L’Autorité des marchés financiers a inscrit smart-epargne.com sur sa liste noire le 6 février 2024, sept jours après la publication de notre premier article. La même décision vise une seconde entrée, cfd.smart-epargne.com, sous un libellé unique : « Produits dérivés sur crypto-actifs ».
La suite du dossier tient en deux mouvements : le nom a été libéré, puis repris le 23 septembre 2025 par un nouveau titulaire qui n’exploite plus aucun service. La page servie aujourd’hui ne propose plus d’investissement, elle propose le nom lui-même.
Dernière mise à jour : 12/09/2026
Sommaire
- Smart-epargne.com : une inscription sur la liste noire de l’AMF datée du 6 février 2024
- cfd.smart-epargne.com, la déclinaison du nom qui portait la même inscription
- Un nom repris le 23 septembre 2025, aujourd’hui proposé à la vente
- Janvier 2024 : une page sans société, sans adresse et sans ligne téléphonique
- Ce que disent aujourd’hui l’enregistrement et les serveurs du domaine
- Reconstituer un dossier à partir des virements dirigés vers smart-epargne.com
- Pourquoi smart-epargne.com reste un dossier ouvert
Smart-epargne.com : une inscription sur la liste noire de l’AMF datée du 6 février 2024
Notre article de janvier 2024 relevait l’absence totale d’autorisation : aucune société identifiée, aucune licence, aucun numéro d’enregistrement. Sept jours plus tard, l’Autorité des marchés financiers rendait ce constat officiel en ajoutant smart-epargne.com à sa liste noire, sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs ». La formulation retenue sur la fiche est sans ambiguïté : « Cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France. » Le contrôle est direct : la fiche officielle consacrée à smart-epargne.com porte le nom exact du domaine et la date de mise en ligne du 6 février 2024.
Cette inscription est le fait le plus fort du dossier. L’article d’origine ne l’a jamais mentionnée, faute d’avoir été mis à jour. Elle transforme un faisceau d’absences, pas de société, pas d’adresse, pas de numéro de téléphone, pas de courriel, en une décision formelle d’une autorité de supervision.
Un même enchaînement, une inscription officielle puis l’extinction de la page, a déjà été décrit dans le dossier consacré à Ls-livret, un faux livret d’épargne retiré après sa mise à l’index.
cfd.smart-epargne.com, la déclinaison du nom qui portait la même inscription
La décision du 6 février 2024 ne vise pas un seul nom : elle comporte deux entrées distinctes. La seconde, cfd.smart-epargne.com, a été inscrite le même jour, avec la même formulation officielle et le même libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs ». La coexistence de deux adresses sous un tronc commun indique une organisation qui cherchait à compartimenter ses activités, l’une présentée comme de l’épargne générale, l’autre explicitement orientée vers les contrats sur différence liés aux crypto-actifs, sans que l’une ni l’autre ne dispose de l’autorisation requise.
Les deux fiches nominatives répondent au nom exact inscrit sur chacune d’elles. Aucune des deux n’est le résultat d’une confusion ou d’un homonyme : l’Autorité des marchés financiers a traité les deux adresses comme deux sujets distincts, ce qui confirme que la structure opérationnelle était elle-même dédoublée.
Un nom repris le 23 septembre 2025, aujourd’hui proposé à la vente
Après l’inscription sur la liste noire et la disparition progressive du contenu de plateforme, le nom smart-epargne.com a été libéré. Un tiers l’a enregistré à nouveau le 23 septembre 2025, avec une échéance fixée au 23 septembre 2026. La page servie à cette adresse ne contient aucun contenu financier : elle redirige le visiteur vers une mise en vente du nom lui-même.
Ce mouvement est caractéristique. Un nom associé à une activité financière, même inscrit sur une liste noire, conserve une valeur marchande une fois libéré. Le nouveau titulaire n’a aucun lien établi avec l’exploitation initiale : son identité est protégée par le service d’enregistrement, une entité liée au groupe Web.com opérant sous la désignation Gradeadomainnames.com LLC. Le cas d’un domaine épinglé par un régulateur qui cesse ensuite de répondre a également été documenté dans le dossier consacré à Gaveltrdltd.
Les copies publiques conservées montrent un contenu de plateforme actif entre janvier et septembre 2024. Une copie datant de décembre 2025 ne présente plus qu’une page de quelques centaines d’octets, sans aucun contenu de plateforme. Les journaux publics de certificats conservent de nombreuses émissions passées au nom de smart-epargne.com, trace technique de la période d’exploitation.
Janvier 2024 : une page sans société, sans adresse et sans ligne téléphonique
Lorsque notre premier article a été publié, le site se présentait comme une vitrine d’épargne et d’investissement orientée vers le change. La liste des absences était complète : aucun lien externe, aucune personne physique identifiable, aucune adresse postale, aucun numéro de téléphone, aucune adresse de courriel, aucune mention de réglementation ou de licence, aucun nom de société, aucun numéro d’enregistrement.
Un nom rassurant dans le champ de l’épargne, combiné à l’absence de toute information vérifiable, est la configuration la plus fréquemment rencontrée dans les dossiers que BrokerDefense documente. La page ne livrait aucun point d’ancrage permettant à un épargnant de contrôler l’identité de son interlocuteur avant d’effectuer un virement. L’inscription sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers, intervenue sept jours plus tard, a confirmé que cette absence d’information n’était pas accidentelle.
