Becoins.net arnaque : le nom rayé du registre .net

Le domaine becoins.net, dénoncé par BrokerDefense dès le 4 août 2018 comme une plateforme frauduleuse de cryptomonnaies, a été intégralement effacé du registre .net : en août 2026, la requête WHOIS auprès de VeriSign renvoie « No match » et le point d’accès RDAP ne renvoie plus aucune donnée. Huit ans après notre enquête, le nom n’existe plus dans les registres publics, aucune archive du site ne subsiste et les victimes ne disposent plus que de leurs propres captures d’écran.

Dernière mise à jour : 21/08/2026

Disparu du registre .net : le nom becoins.net a été effacé

En août 2026, nos contrôles techniques confirment que le domaine becoins.net a été intégralement supprimé du registre .net géré par VeriSign : la requête WHOIS renvoie la mention « No match for BECOINS.NET » et le point d’accès RDAP retourne une erreur 404 sans aucun corps de réponse. Ce double résultat ne signifie pas simplement que le site est hors ligne ou que le serveur a été éteint. Il signifie que le nom lui-même n’existe plus dans la base de données officielle : il est redevenu disponible à l’enregistrement pour n’importe qui, comme s’il n’avait jamais existé.

Cette distinction est fondamentale. Un domaine dont le serveur est coupé conserve au moins une entrée administrative : un titulaire, une date de création, un historique consultable. Ici, il ne reste rien. La radiation totale efface jusqu’aux métadonnées qui permettent normalement de remonter la piste d’un opérateur frauduleux. Huit ans après notre première enquête publiée le 4 août 2018, aucune donnée d’enregistrement ne subsiste dans les registres publics.

La situation est tout aussi nette du côté des archives. La Wayback Machine de l’Internet Archive ne conserve pas une seule capture de becoins.net : zéro instantané, zéro page archivée. Pour des victimes qui chercheraient à documenter les promesses qui leur ont été faites, les conditions contractuelles ou les visuels du site, cette absence constitue un obstacle majeur. Les captures d’écran réalisées à titre personnel en 2018 restent à ce jour la seule source de preuves disponibles sur le contenu original de la plateforme.

La disparition de becoins.net est donc plus radicale que celle de la plupart des sites frauduleux, qui laissent au moins une empreinte DNS ou un enregistrement de domaine expiré. Ce procédé rappelle celui documenté dans notre enquête sur Rockford-top.com, disparu sans laisser de trace après avoir fonctionné comme plateforme crypto éphémère : dans les deux cas, la suppression totale du nom constitue une stratégie d’effacement délibérée qui complique considérablement toute action judiciaire ultérieure. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine et constater par vous-même l’état de radiation.

Un « prix d’excellence » de 2015 décerné à un domaine né en 2018

L’un des premiers signaux d’alerte relevés dans notre enquête originale portait sur une mention particulièrement révélatrice : le site becoins.net affichait fièrement un prétendu « prix d’excellence » qui lui aurait été décerné en 2015. Le problème est simple et imparable : le nom de domaine becoins.net a été enregistré en 2018, soit trois ans après la date de ce soi-disant prix. Une entité ne peut pas recevoir une récompense avant d’exister.

Ce type d’incohérence chronologique est un marqueur classique dans les arnaques financières en ligne. Les opérateurs cherchent à donner à leurs plateformes une apparence de légitimité et d’ancienneté, deux critères que les investisseurs associent naturellement à la fiabilité. Fabriquer un historique fictif, afficher de faux logos de partenaires ou de prétendues récompenses issues d’organisations inexistantes ou non vérifiables : ces procédés visent à rassurer une cible qui ne dispose pas des outils pour croiser les dates. Dans le cas de becoins.net, l’écart de trois ans entre la date du prix et celle de la création du domaine est suffisamment flagrant pour être détecté par une vérification élémentaire dans n’importe quel registre public, ce que la majorité des victimes potentielles n’effectue pas spontanément.

