Milleniumchain arnaque : blacklisté par l’AMF et effacé du registre

Milleniumchain, exploitée sous les adresses milleniumchain.net et milleniumchain.com, se présentait comme une plateforme de courtage offrant un accès dit « privilégié » aux marchés mondiaux, sans jamais afficher le moindre agrément réglementaire identifiable. Notre enquête, publiée le 14/12/2023, avait établi que la vitrine portait encore en clair le nom d’une précédente arnaque, Buxberg, trahissant ainsi la continuité d’un même montage. Le verdict réglementaire est venu le 03/04/2024 : l’AMF a inscrit milleniumchain.com sur sa liste noire sous le libellé Forex, confirmant que cet acteur n’était pas autorisé à proposer des services financiers en France. Depuis lors, le nom en .net a disparu du fichier des enregistrements et le .com ne sert plus qu’une coquille orientée vers une place de marché de revente. Ce dossier a été mis à jour à l’issue de nos recherches du 13/09/2026.

Les deux formes du nom illustrent une trajectoire fréquente dans ce type de montage : une vitrine active le temps de collecter des fonds, puis une dissolution silencieuse qui laisse les victimes face à une adresse devenue muette et à des interlocuteurs introuvables. Aucune société britannique ni chypriote ne correspond à ce nom dans les registres consultés à cette même date, et l’adresse suisse revendiquée en 2023 ne renvoie à aucune entité agréée répertoriée.

Milleniumchain : une inscription au libellé Forex des listes de l’AMF en avril 2024

Le 03/04/2024, l’AMF a inscrit milleniumchain.com sur sa page des listes noires et mises en garde, sous le libellé Forex. Cette inscription est intervenue près de quatre mois après la publication de notre enquête d’origine du 14/12/2023. La formule publiée par l’autorité se lit ainsi : « Cet acteur n’est pas autorisé par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à proposer certains services ou placements financiers en France. » La fiche nominative par domaine n’étant pas accessible pour ce nom, le point d’entrée pour vérifier cette inscription demeure la page des listes noires et mises en garde de l’AMF.

Ce résultat fait écho à ce que notre dossier d’origine avait mis en lumière : la vitrine Milleniumchain laissait encore apparaître le nom de Buxberg sur certaines de ses pages, un nom documenté dans notre dossier consacré à Buxberg, publié le 24/07/2023, ce qui relie directement les deux affaires et suggère un même montage reconduit sous une enseigne rénovée.

Sur le plan technique, le nom milleniumchain.net ne restitue plus aucune fiche au fichier des enregistrements du registre .net, selon notre relevé du 13/09/2026 : aucun enregistrement d’adresse, aucune entrée de messagerie, aucun serveur de noms. Le nom ne résout plus.

Dernière mise à jour : 13/09/2026

L’enseigne Buxberg restée en clair sur la vitrine, la même main derrière les deux noms

Lorsque notre enquête de décembre 2023 a porté sur la vitrine Milleniumchain, le nom de Buxberg y était encore lisible, laissé en clair dans les pages du site. Ce n’était pas un résidu anodin : Buxberg avait lui-même été documenté par BrokerDefense en juillet 2023 comme une arnaque structurée autour des mêmes procédés. Dans les deux cas, la promesse centrale était identique : un accès présenté comme « privilégié » aux marchés mondiaux, un habillage visuel de courtier professionnel, et l’absence totale d’agrément affiché ou vérifiable. Aucune des deux vitrines n’était en mesure de produire une référence réglementaire réelle.

En 2023, Milleniumchain revendiquait une implantation à l’adresse Baarerstrasse 77, à Zoug, en Suisse, et publiait une adresse de contact : [email protected]. Cette localisation suisse n’a correspondu à aucune entité agréée répertoriée. Aucune société britannique ni chypriote ne correspond à ce nom dans les registres consultés le 13/09/2026, et aucune entrée n’apparaît pour ce nom sur la liste de la CySEC à cette même date.

