Pendant dix-huit mois, une vitrine de robot de trading sur cryptomonnaies a été servie à l’adresse la-formule-francaise.com, promettant des gains quotidiens sur la volatilité du bitcoin à quiconque déposait 250 dollars. Ce dossier a été documenté par BrokerDefense dès juillet 2024 : la page ne comportait alors ni société identifiée, ni adresse, ni aucun moyen de contact. En août 2026, le nom de domaine a été réenregistré par un nouveau titulaire, et la vitrine de trading a définitivement disparu, laissant sans interlocuteur les personnes qui y avaient versé des fonds.
Sommaire
- Le nom la-formule-francaise.com a été réenregistré le 30 août 2026
- Un bonus de 250 dollars et un défilé de gains attribués en direct
- Aucune société, aucune adresse, aucun moyen de contact
- Une « version nouvelle » du robot Immediate Bitwave
- Des mentions rassurantes sans aucun document derrière
- La Formule Française : les démarches après un versement
- La Formule Française : les questions des internautes
Le nom la-formule-francaise.com a été réenregistré le 30 août 2026
Les copies conservées de la-formule-francaise.com couvrent la période du 18 janvier 2024 au 13 juillet 2025. Pendant ces dix-huit mois, l’adresse a servi une vitrine de robot de trading sur cryptomonnaies, construite autour du bitcoin, d’un dépôt minimum de 250 dollars et de témoignages de particuliers affichant des gains. Depuis juillet 2025, cette vitrine n’existe plus, et l’adresse ne propose aujourd’hui ni compte ni dépôt : le contenu qui y est désormais servi est une page de documentation en langue anglaise, qui décrit ce type de procédé et renvoie aux copies archivées de l’ancienne page.
La copie du 20 juillet 2024, soit deux jours avant l’enquête initiale de BrokerDefense, fixe précisément ce que la vitrine présentait : un titre de page affichant « La Formule Francaise™ 【Official Website ✔️✔️✔️】 », un bandeau de gains en défilement présenté comme un fil d’actualité en direct, un bonus de dépôt de 250 dollars adossé à un compte à rebours, des témoignages de personnes localisées à Londres, Copenhague, Dublin et Sydney, et des promesses de rendement sur la volatilité du bitcoin. Derrière cette mise en scène, aucune société, aucune adresse, aucun numéro d’agrément ne venaient soutenir le moindre élément.
Le nom de domaine est enregistré via le registrar GoDaddy.com, LLC, et utilise les serveurs de noms de Cloudflare. Son statut actuel présente quatre verrous côté client : renouvellement, transfert, modification et suppression sont tous bloqués. L’expiration annoncée est fixée au 30 août 2027, soit un an après le réenregistrement du 30 août 2026.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Une adresse reprise par un nouveau titulaire et une vitrine éteinte forment la combinaison la plus défavorable pour une victime : il n’existe plus aucun interlocuteur identifiable à qui adresser une demande de remboursement ou une réclamation formelle. Le dossier des fonds versés en 2024 et 2025 n’est pas clos pour autant, mais la disparition du dispositif rend la reconstitution des faits encore plus urgente.
Dernière mise à jour : 10/09/2026
Un bonus de 250 dollars et un défilé de gains attribués en direct
La vitrine telle que la copie du 20 juillet 2024 la montre reposait sur plusieurs ressorts commerciaux combinés. Un bandeau défilant affichait en continu des prénoms associés à des montants de gains, à la manière d’un flux de transactions réelles. Un compte à rebours signalait l’expiration imminente d’un bonus de dépôt de 250 dollars. Des témoignages attribués à des particuliers présentés comme établis à Londres, Copenhague, Dublin et Sydney accompagnaient chacun d’un montant précis de gain. La vitrine promettait des techniques de trading à haute fréquence sur la volatilité du bitcoin, scalping et recours à l’effet de levier compris, avec un taux de réussite présenté comme extrêmement élevé. Le dépôt minimum annoncé était de 250 dollars, avec un gain pouvant atteindre 500 dollars dès le premier jour.
