L’Autorité des marchés financiers a mis en ligne le nom elitetrader.io le 2 novembre 2023, sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs », soit dix-huit jours avant la publication de notre premier article, daté du 20 novembre 2023. Ce premier article documentait une plateforme de courtage en ligne présentée sous le nom Elite Trader, dont les pages légales et de contact ne livraient aucun contenu informatif et dont le pied de page se bornait à mentionner une société britannique sans numéro de licence.
Le nom a ensuite suivi une trajectoire révélatrice : son cycle d’enregistrement initial, ouvert le 9 août 2023, n’a pas été renouvelé à son échéance du 9 août 2024. Un nouveau cycle a été ouvert le 30 octobre 2024, auprès d’un bureau d’enregistrement différent. Aujourd’hui, elitetrader.io ne dessert plus aucune plateforme de trading : l’adresse renvoie vers une page d’annuaire composée de rubriques de liens, et l’inscription sur la liste noire de l’AMF demeure.
Sommaire
- elitetrader.io : l’AMF a rangé le nom dès novembre 2023
- Quatre pages figées par le constat du 2 novembre 2023
- Un socle Elementor, un espace client à part et un module de traduction
- Un nom laissé à l’abandon en août 2024, puis enregistré de nouveau en octobre
- Après la fermeture de la vitrine, les recours qui subsistent
- Les pièces qui gardent la trace des virements effectués
- Elite Trader : trois points sur lesquels on nous interroge
elitetrader.io : l’AMF a rangé le nom dès novembre 2023
La consultation, le 13 septembre 2026, des fichiers de listes noires publiés par l’AMF a fait apparaître l’inscription de elitetrader.io sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs » ; aucun autre nom de cette famille n’y figure. La mise en ligne de cette inscription remonte au 2 novembre 2023, dix-huit jours avant la publication de notre enquête. L’entrée figure toujours dans le fichier officiel que le régulateur a exporté le 10 septembre 2026.
La fiche que l’AMF consacre à ce nom porte la formule suivante : « Cet acteur n’est pas autorisé par l’AMF à proposer certains services ou placements financiers en France. » Cette formule vaut pour l’ensemble des noms listés dans ce fichier, et elitetrader.io n’y fait pas exception. Aucun autre nom appartenant à la famille Elite Trader n’y figure à la date de nos vérifications.
Ce qui ressort de la chronologie est saisissant : un nom rangé parmi les acteurs non autorisés dès le début du mois de novembre 2023, puis laissé à l’abandon à l’échéance d’août 2024 sans que son exploitant n’en renouvelle l’enregistrement, puis repris dans un nouveau cycle ouvert en octobre 2024 par un titulaire distinct, qui ne fait tourner aujourd’hui qu’une page d’annuaire. Rien dans les éléments dont nous disposons ne permet d’affirmer que les personnes qui ont enregistré le nom en 2024 sont les mêmes que celles qui exploitaient la vitrine en 2023.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Quatre pages figées par le constat du 2 novembre 2023
Le constat de type AFNOR Z67-147 dressé le 2 novembre 2023 a couru sur une durée d’une dizaine de minutes, entre 12h20 et 12h30. Quatre adresses ont été figées lors de cette opération : la racine du site, la page /contact-us/, la page /about-us/ et la page /legal/. Le titre associé à la vitrine associait le nom Elite Trader à la promesse « Get more freedom in the markets. »
L’adresse cible relevée était 188.114.97.2, localisée aux États-Unis, derrière un réseau de diffusion de contenu opéré par Cloudflare. Ce montage technique avait pour effet de masquer l’hébergement réel de la vitrine, rendant toute localisation directe des serveurs impossible depuis l’extérieur.
Les pages légales et la page de contact ne livraient aucun contenu informatif exploitable : ni adresse physique vérifiable, ni numéro de téléphone, ni identifiant réglementaire. Le pied de page mentionnait une société britannique, sans que la moindre licence ou immatriculation ne soit produite. Cette absence de substance juridique est l’un des signes les plus constants des vitrines conçues pour collecter des versements sans intention d’exécuter le moindre ordre de bourse.
Les épargnants que ce type de plateforme ciblait étaient en quête de rendements sur des actifs présentés comme des produits dérivés sur crypto-actifs. La rubrique de menu intitulée « Déménageurs et Secoueurs », transposition mot à mot d’une expression anglaise, témoigne du fait que la vitrine était déclinée en plusieurs langues pour toucher un public plus large.
Un socle Elementor, un espace client à part et un module de traduction
Nos relevés techniques ont établi que la vitrine reposait sur WordPress 6.3.2, avec le thème Hello Elementor 2.9.0 et le constructeur de pages Elementor 3.17.2. Ces trois briques sont librement accessibles et permettent de monter une interface d’apparence professionnelle en quelques heures, sans compétence technique particulière.
