Le nom de domaine resolutionsoperations.com a été rayé du registre mondial des .com : en août 2026, cinq ans après que BrokerDefense a documenté l’usurpation de la firme britannique Resolution Operations LLP, le registre lui-même ne connaît plus ce nom.
Sommaire
- Un nom rayé du registre .com cinq ans après l’alerte
- Resolution Operations LLP, la firme britannique derrière l’usurpation
- Une adresse londonienne et des mentions légales inventées
- Le faux numéro REGAFI 73632
- Victimes de la fausse Resolution Operations : que faire ?
- FAQ : que sait-on du nom resolutionsoperations.com ?
Un nom rayé du registre .com cinq ans après l’alerte
La disparition de resolutionsoperations.com dépasse le simple arrêt technique d’un site frauduleux. En mai 2021, BrokerDefense publiait une première alerte sur cette plateforme, identifiée comme une plateforme usurpant l’identité d’une firme britannique réelle. Cinq ans plus tard, nos vérifications techniques menées en août 2026 confirment une suppression totale : le domaine ne répond plus à aucune requête, le DNS ne renvoie plus rien, et ce n’est pas tout. Le service RDAP de Verisign, autorité du registre .com, renvoie une erreur 404. Le WHOIS du registre répond textuellement : « No match for RESOLUTIONSOPERATIONS.COM ». Le nom n’existe plus dans le registre des .com. Aucune inscription ne le concerne. Ce n’est pas une suspension, ce n’est pas une expiration laissée en attente : le nom a été effacé. L’ensemble du dispositif frauduleux a été démantelé jusqu’à son identifiant de base.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Dernière mise à jour : 28/08/2026
Resolution Operations LLP, la firme britannique derrière l’usurpation
Ce que le site ne disait pas, et que ses visiteurs ne pouvaient pas deviner : resolutionsoperations.com n’avait aucun lien avec la société dont il portait le nom. Resolution Operations LLP est une firme britannique réelle, agréée par la Financial Conduct Authority sous le numéro de licence 488781. Son inscription figure sur la fiche de Resolution Operations LLP sur le registre de la Financial Conduct Authority. La seule adresse électronique reconnue par le régulateur pour cette société est [email protected]. L’adresse [email protected], mise en avant par la fausse plateforme, n’apparaît nulle part dans le registre officiel.
L’usurpation d’une firme agréée par un régulateur de premier plan constitue l’une des formes les plus trompeuses de fraude à l’investissement : elle exploite la confiance que les épargnants accordent, à juste titre, aux sociétés effectivement autorisées. Ce procédé rappelle newpatrimoine.com et ldc-crypto.com, deux autres usurpations d’identité de sociétés réelles documentées par BrokerDefense. Dans ces affaires comme dans celle-ci, les auteurs s’appropriaient le nom, le prestige réglementaire et parfois l’adresse physique d’une entité légitime, tout en opérant depuis un dispositif entièrement distinct.
Une adresse londonienne et des mentions légales inventées
La façade de resolutionsoperations.com reposait sur un emprunt géographique manifeste : le site affichait l’adresse 2 Queen Anne’s Gate, au Royaume-Uni, une localisation londonienne censée rassurer les visiteurs quant à la solidité et au sérieux de la prétendue firme d’investissement. Pourtant, l’intégralité du contenu était rédigée en français. À l’exception du mot « copyright » figurant en bas de page, aucun élément anglais n’apparaissait sur un site qui se prétendait opérer depuis la capitale britannique.
Les mentions légales apportaient une contradiction plus révélatrice encore. Elles contenaient une clause stipulant que tout litige en relation avec l’utilisation du site serait soumis au droit français, avec attribution exclusive de juridiction aux tribunaux compétents de Paris. Pour une prétendue firme londonienne, agréée par un régulateur britannique, soumettre ses relations contractuelles au droit français et aux juges parisiens constituait une incohérence fondamentale. Ces éléments, pris ensemble, trahissaient sans ambiguïté la nature artificielle de la façade : le site n’était pas une firme anglaise opérant en France, mais une construction entièrement française cherchant à se couvrir du prestige d’une adresse londonienne.
Le faux numéro REGAFI 73632
Pour renforcer l’illusion de conformité réglementaire, resolutionsoperations.com affichait un numéro d’immatriculation REGAFI : le 73632. Le REGAFI est le registre officiel des agents financiers en France, tenu par la Banque de France. Un numéro d’immatriculation visible sur un site financier peut légitimement rassurer un investisseur peu familier des vérifications réglementaires.
