Fintrexcap arnaque : l’AMF a inscrit le site treize jours après

La plateforme de trading que BrokerDefense analysait le 31 juillet 2024 sous le nom Fintrexcap a vu son domaine fintrexcap.com inscrit sur la liste noire « Forex » du régulateur français le 13 août 2024, treize jours après la publication de notre enquête. Depuis lors, le domaine a été retiré du registre des .com : aucune fiche d’enregistrement ne subsiste, et seules les archives conservent la vitrine telle qu’elle se présentait en ligne.

Le régulateur a inscrit fintrexcap.com treize jours après notre enquête

Le domaine fintrexcap.com figure désormais sur la liste noire des sites non autorisés publiée par l’Autorité des marchés financiers, dans la catégorie « Forex ». Cette inscription, consultable sur le site du régulateur, intervient treize jours après la publication de notre enquête du 31 juillet 2024, qui ne mentionnait pas ce classement. Elle signifie concrètement qu’aucune autorisation n’avait été délivrée à ce dispositif pour proposer des services d’investissement en France, et que le régulateur considérait ce site comme opérant sans habilitation légale.

Ce classement constitue un repère utile pour toute personne ayant été en contact avec cette vitrine : un site inscrit sur cette liste ne dispose d’aucune accréditation pour collecter des fonds auprès d’épargnants résidant sur le territoire français. Les recherches menées auprès du registre chypriote et des registres britanniques n’ont produit aucun résultat probant : aucune société rattachable au nom Fintrexcap n’a pu être identifiée dans ces répertoires.

Le second constat est tout aussi net. Le domaine fintrexcap.com ne résout plus dans le système de noms, et aucune fiche d’enregistrement ne subsiste dans le registre des .com. Le nom a été retiré du registre après l’échéance non renouvelée de mars 2025. Les relevés d’archives, eux, conservent la vitrine dans son état d’époque : la plateforme a bien existé en ligne, de mai 2024 à début 2025, avant de disparaître du registre sans laisser d’interlocuteur.

Dernière mise à jour : 10/09/2026

Une vitrine qui promettait le trading « par les commerçants, pour les commerçants »

L’analyse de juillet 2024 avait consigné le contenu tel que la vitrine se présentait alors. Le slogan « Par les commerçants, pour les commerçants » constituait l’argument central d’une interface qui affichait une promesse d’accès à de multiples marchés : actions, crypto-monnaies, matières premières, change et indices. Les formules « Votre porte d’entrée vers la réussite financière » et « Découvrez, Décidez, Échangez » ponctuaient une mise en scène visuellement soignée, appuyée par des représentations graphiques de marchés financiers et par la promesse d’une application mobile.

La plateforme se présentait comme dotée d’une interface entièrement personnalisable et d’outils à destination de professionnels du trading. Ces éléments formaient une vitrine conçue pour suggérer la solidité opérationnelle. Mais l’enquête de juillet 2024 relevait déjà l’absence totale de toute mention de régulation ou de numéro d’enregistrement dans une instance de surveillance financière quelle qu’elle soit.

Derrière les slogans commerciaux, aucune entité juridique identifiée

La vitrine affichait des pages juridiques : politique de confidentialité, conditions d’utilisation, formulaire de réclamations, questionnaire de connaissance du client. Ces pages existaient en tant que documents, mais aucune d’entre elles ne nommait une société, n’indiquait une adresse postale, ne mentionnait un numéro de téléphone ni une adresse électronique fonctionnelle. Le pied de page se bornait à la mention « Tous droits réservés 2024 ».

Cette accumulation d’absences est en elle-même un signal déterminant. Des pages juridiques rédigées sans entité pour les porter ne constituent pas un encadrement légal : elles forment un décor dont aucune institution ne répond. Toute personne souhaitant exercer un recours auprès de la plateforme se trouvait face à un vide complet, sans interlocuteur identifiable et sans adresse à laquelle adresser une demande.

Un nom enregistré chez Namecheap, absent aujourd’hui du registre des .com

Le constat établi le 26 juillet 2024 révélait que le domaine fintrexcap.com avait été créé le 11 mars 2024 auprès du bureau d’enregistrement Namecheap, Inc. Le titulaire était dissimulé derrière un service de confidentialité domicilié à Reykjavik, en Islande, rendant impossible l’identification de la personne ou de l’entité ayant commandé l’enregistrement. Les serveurs de noms retenus étaient ceux de Cloudflare (adaline et decker). La fiche WHOIS complète sur DomainTools conserve ces données telles qu’elles ont été relevées avant la suppression du domaine.

L’échéance du domaine était fixée au 11 mars 2025. Elle n’a pas été renouvelée. L’hébergement d’époque reposait sur l’infrastructure de diffusion Cloudflare, avec une adresse pointant vers une cible localisée aux États-Unis (172.67.68.197). La pile technique de la vitrine comprenait le système de gestion de contenu WordPress 6.5.5, le module de diaporama Slider Revolution 6.6.14, l’extension SEO All in One SEO 4.6.2, ainsi que les bibliothèques jQuery et Bootstrap.

Aujourd’hui, le domaine ne résout plus et aucune fiche d’enregistrement ne subsiste dans le registre des .com. Les relevés d’archives montrent que la vitrine était accessible de mai 2024 à début 2025, avec des relevés constatés en août 2024, septembre 2024, décembre 2024 et janvier 2025, avant que le nom disparaisse définitivement du registre en mars 2025.

