Fondations-capital.com arnaque : le nom a disparu du registre

En septembre 2026, les registres publics confirment une donnée définitive : le nom fondations-capital.com a été intégralement effacé du registre des .com. Plus aucun enregistrement n’y subsiste. En novembre 2020, cette plateforme usurpait l’identité d’une société française d’investissement et l’Autorité des marchés financiers l’avait inscrite sur sa liste noire au titre d’une usurpation. Ce que nos vérifications de septembre 2026 révèlent, c’est qu’il ne reste désormais aucune trace de ce nom dans les registres publics : la vitrine trompeuse a disparu sans laisser de successeur visible.

Le nom fondations-capital.com ne figure plus dans le registre des .com

Nos vérifications conduites le 3 septembre 2026 sont sans ambiguïté. La fiche du registre Verisign, autorité compétente pour les domaines en .com, répond à la requête par la mention explicite : « No match for FONDATIONS-CAPITAL.COM ». L’interrogation du protocole RDAP, qui permet d’accéder aux données d’enregistrement d’un nom de domaine selon les standards actuels, renvoie une erreur 404. Enfin, le domaine ne résout plus dans le système de nommage des adresses internet : il ne dispose d’aucun enregistrement A et d’aucun serveur de noms actif. Le nom est muet, introuvable, supprimé.

Cette suppression totale emporte des conséquences concrètes. Plus aucune vitrine n’est accessible sous ce nom. Plus aucun formulaire de collecte de données ou de fonds ne peut y être hébergé. La société française d’investissement dont l’identité avait été empruntée ne peut pas non plus récupérer ce nom à son profit tant qu’un tiers ne l’aura pas réenregistré : le registre est vide, mais pas réservé. Il s’agit d’une extinction complète, près de six ans après la mise en garde du régulateur et l’enquête de novembre 2020.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Dernière mise à jour : 03/09/2026

Une vitrine qui promettait tous les placements à la fois

Pour comprendre pourquoi cette disparition constitue une bonne nouvelle pour les épargnants, il faut revenir sur ce que la vitrine proposait en 2020. L’enquête BrokerDefense de novembre 2020 avait relevé un catalogue de promesses particulièrement étendu : investissement dans le vin, dans la biotechnologie, dans les métaux précieux, dans les cryptomonnaies, dans les sociétés civiles de placement immobilier et sur les marchés boursiers classiques. La plateforme se présentait comme capable d’assurer un « accompagnement parfait » des clients dans chacun de ces domaines simultanément.

Cette promesse de polyvalence absolue constitue en elle-même un signal d’alerte puissant. Une structure de gestion sérieuse dispose d’une spécialisation, d’un cadre réglementaire adapté à ses activités et d’équipes formées à des marchés précis. Prétendre maîtriser à égalité le marché du vin, les actifs numériques et la bourse relève d’une invraisemblance manifeste, que l’enquête de l’époque avait documentée. L’analyse avait par ailleurs établi que le domaine n’avait été lancé qu’en août 2020, soit à peine trois mois avant la mise en garde du régulateur. Une durée d’existence infime, caractéristique des vitrines éphémères conçues pour collecter des fonds avant de disparaître.

Ce type de site n’est pas isolé dans les archives de BrokerDefense. Le 5 novembre 2020, dix jours avant la publication de l’enquête sur fondations-capital.com, BrokerDefense publiait son analyse d’Auuforex.com, un autre site d’arnaque reposant sur une usurpation d’identité et dont le nom a lui aussi été effacé du registre des .com depuis lors. Le procédé employé par ces deux vitrines reposait sur le même principe : emprunter une apparence de légitimité pour tromper des épargnants dans un laps de temps très court.

Un nom d’emprunt : l’usurpation d’une société française d’investissement

L’un des éléments les plus révélateurs de la vitrine de 2020 était son bas de page vide. Les sites d’investissement légitimes y font figurer des mentions légales précises, des conditions générales d’utilisation, une politique de confidentialité et une présentation de la société éditrice. Sur fondations-capital.com, l’enquête BrokerDefense de novembre 2020 n’y avait trouvé aucun de ces éléments. Pas de nom d’éditeur, pas d’adresse vérifiable, pas de numéro d’immatriculation. Ce vide n’était pas un oubli : il était constitutif du mode opératoire.

Car le nom choisi par les éditeurs du site n’était pas neutre. La vitrine laissait entendre qu’elle représentait une entité dénommée « Fondations Capital ». L’enquête de 2020 avait établi que ce nom renvoyait directement à une société française d’investissement parisienne, Fondations Capital Service France, créée en 2007, c’est-à-dire treize ans avant le lancement du domaine frauduleux. Cette société réelle n’entretenait aucun lien avec les éditeurs de la vitrine. Son nom avait simplement été emprunté pour donner une apparence de solidité et d’ancienneté à un site sans existence légale.

Ce mécanisme d’usurpation du nom d’une entité existante était également au cœur de l’enquête que BrokerDefense publiait le 14 novembre 2020, la veille de celle consacrée à fondations-capital.com, sur le site Imaxaltd.com, qui s’appropriait l’identité d’une firme dissoute. Même procédé, même période : ces affaires illustrent une vague coordonnée de vitrines frauduleuses reposant sur le vol de noms à forte résonance professionnelle pour abuser des épargnants.

