Le 30 août 2026, nos vérifications techniques montrent que les deux orthographes du nom, afea-finances.com et afea-finance.com, ont été totalement effacées du registre des noms de domaine en .com. Ce double effacement clôt le dossier d’une escroquerie documentée dès juin 2023 par BrokerDefense : une vitrine soigneusement construite, des coordonnées empruntées à une société française existante, et un catalogue de placements présentés comme accessibles aux particuliers, de l’or au trading haute fréquence, sans qu’aucun agrément ni aucune réalité opérationnelle ne viennent étayer ces promesses.
La disparition du nom ne signifie pas la disparition des préjudices. Les personnes qui ont versé des fonds à la suite d’un rappel téléphonique de faux conseillers, après avoir rempli le formulaire de contact de la vitrine, se retrouvent aujourd’hui face à un nom rayé du registre et à des avoirs inaccessibles. Cet article de mise à jour rassemble l’ensemble des faits vérifiés pour permettre aux victimes de comprendre ce qui s’est passé et d’identifier les démarches à entreprendre.
Nos recherches indiquent que la vitrine a été active au moins jusqu’à l’automne 2023, laissant des traces dans les archives web jusqu’à une capture complète du 18 septembre 2023. Le présent article remplace et complète la publication initiale du 22 juin 2023, en intégrant les données techniques recueillies lors de nos vérifications du 30 août 2026.
Sommaire
- Deux orthographes effacées du registre : la disparition totale du nom
- Une usurpation d’identité documentée dès juin 2023
- Le SIREN, l’adresse et le capital : les coordonnées d’une société française
- Or, terres rares, hydrogène, THF : le catalogue des promesses
- Une vitrine élaborée, des chiffres impossibles à vérifier
- Les démarches après un versement sur afea-finances.com
- FAQ : que faire si l’on a investi dans l’or, l’hydrogène ou le THF ?
Deux orthographes effacées du registre : la disparition totale du nom
Lors de nos vérifications du 30 août 2026, ni afea-finances.com ni afea-finance.com ne résolvent plus. Le nom n’existe plus dans le système de noms de domaine, que l’on interroge le domaine nu ou la forme préfixée www. L’interrogation directe de la base du registre Verisign, autorité de référence pour les noms en .com, renvoie une erreur 404 : aucune fiche d’enregistrement n’est disponible pour l’une ou l’autre orthographe. Le résultat est identique pour les deux formes : « No match for AFEA-FINANCES.COM » et « No match for AFEA-FINANCE.COM ». Il ne s’agit pas d’un simple retrait de la résolution DNS, mais d’un effacement complet de toute trace d’enregistrement dans le registre central.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Ce double effacement intervient après une période d’activité documentée. La vitrine publique, hébergée sous afea-finance.com, a laissé des traces dans les archives web jusqu’à une capture complète du 18 septembre 2023. La variante afea-finances.com, en revanche, n’a laissé aucune trace dans ces mêmes archives : elle semble avoir fonctionné comme nom de contact et de suivi, utilisé dans les échanges avec les victimes potentielles, tandis que la vitrine publique était accessible sous l’autre forme. Le site a donc été actif au moins de 2023 jusqu’à l’automne de la même année.
Pour les victimes, cette disparition totale du nom a une conséquence directe : tout accès à la prétendue interface de gestion de compte, tout contact avec les opérateurs via les adresses associées au domaine, est désormais coupé. Les avoirs prétendument investis ne sont plus accessibles par ce canal. Les épargnants qui se trouvent dans cette situation sont invités à consulter l’espace épargnants de l’AMF, qui recense les ressources disponibles pour les victimes d’arnaques financières et les orienter vers les bons interlocuteurs.
Dernière mise à jour : 30/08/2026
Une usurpation d’identité documentée dès juin 2023
BrokerDefense avait publié le 22 juin 2023 un premier article signalant l’existence de cette vitrine et son caractère frauduleux. Le constat était déjà sans ambiguïté : le site reprenait « les vraies informations d’une société qui n’a rien demandé à personne ». Les opérateurs avaient choisi de se présenter sous les traits d’un cabinet de conseil en placement établi, en affichant des coordonnées précises et vérifiables, empruntées à une entité française réelle, pour donner une apparence de légitimité à une offre entièrement fictive.
La vitrine publique était hébergée sous afea-finance.com et a laissé des traces dans les archives web jusqu’à la capture du 18 septembre 2023. Cette capture constitue aujourd’hui le principal document permettant de reconstituer le contenu exact du site : ses slogans, ses produits, ses chiffres d’auto-promotion et ses coordonnées. La variante afea-finances.com, elle, n’a laissé aucune trace dans les archives : nos recherches indiquent qu’elle servait de nom de contact dans les échanges avec les victimes potentielles, permettant aux opérateurs de maintenir une correspondance distincte de la vitrine publique, tout en restant sous le même habillage de marque.