Ce que disent aujourd’hui l’enregistrement et les serveurs du domaine
Au 12 septembre 2026, l’enregistrement de smart-epargne.com a été créé le 23 septembre 2025 et arrive à échéance le 23 septembre 2026. Le service d’enregistrement est lié au groupe Web.com, sous la désignation Gradeadomainnames.com LLC, avec une protection de l’identité du titulaire : aucune identité d’exploitant n’est publiée. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Les serveurs de noms déclarés sont ns1.afternic.com et ns2.afternic.com, complétés par un serveur de vérification. Le domaine renvoie vers deux adresses IP et la page servie redirige le visiteur vers une offre de cession du nom. Aucun enregistrement de messagerie n’est déclaré, l’entrée correspondante est nulle, et la politique d’envoi de courriel exclut tout expéditeur : le nom ne peut plus recevoir ni émettre de courriel. Un épargnant qui tenterait de joindre un interlocuteur via une adresse en smart-epargne.com n’obtiendrait aucune réponse, non pas faute de réactivité, mais parce que la configuration technique rend tout échange par courriel impossible.
Reconstituer un dossier à partir des virements dirigés vers smart-epargne.com
Le contrôle qui aurait dû précéder ces versements est public : les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF recensent les acteurs qui ne disposent d’aucune autorisation pour viser des résidents français. L’inscription du 6 février 2024, visant deux entrées sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs », y figure depuis plus de deux ans.
Pour toute personne ayant effectué des virements vers smart-epargne.com, ce sont les relevés d’opérations qui constituent le socle du dossier. L’exploitant n’a jamais été identifié, aucune adresse n’a jamais été publiée, et le domaine ne reçoit plus de courriel depuis la reconfiguration du 23 septembre 2025. La reconstitution de la relation passe donc par les documents produits au moment des versements : échanges écrits, captures des pages, montants et dates des opérations, coordonnées utilisées par les interlocuteurs.
Un dépôt de plainte reste ouvert à toute personne concernée : la page dédiée au dépôt d’une plainte pénale précise les justificatifs à joindre et les services à contacter.
Le nom a changé d’usage, mais les virements qu’il a reçus sont passés par des comptes qui, eux, existent toujours. Maître Anne Bernard-Dussaulx, du barreau de Paris, partenaire de BrokerDefense, revient dans la séquence ci-dessous sur les conditions dans lesquelles la banque ayant accueilli ces opérations peut devoir en répondre, et sur ce que cette voie apporte à une personne trompée par une fausse page d’épargne.
Pourquoi smart-epargne.com reste un dossier ouvert
L’inscription sur la liste noire de l’AMF, datée du 6 février 2024 et visant deux entrées distinctes, n’a pas mis fin au dossier : elle l’a formalisé. Le nom a ensuite été libéré, repris par un tiers le 23 septembre 2025 et redirigé vers une mise en vente, avec une échéance fixée au 23 septembre 2026. La configuration technique actuelle, serveurs orientés vers une offre commerciale sur le nom, absence totale de messagerie, protection de l’identité du titulaire, ne laisse subsister aucune trace exploitable de l’opérateur initial.
Ce que l’inscription du 6 février 2024 établit de façon permanente, en revanche, c’est que smart-epargne.com et cfd.smart-epargne.com n’ont jamais été autorisés à exercer en France. Aucune société n’a jamais été désignée, aucune adresse publiée, aucune ligne téléphonique indiquée : l’absence de société déclarée au Royaume-Uni, confirmée au 12 septembre 2026, s’inscrit dans ce même vide. Le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs » retenu par l’Autorité des marchés financiers précise la nature de l’activité pour laquelle l’autorisation faisait défaut. Le dossier reste ouvert tant que des versements effectués sous ce nom n’ont pas fait l’objet d’un examen et, le cas échéant, d’une procédure.
Elle signifie que l’Autorité des marchés financiers a constaté que ce nom n’était pas autorisé à proposer des services ou des placements financiers en France. L’inscription du 6 février 2024 vise deux entrées, smart-epargne.com et cfd.smart-epargne.com, sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Elle est intervenue sept jours après la publication de notre premier article, qui ne la mentionnait pas.
Parce que le nom a été libéré après la fin de l’exploitation, puis repris le 23 septembre 2025 par un titulaire qui n’exploite plus aucun service : la page servie redirige vers une mise en vente du nom. Un domaine peut ainsi changer plusieurs fois d’usage sans que cela efface ce qui a été fait sous son nom auparavant.
Rassemblez d’abord tous les écrits et justificatifs liés à l’opération : courriels reçus, copies des pages consultées, preuve des montants transférés et coordonnées employées par les interlocuteurs. Le nom étant devenu incapable de recevoir du courrier et aucun exploitant n’ayant jamais été désigné, ce sont les relevés d’opérations qui font foi. BrokerDefense peut ensuite aider à déterminer l’orientation la plus pertinente : signalement, plainte, demande d’indemnisation.
Article réécrit le 12/09/2026


