Alphivic Holding arnaque : l’usurpation d’une société réelle

Le numéro RCS Paris B 504 260 787 et l’adresse du 209 rue de l’Université, dans le 7ᵉ arrondissement de Paris, affichés par le site « Alphivic Holding », sont ceux d’une société réelle, immatriculée depuis 2008 et toujours active au registre national des entreprises, vérification faite le 27/08/2026. Derrière cette façade empruntée se cachait une opération de détournement d’identité : aucun e-mail, aucune mention légale, aucun lien, aucune personne identifiée, un seul numéro de téléphone pour toute trace. L’usurpation est confirmée par le registre : la société ALPHIVIC est immatriculée, légitime et elle-même victime ; le site qui se réclamait de son nom était, lui, une coquille vide.

BrokerDefense a dénoncé ce site dès le 25 janvier 2024, dans un article intitulé « L’usurpation qui fait cric, cric et crac ». La mise à jour conduite le 27/08/2026 confirme que le site ne répond plus : la vitrine a disparu, mais les fonds éventuellement versés, eux, ne reviennent pas seuls. Cette mise à jour documente l’état de la vérification, précise le mécanisme d’usurpation et rappelle les démarches à engager pour quiconque aurait été en contact avec cette façade.

Alphivic Holding : une identité réelle volée par un site fantôme

La société ALPHIVIC existe bel et bien. Nos vérifications conduites le 27/08/2026 au registre national des entreprises (recherche-entreprises.api.gouv.fr) l’établissent sans ambiguïté : ALPHIVIC est une société par actions simplifiée immatriculée au RCS de Paris sous le numéro B 504 260 787 (SIREN 504260787), créée le 6 mai 2008 et toujours en activité (état administratif A). Son siège social est situé 209 rue de l’Université, 75007 Paris. Son activité principale relève du code 64.30Z, soit les fonds de placement et entités financières similaires. Elle est enregistrée en qualité de PME et dispose de deux commissaires aux comptes titulaires, Bewiz Audit et BDO Paris, ce qui témoigne d’une structure dotée d’une gouvernance réelle.

Or le site dénoncé en janvier 2024 affichait exactement ce numéro d’immatriculation et cette adresse parisienne, se présentant sous le nom « Alphivic Holding » comme s’il émanait de cette société. Rien, dans les éléments documentés à l’époque et confirmés depuis, ne relie la société immatriculée à ce site : ni déclaration, ni mandat, ni lien d’aucune nature. Il s’agit d’une usurpation d’identité au sens plein du terme, et la société ALPHIVIC en est la première victime.

Un point mérite d’être rappelé avec insistance : l’enregistrement au registre du commerce et des sociétés ne vaut en aucun cas autorisation de collecter des fonds du public, de proposer des placements ou d’exercer une activité de conseil en investissement. Ces activités relèvent d’agréments spécifiques délivrés par les autorités de supervision compétentes. Reprendre le numéro RCS d’une société tierce ne confère aucune légitimité à celui qui s’en empare : cela révèle, au contraire, une stratégie délibérée d’emprunt d’identité destinée à tromper des épargnants peu méfiants.

Dernière mise à jour : 27/08/2026

Un site sans contact ni mentions légales, dénoncé dès janvier 2024

Lorsque BrokerDefense a publié son enquête le 25 janvier 2024, le site « Alphivic Holding » présentait un profil pour le moins singulier. Il affichait le numéro de téléphone « +33 (0)1 87 66 06 73 » comme unique point de contact, accompagné d’un logo évoquant une voile. Mais il était totalement dépourvu d’adresse e-mail, de page de mentions légales, de politique de confidentialité, de liens sortants et de toute personne nommée ou identifiable. Aucune équipe, aucun dirigeant, aucun conseiller : une vitrine sans intérieur.

Cette absence systématique de tout élément permettant d’identifier ou de contacter un interlocuteur réel est, en elle-même, un signal d’alerte majeur. Une société financière légitime est soumise à des obligations strictes de transparence : mentions légales complètes, identification des responsables de la publication, coordonnées vérifiables. Ici, rien de tel. Le numéro de téléphone constituait le seul fil, volontairement ténu, laissé à disposition.

