Sommaire
- Huit ans revendiqués en vitrine, une seule année au registre
- Le numéro de société affiché mène à une activité sans rapport
- Bilingue anglais-russe, sans la moindre autorisation d’exercer
- Les terminaux de négociation logés sur une adresse distincte
- Une vitrine londonienne hébergée en Islande, enregistrée à Singapour
- Comprendre le dossier nelsonfinsolutions.com
Huit ans revendiqués en vitrine, une seule année au registre
La vitrine nelsonfinsolutions.com se présentait comme un courtier fort de « huit ans d’expérience depuis 2014 », alors que le nom de domaine qu’elle exploitait n’a été enregistré que le 27 mars 2023, et l’échéance du 27 mars 2024 n’a pas été honorée. Aujourd’hui, l’adresse ne résout plus et le registre du .com ne rend plus aucune fiche à ce nom.

Notre constat internet, établi le 7 septembre 2023 entre 07h04 et 07h15, a permis de conserver quatre pages de la vitrine : l’accueil, « About Us », « Contact Us » et « Crypto Trading ». Le titre servi par le serveur était « Nelson Financial Solutions ». La plateforme se présentait comme un courtier multi-marchés couvrant les actions, le Forex, les CFD, les crypto-monnaies, les matières premières et les contrats à terme, avec un espace comptes, une rubrique d’actualité, un terminal Webtrader et un terminal mobile. Parmi les revendications affichées figuraient « 23k Order per day », une assistance « 24/5 », une vitesse d’exécution annoncée à environ 30 millisecondes, un écart de cotation « à partir de 0,0 pip », plus de 150 instruments et la mention « We are in the Top 100 Brokers ».
L’enregistrement du nom, au moment du constat, indiquait une création au 27 mars 2023 auprès du bureau Alibaba.com Singapore E-Commerce Private Limited (Aliyun), avec les serveurs de noms NS7.ALIDNS.COM et NS8.ALIDNS.COM. Le titulaire déclaré était localisé au Royaume-Uni, région de Londres, sans ville de résidence renseignée. Le DNSSEC n’était pas signé. Lors de nos vérifications du 13 septembre 2026, le nom est redevenu disponible : l’échéance du 27 mars 2024 n’a pas été honorée et le registre ne rend plus aucune fiche à ce nom, contrairement à un nom témoin réellement enregistré, contrôlé le même jour, qui rendait bien une fiche.
À titre de comparaison sur la même période, BrokerDefense avait documenté le dossier Thefxpro, une autre vitrine de courtage dont le nom ne répondait plus au registre, présentant une configuration similaire quant à la durée de vie du domaine.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 13/09/2026
Le numéro de société affiché mène à une activité sans rapport
En pied de page, la vitrine affichait la mention « Company number 08996356 », accompagnée d’un avertissement de risque sur les CFD, de l’adresse de courriel [email protected] et de la ligne « Copyright ©2023 Nelson Financial Solutions ».

Interrogé le 13 septembre 2026 au registre britannique des sociétés, ce numéro correspond à NELSON FINANCIAL SOLUTIONS LIMITED, immatriculée le 14 avril 2014, toujours active, dont le siège déclaré est situé 400-402 Richmond Road, à Sheffield (S13 8LZ), et dont l’activité déclarée porte le code 68209, soit la location et l’exploitation de biens immobiliers. Deux écarts ressortent de ce rapprochement : cette activité n’a aucun lien avec le courtage financier, et le siège déclaré à Sheffield ne correspond pas à l’adresse londonienne de Leadenhall affichée sur la page de contact de la vitrine. Aucun élément contenu dans les pages conservées ne permet de rattacher cette société à l’exploitation du site : ce constat porte exclusivement sur les mentions affichées par la vitrine, pas sur la société elle-même, qui n’est pas mise en cause.
Sur la page « Contact Us », l’adresse indiquée était « 122 Leadenhall St, London EC3V 4AB, United Kingdom », assortie d’un numéro de téléphone britannique. L’adresse de courriel y était rédigée « [email protected] », avec un trait d’union, soit une graphie différente de celle figurant en pied de page. Le sélecteur de pays faisait apparaître la France en tête de liste.