Une adresse fictive et une société britannique introuvable

Au-delà de la manipulation chronologique, becoins.net présentait plusieurs autres signaux de fraude documentés dès 2018. Le site indiquait une adresse postale qui, à l’examen, n’était rattachée à aucune structure réelle vérifiable. Cette pratique est cohérente avec le mode opératoire des plateformes frauduleuses qui ont besoin d’une adresse pour simuler une présence physique sans jamais y maintenir de bureau ou d’équipe accessible.

Le site prétendait également relever d’une société immatriculée au Royaume-Uni, ce qui constituait alors une tentative d’emprunt de crédibilité institutionnelle. Nos vérifications effectuées en 2026 auprès du registre Companies House confirment qu’aucune société portant le nom « becoins » n’y figure, ni sous forme active ni sous forme dissoute. Cette affirmation était donc mensongère dès l’origine. Plus révélateur encore : bien que se présentant comme une entité britannique, le site ne proposait aucune version en langue anglaise et n’affichait aucun numéro de téléphone. Une société légitimement établie au Royaume-Uni et opérant à destination d’une clientèle anglophone dispose systématiquement d’au moins un contact téléphonique et d’un contenu dans la langue du pays d’enregistrement.

Les contenus du site ajoutaient une couche supplémentaire de tromperie en décrivant les cryptomonnaies comme un vecteur d’investissement à rendements simplifiés, sans risques, accessibles à tous. Ces affirmations sont fausses et contraires aux avertissements de l’ensemble des autorités financières européennes. Comme l’illustre également notre enquête sur Aayokx, clone d’OKX rayé du DNS par son registrar, les plateformes frauduleuses dédiées aux cryptomonnaies s’appuient systématiquement sur ce type de promesses simplifiées pour attirer des investisseurs peu familiers avec les marchés numériques.

Pour comprendre les recours possibles après une arnaque aux cryptomonnaies, Me Anne Bernard-Dussaulx, avocate au barreau de Paris et partenaire de BrokerDefense, explique dans cette interview comment les victimes de faux investissements en cryptomonnaies peuvent engager des démarches, de la conservation des preuves jusqu’aux recours judiciaires et à l’indemnisation.

Ni FCA, ni AMF : une absence totale de régulation

En 2018, becoins.net ne disposait d’aucune autorisation délivrée par une autorité financière compétente. La Financial Conduct Authority britannique, la FCA, n’avait accordé aucun agrément à une entité de ce nom. L’Autorité des marchés financiers française, l’AMF, n’avait procédé à aucun enregistrement ni délivré aucune autorisation à becoins.net. Cette double absence de régulation, dans les deux juridictions que la plateforme prétendait ou suggérait toucher par sa présentation, constituait à elle seule une raison suffisante de se tenir à l’écart.

En 2026, nos vérifications sur la liste noire de l’AMF ne font pas apparaître le nom becoins.net. Cette absence ne constitue pas un signe de régularité : elle reflète simplement le fait que la plateforme a disparu avant d’y être formellement inscrite, ou que son inscription a depuis été purgée des bases actuellement consultables. Le site n’apparaît pas non plus sur la liste de la CySEC, le régulateur chypriote. La disparition administrative du nom de domaine s’accompagne donc d’une disparition parallèle des traces réglementaires, ce qui rend d’autant plus difficile pour une victime de produire une documentation complète à l’appui d’une plainte.

Le score de risque attribué à becoins.net par notre analyse technique s’établit à 6 sur 10, ce qui reflète à la fois la gravité des signaux relevés en 2018 et les limites inhérentes à l’évaluation d’une entité aujourd’hui totalement effacée des registres. Ce score aurait été nettement plus élevé si davantage de données techniques avaient été disponibles.

Fonds versés en cryptomonnaies sur Becoins : comment tenter de les récupérer

Les victimes de becoins.net ont effectué leurs versements en cryptomonnaies, principalement en Bitcoin et en altcoins, sur une plateforme qui ne disposait d’aucune infrastructure réelle d’investissement. Les fonds transitaient directement vers des portefeuilles contrôlés par les opérateurs, sans aucune contrepartie réelle. Cette modalité de paiement crée une difficulté spécifique : les transactions en cryptomonnaies sont par nature pseudonymes et irréversibles. Contrairement à un virement bancaire pour lequel un établissement financier peut être sollicité en urgence, une transaction Bitcoin confirmée ne peut pas être annulée unilatéralement.