Le 13 novembre 2020, l’AMF inscrivait la vitrine sur sa liste noire

La mise en garde de l’Autorité des marchés financiers a précédé de deux jours la publication de l’enquête BrokerDefense. Le 13 novembre 2020, l’AMF inscrivait fondations-capital.com sur sa liste noire, avec la qualification explicite d’« Usurpation ». Cette inscription confirme que les conclusions de l’enquête de l’époque correspondaient à la qualification retenue par l’autorité compétente.

Pour les épargnants sollicités par ce type de plateforme, une inscription de l’AMF au titre de l’usurpation constitue un signal d’une gravité particulière. Elle signifie que le site a délibérément emprunté l’identité d’une structure réelle pour induire en erreur des particuliers. Le régulateur ne se prononce pas à la légère sur ce point : l’instruction d’un dossier précède la publication de la mise en garde. Le fait que l’AMF ait publié cet avertissement deux jours seulement avant l’enquête BrokerDefense montre que les deux analyses convergaient vers la même conclusion, indépendamment l’une de l’autre.

Cette mise en garde reste un repère historique utile pour les personnes qui auraient été en contact avec la plateforme à cette époque. Elle fixe une date de référence et une qualification officielle, indépendante de toute appréciation privée.

Les réflexes à garder face à une usurpation d’identité financière

L’affaire fondations-capital.com illustre des mécanismes que les épargnants rencontrent encore aujourd’hui sous des formes variées. Le premier réflexe consiste à vérifier que la société de gestion dont un site se réclame existe bien, et surtout que le site consulté est réellement le sien. Une recherche dans le registre des sociétés, la vérification de l’adresse officielle et la comparaison des dates de création permettent souvent de détecter une incohérence. Un domaine enregistré treize ans après la création d’une société réelle, comme c’était le cas ici, devrait suffire à alerter.

Les mentions légales constituent un second point de contrôle fondamental. Un site d’investissement qui n’identifie pas son éditeur, n’indique ni adresse ni numéro d’enregistrement, et ne propose ni conditions générales ni politique de confidentialité, ne remplit pas les obligations minimales applicables en France. Cette absence n’est jamais anodine : elle traduit une volonté de rester dans l’ombre.

La promesse de tout gérer à la fois, dans des domaines aussi éloignés les uns des autres que le vin, les cryptomonnaies et l’immobilier, doit également éveiller la méfiance. Les acteurs sérieux définissent un périmètre d’activité encadré par leur agrément. Une offre sans frontières est rarement une offre sincère.

Pour les personnes qui ont transféré des fonds ou transmis des documents personnels à cette plateforme, la priorité est de conserver l’intégralité des traces disponibles : échanges par courriel ou messagerie, relevés de virements, copies des documents envoyés, captures d’écran. Il convient de ne plus répondre aux sollicitations éventuelles et de signaler les faits aux autorités compétentes. Pour engager une procédure, la page dédiée aux démarches pénales et à la possibilité de porter plainte détaille les étapes à suivre selon la situation. Par prudence, consultez les listes noires et mises en garde publiées par l’AMF, qui recensent les acteurs non autorisés signalés aux épargnants.

Dans la vidéo ci-dessous, Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, revient sur un jugement d’escroquerie rendu par le tribunal judiciaire de Créteil dans une affaire de faux investissement : la banque destinataire des virements a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance et les victimes intégralement indemnisées. Une décision qui concerne directement les épargnants ayant transféré des fonds vers une plateforme sans existence légale. Sa page : Me Goce Novakov.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Fondations-capital.com : les réponses à vos questions

Le site fondations-capital.com existe-t-il encore ?

Non. Le nom a été effacé du registre des .com : la fiche WHOIS du registre Verisign ne contient plus aucune entrée, l’interrogation RDAP renvoie 404 et le domaine ne répond plus dans le DNS. Plus aucune vitrine n’est accessible sous ce nom.

Pourquoi l’AMF avait-elle mis en garde contre fondations-capital.com ?

Le 13 novembre 2020, l’AMF a inscrit le site sur sa liste noire au titre d’une usurpation : la vitrine empruntait le nom d’une société française d’investissement sans avoir aucun lien avec elle, afin de donner le change aux épargnants.

J’ai versé des fonds ou transmis des documents à cette plateforme : que faire ?

Ne versez plus aucun montant, ne répondez plus aux sollicitations, conservez l’ensemble des preuves (échanges, relevés, virements, documents transmis), signalez les faits et portez plainte ; notre service d’aide aux victimes peut vous accompagner dans vos démarches.

Les épargnants démarchés ou abusés par cette vitrine en 2020 voient aujourd’hui le nom emprunté s’éteindre définitivement, près de six ans après l’alerte du régulateur et l’enquête BrokerDefense. Le procédé utilisé à l’époque, fondé sur l’emprunt du nom d’une société réelle, des promesses de placements dans des domaines multiples et l’absence totale de mentions légales, n’a pas disparu avec ce domaine. Ces signaux restent pleinement actifs dans d’autres contextes et d’autres formes. Avant tout versement, vérifier l’existence réelle d’une société et la légitimité du site qui prétend la représenter est une précaution indispensable. BrokerDefense reste disponible pour procéder à cette évaluation préalable.

Article réécrit le 03/09/2026

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