
Le 7 janvier 2025, la vitrine ucoincapital.com ne renvoyait plus aucune page. Le 12 septembre 2026, notre vérification établit que le nom a été effacé du registre des domaines en .com : il ne correspond plus à aucune adresse, aucune page n’est servie et aucun exploitant n’est identifiable sous ce nom. La plateforme qui promettait, en caractères bien visibles sur sa page d’accueil, « l’un des meilleurs rendements du marché de la cryptographie, sans risque pour l’investisseur », a disparu sans laisser d’interlocuteur. Il aura fallu deux ans et demi pour que le dossier ouvert chez nous le 15 janvier 2024, très court et sans données d’enregistrement, soit remplacé par une enquête documentée.
Notre article d’origine signalait une plateforme de cryptomonnaie présentée comme « sous enquête », relevait l’absence de référence réglementaire et mentionnait une adresse à Amsterdam ainsi qu’un numéro de téléphone. La mise à jour que vous lisez établit ce que ce premier texte n’avait pas établi : la construction technique de la vitrine, les plans de rendement affichés, le numéro d’immatriculation revendiqué et ce qu’il désigne réellement, l’état actuel du nom et l’absence de toute inscription aux registres réglementaires consultés.
Dernière mise à jour : 12/09/2026
Sommaire
- Une vitrine muette depuis janvier 2025, un nom absent du registre
- Un nom présent depuis 2017 et aujourd’hui retiré du registre
- Le numéro d’immatriculation britannique affiché ne renvoie pas à la marque
- Dix pour cent par semaine, des robots d’arbitrage et un service de récupération de fonds
- Ce qu’il reste à rassembler après un versement vers ucoincapital.com
- UCOINCAPITAL : les questions que vous nous adressez
- Conclusion : une installation recyclée, un nom effacé, aucun interlocuteur
Une vitrine muette depuis janvier 2025, un nom absent du registre
Les copies publiques conservées permettent de dater précisément la période d’activité de la vitrine : des pages étaient servies sous ucoincapital.com au moins du 8 novembre 2023 au 1er octobre 2024. Le 7 janvier 2025, la même adresse ne renvoyait plus aucune page. Entre ces deux dates, la vitrine a donc cessé d’être accessible sans que ses opérateurs publient la moindre explication, avis de fermeture ou information sur le sort des fonds déposés.
Nos relevés du 12 septembre 2026 établissent un constat plus définitif encore : le nom ucoincapital.com a été retiré du registre des domaines en .com. Il ne figure plus dans le fichier public des enregistrements. Il ne correspond à aucune adresse. Aucune page n’est servie. Pour un lecteur qui aurait versé des fonds après avoir consulté ces pages, cela signifie qu’il n’existe plus aucun site à consulter, aucune adresse de messagerie opérationnelle, aucune société joignable sous ce nom. L’entité qui se présentait comme une « vaste plateforme d’investissement » n’a plus d’existence technique ni administrative identifiable sous ce libellé.
Un nom présent depuis 2017 et aujourd’hui retiré du registre
Le pied de page de la vitrine portait la mention « © Copyright 2017. All Rights Reserved. » Les relevés publics font apparaître le nom ucoincapital.com dès novembre 2017, ce qui est cohérent avec cette datation affichée. La page « À propos » indiquait que la société avait commencé à investir en 2017, et le logo a été déposé en mai 2023, soit bien après le lancement annoncé. Les images de décor de la page d’accueil, elles, ont été déposées en juillet 2019 et en mai 2020 : leurs noms de fichiers conservaient des identifiants techniques sans signification éditoriale, dont un fichier portant la référence « projects-6 », un autre nommé « mancave » et une référence hexadécimale. Aucune de ces images ne comportait de texte alternatif.
La vitrine affichait, à titre de coordonnées, l’adresse Bloemgracht 103, 1015 TN, à Amsterdam, aux Pays-Bas. Elle mentionnait un numéro commençant par l’indicatif des Pays-Bas, l’adresse [email protected] et des horaires du lundi au vendredi, de 9h à 19h. Notre article d’origine du 15 janvier 2024 citait cette adresse et ce numéro, sans jamais avoir cité de données d’enregistrement du nom. Désormais, le nom ayant été retiré du registre des domaines en .com, il n’existe plus de bureau d’enregistrement, plus de serveur de noms, plus de titulaire à interroger. La fiche WHOIS complète sur DomainTools est désormais le seul endroit où consulter l’historique de cet enregistrement : elle conserve la trace des périodes d’activité du nom et des données techniques associées au moment de leur relevé.
Le numéro d’immatriculation britannique affiché ne renvoie pas à la marque
La page « À propos » de la vitrine, dans sa version française, présentait UCOINCAPITAL.com comme une « société de gestion de capital-investissement » ayant « commencé à investir dans des bots de crypto-trading, crypto-monnaie, minage, ICO en 2017 ». Elle indiquait que la marque était « enregistrée au Royaume-Uni » sous le numéro 14285674 et mentionnait un « bureau d’enregistrement et de propriété des sociétés ». La version anglaise de cette même page attribuait la marque à une entité dénommée « UCOIN Joint system », formulation absente de la version française.
