Esfera-capital.com arnaque : l’usurpation espagnole rayée du registre

Le domaine esfera-capital.com, blacklisté par l’AMF le 29 juin 2020 pour usurpation d’une société espagnole agréée, a été rayé du registre .com : le WHOIS de Verisign répond désormais « No match for domain ESFERA-CAPITAL.COM », ce qui signifie que le nom n’existe plus et peut être ré-enregistré par n’importe qui.

La disparition totale d’esfera-capital.com

La chronologie du site esfera-capital.com est à la fois rapide dans sa condamnation et longue dans son activité effective. BrokerDefense publiait un premier article d’alerte le 27 juin 2020. Deux jours plus tard, le 29 juin 2020, l’Autorité des marchés financiers inscrivait le domaine sur sa liste noire catégorie Usurpation. Pourtant, le site a continué de fonctionner : les archives Wayback Machine recensent 61 captures entre avril 2021 et mars 2022, soit près de deux ans après la mise en garde officielle.

Aujourd’hui, vérifiée au 25 août 2026, la situation est radicalement différente. Le domaine ne répond plus à aucune requête DNS, aucune adresse IP ne lui est associée. Surtout, le RDAP de Verisign renvoie une réponse 404 et le WHOIS confirme « No match for domain ESFERA-CAPITAL.COM » : le nom a été supprimé du registre .com, ce qui va bien au-delà d’un simple arrêt de serveur. Le nom n’existe plus dans aucun registre, il est techniquement disponible pour un nouvel enregistrement. C’est précisément ce risque qui justifie une vigilance accrue sur tout nouveau site reprenant cette dénomination, à l’image d’autres plateformes disparues dans des circonstances similaires, comme Sigma Invest Global, dont la fermeture a suivi une mise en garde de l’AMF.

Dernière mise à jour : 25/08/2026

L’usurpation d’une société espagnole régulée par la CNMV

La société espagnole Esfera Capital, agencia de valores, S.A. est une entité bien réelle, dûment enregistrée auprès de la Commission nationale du marché des valeurs mobilières espagnole (CNMV) sous le numéro 252. Elle n’a aucun lien avec le site esfera-capital.com, qui utilisait son nom pour se donner une apparence de légitimité.

L’une des premières preuves de cette fraude réside dans la multiplication des dénominations. Sur les différentes pages du site, on pouvait relever pas moins de cinq appellations distinctes : « Esfera-capital », « Esfera Capital », « Esfera Capital Gestion », « Esfera Capital, Agencia de valores, S.A » et « Esfera Capital Gestion S.A.U ». Une société réglementée utilise une dénomination sociale unique, celle inscrite auprès de son régulateur.

Les mentions légales révélaient d’autres incohérences majeures. Le site affichait à la fois un code banque espagnol (CIB : 75630) et un identifiant REGAFI (65321), le registre français des agents financiers tenu par la Banque de France. Or une société espagnole agréée par la CNMV n’a pas d’identifiant REGAFI : ces deux référentiels appartiennent à des systèmes de supervision distincts et ne se cumulent pas. Ce mélange de références d’autorités de contrôle différentes est un signal d’alarme caractéristique des sites d’usurpation.

L’adresse du siège social déclarée dans les mentions légales du site (C/Chillida 4 Planta 4, puerta 4 Almeria, 0470 Roquetas de Mar, Espagne) ne correspondait pas non plus au siège enregistré par la vraie Esfera Capital auprès de la CNMV. Une société régulée ne se trompe pas sur l’adresse de ses propres bureaux. Par ailleurs, le site affichait une adresse opérationnelle entièrement française : Tour Sébastopol, 3 Quai Kléber, 67000 Strasbourg, accompagnée d’un numéro de téléphone français au +(33) 3 67 75 02 24. Le schéma est classique : emprunter le nom et le numéro d’agrément d’une entité régulée tout en opérant depuis un territoire différent.

Une vitrine de cryptomonnaies adossée à un nom d’emprunt

Derrière le nom de la société espagnole usurpée, le site esfera-capital.com proposait une offre commerciale axée sur les actifs numériques, présentée sous la bannière « La Vision Numérique Crypto ». Des widgets TradingView affichant les paires BTCEUR, ETHEUR, LTCEUR et XMREUR étaient intégrés aux pages pour donner une impression de professionnalisme et d’accès aux marchés en temps réel.

Le site mentionnait également les options, les contrats à terme et les CFD, élargissant ainsi l’offre perçue bien au-delà des seules cryptomonnaies. Cette diversification apparente servait à accréditer l’image d’une plateforme d’investissement complète, capable de gérer des portefeuilles variés.

Côté contact, un formulaire en ligne et le numéro de téléphone strasbourgeois permettaient aux prospects de prendre contact. Tout le dispositif visait à faire croire que le visiteur s’adressait à un gestionnaire espagnol de premier plan, alors que l’opération était menée depuis la France sans aucune autorisation des régulateurs français ou espagnols. La véritable Esfera Capital, agencia de valores, S.A., n’avait aucune part dans ces opérations.