Le procédé rappelle Def Holding, une autre holding dont l’identité a été détournée et documentée par BrokerDefense dans des circonstances très proches. Quelques mois plus tard, Harold Finances subissait le même sort : une société de holding réelle utilisée comme appât par une fausse plateforme, construite sur le même vide documentaire. Ces cas forment une série reconnaissable, fondée sur un schéma répété et rodé.

Un RCS authentique et une adresse parisienne : la carte de visite des escrocs

Le mécanisme de crédibilité mis en œuvre par le site « Alphivic Holding » repose sur un principe simple mais redoutablement efficace : emprunter les données d’enregistrement d’une société réelle, discrète et de longue date immatriculée, pour habiller une façade qui ne possède rien en propre. Un numéro RCS vérifié, une adresse parisienne dans un arrondissement réputé, un nom sobre à consonance financière : de quoi rassurer un épargnant pressé qui aurait effectué une vérification superficielle.

Car c’est bien là le piège. Consulter le registre national des entreprises et y trouver une société active sous ce numéro peut donner l’illusion d’une due diligence accomplie. Mais la présence d’une société au registre ne dit rien de l’opérateur qui se réclame de son identité. Nos investigations ont établi que tout le reste du dispositif était creux : pas d’adresse e-mail, pas de mentions légales, pas de lien vers un régulateur, pas de politique de traitement des données, pas de nom de responsable. Un numéro de téléphone seul ne constitue pas une garantie de légitimité.

La vérification rigoureuse d’une entité financière suppose de croiser plusieurs éléments : des coordonnées cohérentes et complètes, des mentions légales conformes aux obligations légales, l’identification d’un agrément ou d’une inscription auprès des autorités de supervision, et une activité vérifiable dans le temps. En l’absence de l’un de ces éléments, la prudence s’impose. Les autorités financières publient régulièrement des mises en garde contre ces usurpations d’identité : voir la page des listes noires et mises en garde de l’Autorité des marchés financiers.

Des holdings discrètes, cibles privilégiées des usurpations

Pourquoi des structures comme ALPHIVIC se retrouvent-elles au cœur de ces opérations d’emprunt d’identité ? La réponse tient à plusieurs caractéristiques qui les rendent particulièrement attractives pour les auteurs de telles fraudes. Ces sociétés sont immatriculées depuis de nombreuses années, ce qui leur confère une ancienneté rassurante. Elles exercent des activités financières légitimes, classées sous des codes NAF qui évoquent naturellement la gestion de fonds et les placements. Elles sont souvent discrètes, sans visibilité médiatique ni présence grand public forte, ce qui réduit le risque qu’un épargnant puisse comparer le site frauduleux à des informations officielles facilement accessibles.

Cette discrétion, qui est une caractéristique ordinaire de nombreuses structures de gestion patrimoniale, se retourne contre elles : faute de site institutionnel notoire ou de communications publiques régulières, elles offrent peu de points de comparaison immédiats à une victime potentielle. Le schéma dit de la « clone firm », c’est-à-dire la fausse société construite sur l’identité d’une entité réelle, prospère précisément dans cet espace entre la légitimité empruntée et l’invisibilité de l’opérateur réel.

Dans le cas documenté ici, la façade a aujourd’hui disparu. D’après nos outils techniques, le site ne répond plus depuis une date indéterminée ; notre surveillance le classe comme hors ligne. Aucun domaine n’avait été publié dans l’article de janvier 2024 ni dans la carte de suivi de BrokerDefense. La vitrine s’est évaporée, comme c’est presque toujours le cas une fois la pression de l’exposition publique exercée ou les premières victimes alertées. Mais la disparition du site ne signifie pas la fin des préjudices pour ceux qui auraient transféré des fonds.

Fonds versés à une identité d’emprunt : les démarches à engager

Si vous avez été en contact avec le site « Alphivic Holding » et que vous avez versé des fonds, la première règle est d’interrompre immédiatement tout nouveau virement ou paiement. N’envoyez rien de plus, quelle que soit la pression exercée par un éventuel interlocuteur téléphonique. Dans le cas présent, le contact était d’ailleurs uniquement téléphonique : aucune adresse e-mail n’existait, aucune mention légale ne permettait d’identifier un responsable. Cet isolement délibéré du canal de communication est caractéristique d’une opération conçue pour réduire les traces écrites.

