Elviva Invest arnaque : une inscription au Forex de l’AMF

Une inscription au « Forex » de l’AMF, trois mois après notre article

Le 23 août 2023, le nom « elvivainvest.com/fr » a été ajouté à la qualification « Forex » de la liste noire tenue par l’Autorité des marchés financiers, soit près de trois mois après la publication de notre premier article, daté du 31 mai 2023. Ce premier article ne mentionnait aucune décision de régulateur. La fiche retenue par l’autorité indique qu’aucune habilitation ne lui avait été délivrée pour s’adresser aux épargnants français sur des services ou des placements financiers. L’inscription vise l’adresse française de la vitrine, soit le chemin /fr/, et non la page d’accueil rédigée en anglais.

Aujourd’hui, plus rien ne répond à ce nom. Aucune résolution n’est plus obtenue, ni pour l’adresse principale, ni pour sa version précédée de www. Aucune ligne ne subsiste dans le fichier des enregistrements du .com : le même contrôle, appliqué le jour même à un domaine voisin toujours inscrit, rendait au contraire une fiche entière, ce qui exclut un défaut de notre côté. Le nom avait été déposé le 2 mars 2023 auprès du bureau d’enregistrement Namecheap, avec une échéance fixée au 2 mars 2024 ; cette échéance n’a pas été reconduite, et le nom a depuis disparu du registre. Le nom du titulaire n’était pas publié : un prestataire islandais de protection de l’identité occupait cette place. La gestion des serveurs de noms revenait à Cloudflare et la signature DNSSEC faisait défaut. La qualification retenue, la date d’inscription et les éléments techniques figurent sur l’inscription de ce nom sur les listes de l’AMF.

Le lot publié par le régulateur à cette date comportait d’autres noms, dont acapitalgroup.co, dont nous avons documenté le fonctionnement dans un article distinct. cityinv260, retenu le même jour, a fait l’objet d’un article séparé qui aide à comprendre comment ces dossiers sont documentés. La date commune ne signifie pas que ces acteurs partagent une origine : chaque dossier est instruit pour lui-même.

Ce qui subsiste des données d’enregistrement du domaine figure sur la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Dernière mise à jour : 15/09/2026

Derrière le numéro affiché se trouve une société britannique bien réelle

Le pied de page de la vitrine, tel qu’il a été relevé par un constat dressé le 19 mai 2023 selon le protocole AFNOR Z67-147, portait la mention suivante : « © 2023 Elviva. Tous droits réservés. Elviva Investors Holdings Limited 2045601. Registered Office: St Helen’s, 1 Undershaft, London EC3P 3DQ. » Le numéro 2045601 est un numéro d’immatriculation britannique réel. Une vérification conduite le 15 septembre 2026 au registre des sociétés du Royaume-Uni établit que ce numéro correspond à AVIVA INVESTORS HOLDINGS LIMITED, société immatriculée le 11 août 1986, toujours active, dont le code d’activité déclaré vise les activités des sociétés holding. Son siège inscrit se trouve à Londres, dans le code postal EC3M 4AE, ce qui ne correspond pas à l’adresse postale annoncée dans le pied de page de la vitrine.

La vitrine a donc emprunté le numéro d’une société existante pour se donner une apparence de légitimité, tout en indiquant une adresse postale qui ne correspond pas au siège réel de cette société. Le dossier du thème utilisé par la page portait lui-même le nom « avivainvest », trace de la proximité entre les deux appellations jusque dans les fichiers du site. Aucun élément du dossier n’établit de lien entre AVIVA INVESTORS HOLDINGS LIMITED et l’exploitation de la vitrine elvivainvest.com : cette société est totalement tierce à l’affaire.

Le titre de la vitrine est resté celui d’un modèle acheté

Le constat dressé selon le protocole AFNOR Z67-147 le 19 mai 2023, alors que la vitrine fonctionnait à l’adresse https://elvivainvest.com/, porte sur vingt-trois pages, dont cinq pages sources conservées. Le titre figurant dans le code de la page d’accueil était « Alt plus’s Five-Star Site », formulation qui ne correspond à aucun nom commercial affiché sur la vitrine et qui trahit l’utilisation d’un modèle de site acheté sans personnalisation complète. La page était servie par WordPress 6.2.1 sur une installation PHP 7, avec des ressources chargées depuis des réseaux de diffusion publics, dont ceux de Cloudflare, de Google et d’une bibliothèque de paquets JavaScript, ainsi que depuis le réseau de diffusion d’une plateforme de création de sites.

Quatre versions linguistiques étaient déclarées par les balises de langue : le français, l’anglais, l’espagnol et l’arabe. Un service de géolocalisation était appelé depuis la page, ce qui permettait d’adapter l’affichage selon la provenance du visiteur. Les adresses internes relevées lors du constat comprenaient notamment /fr/, /fr/about-us/, /fr/legal/ et /fr/contact-us/. L’adresse IP cible était 172.67.212.210, dans le réseau de diffusion de Cloudflare. Ces éléments techniques décrivent une infrastructure légère, montée rapidement à partir de composants génériques, sans investissement dans une identité propre.

Ce que la vitrine proposait aux épargnants

La vitrine se présentait comme un courtier multi-supports, avec des rubriques dédiées au Forex, aux lingots, aux marchandises, aux actions et parts, aux contrats limités, aux crypto-monnaies et aux indices. Des rubriques éducatives complétaient l’offre : calendrier économique, calculs, calcul des swaps, analyse technique, analyse fondamentale et analyse des bougies. Un espace client vers lequel le visiteur était redirigé, une adresse de contact unique ([email protected]) et un service client annoncé disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec des gestionnaires de comptes multilingues composaient le dispositif de contact. Un programme d’affiliation était également proposé.