La série du 13 août 2024 : d’autres noms inscrits le même jour

La date du 13 août 2024 ne concerne pas fintrexcap.com seul. Le régulateur a inscrit ce jour-là plusieurs noms relevant de la même catégorie « Forex », dans ce qui constitue une salve d’inscriptions sur une période courte. Parmi les dispositifs documentés dans les dossiers publiés le lendemain figurent notamment celui que BrokerDefense a analysé sous le nom Market 2 Trade, dont le domaine a été inscrit le même jour, et Investing Ideas, un autre nom de cette même salve présentant un procédé analogue relevé par les dossiers.

Ces inscriptions simultanées illustrent un phénomène documenté : des vitrines aux contenus distincts mais aux mêmes absences structurelles peuvent être inscrites groupées sur la liste noire lors d’une même journée. Il n’est pas possible, sur la seule base des éléments disponibles, d’affirmer l’existence d’un opérateur unique derrière ces différents noms.

Des versements sur fintrexcap.com aux recours possibles

Les personnes ayant effectué des versements via fintrexcap.com doivent en premier lieu réunir et conserver l’ensemble des preuves disponibles : captures des pages de la plateforme telle qu’elle se présentait, échanges écrits avec les opérateurs du dispositif, relevés bancaires détaillant les opérations, justificatifs de virement. Ces documents constituent le socle de tout recours ultérieur.

Contacter sans délai son établissement bancaire pour signaler les opérations liées à Fintrexcap est une étape essentielle. Un établissement qui a laissé transiter des virements vers un dispositif dont aucune entité n’a jamais été identifiée, opérant sans autorisation et inscrit sur la liste noire du régulateur, peut voir sa responsabilité engagée pour manquement à son devoir de vigilance. Le signalement auprès de la banque doit intervenir aussi tôt que possible.

Le dépôt d’une plainte pénale représente une démarche importante pour les victimes d’une plateforme multi-marchés se réclamant du trading « par les commerçants, pour les commerçants » sans que la moindre entité ait jamais pu être identifiée derrière ses slogans. Les modalités de cette démarche sont détaillées sur notre page dédiée aux plaintes pénales. Il est par ailleurs recommandé de consulter les listes noires et mises en garde de l’AMF pour vérifier si d’autres noms associés aux mêmes contacts figurent dans ces répertoires.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Les versements effectués vers une vitrine effacée du registre ne laissent aucun interlocuteur en ligne, mais ils restent documentés dans les relevés bancaires et constituent une base sur laquelle des procédures judiciaires peuvent s’appuyer. Dans la vidéo ci-dessous, Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris et avocat partenaire de BrokerDefense, retrace le déroulement de deux procédures pénales menées à leur terme pour des victimes de faux investissements, jugées devant les tribunaux du Mans et de Toulouse. Ces deux décisions ont consacré la reconnaissance de l’escroquerie, la condamnation de banques pour manquement à leur devoir de vigilance sur des virements frauduleux, et l’indemnisation effective des victimes.

Ce que les épargnants peuvent encore vérifier sur Fintrexcap

Fintrexcap était-elle une plateforme régulée ?

Non. La vitrine fintrexcap.com ne mentionnait aucun numéro d’enregistrement auprès d’un régulateur financier et n’indiquait aucune autorisation d’exercice. Le domaine a été inscrit sur la liste noire des sites non autorisés de l’AMF, dans la catégorie « Forex », à la date du 13 août 2024. Aucune société rattachable au nom Fintrexcap n’a pu être identifiée dans les registres britanniques ou chypriotes consultés.

Que faire après avoir versé des fonds via fintrexcap.com ?

La première démarche consiste à rassembler toutes les preuves disponibles : captures de la plateforme telle qu’elle se présentait, échanges écrits, relevés bancaires et justificatifs de virement liés aux opérations effectuées via fintrexcap.com. Il convient ensuite de contacter son établissement bancaire pour signaler ces opérations et d’envisager le dépôt d’une plainte pénale. La responsabilité d’une banque ayant laissé transiter des fonds vers un dispositif opérant sans autorisation peut être engagée pour manquement à son devoir de vigilance.

Reste-t-il une trace du site Fintrexcap ?

Le domaine fintrexcap.com ne figure plus dans le registre des .com et ne résout plus dans le système de noms : aucune fiche d’enregistrement ne subsiste. Les relevés d’archives conservent en revanche la vitrine telle qu’elle se présentait lors de sa période d’activité, avec des observations documentées de mai 2024 à début 2025. Ces archives constituent une source de documentation pour les personnes souhaitant attester du contenu auquel elles ont été exposées.

Fintrexcap illustre un type de dispositif dont les signes d’alerte étaient lisibles dès la première consultation : une plateforme multi-marchés se réclamant du trading « par les commerçants, pour les commerçants », sans entité nommée, sans adresse, sans numéro, et sans la moindre autorisation d’exercice. L’inscription sur la liste noire du régulateur puis l’effacement du domaine du registre confirment ce que l’analyse de juillet 2024 avait établi. Les personnes ayant transmis des fonds à cette vitrine se retrouvent aujourd’hui face à un nom disparu du registre, mais disposent de relevés bancaires et d’échanges qui peuvent alimenter des recours structurés. BrokerDefense invite ces personnes à soumettre leur situation pour une évaluation préalable de leurs options.

Article réécrit le 10/09/2026

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