Autofxbroker arnaque : l’inscription de l’AMF tient toujours

Un signalement de l’AMF jamais retiré, un nom devenu muet

Le 24 avril 2023, l’Autorité des marchés financiers a retenu le nom www.autofxbroker.com sous la qualification « Forex », dans les listes qu’elle diffuse. Notre article consacré à cette vitrine est paru le 25 mai 2023, soit un mois après cette date. Au moment où nous publiions ce dossier, l’inscription existait donc déjà. Elle figure encore dans le relevé de listes arrêté au 4 septembre 2026, sous la même qualification, sans avoir jamais été levée. La fiche publiée par l’Autorité des marchés financiers indique que cet acteur n’est pas habilité à proposer certains services ou placements financiers en France.

La proximité entre la date retenue par le régulateur et la date de notre article appelle une précision nécessaire : les vérifications conduites par une autorité de contrôle obéissent à un calendrier qui leur est propre, sans lien avec nos travaux. Le fait que notre article soit paru après l’inscription du 24 avril 2023 ne signifie ni que l’Autorité aurait suivi nos travaux, ni l’inverse. Aucune causalité, dans un sens ou dans l’autre, ne peut être établie sur la seule base de cette chronologie.

L’état relevé le 15 septembre 2026 est sans ambiguïté : aucune de ses formes ne répond, de l’adresse de base à sa graphie en www et à chacun de ses sous-domaines. Aucun service de messagerie ne répond non plus, et plus aucune fiche ne porte ce nom au répertoire d’enregistrement. La variante écrite avec un tiret entre « auto » et « fx » aboutit au même silence. Le nom ne peut plus être joint sous aucune de ses formes connues. Les éléments d’enregistrement encore consultables pour ce nom sont réunis dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools.

Dernière mise à jour : 15/09/2026

L’offre affichée : CFD, cryptomonnaies, métaux et indices

Sur la copie conservée du 12 février 2025, la vitrine se présentait sous le titre d’onglet « AutoFX Broker | CFD, Cryptocurrency, Metals, Indices & Social Trading Broker ». Dès la tête de page, un avertissement de risque était affiché en anglais : « Les CFD sont des instruments complexes, dont l’effet de levier peut faire perdre de l’argent tres rapidement. 64 % des particuliers qui negocient des CFD avec ce prestataire y perdent de l’argent. » Ce chiffre de 64 % était donc visible sans qu’aucune identité d’émetteur n’y soit attachée.

Le menu de navigation proposait huit rubriques : « About », « Products », « Accounts », « Platform », « Services », « Auto Managers », « Auto Copy » et « Affiliation », auxquelles s’ajoutait un lien « Contact us ». Parmi les arguments mis en avant figuraient un dépôt minimum de 100 dollars, un effet de levier annoncé à 1:200, un argument de « fonds réglementés et ségrégués », une affiliation multi-niveaux et un support multilingue. Les dépôts et retraits annoncés passaient par le bitcoin, l’ether, le jeton USDT et la carte bancaire. Trois formules de compte étaient proposées : un compte d’investissement, un compte standard et un compte de démonstration.

La vitrine expliquait aussi permettre de confier ses fonds à un opérateur ou à un algorithme présenté comme vérifié. Sur le plan tarifaire, elle avançait cet argument : « By eliminating all unnecessary commissions and applying the lowest spreads, Auto offers its managers and investors the opportunity to trade and invest in the markets with the same advantages as professionals in the trading room. » En pied de page, des clauses de décharge invitaient le visiteur à consulter « un conseiller financier indépendant agréé » et précisaient qu’en aucune circonstance la vitrine ne saurait être tenue responsable.

Rien n’y désignait une société, son immatriculation ou son adresse, et aucune autorité de tutelle n’était mentionnée, ni sur la page d’accueil ni dans les rubriques accessibles de cette copie. Cette absence de mentions légales identifiables constituait déjà le constat central de l’article publié en mai 2023.

Un enregistrement pris chez Wix en mars 2022, derrière un masque

Le nom autofxbroker.com a été créé le 4 mars 2022. Le bureau d’enregistrement retenu était Wix.Com Ltd, portant l’identifiant IANA 3817. Dès l’origine, les données du titulaire étaient masquées sous une mention de masquage statutaire, et l’adresse de contact déclarée au répertoire correspondait à une adresse de service appartenant au bureau d’enregistrement lui-même. Les serveurs de noms associés étaient ns6.wixdns.net et ns7.wixdns.net.

L’ancien relevé d’enregistrement portait une échéance au 4 mars 2025. Cette mention ne permet pas de conclure que le nom aurait cessé d’être renouvelé à cette date : les certificats observés dans les relevés de transparence la contredisent directement. Le dernier certificat couvrant l’adresse principale ainsi que les sous-domaines m, wap et www a été émis le 3 avril 2026 et courait jusqu’au 2 juillet 2026, soit bien après l’échéance portée par l’ancien relevé.

Nos relevés techniques indiquent que la vitrine reposait sur le moteur de publication et l’hébergement d’un même prestataire de création de sites, avec des pages servies depuis ses serveurs de médias. L’encaissement était proposé par PayPal, les prix étaient affichés en euros, et l’infrastructure de nuage était sollicitée pour l’acheminement des pages. Le nom disposait de versions linguistiques en français, en anglais et en espagnol, ainsi que de sous-domaines de démonstration et de démonstration en direct. Les certificats successifs attestent d’une présence maintenue bien au-delà de ce que les données d’enregistrement auraient pu laisser supposer.