Cette organisation à deux niveaux, une vitrine publique d’un côté et un nom de contact de l’autre, est caractéristique d’une structure pensée pour compartimenter les traces et compliquer l’identification des opérateurs. L’article de juin 2023 avait établi le principe de l’usurpation ; les vérifications du 30 août 2026 confirment que les opérateurs ont ensuite procédé à l’effacement complet des deux noms, sans laisser de successeur ni de redirection.
Le SIREN, l’adresse et le capital : les coordonnées d’une société française
La page contact de la vitrine affichait un ensemble de coordonnées présentées avec une précision destinée à inspirer confiance. Le nom de la société était indiqué comme « AFEA », le lieu d’incorporation comme la France, la date de création comme le 8 juillet 2010. Le numéro de SIREN affiché était le 523614881, le siège social mentionné était le 3 bis rue Cassini, dans le 14e arrondissement de Paris, et le capital social annoncé atteignait 362 535 460 euros. L’effectif déclaré était de 330 personnes, dont 250 gestionnaires de compte, et l’activité principale présentée était la gestion de patrimoine. Le directeur général affiché répondait au nom de Pierre-Alexis Dumas.
Ces informations renvoyaient à une société française existante, sans aucun lien avec les opérateurs du site. La technique est précisément calculée : en affichant un SIREN réel, une adresse parisienne vérifiable et un capital social imposant, les escrocs offrent à leurs victimes la possibilité de conduire une vérification superficielle qui semble confirmer la légitimité de l’entité. Un épargnant qui recherche le numéro SIREN dans une base publique trouve une société réelle, ce qui dissipe ses doutes, alors même que cette société n’a jamais autorisé l’utilisation de son identité et n’a aucun rapport avec la plateforme de placement.
Cette mécanique d’emprunt d’identité puis d’effacement du nom n’est pas isolée. Le cas de Sirano-Gestion, blacklisté par l’AMF, dont le nom a lui aussi disparu, illustre la même logique : une société de gestion légitime voit son identité reprise par des opérateurs frauduleux qui construisent une vitrine crédible, collectent des fonds, puis effacent toute trace de leur présence en ligne. Dans les deux cas, la société dont l’identité a été usurpée est une victime collatérale, et les épargnants se retrouvent sans interlocuteur réel une fois le nom disparu.
Or, terres rares, hydrogène, THF : le catalogue des promesses
La vitrine mettait en avant quatre produits de placement présentés comme accessibles aux particuliers : l’or, les terres rares, l’hydrogène et le THF, acronyme désignant les transactions à haute fréquence. Chacun de ces produits était accompagné de longs textes génériques destinés à donner une impression de sérieux et d’expertise. Pour l’or, le texte mentionnait une hausse de 44 % sur cinq ans. Pour les terres rares, il évoquait les 17 métaux stratégiques et leur rôle dans les technologies d’avenir. Pour l’hydrogène, il développait les perspectives de l’hydrogène vert comme source d’énergie de substitution. Pour le THF, il proposait une définition du trading haute fréquence et de ses mécanismes.
Ces textes n’étaient pas le fruit d’une analyse propre au cabinet prétendu : nos recherches indiquent qu’il s’agissait de contenus génériques, sans lien avec une quelconque activité réelle de gestion. Surtout, le trading haute fréquence est en réalité un domaine réservé aux acteurs professionnels disposant d’infrastructures techniques dédiées, de connexions directes aux marchés et de capitaux considérables. Présenter ce type d’activité comme un placement accessible à un épargnant particulier relève d’une tromperie caractérisée : les conditions techniques et réglementaires nécessaires à une telle activité sont hors de portée d’un cabinet de la taille prétendue, et aucun agrément ne venait étayer cette offre.
L’hydrogène, en particulier, est devenu un produit d’appel récurrent dans les arnaques financières ciblant les particuliers. Epargne-Action.com, l’arnaque à l’hydrogène dénoncée par BrokerDefense, reposait sur le même ressort : présenter l’hydrogène vert comme un placement miracle, porteur de rendements exceptionnels, pour inciter des épargnants à verser des fonds vers une plateforme sans réalité opérationnelle. La convergence des produits d’appel entre ces différentes vitrines témoigne d’une stratégie commune, fondée sur l’exploitation des thèmes d’investissement à la mode pour capter l’attention et la confiance des particuliers.
Une vitrine élaborée, des chiffres impossibles à vérifier
La vitrine d’afea-finances.com était construite sur WordPress, en version 6.3.1, avec le thème Salient et le constructeur de pages WPBakery. Le formulaire de contact reposait sur le plugin Contact Form 7 et collectait le nom, l’adresse e-mail, l’objet et le message de chaque visiteur qui prenait contact. Ce dispositif de collecte des coordonnées constituait la première étape du processus d’escroquerie : une fois les informations transmises, les victimes recevaient un rappel téléphonique de faux conseillers qui prenaient le relais pour les convaincre de verser des fonds.
