
Sommaire
- Teneo-Agency : plus aucune fiche au registre des domaines .com
- L’agrément ACP et AMF revendiqué, sans le moindre numéro d’enregistrement
- Un capital affiché de 2 354 548 451 € et un prêt personnel annoncé à 1,90 %
- Ce que les pages conservées montrent des offres et du formulaire d’inscription
- Une même empreinte sur cinq mois, puis une page sans le moindre contenu
- Un dépôt effectué sur teneo-agency.com : les recours encore ouverts
- Teneo-Agency : les questions posées sur une banque sans registre
Teneo-Agency : plus aucune fiche au registre des domaines .com
Interrogé le 13 septembre 2026, le registre des domaines .com ne restitue plus aucune fiche pour teneo-agency.com : la réponse est « No match for « TENEO-AGENCY.COM » ». Le domaine n’aboutit plus, que l’adresse soit interrogée avec le préfixe www ou sans lui. Les enregistrements A, MX, NS, TXT et CNAME sont tous muets. Il ne subsiste donc plus rien d’une vitrine qui se présentait comme « une banque internationale française » et qui revendiquait, sur sa propre page de mentions légales, un agrément d’établissement de crédit délivré par l’Autorité de contrôle prudentiel, en substituant à tout numéro d’enregistrement les adresses postales des autorités elles-mêmes.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
L’adresse de contact secondaire, [email protected], renvoyait à un second nom de domaine, quebec-rbc.com. Celui-ci ne figure plus au registre des domaines .com davantage : l’interrogation du 13 septembre 2026 n’y trouve aucune fiche, et aucune copie publique de ce site n’a été conservée. Les deux points de contact de la vitrine renvoient donc aujourd’hui à un vide complet.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
L’agrément ACP et AMF revendiqué, sans le moindre numéro d’enregistrement
La page de mentions légales conservée dans les copies publiques est formelle sur un point : Teneo-Agency se déclarait « établissement de crédit de droit français agréé et contrôlé par l’Autorité de Contrôle Prudentiel » et « prestataire de service d’investissement agréé et contrôlé par l’Autorité des Marchés Financiers ». Le texte reprenait mot pour mot les libellés réglementaires, puis, là où un numéro d’agrément était attendu, il inscrivait les adresses postales des autorités elles-mêmes : « ACP-61, rue Taitbout-75 436 Paris Cedex 09 » et « AMF-17, place de la Bourse-75 082 Paris Cedex 02 ». C’est un procédé de la vitrine, sans lien avec ces autorités.
Aucun numéro d’agrément n’apparaissait, aucun numéro SIREN, aucun numéro RCS, aucun numéro de courtier d’assurance, malgré une mention supplémentaire selon laquelle Teneo-Agency agissait « en qualité de Société de courtage d’assurances (Garantie financière et assurance de responsabilité civile professionnelle conformes aux articles L 530-1 et L 530-2 du Code des Assurances) ». La page mentionnait aussi un enregistrement à la C.N.I.L., sans non plus de numéro de déclaration. Maxime Friendrich était cité comme directeur général et Thomas Rabbot comme directeur de la publication : ces noms figuraient dans les copies conservées, mais rien dans les éléments vérifiables ne permet d’établir leur existence réelle ni leur lien avec l’exploitation de la vitrine.
Le nom teneo-agency.com ne ressort pas de la consultation des listes noires et mises en garde publiées par l’AMF menée le 13 septembre 2026. Cette absence n’apprend rien sur la nature de la vitrine ; elle indique uniquement que ce nom n’y est pas répertorié.
Un capital affiché de 2 354 548 451 € et un prêt personnel annoncé à 1,90 %
Les mentions légales affichaient une « Société anonyme au capital de 2 354 548 451 € ». Ce chiffre, supérieur à deux milliards d’euros, n’était adossé à aucun numéro d’immatriculation qui aurait permis d’en vérifier la réalité dans un registre de commerce.
Côté offres, la vitrine annonçait un taux annuel effectif global fixe de 1,90 % pour son prêt personnel, accessible de 1 000 € à 75 000 € sur une durée de 12 à 96 mois. L’exemple chiffré publié portait sur un emprunt de 10 500 € sur 48 mois : taux débiteur fixe de 1,884 %, échéances de 227,27 €, montant total dû de 10 908,96 €, assurance facultative de 10,50 € par mois, taux annuel effectif de l’assurance de 2,327 %, et montant total dû au titre de l’assurance de 504 €. La grille tarifaire présentait la plupart des opérations courantes comme gratuites, avec une seule exception visible : le virement unitaire par l’intermédiaire d’un conseiller, facturé 3,90 €.
