Le 23 août 2026, wcifund.com n’était plus associé à aucune adresse IP : la vitrine de la prétendue World Co-Investment Fund, dénoncée par la CSSF le 28 février 2020, a cessé de répondre. Nos contrôles techniques, effectués ce même jour, n’ont renvoyé aucune réponse de serveur, que ce soit sur le nom nu ou sur la version préfixée en www. Le site qui promettait des investissements dans des projets d’envergure mondiale, puis des crédits entre particuliers, n’existe plus sur le web.
Le nom de domaine wcifund.com reste pourtant enregistré jusqu’au 28 décembre 2026 : les serveurs de noms déclarés chez le registrar sont présents dans les données d’enregistrement du domaine, mais aucune zone active n’est servie, aucune page ne s’affiche, silence complet. Cet article met à jour l’enquête publiée en mars 2020 sur BrokerDefense, qui documentait déjà les mensonges de cette plateforme et l’avertissement émis par le régulateur luxembourgeois.
Nous rassemblons ici l’ensemble des éléments recueillis depuis 2020 : mise en garde officielle, évolution du contenu dans les archives du web, données d’enregistrement du domaine et disparition finale, afin d’aider les victimes à comprendre ce qu’a réellement été wcifund.com et à identifier les recours disponibles.
Sommaire
- Wcifund.com : la plateforme dénoncée par la CSSF en 2020 a cessé de répondre
- 28 février 2020 : la mise en garde de la CSSF contre World Co-Investment Fund
- Un nom enregistré en décembre 2016 chez GoDaddy, désormais sans serveur
- De la vitrine d’investissement au site de crédits entre particuliers
- Des citations de Bill Gates, d’Elon Musk et de Warren Buffett inventées
- Vos recours après un investissement sur wcifund.com
- FAQ : ce que les victimes de wcifund.com doivent savoir
Wcifund.com : la plateforme dénoncée par la CSSF en 2020 a cessé de répondre
Le 23 août 2026, nos outils ont parcouru l’ensemble des points d’accès connus du site wcifund.com. À trois reprises, aussi bien sur le nom nu que sur l’adresse préfixée, le résultat a été identique : le nom n’est associé à aucune adresse IP, aucun serveur ne répond, aucune page ne se charge. Il ne s’agit pas d’une maintenance temporaire ou d’un incident technique ponctuel : les archives du web ne montrent plus aucune capture active depuis l’automne 2025, et notre analyse technique du 23 août 2026 confirme la disparition complète.
Ce constat clôt une trajectoire connue. Wcifund.com avait d’abord présenté des investissements dans des projets de prestige international, sous couverture d’un agrément luxembourgeois fictif. Après la mise en garde de la CSSF, le site avait pivoté vers une vitrine de prêts entre particuliers en espagnol, avant d’être mis en quarantaine, de réapparaître brièvement, puis de sombrer dans un silence définitif. Le nom de domaine reste enregistré jusqu’en décembre 2026 : un nom mort, laissé derrière soi après que les opérateurs ont encaissé les fonds versés par leurs victimes. Ce mode opératoire, encaisser puis disparaître en laissant une coquille vide, est caractéristique des plateformes frauduleuses que BrokerDefense documente depuis plusieurs années.
Dernière mise à jour : 23/08/2026
28 février 2020 : la mise en garde de la CSSF contre World Co-Investment Fund
Le 28 février 2020, la Commission de Surveillance du Secteur Financier du Luxembourg a publié un avertissement explicite visant le site www.wcifund.com et l’entité qu’il représentait, la World Co-Investment Fund (WCIF). La CSSF indiquait que cette entité lui était totalement inconnue, qu’elle ne disposait d’aucun agrément en tant que fonds d’investissement au Luxembourg et qu’elle n’était soumise à aucune forme de surveillance prudentielle de sa part. Vous pouvez consulter directement l’avertissement publié par la CSSF le 28 février 2020 sur le site officiel du régulateur.