Un dossier voisin mérite d’être signalé par le nom, sans qu’aucun lien d’exploitant ne soit établi entre les deux affaires : Millenium Capital (milleniumcp.com) a été inscrit au libellé Forex de la liste noire de l’AMF le 11/12/2025 et ce domaine est lui aussi devenu muet depuis le 10/08/2026. La proximité des noms et la même qualification réglementaire invitent à la prudence, sans que nos recherches permettent d’aller plus loin dans le rapprochement.

Le registre des noms de domaine ne restitue plus aucune fiche pour milleniumchain.net

Au 13/09/2026, le nom milleniumchain.net ne figure plus au fichier des enregistrements du registre .net. Nos outils techniques ont visité ce point de vérification : il n’existe plus aucune fiche rattachée à ce nom, aucun enregistrement d’adresse IP, aucun serveur de noms déclaré, aucune adresse de messagerie associée. Le nom ne résout plus vers aucune ressource accessible sur le réseau. Cette situation traduit une suppression complète de la présence technique, et non une simple mise en suspens.

Sur le plan des certificats HTTPS, nos recherches ont relevé dix-sept certificats émis au nom de milleniumchain.net et de www.milleniumchain.net, produits par plusieurs autorités de certification distinctes. Aucun nom tiers n’apparaissait dans ces certificats : chaque certificat ne couvrait que les deux variantes du nom lui-même. Cet élément écarte la possibilité d’un partage d’infrastructure avec d’autres enseignes via ces certificats, ce qui limite les recoupements techniques possibles à partir de cette seule source.

Le .com conservé, puis réorienté vers une place de marché

La forme en .com du nom a connu un sort différent du .net. Selon notre relevé du 13/09/2026, milleniumchain.com a été créé le 15/09/2023, avec une échéance fixée au 15/09/2026. L’enregistrement a fait l’objet d’une modification le 28/10/2025 et porte le statut de blocage des transferts (client transfer prohibited). Le bureau d’enregistrement est NameCheap, Inc., et les serveurs de noms déclarés sont NS1.AFTERNIC.COM et NS2.AFTERNIC.COM.

Ce pointage vers les serveurs Afternic est révélateur : la page servie par cette adresse ne contient plus qu’une coquille de 114 octets, renvoyant vers une page de mise en vente du nom sur la place de marché GoDaddy. Le .com n’est donc plus une vitrine de courtier : c’est un nom proposé à l’achat. Cette reconversion illustre la façon dont un nom compromis peut être recyclé sur le marché secondaire, indépendamment de l’historique réglementaire qui lui est attaché.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Un constat technique conservé du 27/11/2023 documente l’infrastructure sur laquelle reposait alors cette vitrine, consultée à l’adresse milleniumchain.com/en/ : diffusion derrière le réseau de protection Cloudflare, avec une adresse cible relevée à 172.67.166.214, modules de cotation fournis par TradingView et formulaire de paiement hébergé par Razorpay. Ces briques sont des prestations standard, accessibles à n’importe quel montage : leur présence ne vaut pas reconnaissance d’une activité régulée, et aucune ne renvoie à une entité agréée en France.

Ce que la banque conserve d’un virement adressé à Milleniumchain

Toute personne ayant effectué un virement vers cette plateforme dispose, auprès de son propre établissement bancaire, d’un ensemble de traces qui ne disparaissent pas avec la fermeture du site. Il convient de rassembler sans délai les relevés de compte faisant apparaître les opérations concernées, les confirmations de transaction reçues au moment des virements, les captures d’écran des instructions de paiement communiquées par les interlocuteurs de la plateforme, ainsi que l’ensemble des échanges écrits : courriels, messages reçus via la plateforme, confirmations de dépôt ou de retrait. Ces éléments constituent le socle documentaire de toute démarche ultérieure. La banque émettrice peut être saisie d’une demande de rappel de virement ; mieux vaut l’engager sans tarder, car les délais de contestation dépendent des modalités de paiement retenues. Sur notre site, notre guide du dépôt de plainte reprend le déroulé de la procédure, de la constitution du dossier jusqu’à l’audience.

