Le 13 septembre 2026, deux constats simultanés ferment définitivement le dossier zenithexchange.net : l’Autorité des marchés financiers a inscrit sur sa liste noire les deux noms utilisés par l’enseigne « Zenith Exchange LTD », et nos vérifications établissent qu’aucun des deux noms n’est plus détenu par qui que ce soit, aucune fiche ne subsistant dans les fichiers d’enregistrement pour l’un comme pour l’autre.
L’article d’origine, publié le 15 décembre 2023, documentait une vitrine proposant le trading de crypto-monnaies, l’or, les prêts et l’immobilier, revendiquant une adresse en Gironde et affichant des rendements quotidiens invraisemblables. La présente mise à jour établit que le régulateur français avait identifié la première adresse avant même notre propre enquête, que l’enseigne a récidivé sur un second nom six mois plus tard, et que les deux noms ont aujourd’hui entièrement disparu des registres.
Sommaire
- L’AMF recense zenithexchange.net depuis le 8 décembre 2023 et zenithexchange.ltd depuis le 4 juin 2024
- Rendements affichés à 20, 30 et 50 % par jour, avec un parrainage à 5 %
- Quatre noms, quatre fonctions, aucun document d’identification
- Plus aucun titulaire ni serveur de noms ne peut être rattaché à ces deux domaines
- Les justificatifs à rassembler et les demandes à formuler à sa banque
- Ce qu’un virement vers zenith exchange laisse comme traces exploitables
- Questions posées par les personnes ayant investi sur Zenith Exchange
L’AMF recense zenithexchange.net depuis le 8 décembre 2023 et zenithexchange.ltd depuis le 4 juin 2024
La première inscription figure sur la liste noire de l’AMF avec la qualification « Crypto-actifs », avec une date de mise en ligne fixée au 8 décembre 2023, soit sept jours avant notre article d’origine du 15 décembre 2023. Ce calendrier est le fait le plus fort du dossier : au moment où notre enquête paraissait, le régulateur français avait déjà signalé publiquement cette adresse. L’AMF précise sur cette fiche que « Cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France. »
La seconde inscription concerne zenithexchange.ltd, toujours avec la qualification « Crypto-actifs », avec une date de mise en ligne au 4 juin 2024. L’enseigne avait donc, dans l’intervalle, ouvert un second nom pour prolonger son activité, et le régulateur a de nouveau réagi. Deux inscriptions, deux noms distincts, une seule enseigne : la récidive est documentée dans les archives publiques de l’AMF, consultées le 13 septembre 2026.
Nos vérifications conduites ce même 13 septembre 2026 établissent que les deux noms ne sont plus détenus par quiconque. L’interrogation du fichier des enregistrements ne renvoie plus aucune fiche pour zenithexchange.net, ni pour zenithexchange.ltd : aucun titulaire, aucun bureau d’enregistrement, aucun serveur de noms ne peut être identifié. Ce constat va au-delà d’un simple défaut de résolution. L’enseigne affichait pourtant la mention « fièrement au service depuis 2001 », alors que nos relevés techniques ne font apparaître aucune trace antérieure à 2023, les premiers certificats ayant été émis le 11 mai 2023 et les premières copies conservées datant d’août 2023. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Rendements affichés à 20, 30 et 50 % par jour, avec un parrainage à 5 %
La copie complète conservée du 11 décembre 2023 montre une vitrine se présentant comme une « institution de fonds d’investissement global » active dans le trading de crypto-monnaies, le minage, les NFT, l’investissement dans l’or, les prêts et l’immobilier. Quatre formules d’investissement y étaient proposées avec des rendements annoncés par jour : la formule SILVER promettait 20 % par jour sur une durée d’un jour, pour des versements de 100 à 1 000 dollars ; la formule GOLD affichait 30 % par jour sur trois jours, de 1 000 à 10 000 dollars ; la formule DIAMOND atteignait 50 % par jour sur sept jours, à partir de 10 000 dollars ; la formule SAVINGS annonçait 12,5 % par jour sur vingt et un jours, à partir de 500 dollars. Chacune de ces formules comportait un bonus de parrainage de 5 %.
