La vitrine qui se présentait sous le nom averxtrade.limited, avec son adresse à Genève, ses formules de rendement liées aux actifs numériques et sa revendication d’une société enregistrée en Suisse, n’est plus servie : plus aucune page ne répond à ce nom.
Le contrôle effectué le 12 septembre 2026 confirme que ce nom a cessé d’être enregistré : le registre des noms en .limited ne délivre plus aucune fiche pour cette adresse, et aucune inscription ne le vise dans les listes de mise en garde que l’Autorité des marchés financiers tient à la disposition des épargnants. Il reste de ce dossier les relevés de la vitrine effectués entre janvier et juin 2024, sa construction technique et les formules qu’elle annonçait.
Sommaire
- Averxtrade : le nom ne figure plus au registre et la vitrine ne répond plus
- L’adresse avenue de la Paix, à Genève, pour une inscription jamais démontrée
- Un script de programme de rendement reconnaissable à ses adresses
- De 5 % en vingt heures à 120 % en quatre jours, réglés en e-monnaies
- Une clause recopiée d’un modèle américain, jusqu’aux lois rebaptisées suisses
- Ce que peuvent encore faire les personnes qui ont versé des fonds
- Averxtrade : ce que le dossier laisse ouvert
Averxtrade : le nom ne figure plus au registre et la vitrine ne répond plus
Le constat établi le 12 septembre 2026 ne laisse aucune place au doute : aucune adresse technique ne correspond au nom averxtrade.limited, et aucune page n’est servie à cette adresse. Plus décisif encore, l’interrogation de la base du registre des .limited ce même jour ne renvoie plus aucune fiche pour ce nom. L’enregistrement n’existe plus. C’est le fait le plus révélateur du dossier : une vitrine qui affirmait représenter une société suisse officielle a disparu sans laisser de trace dans le registre.
Aucune inscription ne vise non plus averxtrade.limited dans les mises en garde et listes noires de l’AMF, parcourues le 12 septembre 2026. Cette absence n’ouvre aucun droit : ces listes servent à signaler, jamais à autoriser.
Les dernières copies conservées dans notre dossier remontent à juin 2024. Un relevé daté du 13 décembre 2024 montrait encore la vitrine en service. La disparition du nom, constatée le 12 septembre 2026, marque donc l’issue d’une vitrine dont l’activité s’est étalée sur au moins deux années.
Un autre dossier, InvestingExpert, décrit une plateforme domiciliée sur la même avenue genevoise, mise en garde par les autorités suisses et dont les noms ne sont plus enregistrés.
Dernière mise à jour : 12/09/2026
L’adresse avenue de la Paix, à Genève, pour une inscription jamais démontrée
Le bandeau d’accueil de la vitrine affichait une adresse précise : Avenue de la Paix 7 bis, 1202 Genève, Switzerland. La page d’accueil ajoutait, en anglais : « The company is officially registered in Switzerland. » Aucun numéro d’enregistrement, aucune dénomination sociale, aucun organe de régulation ne venaient étayer cette affirmation. La page Support récapitulait les coordonnées disponibles : COMPANY NAME : AverxTrade, ADDRESS : Avenue de la Paix 7 bis, 1202 Genève, Switzerland, EMAIL : [email protected]. Le seul contact direct était donc une adresse de messagerie, complétée d’un formulaire et d’une messagerie présentée comme « Live Chat ».
La page About Us allait plus loin dans la mise en scène. Elle décrivait une « financial technology holding company providing blockchain-related services through its three subsidiaries: Crypto Fund (Asset Management), Crypto Broker (Brokerage), and Crypto Storage (Storage) », puis affirmait que « Crypto Finance has offices in Zurich, and is based in Zug in the Crypto Valley, which is home to one of the world’s densest clusters ». Ce texte reprenait le descriptif d’une société suisse réelle, sans établir aucun lien avec la vitrine elle-même. La revendication d’une inscription en Suisse restait, du début à la fin, une affirmation sans pièce jointe.