Aucun de ces éléments ne repose sur une source indépendante ni sur un document vérifiable. Le bandeau de gains en défilement ne renvoie à aucun registre externe. Les témoignages géolocalisés ne mentionnent ni nom de famille ni aucun moyen de les retrouver. Le taux de réussite affiché ne cite aucune étude, aucun auditeur, aucun organisme de contrôle. Le compte à rebours, classique des dispositifs de pression à l’achat, crée une urgence artificielle destinée à court-circuiter la réflexion. La promesse d’un doublement du capital dès la première journée, avec un dépôt de 250 dollars ramené à 500 dollars, constitue en elle-même un signal d’alerte que les guides des autorités financières européennes identifient systématiquement comme caractéristique des offres frauduleuses.
Aucune société, aucune adresse, aucun moyen de contact
L’enquête de juillet 2024 relevait l’absence totale de toute information permettant d’identifier l’exploitant de la-formule-francaise.com. Aucune dénomination sociale, aucun numéro d’immatriculation, aucune adresse postale, aucun numéro de téléphone et aucune adresse de courriel ne figuraient sur la page. La seule concession à la forme juridique était un lien vers des conditions générales, sans aucune mention légale complète au sens du droit français. Aucun numéro d’agrément n’était affiché, et aucune référence à une autorité de régulation ne venait soutenir les affirmations de la vitrine. La page d’accueil ne comportait par ailleurs aucun lien sortant.
Cette absence n’est pas un oubli de finition. Elle constitue le cœur du procédé : sans identité connue, aucune réclamation ne peut être acheminée, aucun recours amiable ne peut être engagé, et toute tentative de localiser un responsable se heurte à un mur. Le règlement européen sur les services numériques comme la loi française pour la confiance dans l’économie numérique imposent l’identification de l’éditeur d’un site : l’absence de ces informations doit être traitée, à elle seule, comme un signal d’alerte majeur, indépendamment de l’attrait des promesses affichées.
Une « version nouvelle » du robot Immediate Bitwave
L’enquête de juillet 2024 présentait La Formule Française comme une « version nouvelle du robot de type Immediate Bitwave ». Ce rattachement n’est pas anodin : les robots qui se réclament d’une intelligence artificielle, d’un trading à haute fréquence et d’un taux de réussite inégalé suivent un gabarit reconnaissable. On y retrouve systématiquement les mêmes structures de page, les mêmes mécaniques de pression (compte à rebours, fil de gains en direct, témoignages géolocalisés), le même anonymat de l’exploitant, et le même seuil de dépôt minimum aux alentours de 250 dollars. Chaque nouvelle apparition se présente comme une version révisée d’un dispositif précédent, dans le seul but de conserver une apparence de nouveauté tout en recyclant un montage éprouvé.
BrokerDefense a consacré à cette famille de robots une enquête de fond sur la nébuleuse des robots « Immediate », qui recense les domaines, les registrars et les comptes opérateurs successifs de ce gabarit. La Formule Française n’est pas formellement recensée dans ce dossier en tant que domaine membre du réseau, mais l’enquête de 2024 la rattachait explicitement à ce type d’engin, et les caractéristiques relevées sur la-formule-francaise.com sont identiques à celles que cette enquête de fond décrit.
Des mentions rassurantes sans aucun document derrière
La vitrine de la-formule-francaise.com affichait trois formules destinées à rassurer un visiteur pressé : un chiffrement décrit comme de niveau militaire, une conformité revendiquée au Règlement général sur la protection des données, et un service présenté comme « gratuit, facile et sûr pour tous ». Le nom d’une plateforme d’avis en ligne était également affiché, comme pour accréditer une réputation construite par des tiers indépendants. Aucune de ces mentions ne s’accompagnait d’un certificat, d’un rapport d’audit, d’une entité nommée ni d’un agrément consultable.