Conservez l’intégralité des preuves dont vous disposez : captures d’écran du site tel qu’il apparaissait au moment de vos échanges, relevés de virement, numéros de compte destinataires, historique de vos appels avec le numéro « +33 (0)1 87 66 06 73 » s’il a été utilisé dans votre cas, et toute correspondance, même partielle. Ces éléments sont indispensables pour la suite des démarches.

Prévenez votre établissement bancaire sans délai, en exposant que des fonds ont été transférés vers un opérateur dont l’identité était usurpée. Certaines banques disposent de procédures de rappel ou de contestation qui peuvent être déclenchées rapidement, avec des délais qui varient selon le mode de virement utilisé. Plus tôt l’alerte est donnée, plus les chances d’action sont réelles.

Portez plainte auprès des services compétents : consultez notre page dédiée à la plainte pénale pour connaître les étapes précises et les éléments à réunir. Le fait que des fonds aient été transférés sur la foi d’un numéro RCS authentique et d’une adresse réelle, tous deux empruntés à une société tierce sans son consentement, constitue un élément factuel solide pour caractériser l’escroquerie. Enfin, contactez le service d’aide aux victimes de BrokerDefense : nos équipes peuvent vous orienter, évaluer votre situation et vous accompagner dans vos démarches.

Pour comprendre les recours possibles après avoir versé des fonds sur la foi d’une identité d’emprunt, nous vous proposons la vidéo de Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris et avocat partenaire de BrokerDefense. Il y revient sur un jugement d’escroquerie lié à un faux investissement et sur la condamnation d’une banque devant la cour d’appel, illustrant les recours qui permettent aux victimes d’obtenir l’indemnisation de leur préjudice. Retrouvez sa page de présentation : Maître Goce Novakov.

FAQ : Alphivic Holding est-il une arnaque ?

La société Alphivic est-elle derrière ce site ?

Non. La société ALPHIVIC est une SAS immatriculée au RCS de Paris depuis 2008, toujours active, dont l’identité a été usurpée sans son consentement par le site dénoncé en janvier 2024. Rien ne relie la société réelle à cette façade : elle est elle-même victime de ce détournement d’identité, confirmé par nos vérifications au registre national des entreprises le 27/08/2026.

Pourquoi les escrocs affichaient-ils un numéro RCS authentique ?

Afficher un numéro RCS vérifiable et une adresse parisienne réelle permet de franchir le premier réflexe de méfiance d’un épargnant qui consulte le registre des entreprises et y trouve effectivement une société active. Cette technique, propre au schéma de la « clone firm », consiste à emprunter la crédibilité d’une entité légitime pour masquer l’absence totale de toute autre substance : pas de mentions légales, pas d’e-mail, pas de lien, pas d’identité propre à l’opérateur réel.

Que faire si l’on a versé des fonds à ce site ?

Cessez immédiatement tout nouveau virement, conservez toutes les preuves disponibles (captures d’écran, relevés de virement, historique des appels vers le numéro de téléphone utilisé) et prévenez votre banque sans délai pour explorer les options de contestation. Portez ensuite plainte en suivant les étapes décrites sur notre page dédiée à la plainte pénale, et contactez le service d’aide aux victimes de BrokerDefense pour être accompagné dans vos démarches.

Le site « Alphivic Holding » illustre avec une netteté particulière le mécanisme de la « clone firm » : une identité entièrement empruntée à une société réelle et immatriculée depuis 2008, le numéro RCS Paris B 504 260 787 et l’adresse du 209 rue de l’Université repris tels quels, puis une façade construite sur le vide, sans e-mail, sans mentions légales, sans aucun interlocuteur identifiable, joignable uniquement par téléphone. Les épargnants qui auraient versé des fonds l’ont fait sur la foi d’éléments qui étaient vrais pour la société légitime et faux pour l’opérateur qui s’en réclamait. La vitrine a aujourd’hui disparu, le site ne répond plus, mais le préjudice de ceux qui ont été trompés demeure. C’est précisément pour ces situations que BrokerDefense recommande une évaluation préalable et systématique de toute entité sollicitant des fonds ou proposant un investissement : vérifier un numéro RCS n’est qu’une première étape, elle ne dispense pas d’un examen complet des mentions légales, des agréments réglementaires et de la cohérence globale de la présentation.

Article réécrit le 27/08/2026

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