Un sous-domaine dédié à l’espace client, client.elitetrader.io, était distinct de la vitrine principale. Ce cloisonnement est caractéristique des montages frauduleux : la vitrine sert à convaincre, l’espace client à entretenir l’illusion d’un compte ouvert et d’un portefeuille qui grossit. L’adresse de contact [email protected] complétait ce dispositif, offrant un canal de communication contrôlé par les exploitants.
Le module de cotations TradingView, intégré à la vitrine, affichait des graphiques en temps réel issus d’une source externe, sans aucun lien avec les opérations réelles que les utilisateurs croyaient exécuter. Le module de traduction GTranslate explique directement la rubrique « Déménageurs et Secoueurs » relevée dans notre article de 2023 : cette expression est la traduction littérale, produite par un outil linguistique, d’un intitulé anglais désignant des actifs à forte volatilité.
Parmi les autres éléments relevés figurait un bandeau de gestion des cookies (CookieYes) et, plus préoccupant, un lien vers le site d’un logiciel de prise en main à distance. Ce type d’outil est fréquemment détourné par les escrocs pour prendre le contrôle de l’ordinateur de leur interlocuteur, accéder à ses comptes bancaires et initier des virements à leur profit. L’ensemble du socle technique, constitué de briques gratuites ou bon marché, servait une seule finalité : collecter des coordonnées et des versements, non exécuter des ordres sur les marchés.
Un nom laissé à l’abandon en août 2024, puis enregistré de nouveau en octobre
Le premier cycle d’enregistrement d’elitetrader.io avait été ouvert le 9 août 2023, auprès de Hostinger operations UAB (identifiant IANA 1636), derrière les serveurs de noms Cloudflare, sous un titulaire masqué par le service Privacy Protect, LLC. La fiche avait été mise à jour pour la dernière fois le 14 août 2023. L’échéance fixée au 9 août 2024 n’a pas été honorée : le nom est sorti du cycle sans renouvellement.
Des copies publiques des années 2018 à 2020 montraient déjà le nom portant une simple page d’attente d’un bureau d’enregistrement, Namecheap : le nom avait donc déjà circulé bien avant la vitrine de 2023. Une copie du 19 novembre 2023 restitue la vitrine réelle. Dès le 2 décembre 2023, une copie ne renvoie plus qu’un refus d’accès. En 2025, des redirections ont été relevées en février et en mars, suivies d’une page de liens en mars 2025, puis plus rien.
Le 30 octobre 2024, un nouveau cycle d’enregistrement a été ouvert, cette fois auprès de CommuniGal Communication Ltd., derrière les serveurs de noms ns1.emu-dns.com et ns2.emu-dns.com, sous un titulaire masqué par Domain Name Privacy Inc. L’échéance du nouveau cycle est fixée au 30 octobre 2026 et la fiche a été modifiée pour la dernière fois le 12 août 2026. L’adresse résout aujourd’hui vers 64.120.31.121 et renvoie vers une adresse secondaire, ww547.elitetrader.io, qui n’affiche qu’une page d’annuaire intitulée « Directory Index », composée de rubriques de liens thématiques et de deux mentions de politique de confidentialité et de conditions d’utilisation.
Ce schéma de recyclage d’un nom de domaine après une phase d’abandon rappelle le dossier que nous avons consacré à Algobi, dans lequel un ancien nom de domaine avait été repris pour servir une nouvelle plateforme de trading. Rien dans nos vérifications ne permet d’établir que les personnes à l’origine du cycle de 2024 sont les mêmes que celles qui exploitaient la vitrine en 2023 : le changement de bureau d’enregistrement, le changement de serveurs de noms et l’absence de toute plateforme constituent les seuls faits constatés.
Après la fermeture de la vitrine, les recours qui subsistent
La disparition d’une vitrine de trading frauduleuse ne clôt pas les voies de recours ouvertes aux personnes qui ont effectué des versements. Les relevés bancaires conservent la trace exacte des virements exécutés vers le compte indiqué par la plateforme : montant, date, coordonnées du bénéficiaire. Ces données constituent le socle de toute démarche ultérieure.
La recherche des intermédiaires qui ont recueilli les fonds peut s’appuyer sur ces relevés pour identifier les établissements qui ont traité les opérations en aval. La responsabilité de l’établissement qui a exécuté des virements présentant des caractéristiques anormales, sans mesurer leur nature, peut être engagée devant les juridictions civiles ou pénales, indépendamment de l’état actuel du nom de domaine.
Le dossier que nous avons consacré à Quantiumax, un nom toujours inscrit sur la liste noire de l’AMF alors que la vitrine est encore en ligne, illustre la persistance du risque même lorsque le régulateur a formalisé son inscription : dans les deux cas, les traces financières laissées par les versements restent exploitables.
