Sommaire
- Ylehub.cc : le registre des .cc ne délivre plus de fiche
- Ylehub FX Limited, une société britannique née le jour du domaine
- Un enregistrement d’un an chez Gname et un titulaire masqué
- Londres, MSB américain et numéro FCA : les gages de la vitrine
- Une vitrine en douze langues, sans adresse ni mentions légales
- Reconstituer la trace des fonds remis à YleHub FX
- Le dossier ylehub.cc en trois questions
Ylehub.cc : le registre des .cc ne délivre plus de fiche
Au 11 octobre 2026, le registre des noms en .cc ne délivre plus aucune fiche pour ylehub.cc : le nom a quitté le registre, et ni l’adresse nue ni le préfixe www ne résolvent vers quoi que ce soit. Aucune entrée DNS d’aucun type ne subsiste, ce qui distingue cette situation d’une simple coupure de résolution passagère. La double disparition qui caractérise ce dossier est particulièrement significative : le nom a quitté le registre, et la société britannique qui se présentait derrière lui n’existe plus non plus. La vitrine ne répond plus et ne possède plus ni domaine actif ni entité identifiable pour la porter. Pour situer cette évolution dans le temps, rappelons que le nom ylehub.cc avait été créé le 27 novembre 2023, que les copies publiques du web conservent une dernière capture datée du 18 avril 2024, et que l’échéance du nom, fixée au 27 novembre 2024, n’a pas été renouvelée. D’autres plateformes ont suivi un parcours comparable : netixos.com, faux courtier placé sur la liste noire de l’AMF dont le nom n’a plus de site, ou encore sigmainvestglobal.com, plateforme d’investissement disparue peu après son signalement par l’AMF, illustrent la même logique de retrait précipité. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Dernière mise à jour : 11/10/2026
Ylehub FX Limited, une société britannique née le jour du domaine
La société YLEHUB FX LIMITED, enregistrée sous le numéro SC790545, a été immatriculée le 27 novembre 2023, soit le jour même où le nom ylehub.cc a été créé. Cette coïncidence de dates est un fait objectif que notre dossier consigne sans en tirer de conclusion sur les intentions des personnes impliquées. Le 23 juillet 2024, Companies House a appliqué à la société son adresse de service par défaut, à Édimbourg, en même temps qu’à un dirigeant déclaré et à la personne enregistrée comme contrôlant la société : cette intervention simultanée du registre indique que les coordonnées déclarées avaient cessé d’être joignables à cette date. Un avis de radiation d’office a été publié le 18 février 2025, et la dissolution a été prononcée le 6 mai 2025. Les codes d’activité déclarés par la société couvraient le commerce électronique, l’édition de portails web et d’autres services financiers, un périmètre suffisamment large pour justifier l’apparence d’une activité de trading. Par ailleurs, la mention « copyright © 2021 Ylehub FX GROUP LIMITED » figurait en bas de page : or aucune société portant exactement ce nom n’est immatriculée au registre britannique. L’écart entre le nom de la société réellement enregistrée et celui revendiqué dans le pied de page constitue une irrégularité documentée, sans qu’il soit possible d’en attribuer la responsabilité à une personne en particulier.
Un enregistrement d’un an chez Gname et un titulaire masqué
Le nom ylehub.cc avait été déposé le 27 novembre 2023 auprès du bureau d’enregistrement singapourien Gname.com Pte. Ltd., pour une durée d’un an seulement. L’échéance tombait donc au 27 novembre 2024, et aucun renouvellement n’a été effectué : le nom a quitté le registre à cette date sans que quiconque ait jugé utile de le conserver. Le titulaire était protégé par un service de confidentialité qui ne laissait apparaître qu’un État déclaré, l’Oregon, aux États-Unis, sans aucune information permettant d’identifier une personne ou une organisation. Les serveurs de noms associés au domaine étaient ceux de Cloudflare, à savoir dara.ns.cloudflare.com et rocky.ns.cloudflare.com, et le statut d’enregistrement bloquait tout transfert vers un autre prestataire. Lors du constat de décembre 2023, la vitrine répondait depuis l’adresse 188.114.96.2, une adresse appartenant à l’infrastructure Cloudflare et localisée aux États-Unis. Ce constat a été établi selon la norme AFNOR Z67-147, portant sur www.ylehub.cc, et il a figé l’état de la vitrine en trente pages de captures d’écran accompagnées d’un journal réseau complet, constituant ainsi une pièce opposable.
Londres, MSB américain et numéro FCA : les gages de la vitrine
La vitrine de YleHub FX affichait plusieurs éléments destinés à inspirer confiance : une mention « headquartered in London », une référence à une régulation par le MSB des États-Unis assortie de l’affirmation que la plateforme acceptait son audit strict, et un numéro d’enregistrement présenté comme celui de la FCA britannique. Notre relevé du 11 octobre 2026 établit qu’aucun de ces éléments ne résiste à la vérification : le numéro FCA affiché ne correspond à aucun titulaire légitime dans les registres de l’autorité. Sur le plan technique, la vitrine mobilisait un réseau de diffusion et de mise en cache du contenu, une bibliothèque jQuery, une bibliothèque d’animations déclenchées au défilement de la page, un en-tête de transport strict imposant le chiffrement des échanges, une structuration HTML5 et une adaptation aux écrans mobiles : autant de caractéristiques qui lui conféraient une apparence professionnelle sans apporter la moindre garantie sur la légitimité de l’opérateur. L’interrogation menée le 11 octobre 2026 ne retrouve ce nom ni dans les mises en garde officielles de l’AMF, ni dans les listes chypriotes : cette absence ne vaut pas autorisation et ne saurait être interprétée comme un gage de fiabilité. Maître Goce Novakov, avocat exerçant à Paris, expose dans l’entretien qui suit comment une banque a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance et condamnée à indemniser une victime d’escroquerie financière à hauteur d’une part importante de ses pertes, une jurisprudence dont les personnes ayant effectué des virements vers ce type de plateforme peuvent directement se prévaloir.