Ces conditions de crédit, présentées avec la précision formelle d’un établissement bancaire réel, n’étaient rattachées à aucun identifiant légal vérifiable. Le même type de dissonance entre une présentation soignée et une absence totale de traçabilité réglementaire se retrouve dans le dossier SERVONAXO BQ, autre « banque française » dénoncée par BrokerDefense le 20 février 2024, dont le seul numéro de téléphone était canadien.
Ce que les pages conservées montrent des offres et du formulaire d’inscription
Les copies publiques conservées à partir du 23 août 2023 donnent un aperçu précis de la structure de la vitrine. La navigation s’organisait en quatre rubriques : Banque (compte courant, compte joint, cartes bancaires), Emprunt (prêt immobilier, prêt personnel, prêt auto), Épargne (Épargne Teneo-Agency) et Assurance (assurance vie, assurance habitat). Un sélecteur de seize langues était proposé en page d’accueil : anglais, allemand, croate, danois, espagnol, français, hongrois, italien, néerlandais, polonais, portugais, roumain, russe, slovaque, tchèque et ukrainien. Cette amplitude géographique contraste avec la mention d’une « banque internationale française ».
L’ouverture d’un compte était présentée comme avantageuse : 90 € offerts à l’ouverture d’un compte courant, une carte Visa Classic décrite comme gratuite, et 50 € supplémentaires en cas d’ajout d’un compte d’épargne. Trois cartes étaient annoncées : Visa Classic, Visa Premier et Visa Infinite. Les pages de service étaient accessibles par des adresses de la forme index.php?page=inscription et index.php?page=connexion.
Le formulaire de contact demandait le nom, le courriel, le téléphone mobile, le pays parmi une liste de près de deux cents entrées, un sujet et un message. Aucune adresse postale n’y figurait. Dans la version conservée, l’adresse de courriel affichée et reprise dans le module de conversation était mal formée : « [email protected] », avec une lettre surnuméraire et un suffixe doublé, trace visible d’une modification faite à la hâte dans un gabarit.
La pile technique révèle un assemblage inachevé : un gabarit statique construit sur Bootstrap et sur une police d’icônes de gabarit bancaire, complétée par Font Awesome 4.7. Dès la première capture conservée, plusieurs fichiers appelés par les pages renvoyaient déjà une erreur 404 : feuille de style des icônes, bibliothèque JavaScript, favicon. Ce n’est pas le signe d’un développement professionnel, mais d’un montage rapide jamais finalisé.
Une même empreinte sur cinq mois, puis une page sans le moindre contenu
La copie du 23 août 2023 et celle du 8 janvier 2024 sont strictement identiques : même titre, même contenu, même empreinte. En cinq mois, rien n’avait été mis à jour. La copie du 11 octobre 2023 avait permis de documenter plusieurs pages : accueil, cartes bancaires, contact, questions fréquentes, demande de prêt, mentions légales, et la totalité des pages d’offres de produits, mais cette richesse de contenu n’avait jamais évolué.
Les journaux publics de certificats montrent deux certificats délivrés sous l’autorité Sectigo Limited, valables du 25 février 2023 au 25 février 2024, puis deux certificats émis par Let’s Encrypt R3 le 27 février 2024, valables jusqu’au 27 mai 2024. Ce basculement vers Let’s Encrypt à la fin de février 2024 n’a pas prolongé la vie de la vitrine : la copie du 28 février 2024 ne contient plus qu’un document technique de quelques lignes, sans texte affiché, portant un identifiant d’affichage et un renvoi vers un script unique. La dernière trace conservée est un flux du site, daté du 3 avril 2024. Aucune page de contenu ne lui est postérieure.
Cette séquence, faite d’immobilisme prolongé puis de disparition brutale, n’est pas sans précédent dans les dossiers instruits par BrokerDefense : l’enquête consacrée à Finosio documente une autre fausse banque en ligne dont le domaine a fini gelé par son bureau d’enregistrement, selon un schéma de fermeture comparable.