Les traces laissées par le domaine

Le domaine esfera-capital.com a été enregistré avant la première capture archivée connue. Aujourd’hui, le WHOIS ne retourne aucune donnée d’enregistrement : le nom a été rayé du registre .com et aucun bureau d’enregistrement ne le revendique. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Malgré la mise en garde de l’AMF publiée dès le 29 juin 2020, les 61 captures recensées par la Wayback Machine entre avril 2021 et mars 2022 prouvent que le site a continué à fonctionner activement pendant au moins vingt-deux mois après son inscription sur la liste noire. Cette persistance illustre un phénomène fréquent : la blacklist d’un régulateur n’entraîne pas la fermeture technique immédiate du site, et des victimes peuvent continuer à y déposer des fonds bien après l’alerte officielle.

Dans une interview consacrée aux victoires confidentielles obtenues dans des dossiers de faux investissement, Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, explique comment des recours précontentieux et des protocoles transactionnels permettent à des victimes d’obtenir une indemnisation sans attendre une décision de justice.

Les recours après un investissement sur esfera-capital.com

Si vous avez transféré des fonds vers esfera-capital.com, que ce soit par virement bancaire, par carte de crédit ou sous forme de dépôts en cryptomonnaies, la première règle est de ne plus effectuer aucun versement supplémentaire. Les opérateurs frauduleux sollicitent fréquemment de nouveaux paiements sous prétexte de « frais de déblocage » ou de taxes fictives.

Conservez l’ensemble des preuves disponibles : captures d’écran de votre tableau de bord, relevés de transactions, confirmations de virements, échanges écrits avec le support du site. Ces éléments sont indispensables pour étayer votre dossier, qu’il soit administratif ou judiciaire.

L’inscription d’esfera-capital.com sur la liste noire de l’AMF depuis le 29 juin 2020 constitue un appui solide pour déposer une plainte : elle établit officiellement le caractère frauduleux de la plateforme et l’usurpation de la société espagnole régulée. Signalez votre situation à l’AMF via la plateforme Épargne Info Service, puis déposez plainte auprès des autorités compétentes. Le fait que le site ait usurpé l’identité d’une société agréée par la CNMV sous le numéro 252 peut également justifier des démarches auprès des autorités espagnoles. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes.

FAQ : esfera-capital.com était-il autorisé à proposer des placements ?

Esfera-capital.com était-il réellement la société espagnole Esfera Capital ?

Non. La vraie société Esfera Capital, agencia de valores, S.A. est enregistrée auprès de la CNMV sous le numéro 252 et n’a aucun lien avec ce site. Esfera-capital.com utilisait jusqu’à cinq dénominations différentes selon les pages, affichait une adresse opérationnelle à Strasbourg sans rapport avec le siège espagnol, et mêlait des références de supervision espagnoles (CNMV, CIB) et françaises (REGAFI) incompatibles entre elles. L’AMF a classé ce site en catégorie Usurpation dès le 29 juin 2020.

Le nom esfera-capital.com peut-il être réutilisé par des escrocs ?

Oui, ce risque est réel. Le domaine a été rayé du registre .com : le WHOIS de Verisign indique « No match for domain ESFERA-CAPITAL.COM » et le nom est techniquement disponible pour un nouvel enregistrement par n’importe qui. Un acteur malveillant pourrait donc l’utiliser à nouveau pour mener une nouvelle escroquerie sous la même enseigne. Si vous rencontrez un site reprenant cette marque, vérifiez immédiatement son statut auprès de l’AMF avant tout contact ou versement.

Que faire si j’ai investi des fonds sur esfera-capital.com ?

Cessez immédiatement tout versement, y compris en réponse à des demandes de frais ou de taxes présentées comme obligatoires. Rassemblez toutes les preuves en votre possession : captures d’écran du tableau de bord, confirmations de dépôts, relevés bancaires, échanges avec le support. Signalez le dossier à l’AMF via Épargne Info Service, puis déposez plainte auprès du procureur de la République ou de la brigade de gendarmerie ou police judiciaire de votre ressort. Un accompagnement juridique spécialisé peut améliorer significativement vos chances d’obtenir une indemnisation.

Les personnes ayant investi sur esfera-capital.com, que ce soit par virement, par carte bancaire ou par transfert de cryptomonnaies, se retrouvent aujourd’hui face à une plateforme injoignable dont le nom a disparu du registre internet mondial. La situation ressemble à celle vécue par les clients d’Arbinio, une autre plateforme crypto à coloration espagnole disparue sans laisser d’adresse. Récupérer des fonds placés sur un site de ce type exige une démarche structurée et documentée. BrokerDefense propose une évaluation préalable de chaque dossier afin d’identifier les voies de recours les plus adaptées à la situation spécifique de la victime : nature des versements, preuves disponibles, montants en jeu et délais écoulés sont autant de paramètres qui déterminent la stratégie à adopter. Ne laissez pas le temps jouer contre vous.

Article réécrit le 25/08/2026.

3 Comments

  1. Messer dit :

    Je me suis fait escroque par cette entité avec usurpation d’identité de la maison mère en Espagne. J’ai porté plainte auprès de la police. Y a t’il d’autres personnes dans ce cas ?

  2. Richon dit :

    Arnaque très habile dont je suis victime(40000e) et qui laisse désarmé escrocs pervers se méfier des noms suivants Thomas MERCIER,Philppe CHARTIER-le pire-Alain DEVAUX

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