Le paradoxe était saisissant : le site wcifund.com affichait noir sur blanc la phrase « La surveillance réglementaire est assurée par la CSSF, l’autorité de surveillance du secteur financier », alors même que la CSSF certifiait l’exact contraire. Cette affirmation mensongère visait à conférer à la plateforme une apparence de légitimité auprès d’investisseurs peu familiers des procédures de vérification des agréments. L’avertissement du régulateur n’a pourtant pas mis fin aux activités du site : les archives du web montrent que wcifund.com a continué à opérer, sous des formes différentes, pendant encore plusieurs années après cette mise en garde officielle.
Un nom enregistré en décembre 2016 chez GoDaddy, désormais sans serveur
Les données d’enregistrement du domaine wcifund.com révèlent une création datée du 28 décembre 2016, pour une expiration fixée au 28 décembre 2026, auprès du registrar GoDaddy.com, LLC. Le titulaire est protégé par un service de confidentialité : impossible donc d’identifier publiquement la personne physique ou morale qui se cache derrière ce nom. Les serveurs de noms déclarés sont les serveurs par défaut du registrar, mais notre analyse technique confirme qu’aucune zone DNS active n’est servie à ce jour.
Le nom avait une vie antérieure à la plateforme World Co-Investment Fund : les archives du web font apparaître un contenu dès 2014, suivi de redirections, avant qu’il ne soit réenregistré en décembre 2016 pour servir de vitrine à l’entité WCIF. Cette réutilisation d’un nom ancien peut parfois tromper les vérifications superficielles sur l’ancienneté d’un domaine. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
De la vitrine d’investissement au site de crédits entre particuliers
Après la mise en garde de la CSSF, wcifund.com n’a pas disparu immédiatement. Les archives de 2021 et 2022 révèlent une transformation radicale du contenu : le site s’est mué en une vitrine espagnole de prêts entre particuliers, affichant le titre « WCIFUND | CREDITO, EL CAPITAL, PRESTAMO ENTRE PARTICULAR DE CREDITOS ». Un formulaire de demande de prêt promettait un financement accessible à tous, « quel que soit votre besoin », accompagné d’une référence au « Banco Mundial » et de statistiques sur les adultes non bancarisés dans le monde, destinées à habiller l’offre d’un vernis de responsabilité sociale.
Pour asseoir sa crédibilité, la page listait les mêmes « projets financés » déjà mentionnés dans l’enquête de 2020 : le Burj-Al-Arab à Dubaï, la centrale solaire BOKHOL au Sénégal, le Mall of the World à Dubaï et le projet Eko Atlantic au Nigeria. Ces références à des infrastructures réelles et médiatisées servaient à suggérer un bilan d’investisseur institutionnel, sans aucune preuve d’implication effective. En décembre 2021, l’hébergeur a bloqué le site en lui appliquant une quarantaine administrative (mention explicite « Administrative Quarantine Blocked because of admin action »). Le site est réapparu en mars 2022, avec un contenu identique, avant de s’effacer progressivement entre 2023 et 2025.
Des citations de Bill Gates, d’Elon Musk et de Warren Buffett inventées
La page espagnole de wcifund.com ne se contentait pas de promettre des crédits faciles : elle affichait des témoignages attribués à Bill Gates, Elon Musk et Warren Buffett, trois noms dont la notoriété mondiale était détournée pour accréditer la fiabilité de la plateforme. Ces citations étaient entièrement inventées. Dans le même registre, la section « actualités » du site était remplie de texte factice en latin (« Lorem ipsum dolor sit amet »), signe d’une page construite à la hâte et jamais finalisée.
Les incohérences s’accumulaient : une adresse réduite à « Chypre » sans rue ni ville, un numéro de téléphone américain, une adresse de contact réduite à [email protected], et la mention « Copyright WCIF COMPANY 2016 » sur une page rédigée entièrement en espagnol. Détail particulièrement révélateur : la phrase « La surveillance réglementaire est assurée par la CSSF, l’autorité de surveillance du secteur financier » apparaissait en français au beau milieu de ce contenu hispanophone, trahissant un copier-coller depuis l’ancienne version du site, sans même avoir vérifié la cohérence linguistique de la page. Ce type de montage approximatif n’est pas isolé : BrokerDefense a documenté des procédés similaires chez ifeeuam.com, autre site visé par une mise en garde de la CSSF, et chez daxkapital.com, plateforme d’investissement qui mentait elle aussi sur son encadrement réglementaire.