Un dépôt effectué sur teneo-agency.com : les recours encore ouverts
La vitrine construisait son procédé de la même façon que nombre de vitrines de ce type : un formulaire d’inscription accessible, une offre de bienvenue en numéraire, et la demande d’un premier versement pour valider l’ouverture du compte. Ce sont ces premiers dépôts, transitant par des comptes bancaires réels, qui constituent aujourd’hui la seule trace concrète sur laquelle des démarches peuvent s’appuyer, désormais que le nom a quitté le registre et que l’adresse n’aboutit plus.
Plusieurs voies restent ouvertes. Un signalement auprès du procureur de la République compétent, ou une plainte déposée auprès des services de police ou de gendarmerie, permet de faire qualifier les faits. La plateforme nationale de signalement des infractions numériques reçoit également ce type de déclaration. la page consacrée au dépôt d’une plainte pénale revient sur la manière de déposer plainte et sur les pièces qui donnent du poids au dossier.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Les versements effectués pour « valider un dossier d’ouverture de compte » restent documentés dans les relevés de compte de l’établissement bancaire de l’envoyeur, et cette documentation est un point d’ancrage judiciaire solide. Maître Goce Novakov, du barreau de Paris, revient sur des affaires de faux investissements dans lesquelles des juridictions ont reconnu l’escroquerie et prononcé des condamnations, notamment devant le tribunal judiciaire du Mans et le tribunal judiciaire de Toulouse : certains jugements ont retenu la responsabilité d’une banque dont la surveillance des virements en cause a été jugée défaillante, et des victimes ont obtenu une indemnisation complète.
Teneo-Agency : les questions posées sur une banque sans registre
Lorsqu’un nom de domaine ne figure plus au registre des domaines .com et ne résout plus dans le système de noms de domaine, cela signifie que le nom a cessé d’exister en tant qu’adresse opérationnelle : aucun serveur ne lui est rattaché, aucune page ne peut y être servie. Pour teneo-agency.com, l’interrogation du 13 septembre 2026 produit la réponse « No match for « TENEO-AGENCY.COM » ». La vitrine n’est donc plus accessible sous quelque forme que ce soit, quel que soit le préfixe employé. Cette situation ne efface pas les traces des virements que des personnes ont pu effectuer pour valider l’ouverture d’un compte : ces opérations restent enregistrées dans les relevés des établissements bancaires émetteurs et peuvent servir de base à des démarches.
Les mentions légales conservées dans les copies publiques reprenaient les libellés réglementaires exacts d’un établissement agréé, mais substituaient aux numéros d’enregistrement attendus les adresses postales des autorités elles-mêmes : « ACP-61, rue Taitbout-75 436 Paris Cedex 09 » et « AMF-17, place de la Bourse-75 082 Paris Cedex 02 ». Aucun numéro d’agrément, aucun numéro SIREN, aucun numéro RCS ne figurait dans ces pages. La consultation des listes officielles menée le 13 septembre 2026 ne fait pas apparaître teneo-agency.com : ce constat indique que le nom n’y est pas répertorié, et non que la vitrine présentait des garanties. Pour vérifier si un établissement est réellement agréé, la méthode est de rechercher son numéro d’enregistrement directement dans les registres officiels des autorités compétentes, avant tout versement.
Oui. La disparition du nom et l’arrêt de l’adresse ne ferment pas la voie des recours. Les virements effectués vers les comptes désignés par la vitrine sont tracés dans les relevés bancaires de l’envoyeur et constituent une pièce centrale pour toute procédure. Un signalement peut être déposé auprès des services de police ou de gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République ; la plateforme nationale de signalement des infractions numériques est également disponible. Le dépôt d’une plainte pénale, auprès des services de police, de la gendarmerie ou du procureur de la République, permet de faire qualifier les faits. Dans certains dossiers de ce type, des juridictions ont également retenu la responsabilité de l’établissement bancaire ayant traité des virements litigieux sans exercer la vigilance requise.
Teneo-Agency a ciblé des personnes convaincues d’ouvrir un compte dans une banque française sérieuse, en leur demandant un premier versement pour valider leur dossier. Aujourd’hui, aucune inscription ne subsiste au registre des domaines .com, et l’agrément invoqué n’était vérifiable nulle part, ni par un numéro d’enregistrement, ni dans les registres des autorités dont les adresses postales étaient recopiées. Face à toute offre bancaire en ligne, la seule démarche utile avant de verser quoi que ce soit est de confronter le nom de l’établissement aux listes officielles du régulateur et d’exiger un numéro d’agrément vérifiable : l’absence de l’un ou de l’autre est un signal d’arrêt immédiat.
Article réécrit le 13/09/2026