La grille d’abonnement présentait plusieurs paliers, dont un palier annoncé entre 500 et 999 dollars mettant en avant un robot de trading, un nombre de transactions quotidiennes encadré entre cinq et huit selon le palier, et une rémunération présentée comme un pourcentage du revenu quotidien ou mensuel, allant jusqu’à 20 % puis jusqu’à 30 % selon le palier. Un bloc intitulé « Intégrations » évoquait des partenariats avec de grandes entreprises, et des profils présentés comme des conseillers financiers seniors étaient accompagnés des logos de plateformes d’échange et de réseaux de cartes bancaires, sans qu’aucun accord ne soit établi par une pièce du dossier. Aucun régulateur, aucune autorisation et aucune entité juridique n’étaient mentionnés ailleurs que dans le pied de page. Les pages conservées comportent par ailleurs un passage décrivant un « processus de récupération » ouvert contre le versement de 250 dollars, texte qui ne correspond à aucun service identifié sur le reste de la vitrine et qui a été laissé en place, vestige d’un autre modèle de démarchage.

Ce que la disparition du site laisse comme recours aux victimes

Le nom ne répond plus, le titulaire n’a jamais été identifié, et le numéro de société affiché appartient à une entité qui n’a aucun lien avec l’exploitation de la vitrine. Ce que le dossier conserve, en revanche, ce sont les pages sources saisies lors du constat du 19 mai 2023 : elles établissent la réalité du contenu, les promesses de rendement, la grille tarifaire et l’identité visuelle telle qu’elle était présentée aux épargnants. Ces pièces ont une valeur probatoire que la disparition du nom ne remet pas en cause. Les relevés bancaires attestant des virements effectués, les courriels échangés avec l’adresse [email protected] et toute capture d’écran conservée par les personnes concernées constituent autant d’éléments à réunir sans délai.

Une victoire obtenue devant la cour d’appel de Paris dans un dossier d’escroquerie : c’est le point de départ retenu par Maître Goce Novakov, avocat rattaché au barreau dont Paris est le siège, pour décrire concrètement comment une telle affaire est portée devant une juridiction.

Réunir les pièces et engager les démarches

Il faut d’abord mettre de côté tout ce qui peut servir de preuve : relevés de compte, confirmations de virement, courriels reçus ou envoyés, captures d’écran de l’espace client, et tout document remis par la vitrine. Ces éléments doivent être conservés dans leur format d’origine, sans modification. Une plainte peut être déposée sur cette base auprès d’un service de police judiciaire. Notre page consacrée à la plainte pour escroquerie devant le juge pénal expose les voies accessibles selon la situation de chacun.

Un signalement complémentaire adressé au régulateur reste possible, l’inscription étant déjà acquise : il peut enrichir le dossier administratif et faciliter d’éventuelles enquêtes. Le récapitulatif de ces décisions se lit sur les pages que l’AMF consacre aux listes noires. Pour les personnes ayant envoyé des fonds à elvivainvest.com, la situation est celle d’un interlocuteur disparu sans laisser d’adresse identifiable, ce qui rend la constitution du dossier d’autant plus décisive. Un examen conduit avec BrokerDefense, avant d’engager la moindre démarche, aide à distinguer ce qui peut encore servir.

Questions fréquentes sur Elviva Invest

Pourquoi le nom elvivainvest.com/fr figure-t-il sur une liste de l’AMF ?

Ces listes servent à alerter le public sur des prestataires qui proposent des services financiers sans y être habilités en France. Le chemin elvivainvest.com/fr y figure à la qualification « Forex » depuis le 23 août 2023, ce qui signifie que le régulateur a estimé que cet acteur s’adressait aux épargnants français sans détenir les autorisations correspondantes. Elle a une valeur documentaire durable : même si le nom ne répond plus, la fiche reste accessible et peut être produite dans le cadre de démarches judiciaires ou administratives.

Un numéro de société britannique affiché en pied de page garantit-il quelque chose ?

Non. L’affichage d’un numéro d’immatriculation britannique ne constitue pas une preuve d’agrément ni de supervision par un régulateur financier. Dans le cas d’elvivainvest.com, le numéro affiché correspondait à une société réelle et active, mais totalement étrangère à la vitrine, dont l’adresse postale indiquée ne correspondait pas non plus au siège inscrit de cette société. Ce procédé vise à créer une apparence de légitimité sans engager aucune entité réelle. Avant de confier des fonds à un courtier qui se présente comme enregistré au Royaume-Uni, il convient de vérifier directement auprès du registre britannique des sociétés que le numéro affiché correspond bien au nom commercial utilisé, et de s’assurer séparément que l’entité dispose d’un agrément délivré par une autorité de supervision financière compétente.

Quels recours restent ouverts à une personne qui a viré des fonds à Elviva Invest ?

La disparition du nom ne clôt pas les recours disponibles. Les relevés bancaires, les confirmations de virement et les courriels échangés avec la vitrine constituent des preuves qui conservent leur valeur probatoire indépendamment de l’état du site. Un dépôt de plainte auprès des autorités compétentes reste possible sur cette base, et un signalement auprès du régulateur peut compléter le dossier. Il est également utile de contacter sa banque pour examiner si une procédure de contestation de virement est encore ouverte selon les délais applicables.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 15/09/2026

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