Le 30 octobre 2026, tesorvenza.it a servi à nos outils la même arborescence technique que SynThalora la veille, et son adresse réseau est celle qu’occupait switchx23.com en juin. Quatre chemins identiques reviennent d’un nom à l’autre : la prise d’empreinte du navigateur logée dans /templates_wigets/fp.js, le compteur de visites /api/v1/add-visit, le jeton réclamé à /get-csrf-token, et le dépôt final des coordonnées sur /api/v1/sign-up. Une vitrine de trading change de serveur, de langue et de graphisme entre deux campagnes ; elle ne conserve pas, de campagne en campagne, la même tuyauterie avec les mêmes noms de dossiers.
Les deux dossiers précédents de cette série sont déjà publiés : SynThalora, décrite le 29 octobre, et margissance.fr, décrite le 29 septembre. Tesorvenza est la quatrième pièce du même assemblage, après switchx23.com en juin. Ce que la vitrine italienne ajoute, c’est un formulaire de connexion qui ne demande pas de mot de passe et une notice qui contredit, en bas de chaque page, tout ce que la page promet en haut.
Dernière mise à jour : 30/10/2026
📄 Repères de la capture
Le cliché arrêté le 30 octobre 2026 montre le bandeau des logos de presse, les cinq témoignages avec leur couple investi et profit, puis la formule à quatre champs visibles dont l’envoi part vers /api/v1/sign-up.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Sommaire
- Deux noms de serveurs neufs pour la même machinerie
- Aucun agrément, aucune société : ce que la vitrine ne publie pas
- Un formulaire identique sur toutes les adresses du domaine
- 5,0 sur 5 pour 2 773 avis, sans une seule plateforme
- Après un virement, ce que la plainte permet de reconstituer
- Trois questions avant de remplir un formulaire sur tesorvenza.it
Deux noms de serveurs neufs pour la même machinerie
Le nom tesorvenza.it a été déposé le 10 mars 2026 à 15 h 28, pour une échéance au 10 mars 2027. Le bureau d’enregistrement est tchèque, Gransy, connu sous l’enseigne regtons.com, et la zone n’est pas signée. Le titulaire déclaré au registre est un particulier dont l’adresse est fixée à Nová Role, en Bohême occidentale, et dont la fiche de contact a été ouverte le 1er décembre 2025, trois mois avant le nom lui-même. Rien dans ce registre ne désigne une société, un établissement financier ni un intermédiaire.
Les serveurs de noms, eux, changent de nom à chaque campagne sans changer de rôle. switchx23.com répondait sur une paire vilnaro.com, SynThalora sur une paire rolvento.com, Tesorvenza sur une paire fenravo.com. Ces domaines de résolution ne portent aucun service : interrogé, fenravo.com renvoie vers une adresse de résolveur public qui n’héberge évidemment pas la vitrine. Le nom change, la fonction reste, et c’est exactement ce que produit un atelier qui installe le même paquet sur des domaines achetés à la chaîne.
L’adresse réseau confirme le rapprochement, tesorvenza.it et switchx23.com partagent la même, et l’inventaire inverse des noms hébergés sur cette machine remonte des centaines d’enseignes de trading présentées comme intelligentes, réparties sur une dizaine d’extensions européennes. Nous n’écrirons pas que toutes appartiennent au même commanditaire : un serveur partagé n’est pas un acte de naissance. Ce que la liste établit, c’est le volume : aucun courtier sérieux ne loge sa plateforme au milieu de trois cents noms qui se ressemblent.
Le certificat enfin est un Let’s Encrypt de l’autorité YE2, émis le 6 septembre 2026 et valable jusqu’au 5 décembre, avec un joker sur tous les sous-domaines. Ce joker est le signe d’une infrastructure préparée pour ouvrir, demain, une adresse de connexion ou un portail au nom de la même marque, sans nouvelle demande de certificat.
Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Aucun agrément, aucune société : ce que la vitrine ne publie pas
Nous avons ouvert une à une les pages qu’un service financier publie normalement : accueil, présentation, tarifs, contact, conditions, confidentialité. Aucune ne donne de raison sociale, aucune ne cite d’adresse postale, aucune ne porte de numéro de TVA ni d’immatriculation. La page d’accueil affiche pourtant un bandeau « Uffici locali, assistenza globale », des bureaux locaux et une assistance mondiale, sans qu’un seul bureau soit localisable. Le seul point de contact réel est une boîte au nom du domaine, [email protected].
Le bandeau « Affidati dai principali media » aligne des logos connus, BBC, Fox News, Sky News, The Times, et trois places d’échange, Binance, Coinbase, Gemini. Nous avons suivi chaque lien sortant de la page : aucun ne mène vers un article, une interview ou une mention quelconque. Ces logos sont des fichiers images posés côte à côte, sans signature, sans date et sans destination. Une reprise de presse se cite et se lie ; une devanture de logos ne prouve qu’une chose, que le graphiste a trouvé les fichiers.