Aucun placement légitime ne garantit un rendement fixe par jour. Ces taux ne se rencontrent sur aucun marché régulé : avec des gains réinvestis, une mise multipliée par plus de deux cents en un mois correspondrait au seul taux de 20 % par jour, et la formule affichée à 50 % par jour dépasserait les cent mille en trente jours. Ces chiffres fonctionnent comme un signal d’alerte immédiat pour tout lecteur familier du fonctionnement des marchés financiers. Le parrainage rémunéré à 5 % n’ajoute pas de valeur productive : il sert à faire entrer de nouveaux versements, mécanisme caractéristique des dispositifs dans lesquels les premiers entrants sont payés avec les fonds des suivants.
La vitrine appuyait ces promesses sur des chiffres d’activité invérifiables : plus de 9 000 bénéficiaires, plus de 1 200 membres du personnel, 77 millions de dollars de fonds engagés, une présence annoncée dans 80 pays. Des rubriques vantaient la conservation des métaux dans des coffres, une assurance sur l’or stocké, un stockage hors ligne, et un module présentant les ordres comme confiés à un programme informatique. L’ensemble de ces éléments participait à une mise en scène de professionnalisme qui ne reposait sur aucun document vérifiable.
Quatre noms, quatre fonctions, aucun document d’identification
La vitrine présentait quatre personnes avec portrait photographique et intitulé de fonction : Engr Mohammed Mosad en qualité de PDG, Dr Ahmed Salem comme directeur régional, Mr Leonald LLoris comme directeur financier, et Nicole Lee comme responsable marketing. Trois témoignages signés de prénoms, Zainab, Arthur et Lynn, complétaient cette mise en scène.
Nos recherches dans le registre britannique des sociétés n’ont permis d’identifier aucune société dont le nom correspond à « zenithexchange », alors que l’enseigne se présente explicitement comme une société « LTD », forme juridique rattachée au droit anglais. L’adresse revendiquée en Gironde n’a donné lieu à aucun siège vérifiable. Le seul point de contact téléphonique était un numéro de mobile français commençant par +337 ; les deux adresses de messagerie actives étaient [email protected] et [email protected].
Ces éléments permettent d’établir que l’enseigne construisait une apparence de structure organisée sans qu’aucune entité légalement constituée n’ait pu être identifiée derrière elle. Ils ne permettent pas, en revanche, de reconstituer l’identité réelle des personnes qui contrôlaient les flux financiers.
Plus aucun titulaire ni serveur de noms ne peut être rattaché à ces deux domaines
Nos vérifications du 13 septembre 2026 confirment qu’aucune résolution DNS ne répond pour zenithexchange.net, ni pour le nom principal, ni pour le préfixe www, ni pour les enregistrements de messagerie. L’interrogation du fichier des enregistrements ne renvoie plus aucune fiche pour ce nom. Le même constat s’applique à zenithexchange.ltd : aucune fiche, aucun titulaire, aucun serveur de noms rattachable.
Les journaux publics de certificats conservent quatorze certificats pour zenithexchange.net, tous émis par Let’s Encrypt, autorité R3, entre le 11 mai 2023 et le 13 juin 2024. L’un de ces certificats couvrait également un hôte désigné comme zenithexchange.net.lambdamarketsai.net, soit l’enseigne placée en sous-domaine d’un domaine tiers, lequel ne résout pas davantage aujourd’hui.
La chronologie est cohérente avec la séquence réglementaire : la seconde inscription de l’AMF est datée du 4 juin 2024 et le dernier certificat relevé arrivait à échéance le 13 juin 2024. La seule copie complète conservée de la vitrine date du 11 décembre 2023. Ces constats permettent de reconstituer la fenêtre d’activité de l’enseigne, mais ne permettent pas d’identifier les personnes physiques qui en bénéficiaient.
