Sommaire
- Le nom déclaré au registre relie FXALTA à un dossier déjà documenté
- Dès juillet 2023, l’AMF avait classé ce nom dans sa liste Forex
- Deux formes du nom, deux destins distincts
- Le constat de 2023, quatre pages conservées de la vitrine
- Le décor institutionnel de la vitrine, de Limassol à Labuan
- Reconstituer les virements exécutés vers la plateforme
- FXALTA : ce sur quoi nos lecteurs nous interrogent
Le nom déclaré au registre relie FXALTA à un dossier déjà documenté
Pangaia Ltd, déclarée PB 1257 Bonovo Road, Fomboni, Comores, figure comme titulaire dans l’enregistrement de fxalta.com : c’est le point de départ de ce dossier, et c’est aussi l’entité que nous avons retrouvée dans notre dossier SeguroFX, où la vitrine revendiquait Pangaia Ltd sous le numéro HY00522046, à la même adresse Bonovo Road, Fomboni, île de Mohéli, Union des Comores. La même entité déclarée, à la même adresse géographique, apparaît donc dans deux dossiers distincts traités par BrokerDefense : ces concordances rapprochent les deux dossiers de manière significative.
Les données d’enregistrement de fxalta.com, telles qu’elles ont été conservées à partir du 1er septembre 2023 puis recoupées par les registres le 13 septembre 2026, sont les suivantes. Le domaine a été créé le 15 octobre 2021. Son bureau d’enregistrement est 101domain GRS Limited. Son statut est « transfert interdit ». Les serveurs de noms déclarés sont alaric.ns.cloudflare.com et eleanor.ns.cloudflare.com. Sur la fiche de 2023, l’échéance était portée au 15 octobre 2024 ; lors de la relève de 2026, cette échéance avait été portée au 15 octobre 2026, ce qui indique que le nom a été renouvelé dans l’intervalle.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Dès juillet 2023, l’AMF avait classé ce nom dans sa liste Forex
Le nom www.fxalta.com a été inscrit dans le document de l’Autorité des marchés financiers intitulé « La liste noire des sites non autorisés catégorisés en : Forex » à la date du 13 juillet 2023. Cette inscription précède de plus de deux mois notre propre article, publié le 30 septembre 2023. Le libellé retenu par le régulateur, « Forex », situe fxalta.com dans le périmètre des prestataires exerçant une activité de change sur devises sans y être autorisés en France. Toutes les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF sont accessibles directement sur le site du régulateur et constituent un premier filtre de vérification avant tout dépôt de fonds.
Signalons que Micron Group est un autre nom inscrit par l’AMF dans cette même qualification Forex à la même date du 13 juillet 2023, et qui a fait l’objet d’un traitement séparé par BrokerDefense. La coïncidence de date d’inscription entre deux dossiers distincts est un élément que nous notons sans en tirer de conclusion définitive sur un lien opérationnel entre eux.
Deux formes du nom, deux destins distincts
Au moment des relèves effectuées le 13 septembre 2026, fxalta.com ne résout plus : aucune adresse IP ne lui est associée, et le domaine ne répond à aucune requête. Pour autant, le nom reste enregistré et son échéance est fixée au 15 octobre 2026. Il n’est ni libéré ni abandonné au sens registraire : Pangaia Ltd en demeure le titulaire déclaré jusqu’à cette date.
La forme avec tiret, fx-alta.com, présente une situation distincte. Elle porte un enregistrement daté du 1er octobre 2024, réalisé cette fois chez NameBright, avec les serveurs ns1.emu-dns.com et ns2.emu-dns.com. À la date de nos relèves, sa racine ne restitue qu’un relais de quelques centaines d’octets qui renvoie le visiteur vers un sous-domaine de distribution. Il s’agit d’un stationnement d’adresse, non d’une plateforme de négociation active. Aucun service de trading n’est servi depuis ce nom. Le lien entre fx-alta.com et l’entité Pangaia Ltd n’est pas établi par les données d’enregistrement disponibles à ce stade.
Le constat de 2023, quatre pages conservées de la vitrine
Un constat au sens de la norme AFNOR Z67-147 a été réalisé le 1er septembre 2023, entre 11h35 et 11h45 UTC, sous navigateur Chrome 110. Quatre adresses ont été relevées et conservées au cours de cette opération : la racine du site fxalta.com, ainsi que les chemins /our-company, /contact-us et /online-trading. L’adresse cible identifiée lors de ce relevé était 45.148.122.40, localisée aux Pays-Bas. Ce constat constitue la photographie technique de référence de la vitrine à la date à laquelle elle était accessible.
Nos relevés techniques effectués sur les pages conservées font apparaître un serveur nginx associé à une application ASP.NET, complété par des outils de mesure d’audience et une messagerie tierce intégrée aux formulaires de contact. Cette architecture est cohérente avec celle d’une vitrine destinée à recueillir des informations de contact et à orienter les visiteurs vers un processus de dépôt.
Le décor institutionnel de la vitrine, de Limassol à Labuan
Le pied de page de la vitrine fxalta.com portait la mention « Regulated by FXALTA, Billing Company: Ceuda Investments Ltd ». Cette société était déclarée à Chypre sous le numéro HE 390261, à l’adresse Galdstonos 116M, Kyprianou House 3e et 4e étage, Limassol. La présentation d’une entité chypriote en qualité de société de facturation, combinée à l’affirmation d’une régulation assurée par la marque elle-même, constitue une formulation circulaire qui ne renvoie à aucune autorisation de régulateur reconnu.