Le nom averxtrade.limited était présenté comme le domaine de contact de la plateforme. L’interrogation de la base du registre des .limited, le 12 septembre 2026, ne renvoie plus aucune fiche pour ce nom : il n’est plus enregistré.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Un script de programme de rendement reconnaissable à ses adresses
L’architecture de la vitrine se lisait dans la construction même de ses adresses : ?a=home, ?a=signup, ?a=login, ?a=cust&page=aboutus, ?a=faq, ?a=news, ?a=rules et ?a=support. Ce système de paramètres est caractéristique des scripts commercialisés sous l’appellation GoldCoders, utilisés pour monter des programmes de rendement à haut débit et réemployés d’une vitrine à l’autre sans modification substantielle.
La page d’accueil s’ouvrait d’ailleurs sur un texte de lancement qui reproduit une formulation récurrente dans ces montages : « After months of planning the marketing strategy and setting up the website, we are finally proud to announce our investment program as launched. We strive to beat every single high yield investment program on the market. Our server is fully dedicated, DDoS protected and secured. » Le pied de page portait la mention « Copyrights © 2022. AverxTrade. », et la page News n’affichait que « No news found » : deux indices supplémentaires d’une interface montée rapidement, sans activité réelle derrière elle.
Le dossier Traderscope-inv, publié le 27 juillet 2026, documente la même signature d’adresses, celle des scripts de programmes de rendement commercialisés et réutilisés d’une vitrine à l’autre.
De 5 % en vingt heures à 120 % en quatre jours, réglés en e-monnaies
Les formules proposées par la vitrine couvraient un spectre large, avec des rendements dont aucun mécanisme d’investissement réel ne peut rendre compte. La formule Starter promettait 5 % après vingt heures, pour des dépôts compris entre 50 et 999 dollars. La formule Mini montait à 7 % après vingt-quatre heures, entre 1 000 et 1 499 dollars. La formule Professional affichait 10 % après trente-six heures, entre 1 500 et 15 000 dollars. La formule Promo proposait 9 % après huit heures seulement, pour des dépôts entre 3 000 et 9 000 dollars.
Les formules supérieures franchissaient un palier supplémentaire : Bitcoin, 30 % après vingt-quatre heures, entre 5 000 et 50 000 dollars ; Investor, 120 % après quatre jours, à partir de 10 000 dollars ; VIP, 40 % après un mois ; Standard, 55 % après deux mois ; Business, 70 % après trois mois. Des formules dites islamiques complétaient la liste, à 4 à 6 % après douze jours, puis 12 à 18 % après trois semaines.
Les seuls moyens de dépôt acceptés étaient Perfect Money, Payeer, Bitcoin, Litecoin, Bitcoin Cash et Ethereum, avec un renvoi vers un prestataire d’encaissement spécialisé dans les cryptomonnaies. La page How to Invest décrivait la marche à suivre : créer un compte, déposer depuis l’espace membre, choisir une formule, sélectionner une e-monnaie, puis demander un retrait depuis la rubrique prévue. L’architecture prévoyait donc, dès la conception, que les fonds entraient et que les demandes de retrait seraient traitées selon les règles fixées unilatéralement par la vitrine.
Une clause recopiée d’un modèle américain, jusqu’aux lois rebaptisées suisses
Les conditions générales de la vitrine contenaient une clause particulièrement révélatrice : « this program is exempt from the Switzerland Securities Act of 1933, the Switzerland Securities Exchange Act of 1934 and the Switzerland Investment Company Act of 1940 ». Ces dates et ces intitulés sont ceux de lois fédérales américaines, le Securities Act de 1933 et le Securities Exchange Act de 1934, rebaptisées ici en lois suisses. La maladresse est significative : le texte a été copié depuis un modèle américain sans relecture.
Les conditions ajoutaient deux précisions qui contredisaient frontalement la revendication d’une société enregistrée : « We are not FDIC insured. We are not a licensed bank or a security firm. » et « AverxTrade is not available to the general public and is opened only to the qualified members of AverxTrade ». La vitrine revendiquait donc simultanément une inscription officielle en Suisse et l’absence de tout statut réglementé. Le tout était signé d’une adresse à l’avenue de la Paix 7 bis, à Genève, et d’un courriel de contact, [email protected], aujourd’hui injoignable.
