cryptofxdividedpro.com arnaque : un numéro britannique emprunté

Un nom absent du registre, une immatriculation britannique sans titulaire

Le nom cryptofxdividedpro.com ne résout plus dans le DNS et ne figure plus au registre des noms de domaine. Pour écarter tout incident de consultation, un contrôle effectué simultanément sur un nom enregistré du même registre a répondu normalement : l’absence constatée pour cryptofxdividedpro.com est bien une disparition effective au registre.

Ce premier constat se double d’un élément plus grave. La vitrine affichait en bonne place « Reg name: CryptofxdividedproLTD », « Number: #13699699 » et « UK LEGAL REGISTRATION №13699699 », avec une invitation explicite à vérifier ce numéro. La recherche du nom « Cryptofxdividedpro » au registre britannique des sociétés ne renvoie aucune société. Le numéro 13699699 existe, mais il désigne une entité distincte, sans lien établi avec la plateforme. Afficher un numéro d’immatriculation qui n’appartient pas à la structure est le signal le plus net d’une vitrine construite pour paraître légitime sans l’être. Le dossier gorvulikent avait déjà montré une plateforme se murant derrière des écrans d’erreur ; ici, c’est le nom lui-même qui a cessé d’exister au registre.

La vitrine affichait également « © Copyright, 2018 », alors que le nom de domaine n’a été créé qu’en mars 2023. Cette contradiction entre l’ancienneté revendiquée et la date d’enregistrement réelle est un indicateur récurrent dans les vitrines de faux placement.

Dernière mise à jour : 16/09/2026

Le numéro 13699699 et la société londonienne dissoute de juin 2023

Le numéro 13699699 correspond, au registre britannique des sociétés, à une entité enregistrée le 23 octobre 2021 à l’adresse 48 Warwick Street, Londres W1B 5AW, dont l’activité déclarée relève de la gestion financière et des structures d’investissement. Cette société a été dissoute le 13 juin 2023, soit peu après la période d’activité de la vitrine. Elle constitue un tiers : rien n’établit qu’elle soit liée à cryptofxdividedpro.com, et aucun document publié sur le site n’en attestait l’usage légitime.

Reprendre le numéro d’immatriculation d’une société tierce sans en être titulaire revient à se prévaloir d’une existence juridique fictive. La vérification est publique, gratuite et accessible à quiconque dispose du numéro : l’invitation à « vérifier » affichée sur la vitrine misait vraisemblablement sur le fait que peu de visiteurs iraient jusqu’à confronter le nom de la plateforme à celui inscrit au registre pour ce même numéro. Le procédé se retrouve dans le dossier keylinefinance, où une mention « UK Company Registration Number » était affichée sans qu’aucun numéro ne soit renseigné et sans qu’aucune société de ce nom figure au registre britannique.

Le robot maison, les gains affichés en direct et les statistiques invérifiables

La vitrine articulait son discours commercial autour d’un « robot » présenté comme développé en interne, censé anticiper les mouvements du bitcoin et « générer un profit quotidien » sans intervention de l’utilisateur. Elle revendiquait six ans d’ancienneté et affichait un compteur de statistiques : 412 jours d’activité, 8 965 membres, 3 384 989 dollars investis, 1 168 885 dollars versés. Aucun document tiers ne corrobore ces chiffres. Un programme d’affiliation à quatre niveaux, rémunéré de 7 % à 1 %, complétait le dispositif, avec des paiements décrits comme anonymes.

En décoration continue, la page diffusait un flux de gains attribués à des internautes anonymes, du type « Darren from INDIA has just Earned $8221 » ou « Greyson from MALDIVES has just Earned $9145 ». Ce type de bandeau, conçu pour créer une impression d’activité et de profitabilité constantes, est caractéristique des interfaces qui cherchent à déclencher un dépôt par effet d’imitation.

Laravel, cPanel et widgets de marché : l’ossature figée par le constat de mai 2023

Notre constat du 5 mai 2023, dressé selon le référentiel AFNOR Z67-147, a figé trois pages de la vitrine, servies depuis l’adresse 178.33.122.199. Les éléments relevés sur la copie conservée indiquent une application bâtie sur le cadriciel Laravel, les visuels étant servis depuis un chemin de stockage applicatif. Le serveur web était LiteSpeed, avec prise en charge du protocole QUIC et de HTTP/3, signalée par un en-tête Alt-Svc. La page était en HTML5, encodée en UTF-8, et intégrait un jeton anti-falsification de formulaire, une feuille de style Bootstrap et un carrousel OWL.