Vos recours après un investissement sur wcifund.com
Les personnes ayant versé des fonds à wcifund.com, que ce soit dans le cadre des investissements initiaux vantant les projets BOKHOL ou Burj-Al-Arab, ou dans le cadre des demandes de crédit proposées sur la version espagnole du site, doivent rassembler sans attendre l’ensemble des preuves disponibles. Cela inclut les relevés de virements bancaires vers l’entité, les courriels échangés avec l’adresse [email protected], toutes les captures d’écran des pages et des offres reçues, ainsi que les identifiants de compte créés sur la plateforme.
Il convient de rester vigilant : bien que le site ne réponde plus depuis août 2026, le nom de domaine wcifund.com reste enregistré jusqu’en décembre 2026 et la marque World Co-Investment Fund pourrait resservir dans des courriels frauduleux, pour relancer d’anciennes victimes ou en approcher de nouvelles. Toute sollicitation utilisant ce nom doit être ignorée et signalée. Consultez notre guide complet sur la procédure pénale pour connaître toutes les étapes d’un dépôt de plainte. Le service d’aide aux victimes de BrokerDefense est disponible pour vous accompagner dans ces démarches.
Pour les victimes de wcifund.com, des recours restent possibles. Maître Goce Novakov, avocat au barreau de Paris et partenaire de BrokerDefense, défend les personnes ayant perdu des fonds dans des investissements frauduleux, notamment par virements bancaires. Retrouvez son parcours sur sa page dédiée : la vidéo suivante présente une affaire dans laquelle une banque a été condamnée pour manquement à son devoir de vigilance après des virements vers une plateforme frauduleuse.
FAQ : ce que les victimes de wcifund.com doivent savoir
Oui. Le 28 février 2020, la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) du Luxembourg a publié un avertissement indiquant que l’entité World Co-Investment Fund (WCIF), qui utilisait le site wcifund.com, lui était inconnue, ne disposait d’aucun agrément en tant que fonds d’investissement et n’était pas soumise à sa surveillance.
Le site ne répond plus depuis août 2026 : le nom de domaine n’est associé à aucune adresse IP. Mais le nom reste enregistré jusqu’en décembre 2026 et la marque World Co-Investment Fund pourrait resservir par courriel. Ne répondez à aucune sollicitation utilisant ce nom et ne versez plus aucun fonds.
Conservez toutes les preuves (relevés de virements, courriels échangés avec l’adresse [email protected], captures d’écran, identifiants de compte), puis contactez le service d’aide aux victimes de BrokerDefense et un avocat partenaire. Un dépôt de plainte peut être nécessaire : notre guide sur la procédure pénale détaille les étapes.
Wcifund.com illustre un schéma frauduleux conduit jusqu’à son terme : une entité qui s’est présentée comme un fonds d’investissement supervisé par la CSSF, a mis en avant des projets prestigieux (la centrale BOKHOL, le Burj-Al-Arab) pour attirer des fonds, a pivoté vers des promesses de crédits faciles lorsque la pression réglementaire s’est accrue, puis a fini par disparaître du web en laissant derrière elle un nom de domaine mort et des victimes sans interlocuteur. Des personnes ont versé des fonds, que ce soit sous forme d’investissements ou de frais liés à des demandes de crédit, sur la foi de garanties réglementaires entièrement falsifiées. La vigilance reste de mise face à toute réapparition de la marque World Co-Investment Fund, par courriel ou sur un autre site, jusqu’à l’expiration définitive du nom en décembre 2026 et au-delà. BrokerDefense recommande de vérifier systématiquement l’existence d’une autorisation d’exercer délivrée par un régulateur compétent avant tout versement de fonds vers une plateforme financière, quelle que soit la crédibilité apparente de ses références.
Article réécrit le 23/08/2026



1 Comment
Maître , bonjour .
Comment pouvoir récupérer le plus rapidement possible , tous nos fonds versés , afin de pouvoir obtenir 1 crédit immobilier de + 550.000 € , auprès , a priori …… d’une courtière en financements , dénommée …. Mme Nathalie DIHARS en Suisse , svp ?!
Dans votre attente et vous en remerciant par avance ,
Je suis et reste – bien entendu – à votre entière disposition .
Respectueuses salutations .
–