Il est cependant possible de retracer les flux sur la blockchain à condition de disposer des adresses de portefeuille vers lesquelles les fonds ont été envoyés. C’est l’une des raisons pour lesquelles la conservation de toutes les preuves disponibles est impérative : captures d’écran des interfaces du site, historiques de transactions exportés depuis les portefeuilles ou les plateformes d’échange utilisées pour l’envoi, courriels et messages échangés avec les pseudo-conseillers de becoins.net, relevés de tout contact téléphonique ou par messagerie instantanée. Ces éléments constituent le socle d’un dossier pénal recevable.

Le dépôt de plainte reste la voie formelle à privilégier. En France, les victimes peuvent s’adresser à la brigade de répression de la délinquance économique ou déposer plainte auprès du procureur de la République. Notre guide complet sur la procédure pénale détaille l’ensemble des étapes à suivre pour formaliser une plainte dans un dossier d’arnaque financière en ligne. La désignation d’un avocat spécialisé dans la fraude aux investissements peut également faciliter le signalement coordonné auprès des autorités compétentes.

Une mise en garde s’impose enfin sur les offres dites de « recovery ». Des tiers se présentent parfois spontanément aux victimes d’arnaques crypto, affirmant disposer de techniques pour récupérer les fonds perdus contre rémunération préalable. Ces propositions constituent dans la grande majorité des cas de nouvelles arnaques ciblant des personnes déjà fragilisées. Aucun prestataire légitime ne demande de paiement anticipé pour une procédure de récupération de fonds.

FAQ : ce que les victimes de becoins.net doivent savoir

Becoins.net existe-t-il encore ?

Non. Le nom de domaine a été intégralement supprimé du registre .net géré par VeriSign : la requête WHOIS renvoie « No match for BECOINS.NET » et le point d’accès RDAP retourne une erreur 404. Le nom est redevenu disponible à l’enregistrement pour n’importe qui, comme s’il n’avait jamais existé.

Puis-je récupérer les cryptomonnaies envoyées à Becoins ?

Les transactions en cryptomonnaies sont pseudonymes et irréversibles : une transaction Bitcoin confirmée ne peut pas être annulée unilatéralement. Il reste possible de retracer les flux sur la blockchain si vous conservez les adresses de portefeuille, les historiques de transactions, les captures d’écran et les échanges avec les pseudo-conseillers. Le dépôt de plainte et l’accompagnement par un avocat spécialisé restent les voies à privilégier.

Becoins.net figurait-il sur une liste noire ?

Le nom n’apparaît pas sur la liste noire actuelle de l’AMF ni sur celle de la CySEC. Cette absence reflète la disparition complète de la plateforme, effacée des registres avant toute inscription formelle ou purgée des bases consultables. Elle ne constitue en aucun cas un signe de régularité.

Becoins.net illustre l’un des schémas les plus complets de la fraude aux cryptomonnaies en ligne : une fausse plateforme d’investissement construite sur des coordonnées fictives, une société britannique sans existence réelle, des promesses de rendements sans risques et une disparition totale dès que la pression réglementaire ou médiatique se fait sentir. En 2026, le nom de domaine n’existe plus, aucune archive ne subsiste et aucun responsable n’a été formellement identifié dans les registres publics. Ce cas rappelle l’importance de soumettre tout projet d’investissement en cryptomonnaies à une évaluation indépendante : BrokerDefense analyse les plateformes sur la base de critères techniques, réglementaires et historiques avant tout engagement financier.

Article réécrit le 21/08/2026

2 Comments

  1. Victor dit :

    Bonjour excusez moi de vous dérangez mais ma mère a eu un gros souci avec becoins et nous cherchons à retrouver son argent pensez vous pouvoir le récupérer ? (cela fait 1ans et demi que nous cherchons avec différents avocat)

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