Ce qu’une démarche contentieuse peut encore produire après l’extinction du nom

La disparition du nom de domaine ne fait pas disparaître les traces bancaires des versements. Les établissements qui ont reçu ou exécuté ces opérations conservent dans leurs systèmes des données relatives à ces flux, soumises à des obligations de conservation réglementées. Un juge saisi peut ordonner la communication de ces informations et examiner la responsabilité des intermédiaires financiers qui ont participé à la chaîne de paiement. Cette voie ne garantit pas de résultat, mais elle reste ouverte indépendamment de l’état du site au moment où la procédure est engagée. La fermeture d’une vitrine ne constitue pas, en droit, une cause d’irrecevabilité ou d’extinction de l’action.

Les recours engagés par des victimes d’escroquerie financière, la responsabilité des établissements bancaires ayant reçu les fonds et les jugements rendus en matière de faux investissement sont au cœur de l’entretien filmé ci-dessous, conduit avec Maître Goce Novakov, avocat dont la ville d’inscription au barreau est Paris, qui revient sur des condamnations prononcées à l’encontre de banques n’ayant pas satisfait à leur devoir de vigilance.

Trois réponses aux interrogations les plus courantes sur ce dossier

Que signifie l’inscription de milleniumchain.com sur les listes de l’AMF ?

L’AMF a inscrit milleniumchain.com sur sa liste noire le 03/04/2024, sous le libellé Forex. L’entité ainsi désignée n’a reçu aucune habilitation pour commercialiser ce type de placements auprès du public français. Cette inscription est publique et consultable sur la page des listes noires et mises en garde du régulateur. Elle ne vaut pas condamnation pénale, mais constitue un signal réglementaire formel indiquant que la plateforme opérait sans habilitation reconnue par les autorités françaises.

Le nom milleniumchain.net existe-t-il encore ?

Non. Au 13/09/2026, le nom milleniumchain.net ne figure plus au fichier des enregistrements du registre .net. Il ne présente plus aucune fiche, aucun serveur de noms, aucun enregistrement d’adresse et ne résout plus vers aucune ressource en ligne. Le nom a été retiré de manière complète, sans qu’aucun contenu ne subsiste à cette adresse.

Une personne ayant viré des fonds vers cette vitrine a-t-elle encore une voie ouverte ?

Oui. La fermeture du site ne supprime pas les enregistrements bancaires liés aux virements effectués. Il est possible de solliciter sa banque pour un rappel de fonds, de constituer un dossier documentaire complet (relevés, confirmations, échanges écrits) et de saisir la justice, y compris pour examiner la responsabilité des établissements ayant traité ces paiements. BrokerDefense peut accompagner les personnes concernées dans l’examen de leur situation.

Milleniumchain illustre un schéma dans lequel des personnes ont ouvert un compte d’investissement en ligne, effectué des virements parfois successifs, et se sont retrouvées sans entité identifiable ni agrément vérifiable en face d’elles, au moment de tenter de récupérer leurs fonds. L’extinction progressive des deux noms de domaine n’a fait que rendre plus difficile la première étape de toute démarche : identifier à qui s’adresser. BrokerDefense propose d’examiner les éléments disponibles dans chaque dossier individuel pour aider à orienter les démarches les mieux adaptées à la situation.

Article réécrit le 13/09/2026

2 Comments

  1. Manlhiot dit :

    Bonjour il n’y a aucune information sur votre présentation uniquement du blabla, ça ne sert à rien alors évitez de polluer le Web avec vos mots qui n’apporte aucune information vous êtes aussi obscure qu milléniumchaind

    • Marc Bouzy dit :

      Nos articles sont basés sur des témoignages très précis et en général très édulcorés pour préserver l’anonymat de nos sources.
      Concernant Milleniumchain, on a quand même mentionné qu’ils se sont trompés dans le site et qu’ils ont laissé la mention de Buxberg qui reste une escroquerie notoire qui a fait de nombreuses victimes.
      L’objectif de cet article est d’avant tout que personne n’aille investir chez eux. Pour le reste, nous réservons les éléments dont nous avons connaissance aux forces de l’ordre et nous n’avons pas pour habitude de divulguer à la cantonade des éléments confidentiels.
      Ce n’est pas le cas de tous les sites internet et c’est clairement une pratique que nous réprouvons, car sous le prétexte d’informer, la divulgation d’informations confidentielles est de nature à nuire profondément aux victimes et aux procédures en cours.

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