
Sommaire
- L’AMF avait déjà écarté ce nom avant notre article de 2023
- Cinq cents instruments annoncés, aucune entité derrière
- Un slogan vendeur et zéro information vérifiable
- Une vitrine servie deux ans, puis plus rien
- Aujourd’hui, plus aucune adresse ne répond
- Fonds versés sur Algo Management : les pistes encore ouvertes
- FAQ Algo Management : ce que le dossier permet d’établir
L’AMF avait déjà écarté ce nom avant notre article de 2023
Le nom algo-management.co figure sur les listes noires et mises en garde publiées par l’Autorité des marchés financiers depuis le 22 septembre 2023, sous la qualification « Forex ». Notre article du 26 décembre 2023 portait sur cette même marque et n’en faisait pas état. L’inscription est donc antérieure de trois mois à notre seconde enquête.
La même marque avait déjà retenu notre attention bien avant décembre 2023 : notre première enquête sur Algo Management.co, publiée le 26 mai 2023, portait sur la même marque, sous le nom « Algo Management.co », et établissait déjà l’absence totale d’entité juridique identifiable derrière la vitrine. Ce premier dossier constitue donc le point de départ d’un historique documenté sur plus de deux ans.
Nos vérifications du 13 septembre 2026 confirment que l’AMF maintient cette inscription sous la qualification « Forex », sans qu’aucune régularisation n’ait été constatée. Le nom ne figure pas sur la liste noire de l’autorité de régulation chypriote, consultée le même jour, ce qui ne constitue en aucun cas une forme d’autorisation. Aucune société liée à la chaîne « algo-management » n’apparaît dans le registre britannique des sociétés, interrogé le même jour.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Cinq cents instruments annoncés, aucune entité derrière
L’offre commerciale d’Algo Management reposait sur une promesse chiffrée : plus de 500 instruments de trading, répartis en six classes d’actifs. La marque se positionnait comme le « Meilleur courtier crypto et Forex », une formule qui visait à occuper simultanément deux segments parmi les plus concurrentiels du secteur. Le volume annoncé était suffisamment élevé pour paraître crédible à un investisseur non averti, et l’architecture en classes d’actifs donnait l’apparence d’une organisation professionnelle.
Derrière ces chiffres, aucun élément ne permettait de vérifier quoi que ce soit. Aucune entité juridique n’était nommée, aucun numéro d’enregistrement n’était publié, et aucune société identifiable n’était associée à la vitrine. La promesse de 500 instruments restait suspendue dans le vide : ni dépositaire, ni teneur de compte, ni établissement de paiement ne transparaissait dans les pages accessibles. L’investisseur qui aurait voulu s’assurer de la réalité de l’offre avant tout versement n’avait aucune prise.
Un slogan vendeur et zéro information vérifiable
Le slogan relevé lors de notre première enquête, « Dynamisez votre trading », s’accompagnait de la promesse de faire réussir les stratégies de l’internaute. La formulation misait sur l’action et l’engagement personnel du visiteur, un ressort rhétorique classique dans ce type de vitrine. La seconde version de la marque, documentée en décembre 2023, conservait le même positionnement d’ensemble et y ajoutait la superlative revendication de « Meilleur courtier crypto et Forex ».
Les visuels soignés évoquant des constellations et des mouvements graphiques renforçaient une apparence de sérieux sans apporter le moindre élément vérifiable. Aucune page juridique ne nommait un responsable. Aucune mention réglementaire ne renvoyait à une autorité de tutelle identifiable : seules des formules creuses occupaient les emplacements où ces informations auraient dû figurer. Un investisseur confronté à un litige n’aurait eu aucun interlocuteur désigné vers lequel se retourner, ni aucune juridiction compétente clairement indiquée.
L’absence de contact direct venait compléter ce tableau : aucun numéro de téléphone vérifiable, aucune adresse physique publiée, aucun nom de collaborateur mentionné. La vitrine fonctionnait comme une façade conçue pour recevoir des fonds sans laisser de prise sur l’identité de ceux qui les collectaient.
Une vitrine servie deux ans, puis plus rien
Les copies les plus anciennes de la vitrine algo-management.co remontent au 23 mai 2023, soit trois jours avant notre première enquête du 26 mai 2023. La marque a donc existé en ligne au moins deux ans : les copies les plus récentes datent de juin 2025, soit près de deux ans après l’inscription du nom par l’AMF. Durant toute cette période, l’inscription réglementaire n’a pas mis fin à l’activité de la vitrine.
L’identité du titulaire du nom de domaine n’est pas publiée dans les relevés accessibles. Seuls des éléments d’enregistrement partiels peuvent être obtenus, sans permettre de désigner une personne physique ou morale responsable. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
L’opacité qui entoure l’identité du titulaire n’est pas propre à ce dossier. On la retrouve dans le dossier consacré à Netixos, qui documente, dans un article du 5 août 2026, un autre nom de courtier Forex inscrit sur la même liste réglementaire.