La page de contact indiquait une adresse distincte : Lot 2(a), Level 4, Wisma Lazenda Jalan Kemajuan, 87000, Labuan, Malaisie. Labuan est un territoire malaisien doté d’un cadre réglementaire offshore fréquemment utilisé dans les dossiers de plateformes non autorisées que nous documentons. La boîte de contact rattachée au domaine était le seul moyen de communication affiché.
L’offre affichée portait sur le Forex, sur des indices boursiers, sur des obligations, sur des ETP, ainsi que sur des actions et des matières premières. La vitrine mettait en avant un effet de levier pouvant atteindre x200, soit un niveau très supérieur aux plafonds en vigueur pour les clients non professionnels au sein de l’Union européenne. Un sélecteur de langues proposait une version « FRENCH (FRANCE) », ce qui indique que le public francophone était explicitement visé. La liste des pays exclus mentionnait les États-Unis, la Belgique et Chypre : la France n’y figurait pas, laissant les résidents français accessibles à la démarche commerciale de la vitrine.
Les litiges qui naissent de ce type de situation soulèvent des questions précises sur ce que les banques ayant traité les ordres peuvent devoir assumer, et sur les recours ouverts aux personnes concernées. Maître Denitza Gueorguieva, avocate lyonnaise, du barreau, a accepté de répondre à nos questions sur ces sujets dans l’entretien vidéo ci-dessous, consacré aux litiges et aux recours bancaires qu’ouvrent les fausses plateformes de trading auprès des victimes qui y ont déposé des fonds.
Reconstituer les virements exécutés vers la plateforme
Lorsqu’une personne a effectué des virements vers FXALTA sur la foi d’une plateforme présentée comme régulée, il est utile de commencer par réunir toutes les pièces qui permettent de retracer les flux. Les relevés bancaires couvrant la période des dépôts, les confirmations d’ordre ou les accusés de réception transmis par la boîte de contact du site, les échanges passés via le formulaire de la vitrine fxalta.com : chacun de ces éléments contribue à établir la chronologie des opérations et à identifier les comptes destinataires.
L’effet de levier x200 annoncé par FXALTA est un élément à conserver dans le dossier : il permet de démontrer que la plateforme proposait des conditions incompatibles avec les règles applicables aux clients non professionnels en France, ce qui renforce l’argumentation relative au caractère non autorisé de l’activité. Les échanges avec le service client de FXALTA, qu’ils aient eu lieu par messagerie intégrée au site ou par tout autre canal documenté, doivent également être conservés dans leur intégralité.
La question de la responsabilité de la banque qui a traité les ordres mérite d’être posée dossier par dossier : selon les circonstances et l’importance des sommes, l’établissement peut devoir répondre de sa vigilance. La voie pénale n’est pas fermée pour autant : une plainte peut être adressée au procureur de la République plusieurs années après les virements, et déboucher sur une enquête si les pièces réunies sont assez précises.
C’est cette situation que FXALTA laisse derrière elle : des épargnants ayant viré de l’argent vers une plateforme de trading qui se présentait comme régulée. Rassembler les justificatifs de ces opérations demeure la base de toute démarche, qu’elle soit bancaire ou judiciaire.
Contactez notre service d’aide aux victimes
FXALTA : ce sur quoi nos lecteurs nous interrogent
L’inscription de www.fxalta.com dans le document de l’AMF intitulé « La liste noire des sites non autorisés catégorisés en : Forex », à la date du 13 juillet 2023, signifie que le régulateur français a estimé que ce nom exerçait ou proposait une activité de change sur devises sans y être autorisé en France. La qualification retenue est « Forex ». Cette inscription ne constitue pas une condamnation judiciaire, mais elle suffit à établir que fxalta.com n’était pas habilité à proposer ses services à des résidents français. Elle précède de plus de deux mois l’article que BrokerDefense a consacré à ce dossier le 30 septembre 2023.
Non. La forme fx-alta.com a fait l’objet d’un nouvel enregistrement le 1er octobre 2024, chez NameBright, avec des serveurs de noms distincts de ceux qui étaient associés à fxalta.com. À la date des relèves du 13 septembre 2026, ce nom ne sert qu’un relais de stationnement de quelques centaines d’octets qui renvoie vers un sous-domaine de distribution. Aucune plateforme de négociation active n’est accessible depuis cette adresse. Le lien entre fx-alta.com et l’entité déclarée Pangaia Ltd n’est pas établi par les données d’enregistrement disponibles.
Plusieurs pistes restent ouvertes. Sur le plan bancaire, il est possible d’interroger l’établissement qui a exécuté les ordres de virement sur les diligences accomplies avant de traiter les opérations : selon les montants et les circonstances, sa responsabilité peut être examinée. Sur le plan pénal, une plainte peut être déposée entre les mains du procureur de la République, en s’appuyant sur les pièces disponibles : relevés bancaires, échanges avec le formulaire de contact de fxalta.com, confirmations d’ordre, captures de la vitrine faisant état de l’effet de levier x200. La qualification Forex retenue par l’AMF dès le 13 juillet 2023 et la présence de l’entité déclarée Pangaia Ltd dans deux dossiers distincts sont des éléments que le dossier peut intégrer.
Article réécrit le 13/09/2026



5 Comments
Bonjour,
J’ai perdu 166000 € chez fxalta et maintenant je suis un miséreux
Bien cordialement
Je suis désolé de lire votre commentaire. N’hésitez pas à nous contacter si vous souhaitez en parler de vive voix.
bonjour,
j avais un compte reel chez fxaltamais je n arrive plus a acceder mon compte, apparament le site n existe plus , comment faire?
mercipour vos reponses
il faut regarder ça de près. Appelez nous.
Bonjour,
Je me suis fais escroquer aussi par exaltas.
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