Nos recherches dans le registre des sociétés du Royaume-Uni établissent que le numéro 14285674 existe bien, mais qu’il désigne une société nommée CRYPTO CAPITAL LIMITED, immatriculée le 9 août 2022. Les derniers comptes déposés par cette société sont qualifiés de dormants. Son code d’activité déclaré relève des services informatiques. Son siège social est enregistré à la suite Ra01, 195-197 Wood Street, à Londres. Son dirigeant est une personne physique prénommée Atif Ahmad. Aucune société portant le nom de la marque revendiquée, qu’il s’agisse d’« UCOINCAPITAL » ou d’« UCOIN Joint system », n’apparaît dans ce registre. Par ailleurs, la date d’immatriculation de CRYPTO CAPITAL LIMITED, le 9 août 2022, contredit directement l’ancienneté annoncée de 2017 : une société immatriculée en 2022 ne peut avoir commencé à investir en 2017.
Nos recherches du 12 septembre 2026 ne se sont pas limitées au registre des sociétés : les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF ne comportent, à cette date, aucune entrée relative à ucoincapital.com. Cette absence ne constitue pas une attestation de régularité : elle établit seulement qu’aucune autorité n’a reconnu cette entité comme prestataire autorisé en France, et que la vitrine a opéré sans jamais figurer dans un registre d’autorisation.
Dix pour cent par semaine, des robots d’arbitrage et un service de récupération de fonds
La page d’accueil de la vitrine décrivait UCOINCAPITAL.COM comme « une vaste plateforme d’investissement qui génère des profits pour ses clients grâce à un développement fondé sur l’intelligence artificielle : arbitrage de cryptomonnaies et conseil robotisé ». Deux robots maison étaient présentés comme les outils propriétaires de cette génération de profits : le UCOIN Crypto Scalp Bot et le UCOIN Crypto Arbitrage Bot, tous deux décrits comme exploitant les écarts de prix entre plateformes d’échange. Aucun élément vérifiable ne permettait de confirmer l’existence réelle de ces outils ni la réalité des opérations décrites.
Les plans de dépôt étaient présentés sur une page dédiée au bitcoin, organisée en quatre niveaux : Basic, Classic, Gold et Platinum, chacun décliné en formules horaires, journalières et hebdomadaires. Les rendements affichés pour la formule hebdomadaire Basic atteignaient 9 % à 9,5 % par semaine, pour un rendement total annoncé de 27 % à 28,5 % sur trois semaines. La formule hebdomadaire Gold affichait quant à elle 10,5 % à 11,5 % par semaine. Les frais de retrait étaient fixés à 2 %. Les seuls moyens de paiement acceptés étaient le bitcoin, l’ether et le litecoin, aucune monnaie fiduciaire n’étant mentionnée. La promesse centrale, répétée sur la page d’accueil, était celle d’un rendement « sans risque pour l’investisseur », affirmation suivie d’un astérisque dont le renvoi n’apportait aucune précision substantielle.
La singularité la plus remarquable de cette vitrine était l’existence d’une page entière consacrée à un « service de remboursement ». Cette page indiquait que l’équipe avait « développé un algorithme de retour des fonds depuis des sociétés peu scrupuleuses », qu’elle pouvait « tracer toute transaction au nom de ses clients » et aider ceux-ci à récupérer leur argent « en interagissant avec les régulateurs des cryptomonnaies ». Une plateforme se réclamant de ce rôle de protection tout en ne présentant elle-même aucune autorisation réglementaire : le paradoxe mérite d’être noté. Ce type de positionnement, qui consiste à promettre la récupération de fonds perdus sur d’autres sites tout en collectant de nouveaux dépôts, rappelle le fonctionnement documenté de Genesisarbit, une plateforme d’arbitrage crypto qui a collecté des fonds avant de disparaître selon le même schéma.
Ce qu’il reste à rassembler après un versement vers ucoincapital.com
Pour les personnes ayant effectué des dépôts en bitcoin, en ether ou en litecoin après avoir été convaincues par les pages de cette vitrine, les relevés bancaires constituent la première pièce d’un dossier : ils font apparaître le bénéficiaire, la date et le montant de chaque opération en monnaie fiduciaire ayant précédé l’achat de cryptomonnaies ou le virement vers un portefeuille tiers. Les échanges écrits avec les interlocuteurs rencontrés sur cette plateforme, qu’il s’agisse de courriels reçus à [email protected] ou de conversations de messagerie instantanée, complètent cet ensemble, tout comme les justificatifs des transactions en cryptomonnaies, qui conservent les adresses de portefeuille impliquées et les horodatages des opérations.