Bilingue anglais-russe, sans la moindre autorisation d’exercer
La vitrine existait en deux langues, anglais et russe. La page « About Us » servait le texte suivant, mot pour mot : « Nelson Financial Solutions Limited is a Forex brokerage company that was founded by a group of traders. From its beginnings as an educational center specializing in technical analysis and financial markets, the company has rapidly expanded into a major player in the Forex industry. » Le texte précisait ensuite que les services de courtage auraient été lancés en 2014.

Sur l’accueil, le slogan « IF YOU WANT TO HAVE WHAT YOU NEVER HAD, YOU NEED TO DO WHAT YOU NEVER DID » était répété cinq fois en bandeau. Il accompagnait la photographie d’un golfeur en plein swing sur un green, image décorative sans lien avec l’activité de courtage revendiquée.

Les pages réglementaires « Terms and Conditions », « Privacy Policy », « KYC Policy » et « Refund Policy » étaient présentes mais vides de tout numéro d’autorisation. Ni le nom d’un régulateur, ni un numéro de licence n’apparaissaient nulle part sur la vitrine. Le nom de cette vitrine est absent des listes publiées par l’Autorité des marchés financiers, que nous avons parcourues le 13 septembre 2026 sous leurs six libellés disponibles : Forex, crypto-actifs, produits dérivés sur crypto-actifs, options binaires, biens divers et autres qualifications. Cette absence d’entrée ne constitue pas une garantie de régularité. Aucune fiche de signalement public n’existe non plus pour ce nom.
Les terminaux de négociation logés sur une adresse distincte
Les liens vers les deux terminaux de négociation proposés par la vitrine ne pointaient pas vers le domaine principal. Le terminal Webtrader était accessible à l’adresse https://webtrader.nelsonfinsolutions.trade/ et le terminal mobile à l’adresse https://mobtrader.nelsonfinsolutions.trade/, toutes deux sur le domaine nelsonfinsolutions.trade, d’extension différente du domaine principal en .com.
Lors de nos vérifications du 13 septembre 2026, ce domaine secondaire ne résout plus non plus, et le registre de l’extension .trade ne rend plus de fiche à ce nom. Les deux graphies de l’adresse de courriel de contact, nelsonfinsolutions.net et nelson-finsolutions.net, ne résolvent plus davantage : l’exploitant n’a conservé aucune de ses adresses secondaires. Cette dispersion sur plusieurs domaines, dont aucun n’a survécu à l’échéance du nom principal, est un trait caractéristique des vitrines conçues pour une durée de vie limitée.
La rubrique « News » reprenait des dépêches de marché réelles et datées, mentionnant Goldman Sachs, des données chinoises ou Tesla : un contenu d’emprunt, sans rapport avec la maison qui l’affichait, destiné à donner une apparence de légitimité éditoriale. Les moyens de paiement acceptés étaient les cartes Visa et MasterCard ainsi que le bitcoin.
Une vitrine londonienne hébergée en Islande, enregistrée à Singapour
D’après notre analyse technique, les pages de la vitrine étaient produites par une chaîne applicative ASP.NET dans sa version 4.0 avec le modèle MVC. L’audience était mesurée par Google Analytics 4, la balise globale de Google et Google Tag Manager. Les graphiques boursiers étaient fournis par des widgets TradingView, les polices servies par l’interface de polices de Google, et les bibliothèques JavaScript par les hébergements de Google et par un réseau de diffusion de contenu. Le certificat de sécurité était de type domaine, délivré par Sectigo. Le serveur web était nginx.
La machine qui servait la vitrine répondait à l’adresse IP 89.147.111.34, dont le nom inverse est vps-89.147.111.34.1984.is. Le prestataire d’hébergement identifié est l’opérateur islandais 1984, dont les serveurs sont physiquement localisés en Islande. Le nom de domaine, lui, avait été enregistré auprès d’un bureau domicilié à Singapour. L’adresse de contact affichée était à Londres. Ces trois localisations distinctes, sans cohérence géographique, ne correspondent à aucun modèle opérationnel d’un courtier réellement établi.