Une vitrine en douze langues, sans adresse ni mentions légales
La vitrine de YleHub FX était déclinée en une douzaine de langues, le chinois simplifié et le chinois traditionnel figurant en tête de liste, ce qui indique clairement vers quels publics l’effort de recrutement était principalement orienté. Les promesses chiffrées ne manquaient pas : jusqu’à un million de dollars de capital virtuel pour s’entraîner, des clients déclarés dans plus de cent pays, et des volumes ainsi que des actifs déposés présentés comme audités en temps réel par des cabinets comptables qualifiés de renommée mondiale, sans que le nom d’aucun de ces cabinets soit jamais cité ni vérifiable. Les moyens de contact se limitaient à une adresse [email protected], un widget de discussion en direct et des liens WhatsApp : aucun numéro de téléphone fixe, aucune adresse postale précise ne figurait sur la vitrine. Une vidéo de présentation de MetaTrader 5 était hébergée non pas sur un serveur propre à la plateforme, mais sur un espace de stockage Alibaba Cloud situé à Hong Kong, détail technique qui contraste avec les affirmations de siège londonien. Aucune page de mentions légales, aucun document contractuel, aucune condition générale d’utilisation n’était accessible depuis la vitrine : le pied de page se contentait d’un avertissement générique sur les risques liés aux CFD, sans fournir le moindre cadre juridique opposable.
Reconstituer la trace des fonds remis à YleHub FX
Pour toute personne ayant effectué un virement vers YleHub FX, il convient de réunir d’abord tous les relevés bancaires retraçant les opérations, en conservant les références exactes des virements, les dates et les montants, ainsi que toute correspondance échangée avec l’adresse [email protected] ou via le widget de discussion. Ces éléments constituent le socle d’un dossier recevable. La deuxième démarche est de contester l’opération auprès de la banque qui a exécuté le virement : l’établissement qui a traité un ordre de virement vers une plateforme présentant des gages manifestement invérifiables, comme un numéro FCA ne correspondant à aucun titulaire ou une promesse d’un million de dollars de capital virtuel, peut voir sa responsabilité engagée au titre de son devoir de vigilance. La dissolution de YLEHUB FX LIMITED depuis le 6 mai 2025 ne clôt pas cette piste : elle déplace simplement le point d’appui, puisque la société britannique ne peut plus être actionnée directement, mais que les établissements financiers intermédiaires demeurent, eux, identifiables et potentiellement mis en cause. La voie pénale reste ouverte et peut être engagée indépendamment de toute démarche civile : consultez la procédure à suivre pour déposer plainte pour connaître les étapes concrètes.
Le dossier ylehub.cc en trois questions
Au 11 octobre 2026, plus aucune ligne du fichier du .cc ne correspond à ce nom. Le domaine est sorti du fichier à l’expiration de son unique année d’enregistrement, le 27 novembre 2024, sans renouvellement. Aucune entrée DNS ne subsiste, la vitrine ne répond plus, et la société britannique YLEHUB FX LIMITED qui se présentait derrière elle a été dissoute le 6 mai 2025. Il ne reste donc ni domaine actif, ni entité légale identifiable.
La dissolution de YLEHUB FX LIMITED ferme la voie d’une action directe contre cette entité, mais elle n’épuise pas les recours disponibles. Les établissements bancaires qui ont exécuté les virements vers la plateforme peuvent être mis en cause pour manquement à leur devoir de vigilance, en particulier lorsque les gages affichés par la vitrine, comme le numéro FCA invérifiable ou les affirmations de régulation par le MSB américain, auraient dû alerter un professionnel diligent. La voie pénale reste également ouverte contre les auteurs des faits, quelle que soit la situation de la société britannique.
Elle peut d’abord réunir tous les justificatifs disponibles : relevés bancaires, captures d’écran des échanges avec [email protected], historique du compte de trading et tout document mentionnant la promesse d’un million de dollars de capital virtuel ou les gages réglementaires affichés. Elle peut ensuite contester le virement auprès de sa banque en invoquant le devoir de vigilance de l’établissement. Elle peut enfin déposer une plainte pénale, démarche qui peut être conduite en parallèle des recours civils et qui ne nécessite pas que la société britannique soit encore en activité.
Le dossier ylehub.cc illustre un schéma désormais bien documenté : une vitrine multilingue soignée, des gages réglementaires invérifiables, une société britannique créée le jour même du dépôt du domaine et dissoute moins de dix-huit mois plus tard, et des victimes ayant viré des fonds vers une plateforme de trading dont il ne reste aujourd’hui ni domaine actif ni entité légale. La dissolution de YLEHUB FX LIMITED et la disparition du nom du registre ne signifient pas que les recours sont épuisés : ils rappellent surtout que la réunion des pièces utiles n’attend pas.
Article réécrit le 11/10/2026