Pour renforcer la crédibilité de la vitrine, les opérateurs avaient construit une frise d’auto-promotion retraçant une histoire fictive du cabinet. Selon cette frise, la structure avait été créée en 2010, avait franchi le cap symbolique des 1 000 clients en 2014, avait lancé une interface de gestion de compte en 2020 et avait financé plus de 600 projets en 2022. Ces chiffres, présentés comme des jalons d’une trajectoire de croissance, étaient impossibles à vérifier : aucun registre public, aucune publication officielle, aucun rapport d’activité ne permettait de les confirmer. Nos outils techniques n’ont trouvé aucune trace d’une société d’investissement réelle derrière ces promesses.
Les slogans affichés, « Donnons un sens à votre patrimoine », « Conseil en placement éco-responsable », « Gestion de fonds alternatifs », « Produits structurés » et « Gestion de capital », participaient du même effort de mise en scène. Ils empruntaient le vocabulaire du conseil en gestion de patrimoine légitime pour habiller une offre sans substance. La qualité graphique du thème Salient et la cohérence apparente de la navigation contribuaient à donner l’impression d’un acteur établi, alors que la vitrine ne reposait sur aucune réalité opérationnelle.
Les démarches après un versement sur afea-finances.com
Les personnes qui ont versé des fonds à la suite d’un contact initié via le formulaire de la vitrine afea-finances.com, puis d’un rappel téléphonique de faux conseillers, doivent en premier lieu rassembler l’ensemble des preuves disponibles. Cela comprend les relevés de virement bancaire attestant des sommes transférées, les échanges par e-mail reçus ou envoyés dans le cadre de la relation avec les opérateurs, les captures d’écran du formulaire de contact et des pages de la vitrine, ainsi que tout document remis par les faux conseillers lors des appels téléphoniques.
Ces éléments constituent le socle d’un dossier pénal. Il convient de déposer plainte auprès des services de police ou de gendarmerie, ou directement auprès du procureur de la République, en mentionnant explicitement les virements bancaires effectués vers la fausse plateforme et le canal par lequel le contact a été établi, à savoir le formulaire de la vitrine suivi d’un rappel téléphonique. Notre page Le pénal / Porter plainte détaille les étapes de cette procédure et les éléments à rassembler pour maximiser les chances d’aboutissement.
En parallèle, il est indispensable d’alerter sa banque dans les meilleurs délais. Selon les circonstances du virement et les délais écoulés, un remboursement partiel ou total peut être envisageable, notamment si les fonds ont transité par des établissements soumis à la réglementation européenne. Se faire accompagner par un professionnel du droit, avocat spécialisé en droit financier ou en droit pénal des affaires, permet d’évaluer les voies de recours disponibles et de constituer un dossier solide face aux juridictions compétentes.
Maître Denitza Gueorguieva, avocate au barreau de Lyon, revient dans la vidéo ci-dessous sur une affaire d’arnaque à l’or jugée au tribunal de Perpignan, où les victimes ont obtenu gain de cause après dix-huit mois de procédure. Découvrez sa page : Maître Denitza Gueorguieva.
FAQ : que faire si l’on a investi dans l’or, l’hydrogène ou le THF ?
Non. Les deux orthographes du nom, afea-finances.com et afea-finance.com, ont été totalement effacées du registre des noms de domaine en .com : le nom n’existe plus dans le système de noms de domaine et la base du registre Verisign ne contient plus aucune fiche pour l’une ou l’autre forme.
Ils ont été collectés par les opérateurs de la fausse plateforme. L’offre de placement n’avait aucune réalité : les promesses d’or, de terres rares, d’hydrogène ou de trading haute fréquence servaient uniquement à inciter les épargnants à verser des fonds, et la disparition du nom coupe désormais tout accès aux avoirs.
Il faut rassembler toutes les preuves (relevés de virement bancaire, échanges par e-mail, captures du formulaire de contact et des pages de la vitrine), déposer plainte, alerter sa banque et se faire accompagner. Notre page Le pénal / Porter plainte détaille les étapes, et notre service d’aide aux victimes peut être contacté via le bouton ci-dessus.
Le dossier afea-finances.com illustre avec une clarté particulière la mécanique des escroqueries par usurpation d’identité dans le secteur financier. Les opérateurs ont construit une vitrine crédible sous afea-finance.com, ont utilisé afea-finances.com comme nom de contact pour suivre leurs victimes, ont affiché les coordonnées précises d’une société française existante, dont le SIREN 523614881 et le siège parisien, pour dissimuler l’absence totale de réalité de leur offre, puis ont effacé les deux noms du registre .com une fois leur activité terminée. Les personnes qui ont versé des fonds à la suite d’un rappel téléphonique de faux conseillers se retrouvent aujourd’hui face à un double effacement : plus aucune trace d’enregistrement, ni sous une forme ni sous l’autre, et des avoirs dont l’accès est définitivement coupé par la disparition du nom. Cette situation rappelle que la vérification de l’identité réelle d’un acteur financier et de son agrément auprès des autorités compétentes constitue une étape indispensable avant tout versement de fonds, quelle que soit la qualité apparente de la vitrine présentée.
Article réécrit le 30/08/2026