Les justificatifs à rassembler et les demandes à formuler à sa banque
Conserver l’intégralité des relevés de compte faisant apparaître les virements, les ordres de paiement transmis, les courriels reçus de [email protected] ou [email protected], ainsi que toutes les captures de l’espace client et des formules souscrites est la première démarche à accomplir. Ces pièces constituent le socle de tout recours.
Il est possible de demander à son établissement bancaire une copie des ordres exécutés et l’identification du bénéficiaire effectif des virements. La question du devoir de vigilance de la banque mérite d’être posée explicitement : zenithexchange.net figurait sur la liste noire de l’AMF depuis le 8 décembre 2023, et tout établissement opérant en France est supposé consulter ces listes dans le cadre de ses obligations de surveillance.
Sur le terrain pénal, la marche à suivre pour déposer plainte est détaillée sur BrokerDefense et constitue un point de départ pour toute personne ayant transféré des fonds vers cette vitrine. D’autres dossiers documentés par BrokerDefense présentent des configurations proches : le dossier Interface Or porte sur une enseigne de placement dans l’or aux caractéristiques similaires, et le dossier Vtmfr.com documente un site frauduleux inscrit sur la liste noire de l’AMF.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Ce qu’un virement vers zenith exchange laisse comme traces exploitables
Les virements exécutés vers les coordonnées affichées par cette vitrine restent inscrits dans les relevés bancaires, qui permettent de dater et de chiffrer précisément chaque opération. Les courriels échangés avec [email protected] ou [email protected], les conversations enregistrées et les captures de l’espace client permettent de reconstituer les instructions reçues, les promesses de rendement quotidien formulées par écrit et les conditions de chaque formule souscrite. La disparition du nom ne fait pas disparaître la réalité des versements, et le délai de prescription court à partir de la date des faits, non à partir de la date à laquelle le nom cesse de répondre.
Une victoire judiciaire obtenue dans un dossier analogue illustre que ce type d’affaire peut aboutir devant les tribunaux. Maître Denitza Gueorguieva, avocate qui exerce à Lyon, siège de son barreau, a obtenu des dommages et intérêts par la voie civile devant le tribunal de Perpignan dans un dossier portant sur une arnaque à l’or et aux métaux précieux, un terrain de contentieux directement comparable aux services vantés par Zenith Exchange.
Questions posées par les personnes ayant investi sur Zenith Exchange
Non. Nos vérifications du 13 septembre 2026 établissent que zenithexchange.net et zenithexchange.ltd ne sont plus détenus par quiconque : l’interrogation du fichier des enregistrements ne renvoie plus aucune fiche pour l’un ni l’autre de ces noms, aucune résolution DNS ne répond et aucun serveur de noms ne peut être rattaché à ces adresses.
Non. L’AMF a inscrit zenithexchange.net sur sa liste noire le 8 décembre 2023 et zenithexchange.ltd le 4 juin 2024, tous deux avec la qualification « Crypto-actifs ». Les deux fiches rappellent, dans les mêmes termes, que l’acteur n’était pas habilité à proposer des services ou placements financiers en France. Aucune entité immatriculée correspondant à ce nom n’a par ailleurs été identifiée dans le registre britannique des sociétés, alors que l’enseigne se présentait comme une société « LTD ».
Rassemblez sans délai vos relevés bancaires, les ordres de virement exécutés, les courriels reçus de [email protected] ou [email protected] et toutes les captures de l’espace client mentionnant les formules et les rendements promis. Demandez à votre banque une copie des ordres exécutés et l’identification du bénéficiaire des virements. Utilisez le formulaire de contact de BrokerDefense pour obtenir une orientation personnalisée, et consultez la page consacrée au dépôt de plainte pour connaître les étapes pénales disponibles.
Article réécrit le 13/09/2026