Entre février et juillet 2025, une page en chinois remplace la vitrine

Sur la copie publique conservée du 12 février 2025, la vitrine de courtage était encore pleinement servie, avec une page d’environ 111 kilo-octets reprenant les mêmes rubriques et les mêmes arguments commerciaux que ceux observés depuis l’origine. Rien, à cette date, ne signalait une cessation imminente.

La rupture intervient à partir du 12 juillet 2025. Les copies conservées à compter de cette date ne restituent plus qu’une page très courte, d’environ dix kilo-octets, qui présente un établissement d’enseignement de langue chinoise, sans aucun rapport avec le courtage ou la finance. Cette page sans lien avec l’offre initiale se retrouve identique sur les relevés conservés de 2025 et de 2026, la dernière copie disponible étant datée du 11 mai 2026. Après cette date, les relevés conservés ne retournent plus rien.

La succession de ces relevés établit que la vitrine de courtage a cessé d’être servie entre le 12 février et le 12 juillet 2025, et qu’un contenu sans rapport avec la finance l’a temporairement remplacée avant que le nom ne devienne muet. Ces relevés n’établissent en revanche aucune conclusion sur le sort juridique du nom au répertoire d’enregistrement : nos vérifications ne permettent pas de trancher cette question.

Un parallèle peut être tracé avec d’autres dossiers documentés par BrokerDefense. Le dossier consacré à RXK Capital présente une configuration comparable : le même régulateur y a retenu le nom sous la qualification « Forex » alors que la vitrine avait déjà cessé d’être servie. Dans un registre différent, le dossier XMarket Finance documente un nom également porté par le fichier du régulateur, sans que cette inscription ait suffi à interrompre son activité au moment des faits.

Interroger la banque et conserver les échanges écrits

Pour toute personne ayant effectué des virements vers l’interface proposée par autofxbroker.com, la première démarche utile consiste à rassembler l’intégralité des relevés bancaires correspondant aux opérations effectuées. Il s’agit d’identifier précisément quel établissement a encaissé chaque somme, en remontant la chaîne des flux jusqu’au bénéficiaire réel. Une banque qui a laissé passer des opérations présentant des caractéristiques anormales peut voir sa responsabilité engagée : ce point mérite d’être soulevé explicitement auprès d’elle, par écrit.

Les échanges écrits avec les interlocuteurs présentés comme conseillers ou gestionnaires de compte constituent des pièces à part entière. Courriels, messages reçus via l’interface, notifications de gains ou de retraits refusés : aucun de ces documents ne doit être supprimé. Leur valeur probatoire dépend de leur intégrité, ce qui impose de garder les pièces en l’état, sans les retoucher.

Les dépôts annoncés en bitcoin, ether et jeton USDT appellent un traitement distinct. Les relevés issus des portefeuilles numériques utilisés, les adresses de destination des transferts et les confirmations de transaction sur les réseaux concernés doivent être rassemblés séparément des pièces bancaires classiques. Ces éléments techniques sont indispensables à toute démarche ultérieure.

La voie pénale, par un dépôt de plainte, reste ouverte dès lors que les pièces sont réunies. Cette étape suppose d’avoir préalablement mis en ordre l’ensemble du dossier factuel.

Maître Denitza Gueorguieva, avocate que le barreau de Lyon compte parmi ses membres, expose un dossier de placement dans les métaux précieux : la victime a obtenu gain de cause devant le tribunal judiciaire de Perpignan, au terme d’une procédure civile d’environ dix-huit mois, et la voie d’un accord amiable a été évoquée. Sa démonstration éclaire la façon dont un dossier de versements peut être assemblé.

Autofxbroker : ce que le dossier permet de répondre

Autofxbroker.com figure-t-il sur une liste de l’AMF ?

Oui. Le nom www.autofxbroker.com est porté sous la qualification « Forex » par le régulateur français depuis le 24 avril 2023. Cette inscription n’a jamais été retirée et figurait encore dans son relevé arrêté au 4 septembre 2026. Le régulateur indique que cet acteur n’est pas habilité à proposer certains services ou placements financiers en France.

Peut-on encore joindre autofxbroker.com ?

Non. Le relevé du 15 septembre 2026 confirme que le nom ne répond plus sous aucune de ses formes : l’adresse de base, la graphie en www et les sous-domaines sont également muets. Aucun service de messagerie ne répond. Au répertoire d’enregistrement, plus aucune fiche ne porte ce nom. La variante avec un tiret entre « auto » et « fx » est dans le même état.

Que faire si l’on a déposé des fonds sur autofxbroker.com ?

Il convient de rassembler sans délai les relevés bancaires de toutes les opérations effectuées vers cette interface, les échanges écrits avec ses interlocuteurs, ainsi que les relevés des transferts en cryptomonnaies le cas échéant. Ces pièces sont nécessaires pour interroger sa banque sur sa responsabilité et pour envisager un dépôt de plainte. BrokerDefense peut orienter les personnes concernées vers les démarches adaptées à leur situation.

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Article réécrit le 15/09/2026

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