on m’a donner aussi 7 jours pour payes mes dettes .
j’aimerais bien que vous me conseilliez
Bonjour,
Victime malgre que je travaille dans le milieu bancaire, je voulus essayer, tenté par le gain et par leur discours mais restant très très septique et méfiante je n’ai pas accepté de mettre plus que les 400€ d’ouverture. Après 3mois, j’ai voulus stopper et je nai jamais pu récupérer mon dépôt, adresse email et téléphone plus attribué, j’ai fais une croix dessus 🙁