Deux problèmes rendaient cette mention frauduleuse. D’abord, le lien hypertexte attaché à ce numéro ne pointait pas vers le registre REGAFI, mais vers le site lui-même : un visiteur qui aurait cliqué pour vérifier aurait simplement été renvoyé vers la plateforme des escrocs. Ensuite, et c’est l’essentiel, ce numéro n’existe pas. Il n’est attribué à aucune firme dans le registre officiel, comme le confirme la recherche du numéro 73632 sur le site du REGAFI. La manœuvre était donc doublement frauduleuse : un numéro inventé, présenté avec un lien qui empêchait toute vérification indépendante.
Pour comprendre les recours possibles après une escroquerie à l’investissement, Me Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient sur un jugement d’escroquerie obtenu devant le tribunal judiciaire de Troyes : condamnation de la banque pour manquement au devoir de vigilance, virements frauduleux et indemnisation des victimes.
Victimes de la fausse Resolution Operations : que faire ?
Les personnes qui ont été en contact avec resolutionsoperations.com et qui ont effectué des virements vers les comptes contrôlés par les auteurs de cette fraude doivent agir sans délai. Plusieurs démarches s’imposent, en fonction du moment et des montants concernés.
En premier lieu, il convient de rassembler l’ensemble des preuves disponibles : courriels échangés avec la plateforme, captures d’écran des pages du site, relevés bancaires attestant des virements effectués, et tout document remis par les opérateurs (contrats, relevés de compte fictifs, instructions de paiement). Ces éléments constituent le socle d’un dossier pénal et civil solide.
En deuxième lieu, il est utile de vérifier directement, sur le registre officiel de la Financial Conduct Authority, l’agrément réel de Resolution Operations LLP sous le numéro 488781, afin de confirmer que la société usurpée est distincte de la plateforme frauduleuse avec laquelle le contact a été établi. Cette vérification peut être utile pour démontrer l’usurpation d’identité dans le cadre d’une plainte.
En troisième lieu, le faux numéro REGAFI 73632, inexistant dans le registre officiel, constitue un élément à charge supplémentaire à mentionner dans tout signalement aux autorités. La présentation d’un numéro réglementaire inventé, accompagné d’un lien détourné, caractérise une tromperie délibérée sur la nature et l’agrément de la plateforme.
Nous recommandons également de porter plainte auprès des services de police ou de gendarmerie compétents, en précisant les circonstances de la mise en relation avec la fausse plateforme, les sommes versées et les interlocuteurs identifiés. Un dépôt de plainte formel est indispensable pour déclencher une enquête et, le cas échéant, obtenir une indemnisation.
FAQ : que sait-on du nom resolutionsoperations.com ?
Voici les réponses aux questions les plus fréquemment posées sur cette affaire.
Non. Le nom de domaine a été rayé du registre .com : le RDAP de Verisign ne renvoie plus aucune donnée et le WHOIS du registre répond « No match ». Le site est inaccessible et son nom n’existe plus dans le registre des .com.
Oui. Resolution Operations LLP est une firme britannique réelle, agréée par la Financial Conduct Authority sous le numéro de licence 488781. Le site resolutionsoperations.com n’avait aucun lien avec elle : il s’agissait d’une usurpation d’identité, avec une adresse londonienne inventée et un faux numéro d’immatriculation REGAFI.
Cesser tout échange, conserver l’ensemble des preuves (courriels, captures d’écran, relevés de virements) et contacter notre service d’aide aux victimes. Il est également possible de vérifier l’agrément de la société usurpée sur le registre officiel de la Financial Conduct Authority.
Quiconque a versé des fonds à resolutionsoperations.com en croyant avoir affaire à une firme d’investissement londonienne agréée se trouve dans la situation classique des victimes d’usurpation de firme réglementée : les sommes ont transité vers des comptes contrôlés par les auteurs de la fraude, sous couvert d’un nom emprunté à une société britannique légitime. La radiation du nom de domaine du registre .com confirme que le dispositif a été intégralement abandonné, mais elle ne règle pas la situation des personnes lésées. BrokerDefense rappelle que tout engagement financier auprès d’une plateforme se réclamant d’un agrément régulateur mérite d’être vérifié au préalable, directement sur les registres officiels, avant tout virement. Notre équipe est disponible pour évaluer chaque situation individuellement.
Article réécrit le 28/08/2026