Nos recherches ont également relevé, disposés en décoration, des widgets de marché TradingView (bandeau défilant, aperçu de marché, taux croisés) et un widget de cotation Coinlib. Ces éléments n’avaient aucune fonction opérationnelle dans le contexte du site : ils servaient à habiller l’interface d’une apparence professionnelle. La messagerie d’assistance était assurée par Tidio ; un module CardinalCommerce gérait l’authentification de paiement. Des certificats couvrant le nom ont encore été émis le 10 avril 2024, valables jusqu’au 9 juillet 2024, délivrés par la même autorité de l’hébergement mutualisé qui gérait aussi les noms techniques cpanel, webmail, webdisk, cpcontacts, cpcalendars et sitemap. L’exploitation a donc été entretenue techniquement bien après la publication de notre premier article, avant la disparition du nom.

Un enregistrement chez OwnRegistrar derrière le masque WhoisSecure

Le nom cryptofxdividedpro.com a été créé le 13 mars 2023 chez OwnRegistrar, Inc. (identifiant IANA 1250), via un revendeur nommé Dublick. Le titulaire était masqué par un service de confidentialité, WhoisSecure, domicilié à Los Angeles, en Californie. Les serveurs de noms étaient dub1.cloudserverwebhost.com et dub2.cloudserverwebhost.com. L’échéance portée sur la fiche relevée en 2023 était fixée au 13 mars 2024.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Les premières copies publiques conservées remontent au 15 mars 2023, soit deux jours après la création du nom. Les dernières datent du 22 juillet 2023. Le nom de cette vitrine ne figure dans aucune des mises en garde publiées par le site de l’AMF. Cette absence ne vaut ni autorisation ni régularité d’aucune sorte.

Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont Paris abrite le barreau, qui revient dans l’entretien ci-dessous sur la responsabilité de la banque dans les dossiers d’escroquerie et de faux investissement : le devoir de vigilance des établissements, la condamnation solidaire d’une banque devant une juridiction française, et la récupération effective de fonds pour une victime.

La plainte et le dossier de preuves après la fermeture du nom

Que le nom ait disparu ne supprime pas toute possibilité d’agir. Les virements bancaires effectués par les victimes constituent des traces documentaires exploitables : relevés, ordres de virement, confirmations reçues par courriel ou par l’interface de la plateforme permettent de reconstituer la chronologie des dépôts et d’en établir le montant total. Les échanges avec l’assistance de la plateforme, que celle-ci ait opéré via Tidio ou par tout autre canal, sont également des pièces à conserver intégralement, qu’il s’agisse de transcriptions de sessions de chat, de courriels ou de captures d’écran horodatées.

La constitution du dossier conditionne l’efficacité de toute démarche ultérieure. Le détail des pièces à rassembler figure sur la plainte pénale et les pièces qui l’accompagnent. Ce qui doit être produit varie selon la nature des preuves disponibles et la juridiction concernée.

Les questions que l’on nous adresse sur cette plateforme

Le numéro d’immatriculation britannique affiché sur cryptofxdividedpro.com prouve-t-il que la société existait légalement ?

Non. Le numéro 13699699 appartient à une société tierce enregistrée à Londres, sans lien établi avec la plateforme. La recherche du nom « Cryptofxdividedpro » au registre britannique des sociétés ne renvoie aucun résultat. Afficher un numéro d’immatriculation qui ne désigne pas la structure exploitant le site ne constitue aucune preuve d’existence juridique.

Mes fonds sont-ils récupérables maintenant que le site a disparu ?

La disparition du nom de domaine réduit les possibilités d’action directe, mais elle ne les supprime pas. Les virements bancaires tracés, les confirmations de dépôt et les échanges avec l’assistance de la plateforme restent des pièces exploitables pour une plainte pénale ou une contestation bancaire. La qualité du dossier de preuves constitué au moment des faits est déterminante.

Le robot décrit sur la vitrine pouvait-il réellement générer des profits sur le bitcoin ?

Aucun élément vérifiable ne corroborait cette affirmation. Les statistiques affichées (membres, fonds investis, sommes versées) n’étaient étayées par aucun document tiers. Le bandeau de gains en temps réel attribués à des internautes anonymes est un procédé d’interface destiné à créer une impression d’activité, sans valeur probante.

Cryptofxdividedpro.com ciblait des personnes disposées à confier des fonds sur une interface de placement en cryptomonnaies : des dépôts initiaux suivis de sollicitations pour des versements supplémentaires, au terme desquels le site a simplement cessé d’exister. Les preuves accumulées pendant la relation avec la plateforme, qu’il s’agisse de relevés bancaires ou de messages échangés avec l’assistance, restent le principal levier disponible. Une première lecture du dossier par BrokerDefense permet de trier ce qui peut encore être produit.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Article réécrit le 16/09/2026

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