Aujourd’hui, plus aucune adresse ne répond
Interrogé le 13 septembre 2026, le nom algo-management.co ne répond plus. Les variantes proches testées le même jour, avec ou sans tiret, déclinées en .co, en .com et en .net, n’aboutissent pas davantage. Aucune plateforme de trading n’est servie depuis l’une de ces adresses, et aucun contenu n’est accessible depuis les chemins que les copies conservées permettaient de reconstituer.
Ce silence réseau intervient après une période d’activité documentée d’au moins deux ans, au cours de laquelle l’inscription réglementaire du 22 septembre 2023 est restée sans effet visible sur la disponibilité de la vitrine. Le fait que le nom ait cessé de répondre ne signifie pas que les fonds éventuellement versés ont disparu avec lui : les traces bancaires des virements effectués vers les coordonnées indiquées par les interlocuteurs de la marque subsistent indépendamment de l’état du nom de domaine.
Fonds versés sur Algo Management : les pistes encore ouvertes
Lorsqu’un virement a été effectué vers des coordonnées fournies par Algo Management, la première démarche consiste à reconstituer précisément la chaîne des transactions : relevés de compte, confirmations de virement, captures des instructions reçues, copies des échanges avec les interlocuteurs de la marque. Ces pièces permettent d’identifier les comptes destinataires et, selon les établissements concernés, d’engager une procédure de rappel ou de blocage auprès de sa propre banque dans les délais réglementaires applicables.
La destination finale des fonds, même lorsqu’elle passe par plusieurs intermédiaires, reste traçable à partir du premier virement sortant. C’est sur ce point que les recours judiciaires peuvent prendre appui : la reconstitution de la chaîne de paiement est souvent l’élément qui ouvre une voie vers la mise en cause des acteurs ayant servi de relais. La page consacrée au dépôt d’une plainte pénale indique l’autorité compétente selon le domicile de la personne lésée, ainsi que les justificatifs à joindre.
Contactez notre service d’aide aux victimes
La responsabilité des établissements qui ont servi de relais aux fonds versés sur des plateformes non autorisées est un terrain jurisprudentiel en développement. Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont l’inscription relève du barreau de Paris, expose dans la vidéo suivante les conditions dans lesquelles la banque des escrocs peut elle-même être mise en cause, la question de sa responsabilité dans une arnaque à l’investissement et ce que devient concrètement le sort des sommes virées.
FAQ Algo Management : ce que le dossier permet d’établir
Oui. Le nom algo-management.co figure sur les listes noires et mises en garde publiées par l’Autorité des marchés financiers depuis le 22 septembre 2023, sous la qualification « Forex ». Cette inscription a été vérifiée le 13 septembre 2026 et demeure active. Elle signifie que l’AMF a identifié ce nom comme présentant un risque pour les épargnants et qu’aucune autorisation d’exercer n’a été accordée à l’entité qui l’exploitait. En revanche, le nom ne figure pas sur la liste noire de l’autorité de régulation chypriote, consultée le même jour, et aucune société liée à la chaîne « algo-management » n’apparaît dans le registre britannique des sociétés.
Très peu d’éléments sont disponibles. Nos deux enquêtes successives, en mai et en décembre 2023, ont établi qu’aucun nom de personne responsable, aucune adresse physique et aucun contact direct ne figuraient sur la vitrine. L’identité du titulaire du nom de domaine n’est pas publiée dans les relevés accessibles : seuls des éléments d’enregistrement partiels peuvent être obtenus, sans désigner une personne physique ou morale. Les pages juridiques de la vitrine ne comportaient aucune mention d’identité exploitable, ce qui rendait toute tentative de recours amiable sans objet dès l’origine.
La priorité est de rassembler sans délai l’ensemble des preuves de la relation : relevés de compte faisant apparaître les virements, confirmations de transaction, captures des instructions de paiement reçues et historique des échanges avec les interlocuteurs de la marque. Ces éléments permettent d’engager une démarche auprès de son propre établissement bancaire et, si les délais réglementaires le permettent, de solliciter un rappel de virement. Sur le plan judiciaire, ces mêmes pièces peuvent soutenir une plainte, en ce qu’elles retracent la chaîne des paiements. Notre service d’aide aux victimes peut orienter les personnes concernées vers les démarches adaptées à leur situation.
Les personnes ayant ouvert un compte de trading après avoir rempli un formulaire en ligne et viré des fonds vers les coordonnées indiquées par leurs interlocuteurs d’Algo Management se trouvent dans une situation caractérisée par l’absence totale d’entité identifiable à laquelle adresser une réclamation. L’inscription du nom algo-management.co sur les listes noires et mises en garde de l’AMF sous la qualification « Forex », effective depuis le 22 septembre 2023, confirme que le risque était documenté bien avant que la vitrine ne cesse de répondre. Contrôler l’existence d’une autorisation délivrée par une autorité compétente avant tout versement demeure la vérification la plus simple et la plus efficace pour éviter ce type de situation.
Article réécrit le 13/09/2026


