Sommaire
- Une société britannique radiée, un nom qui ne figure plus au registre
- Des rendements horaires promis, des compteurs fabriqués
- Ce que le registre britannique dit de BITSAMO LIMITED
- La dégradation de la vitrine, copie après copie
- Après des versements faits en 2021, les pièces utiles
- Questions reçues sur cette plateforme
Une société britannique radiée, un nom qui ne figure plus au registre
Au 2 octobre 2026, plus aucun enregistrement ne subsiste pour bitsamo.net : le nom ne renvoie plus aucune adresse, ni sous sa forme simple, ni sous sa forme avec www, et le registre du .net n’a plus de fiche à délivrer à son sujet. La société britannique que la vitrine affichait en caution, BITSAMO LIMITED, numéro 13226298, a quant à elle été radiée le 9 août 2022. Ces deux constats, établis indépendamment l’un de l’autre, suffisent à dresser le bilan d’un montage qui n’a laissé aucune trace institutionnelle persistante.
Notre article du 23 avril 2021 se limitait à signaler l’anonymat de l’enregistrement du nom et à conseiller la prudence. Il ne décrivait pas la mécanique de la vitrine, ni la société affichée comme caution. La présente mise à jour comble ces lacunes à partir des copies publiques conservées et des registres officiels consultés le 2 octobre 2026. Le dossier dreamfieldfinancial, autre nom d’investissement de la même période lui aussi sorti du registre, illustre combien ces montages partagent le même cycle de vie bref.
Le contraste est saisissant : en avril 2021, la vitrine affichait des compteurs dépassant le million de dollars de dépôts cumulés et se réclamait d’une société dûment immatriculée au Royaume-Uni. Il ne subsiste aujourd’hui ni nom enregistré, ni société active. La disparition simultanée des deux traces administratives est le constat central de cette mise à jour.
Dernière mise à jour : 02/10/2026
Des rendements horaires promis, des compteurs fabriqués
La copie du 13 avril 2021, dix jours avant notre premier article, permet de reconstituer précisément ce que la vitrine présentait aux visiteurs. L’accroche annonçait que le trading en bitcoins était désormais à la portée de tous, et que la gestion des fonds reposait à la fois sur le marché des changes et sur des places d’échange de bitcoins. La promesse centrale était formulée « jusqu’à 24 % par jour », une affirmation qui aurait dû suffire à écarter tout investisseur averti.
La grille tarifaire détaillait un profit horaire allant de 0,4 % pour les dépôts compris entre 20 et 499 dollars jusqu’à 1 % pour ceux compris entre 50 000 et 200 000 dollars. Le dépôt minimum était fixé à 20 dollars, le maximum à 200 000 dollars. La vitrine vantait également des retraits présentés comme instantanés, et proposait un programme d’apport d’affaires à trois niveaux rémunérés respectivement à 7 %, 3 % et 1 %.
Les compteurs affichés ce même 13 avril 2021 indiquaient 1 082 513,77 dollars de dépôts cumulés, 217 221,83 dollars de retraits cumulés, 3 733 membres et 44 jours d’activité. La page listait également dix derniers dépôts et dix derniers retraits, présentés sous forme d’alias et de montants, sans aucun élément permettant à un visiteur de vérifier leur authenticité. Ces chiffres n’étaient que des affichages, pas des relevés vérifiables.
Un indice technique révèle la nature du gabarit : l’horloge intégrée à la page annonçait une date de novembre 2020, identique dans toutes les copies conservées, alors que le compteur de jours repartait de zéro en février 2021. Ce décalage trahit un gabarit repris sans avoir été correctement configuré. La copie du 27 février 2021 confirme le démarrage réel : 0 jour d’activité, 218 membres et 13 196,93 dollars de dépôts affichés. En six semaines, les compteurs avaient bondi à plus d’un million de dollars, sans que rien ne permette d’attribuer ces variations à de véritables mouvements de fonds.
Ce que le registre britannique dit de BITSAMO LIMITED
BITSAMO LIMITED, numéro 13226298, a été immatriculée le 25 février 2021 au registre britannique des sociétés. L’activité déclarée relève du conseil pour les affaires à l’exclusion de la gestion financière, ce qui est déjà en décalage avec les services de trading en bitcoins annoncés par la vitrine. La société a été radiée le 9 août 2022, soit moins de dix-huit mois après son immatriculation.
L’adresse déclarée au registre britannique, 5 Clarendon Way, Londres N21 2LX, correspond exactement à celle affichée par la vitrine sous la rubrique de présentation de l’entreprise. Le numéro d’immatriculation 13226298 figurait lui aussi sur la page, accompagné d’un fichier nommé CERTIFICATE.pdf proposé en guise de justificatif d’enregistrement. Ce fichier ne renvoyait qu’à ce même numéro, sans apporter aucune garantie supplémentaire sur la réalité ou la légitimité des activités exercées.