Ces formules visent à produire une impression de conformité sans en fournir la substance. La mention du RGPD, par exemple, suppose l’existence d’un responsable de traitement identifiable et d’une politique de confidentialité opposable : ni l’un ni l’autre ne figuraient sur la page. La référence à un chiffrement de niveau militaire est une expression commerciale sans contenu technique vérifiable. Afficher le nom d’une plateforme d’avis en ligne n’équivaut pas à y figurer avec un profil vérifié. Une vérification élémentaire, portant sur l’identité de l’exploitant, l’existence d’un agrément et la présence de moyens de contact réels, suffit à dissoudre l’ensemble de ces assurances.
La Formule Française : les démarches après un versement
Les personnes ayant versé des fonds via la-formule-francaise.com doivent en premier lieu rassembler toutes les traces disponibles : captures d’écran de la vitrine telle qu’elle se présentait au moment des dépôts, courriels et messages reçus, relevés bancaires et justificatifs de virements. Ces éléments forment le socle de tout dossier, qu’il soit amiable ou judiciaire. Il convient ensuite de notifier sa banque par écrit, sans attendre, en signalant le caractère suspect des opérations et en demandant formellement l’ouverture d’une procédure de contestation. Un dépôt de plainte pénale permet par ailleurs de constituer un dossier exploitable et d’enclencher des investigations.
BrokerDefense consacre au dépôt de plainte pénale une page dédiée aux plaintes pénales qui détaille les démarches à suivre.
Les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF restent l’un des premiers réflexes à consulter face à une offre d’investissement non sollicitée.
Le 23 juillet 2024, BrokerDefense publiait l’analyse de Groupe Polygone, un faux placement dont le nom a depuis été effacé du registre ; le 26 juillet 2024, c’est celle de Locked In Trading qui venait compléter ce tableau.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Un jugement pour escroquerie et faux investissement peut aboutir à l’indemnisation des victimes et, dans certains cas, à la condamnation d’un établissement bancaire pour manquement à son devoir de vigilance sur des virements frauduleux. Chaque virement laisse une trace dans les registres des banques concernées, et cette trace constitue une pièce centrale du dossier. C’est précisément ce que commente Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris et avocat partenaire de BrokerDefense, dans l’entretien ci-dessous : il revient sur une victoire judiciaire obtenue dans un dossier d’escroquerie à l’investissement, sur la reconnaissance des droits des victimes et sur les mécanismes d’indemnisation applicables lorsque des fonds ont transité vers une fausse plateforme.
La Formule Française : les questions des internautes
Non. La vitrine n’affichait aucun numéro d’agrément, aucune identité de société, aucune adresse, aucun numéro de téléphone et aucune adresse de courriel. Elle se contentait de promettre des gains sur la volatilité du bitcoin, avec des témoignages et un fil de gains invérifiables.
Il faut d’abord rassembler toutes les traces disponibles : captures d’écran de la vitrine, courriels et messages échangés, relevés bancaires et justificatifs de virements. Il convient ensuite de signaler les opérations à sa banque par écrit, sans attendre, et d’envisager une plainte pénale afin de constituer un dossier exploitable. BrokerDefense propose une évaluation de la situation aux personnes concernées.
Le nom a été réenregistré le 30 août 2026 et l’adresse ne propose plus ni compte ni dépôt : le contenu servi aujourd’hui décrit ce type de procédé et renvoie aux copies archivées de l’ancienne page. La vitrine de trading qui l’occupait jusqu’en juillet 2025 n’existe donc plus, ce qui ne rouvre pas pour autant le dossier des fonds versés en 2024 et 2025.
La Formule Française illustre un schéma maintenant bien documenté : une vitrine de trading sur cryptomonnaies habillée de témoignages, de comptes à rebours et de promesses de gains rapides, opérée sous un anonymat total, puis abandonnée dès que le nom de domaine a rempli son rôle. Les personnes ayant versé des fonds en 2024 ou en 2025 se retrouvent aujourd’hui face à une adresse reprise, une vitrine éteinte et aucun interlocuteur visible. Ce contexte rend la constitution d’un dossier d’autant plus urgente. BrokerDefense propose une évaluation préalable de chaque situation afin d’orienter les démarches les plus adaptées : collecte des preuves, signalement bancaire, ou engagement d’une procédure.
Article réécrit le 10/09/2026