La constitution de ce dossier est la condition d’une démarche judiciaire. Les étapes à suivre sont décrites dans le guide du dépôt d’une plainte pénale. Le cas d’un dépôt vers ucoincapital.com présente des particularités propres : les seuls moyens de paiement acceptés étaient des cryptomonnaies, ce qui exclut le recours classique à un établissement bancaire comme point d’entrée, mais les achats de cryptomonnaies réalisés en amont restent souvent traçables. D’autres noms ont opéré selon un schéma proche : Frkucointeam, par exemple, a disparu après collecte de fonds sous un nom emprunté à une plateforme d’échange connue, laissant ses utilisateurs dans une situation comparable à celle des personnes ayant déposé chez UCOINCAPITAL.
Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient dans l’entretien ci-dessous sur une victoire judiciaire obtenue dans un dossier d’escroquerie et de faux investissement : il y décrit la reconnaissance des droits des victimes par les juridictions saisies, l’indemnisation obtenue à l’issue de la procédure et la condamnation d’un établissement bancaire pour n’avoir pas exercé sa vigilance face à des virements suspects transitant par ses comptes. Un versement effectué vers ucoincapital.com, même réalisé en cryptomonnaies, a laissé une trace bancaire en amont qui peut constituer un point d’appui dans cette même logique.
UCOINCAPITAL : les questions que vous nous adressez
Rien. Le nom ucoincapital.com a été effacé du registre des domaines en .com. Nos relevés du 12 septembre 2026 confirment qu’il ne correspond plus à aucune adresse et qu’aucune page n’est servie. La vitrine avait cessé d’être accessible dès le 7 janvier 2025. Il n’existe plus aucun site consultable, aucune adresse de messagerie opérationnelle et aucun exploitant identifiable sous ce nom.
Rassemblez tous les éléments que vous pouvez encore retrouver : relevés des achats de bitcoin, d’ether ou de litecoin effectués avant le dépôt, identifiants de transaction sur la blockchain, courriels reçus de [email protected] et captures d’écran des pages de la vitrine. Ces pièces constituent la base d’un dossier. BrokerDefense peut examiner votre situation et vous orienter vers les démarches adaptées, y compris la voie pénale.
Non. Une formule hebdomadaire affichant entre 9 % et 9,5 % de rendement par semaine, soit 27 % à 28,5 % sur trois semaines, ou encore 10,5 % à 11,5 % par semaine pour le niveau Gold, dépasse très largement ce que tout acteur régulé propose. La mention « sans risque pour l’investisseur » adjointe à ces promesses n’a aucune réalité dans le fonctionnement des marchés de cryptomonnaies. Aucune autorisation réglementaire n’a été relevée pour cette entité, ni en France ni ailleurs dans les registres que nous avons consultés.
Conclusion : une installation recyclée, un nom effacé, aucun interlocuteur
L’analyse technique de la vitrine ucoincapital.com révèle une installation construite sur WordPress en version 4.9.3, avec le thème « coinyads » et les bibliothèques jQuery 1.12.4, Bootstrap, Modernizr 2.6.2, html5shiv et respond.js. Une extension multilingue servait trois versions du site sous les adresses distinctes /en/, /ru/ et /fr/. La page de connexion à l’administration portait le titre « UCOINCAPITAL, Your Main Crypto Partner » et demandait de résoudre une opération arithmétique écrite en anglais. Dans la page de questions et réponses, plusieurs réponses affichaient l’artefact technique « meta_value » à la place de leur contenu, et l’en-tête de toutes les pages contenait un commentaire de gabarit intitulé « Message To User », resté en place sans être retiré. La même installation hébergeait des articles de référencement sur les casinos en ligne et les paris sportifs, rédigés en allemand, en anglais et en néerlandais, datés de décembre 2022, dont un intitulé évoquant un bonus de casino et un autre consacré aux paris sportifs. Le fil des actualités était paginé jusqu’à une page numérotée 1117. Ces caractéristiques décrivent une infrastructure réutilisée à des fins multiples, dont la plateforme de cryptomonnaies n’était qu’un habillage parmi d’autres.
Pour les personnes qui ont déposé du bitcoin, de l’ether ou du litecoin sur des plans horaires, journaliers ou hebdomadaires en croyant aux promesses de rendement sans risque affichées par cette vitrine, la situation est aujourd’hui la suivante : la plateforme a disparu, son nom n’existe plus dans le registre des domaines, et aucune société portant le nom de la marque revendiquée n’apparaît dans le registre des sociétés du Royaume-Uni. Le numéro d’immatriculation affiché, le 14285674, désigne une société aux comptes dormants dont l’activité déclarée n’a rien à voir avec la gestion d’investissements en cryptomonnaies. L’ancienneté de 2017 revendiquée par la vitrine ne correspond pas à la date d’immatriculation de cette société, qui remonte au 9 août 2022.
BrokerDefense peut prendre connaissance de votre dossier et vous indiquer quelles pièces sont exploitables et quelles voies restent ouvertes. Un premier examen de la situation par notre équipe permet de mesurer ce que les traces disponibles, relevés d’achats de cryptomonnaies, identifiants de transaction, échanges écrits avec la vitrine, permettent effectivement d’établir avant d’engager toute démarche.
Article réécrit le 12/09/2026