La concordance des identifiants entre la vitrine et le registre est un constat factuel ; elle ne permet pas d’affirmer dans quel sens le lien entre les deux a été établi. Ce qui est certain, c’est que la société affichée comme caution n’exerce plus aucune activité et n’a plus d’existence légale depuis le 9 août 2022. Le dossier alphaventureslimited documente un montage comparable, dans lequel une vitrine s’appuyait sur le numéro d’une société britannique elle aussi radiée.
Pour vérifier par vous-même qu’aucune fiche active ne subsiste à ce nom, la fiche WHOIS complète sur DomainTools reste le point de contrôle à jour.
La dégradation de la vitrine, copie après copie
Les copies publiques conservées permettent de suivre le cycle complet de la vitrine. La première copie date du 27 février 2021, soit deux jours à peine après l’immatriculation de BITSAMO LIMITED. La copie du 13 avril 2021, dix jours avant notre article, montre la vitrine dans son état complet. D’autres copies d’avril 2021 puis de mai 2022 la montrent encore intacte, avec l’ensemble de ses rubriques et de ses compteurs.
La copie du 2 octobre 2022 marque une rupture nette : la vitrine est réduite à une page résiduelle de quelques lignes, comprenant uniquement le nom, une mention de copyright 2022 et une politique de confidentialité. La copie du 1er décembre 2022 ne rend plus aucun contenu de vitrine. La radiation de BITSAMO LIMITED, intervenue le 9 août 2022, précède de quelques semaines cette dégradation visible ; le constater ne suffit pas à établir un lien de causalité entre les deux événements.
Aucune entrée à ce nom n’apparaît, au 2 octobre 2026, dans les listes publiées par l’Autorité des marchés financiers, ni dans les libellés de l’autorité chypriote. Cette absence ne dit rien de la mécanique décrite plus haut ; le recueil des mises en garde de l’autorité française mérite toutefois d’être consulté avant tout placement. L’absence d’entrée dans ces listes ne constitue ni une absolution ni une aggravation du constat : la description de la mécanique elle-même, rendements horaires, compteurs non vérifiables, société radiée et nom sorti du registre, suffit à qualifier le montage.
Après des versements faits en 2021, les pièces utiles
Les personnes qui ont effectué des versements en dollars sur cette plateforme de trading en bitcoins entre février et fin 2021 disposent généralement de traces précises : relevés bancaires ou confirmations de virement, récépissés de paiement par carte, échanges de messages avec l’adresse [email protected], et copies des pages affichant les compteurs et les conditions tarifaires. Réunir ces éléments est la première étape concrète avant toute démarche.
Ces pièces constituent le socle d’un dossier cohérent. Les copies conservées des pages, aux dates où les versements ont eu lieu, viennent compléter les documents personnels, en attestant ce que le site affichait à ce moment précis. Leur valeur documentaire est d’autant plus forte que la vitrine n’est plus servie et que le nom ne figure plus au registre du .net.
Sur le plan pénal, les étapes d’une plainte pour escroquerie sont présentées sur notre site. Cette voie reste ouverte quelle que soit la date des faits, sous réserve des règles de prescription applicables. La banque qui a exécuté ces opérations peut aussi être saisie : sans qu’aucune faute soit présumée à son encontre, plusieurs établissements examinent les signalements d’opérations contestées remontés par leurs clients.
Maître Anne Bernard-Dussaulx est avocate établie à Paris. Dans l’échange enregistré proposé plus bas, elle revient sur le sort judiciaire des escrocs au faux placement, sur les conditions dans lesquelles les personnes trompées peuvent obtenir une indemnisation et sur les démarches ouvertes devant le juge pénal comme devant le juge civil.
Questions reçues sur cette plateforme
BITSAMO LIMITED, numéro 13226298, a été immatriculée au registre britannique des sociétés le 25 février 2021 et radiée le 9 août 2022. Son activité déclarée relevait du conseil pour les affaires à l’exclusion de la gestion financière, ce qui ne correspond pas aux services de trading en bitcoins annoncés par la vitrine. Il ne subsiste aucune fiche active à ce nom au registre britannique.
Non. Les compteurs affichés, notamment 1 082 513,77 dollars de dépôts cumulés et 3 733 membres au 13 avril 2021, étaient des affichages intégrés à un script commercial repris tel quel, sans aucun mécanisme permettant à un visiteur de les vérifier. L’horloge de la page indiquait une date de novembre 2020 dans toutes les copies, alors que le compteur de jours repartait de zéro en février 2021, ce qui révèle un gabarit utilisé sans avoir été correctement configuré.
Rassembler les relevés de compte, les confirmations de virement ou de paiement par carte, et les messages échangés avec l’adresse [email protected] constitue le point de départ. Ces pièces permettent d’appuyer une plainte pour escroquerie auprès des autorités compétentes. Il est également possible de solliciter l’établissement bancaire ayant acheminé les paiements afin qu’il examine la situation, sans préjuger d’aucune faute de sa part. Les délais de prescription varient selon les juridictions et méritent d’être vérifiés au cas par cas.
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Article réécrit le 02/10/2026