BrokerDefense avait déjà relevé l’adresse « The Leadenhall Building, 122 Leadenhall St, London EC3V 4AB » dans un dossier documenté en avril 2025, celui de IBC CPT, une autre coquille vide analysée par nos soins. Cette concordance d’adresse rapproche les deux dossiers sans établir pour autant un exploitant commun.
Si des fonds ont transité vers cette vitrine, il peut être utile d’examiner les conditions dans lesquelles les virements ont été traités par l’établissement bancaire concerné. Un établissement qui laisse passer, sans contrôle adapté, des ordres de virement répétés vers une plateforme de courtage dépourvue de toute autorisation d’exercice peut voir sa responsabilité engagée. Pour connaître les démarches envisageables, consultez les recours pénaux accessibles aux victimes d’escroqueries financières. Vous pouvez également vérifier vous-même les listes de mises en garde publiées sur le site de l’AMF.
Maître Michel Orsini, avocat dont la pratique est établie dans la capitale, est inscrit au barreau de Paris. Dans l’entretien qui suit, il explique à quelles conditions un établissement ayant exécuté des virements au profit d’une plateforme de courtage dépourvue d’autorisation peut être appelé à répondre du préjudice causé aux personnes qui ont versé des fonds.
Comprendre le dossier nelsonfinsolutions.com
Les questions qui reviennent le plus souvent sur ce dossier portent sur l’identité de l’exploitant, sur les possibilités de contestation des versements effectués et sur les raisons pour lesquelles la vitrine affichait des mentions légales aussi lacunaires. Les réponses ci-dessous s’appuient exclusivement sur les éléments vérifiés et documentés par BrokerDefense.
Trois points méritent d’être examinés avec attention avant toute démarche.
Les pages conservées ne permettent pas d’identifier l’exploitant réel de la vitrine. Le numéro de société affiché en pied de page renvoie à une entité britannique dont l’activité déclarée porte sur la location de biens immobiliers et dont le siège est à Sheffield, sans lien établi avec le courtage financier ni avec l’adresse londonienne affichée sur le site. Aucun élément ne permet de rattacher cette société à l’exploitation de la vitrine. Le titulaire déclaré au registre du nom de domaine était localisé au Royaume-Uni, région de Londres, sans autre précision. L’hébergement réel était assuré en Islande. L’identité de la personne ou du groupe ayant exploité cette adresse reste inconnue.
La disparition de la vitrine ne referme pas les voies de recours. Un versement par carte bancaire peut faire l’objet d’une demande de rétrofacturation auprès de l’émetteur, dans les délais prévus par les conditions contractuelles. Un virement bancaire peut, selon les circonstances, donner lieu à une démarche auprès de l’établissement qui l’a traité. Un paiement en bitcoin est en revanche très difficile à contester en raison de la nature de ce moyen de paiement. Dans tous les cas, la conservation des preuves disponibles, relevés, confirmations de transaction, échanges écrits, est indispensable avant toute démarche.
Les pages réglementaires de la vitrine, « Terms and Conditions », « Privacy Policy », « KYC Policy » et « Refund Policy », étaient présentes mais ne contenaient aucun numéro d’autorisation, aucun nom de régulateur, aucune référence à une licence d’exercice. Cette configuration est caractéristique des vitrines qui cherchent à donner une apparence de conformité sans en assumer les obligations. Un courtier réellement autorisé à exercer en France ou au Royaume-Uni est tenu d’afficher son numéro d’agrément de façon lisible et vérifiable. L’absence totale de ces éléments est un signal d’alerte immédiat.
Des personnes ont ouvert un compte de négociation sur nelsonfinsolutions.com après avoir été démarchées par courriel ou par téléphone. Elles ont versé des fonds par virement, par carte ou en bitcoin, ont vu leur solde affiché progresser sur l’interface de la plateforme, puis se sont vu refuser les retraits ou subordonner le déblocage de leurs fonds au versement de frais supplémentaires. Si vous vous trouvez dans cette situation, BrokerDefense peut procéder à une première évaluation de votre dossier afin de vous indiquer quelles démarches sont envisageables au regard des éléments dont vous disposez.
Contactez notre service d’aide aux victimes
Article réécrit le 13/09/2026