Ce que peuvent encore faire les personnes qui ont versé des fonds
La disparition du nom averxtrade.limited du registre et l’interruption de la vitrine ne mettent pas fin aux possibilités d’action. Les dépôts ont été effectués en Perfect Money, Payeer, Bitcoin, Litecoin, Bitcoin Cash ou Ethereum : ce sont les virements bancaires qui ont alimenté ces comptes en e-monnaies qui constituent les traces les plus exploitables. Rassembler ces relevés, ainsi que les échanges conservés avec la plateforme et les captures d’écran des formules souscrites, est la première étape concrète.
La procédure de plainte pénale, les justificatifs à réunir et l’interlocuteur compétent selon votre cas sont détaillés sur la page que BrokerDefense consacre à la plainte.
L’adresse de contact [email protected], seul fil conducteur laissé par la vitrine, et la revendication d’une société enregistrée avenue de la Paix 7 bis à Genève, figurent parmi les éléments à mentionner dans tout signalement, y compris auprès du service public de signalement des fraudes bancaires.
Les sommes parties en Perfect Money, en Payeer ou en Bitcoin ne se lisent pas telles quelles dans un relevé bancaire ; les versements qui ont approvisionné ces comptes, en revanche, y sont inscrits. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite au barreau de Paris, montre dans l’entretien ci-dessous comment des banques établies hors de France ont été amenées à répondre des sommes qu’elles avaient encaissées dans des dossiers comparables.
Averxtrade : ce que le dossier laisse ouvert
La disparition du nom du registre clôt la vitrine, mais ne répond pas à toutes les questions. L’identité des personnes qui ont exploité la plateforme, la destination des fonds déposés en Bitcoin, Litecoin, Bitcoin Cash et Ethereum, et le choix de l’adresse avenue de la Paix 7 bis à Genève comme point d’ancrage restent sans réponse documentée. La mention « Copyrights © 2022. AverxTrade. » suggère que la vitrine fonctionnait depuis au moins 2022, soit deux années avant les copies les plus anciennes conservées dans notre dossier.
Le cas illustre un montage dont les composantes sont connues : un script réutilisable, une adresse de prestige, des formules de rendement intenables, et des dépôts canalisés vers des e-monnaies difficiles à tracer. Ce que le dossier ne permet pas d’établir, faute de documents internes, c’est l’ampleur des sommes collectées et le nombre de personnes qui ont souscrit aux formules affichées, de la Starter à 5 % en vingt heures jusqu’à l’Investor à 120 % en quatre jours. Ces deux points restent ouverts.
Non. Plus aucune page n’est servie à cette adresse, et l’interrogation de la base du registre des .limited ne renvoie plus aucune fiche pour ce nom. Les copies conservées de la vitrine, relevées entre janvier et juin 2024, restent la trace de l’interface qui affichait des formules de rendement liées aux actifs numériques.
Non. La vitrine affirmait que « the company is officially registered in Switzerland » et publiait une adresse à l’avenue de la Paix, à Genève, sans jamais indiquer de numéro d’enregistrement, de dénomination sociale ni d’organe de régulation. Sa page de présentation reprenait par ailleurs le descriptif d’une société suisse réelle, sans lien avec elle.
Commencez par les pièces datées : les versements qui ont alimenté vos comptes en e-monnaies, les conversations tenues avec l’interlocuteur de la plateforme, les copies d’écran des formules souscrites et les courriels échangés. Signalez les opérations à votre banque et au service public de signalement des fraudes bancaires. Si l’argent a été viré vers un compte bancaire déterminé, l’établissement qui l’a reçu peut être appelé à en répondre. BrokerDefense peut examiner votre dossier avant toute démarche et indiquer la voie la plus adaptée.
Article réécrit le 12/09/2026