Un intermédiaire qui encaisse des versements sans jamais exécuter d’ordre ne laisse pas ses victimes sans recours. C’est ce que démontre la procédure exposée par Maître Goce Novakov, avocat membre d’un barreau ayant Paris pour siège, dans la séquence présentée plus bas : un intermédiaire indélicat y est jugé, des épargnants trompés y obtiennent une indemnisation complète, et la responsabilité de la banque qui a exécuté les opérations y est également examinée.
Les pièces qui gardent la trace des virements effectués
Les versements effectués en croyant souscrire à une plateforme de courtage sur des produits dérivés liés à des crypto-actifs ont laissé des empreintes documentaires précises. Réunir les relevés d’opérations correspondant aux dates de chaque virement, les échanges écrits avec les interlocuteurs qui se présentaient comme des conseillers, et la chronologie complète des contacts constitue le point de départ de toute démarche sérieuse.
Les messages reçus par tout canal, qu’il s’agisse de courriels, de messages sur des applications de messagerie ou d’historiques de conversations sur la plateforme, doivent être conservés dans leur intégralité. Ces échanges permettent d’établir la nature des engagements pris par les représentants de la plateforme et la façon dont les versements ont été sollicités.
Sur le fondement de ces pièces, la voie ouverte devant le juge répressif permet d’engager une procédure pour escroquerie ou pour exercice illégal de services d’investissement, deux qualifications susceptibles de s’appliquer aux faits documentés dans ce dossier.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Elite Trader : trois points sur lesquels on nous interroge
Oui. L’inscription sous le libellé « Produits dérivés sur crypto-actifs » a été mise en ligne le 2 novembre 2023 et figure toujours dans le fichier officiel exporté par l’AMF le 10 septembre 2026. Aucun autre nom de la famille Elite Trader n’y figure à cette date.
Le premier cycle d’enregistrement, ouvert le 9 août 2023, n’a pas été renouvelé à son échéance du 9 août 2024. Un nouveau cycle a été ouvert le 30 octobre 2024 auprès d’un bureau d’enregistrement différent, CommuniGal Communication Ltd., sous un titulaire masqué par Domain Name Privacy Inc. Rien ne permet d’établir que les personnes à l’origine de ce nouveau cycle sont les mêmes que celles qui exploitaient la vitrine frauduleuse en 2023.
Les relevés bancaires et les échanges écrits avec les interlocuteurs de la plateforme constituent les pièces essentielles à réunir. Sur leur fondement, une plainte peut être déposée auprès des autorités judiciaires compétentes, et la responsabilité de l’établissement bancaire qui a exécuté les virements peut être recherchée si des manquements à ses obligations de vigilance sont établis.
Article réécrit le 13/09/2026



5 Comments
oui je confirme que ce site est une arnaque
ils ont réussi a me volé 14000 euros en tout en me faisant ouvrir un compte crypto puis en me contactant via un faux site de support crypto et me faire payer des frais et ensuite tenter de me faire payer des impôts car sois disant a Malte il faut payer 15 % a la France .bref je me suis fait avoir
Bonjour
Moi idem sur 11000 euros et me demandant encore en plus 24% d’une somme de 42000 euros soit 10000 euros que je devais verser sur crypto.com
( compte à Malte )
afin de débloquer les 42000 euros de gains crypto monnaie
…. Sois disant….
Des voleurs manifestent
Usant même de fausse pièce d’identité j’avais demandé à mon interlocutrice qui s’était présenté comme une des responsables
d’Elite Trader ses papiers et elle m’avait envoyé pièce identité et photo d’elle même ainsi que boite mail au nom de Sylvie Pearson
Tout semblait bon et pourtant tout était escroquerie !
Quoi faire ????
Contactez nous dès mardi matin. Nous verrons les détails de ce qui vous est arrivé.
Monsieur je suis désolé de cette réponse plus que tardive et sans doute hors délai !!?
Je n’avais pas consulté tout simplement le site et aussi qqes ennuis de santé aux mêmes moments.
Si vous avez les moyens de faire quelque chose afin de récupérer ou au moins une partie de cette somme je suis preneur
Et même à vous laisser 40 % des sommes récupérer
Cordialement
Je viens à l’instant de quitter l’apl avec plusieurs membre de Elite Trader…
j’en ai profiter pr regarder si cette entreprise n’est pas une arnaque et je suis tombé sur votre site.
En effet il nous demande de nous connecter à leur site puis d’aller sur un autre site ou apparemment on est y achèterais du BTC….(j ai oublié de préciser qu’ils m’ont fait télécharger l’application ANYDESK pour qu’ils puissent voir en direct ce que je faisais sur mon tel) …au moment d acheter le BTC évidemment il me demande de payer par carte bancaire, tout en sachant qu’ils pouvaient voir mes numéros de CB (ils ont qd meme essayer de me faire croire que ANYDESK est sécurisé et que cela cacherais mes num de CB).j ai donc fait semblant de ne pas avoir de CB et j’ai finis par quitter l’apl sentant la grosse arnaque.