Côté autorités, nous avons passé en revue les listes publiques où l’AMF recense les acteurs non autorisés, dans leurs versions datées de juin à octobre 2026 : le nom n’y figure pas, ce qui décrit l’état de ces documents à cette date et ne vaut pas agrément. Pour l’Italie, la page des avertissements de la Consob reste le point de départ du lecteur italien ; nos propres requêtes n’y donnent pas de recherche nominative exploitable, et nous nous abstenons donc de conclure quoi que ce soit sur une absence que nous n’avons pas pu mesurer. Un intermédiaire autorisé, lui, n’a aucun mal à publier son numéro : c’est la première ligne de ses mentions légales.
Un rapport public d’évaluation du nom, consultable sur cette évaluation publique, classe le domaine parmi les plus récents et attribue un indice de confiance de 25 pour cent. Le même document relève l’absence de mentions légales, ce que nos propres relevés confirment page par page.
Un formulaire identique sur toutes les adresses du domaine
Nos outils ont visité dix adresses du domaine. Sur chacune, la même formule à neuf champs, dont quatre invisibles : prénom, nom, courriel, téléphone, puis le pays, deux paramètres de campagne publicitaire et la langue du visiteur. Toutes postent vers /api/v1/sign-up. La page d’accueil, la page à propos, la page de contact, la page des tarifs et même la page des conditions d’utilisation servent ce seul formulaire : les conditions générales n’ont pas de texte propre, elles sont un prétexte à champ de saisie.
La page de connexion mérite un arrêt. Elle s’intitule « Accedi a Tesorvenza », promet un tableau de bord, un suivi des marchés en temps réel et la gestion des investissements. Son formulaire ne comporte qu’un champ de courriel et trois valeurs cachées, et pas le moindre champ de mot de passe : le mot n’apparaît nulle part dans le document. Une page de connexion sans mot de passe n’ouvre aucun compte, elle enregistre une adresse de plus.
Les adresses qui devraient exister ensuite n’existent pas. /dashboard, /api et /register renvoient toutes les trois une page « 404 Pagina non trovata » de la même taille, alors que /sign-up pèse plus de cent kilo-octets et que /special-offer en pèse davantage, avec une promesse de six mois d’accès dit VIP offerts. Le fichier d’exclusion des robots, servi normalement, interdit l’exploration des adresses contenant « thank » et « go-play » : ce sont les chemins de remerciement et de renvoi d’un entonnoir de collecte, pas ceux d’une place de marché.
Un compte de trading suppose un encours visible, des opérations datées, une demande de retrait possible et une double validation à la connexion. Ici, l’inscription, la connexion, le contact et les conditions mènent tous au même dépôt de coordonnées, complété par une prise d’empreinte du navigateur et un compteur de visites. Le produit vendu n’est pas un accès, c’est le contact.
5,0 sur 5 pour 2 773 avis, sans une seule plateforme
Le code de la page d’accueil déclare une note de 5 sur 5 fondée sur 2 773 avis. Aucune plateforme d’avis n’est nommée, aucun lien ne mène vers un profil vérifiable, et la page n’affiche nulle part le moindre extrait de ces milliers de retours. Une note agrégée s’obtient auprès d’un tiers qui la certifie ; ici, elle est écrite dans le document, à côté du titre.
Les témoignages, eux, sont visibles et chiffrés : 750 dollars investis pour 1 328,75 dollars de profit chez un premier client, 950 pour 2 187,60 chez un troisième, 2 300 pour 3 985,70 chez une cinquième. Tous portent un prénom et un nom à consonance anglaise, tous racontent la même conversion, et aucun ne mentionne un retrait effectué. Un rendement doublé en quelques semaines n’est pas un témoignage, c’est une promesse déguisée en récit.
Les tarifs ajoutent une contradiction de plus. Le plan de base est annoncé gratuit, sans carte bancaire, puis un plan « Avanzato » est vendu 250 dollars en paiement unique, avec une remise de 25 pour cent affichée comme une offre, et un plan « Premio » dont le prix se règle par un appel au service commercial. La page promet par ailleurs l’absence de commissions cachées sur les dépôts et les retraits, tout en facturant l’accès aux fonctions. Une plateforme réelle vit de ses spreads et le dit ; celle-ci vend des paliers.
Après un virement, ce que la plainte permet de reconstituer
L’entretien qui suit a été enregistré avec Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate inscrite à Paris, et porte sur ce qu’une procédure déclenche réellement dans un dossier de faux trading crypto. Le dossier qu’elle commente a été instruit à Clermont-Ferrand : la plainte y a mené à l’arrestation de l’auteur, puis à sa détention provisoire, pendant qu’un volet civil était ouvert contre la banque.
Ce que ce type de dossier permet de reconstituer tient à des pièces précises, et elles disparaissent vite. Il faut la capture de l’écran de confirmation qui suit l’envoi du formulaire, avec les paramètres de campagne qu’il transporte, l’échange écrit avec le prétendu conseiller, le relevé qui montre le débit et le nom du bénéficiaire réel, enfin la trace du compte dit de démonstration ouvert avant le premier versement. Ces quatre pièces datent le contact, identifient l’encaissement et distinguent la victime de la vitrine.
La suite dépend du canal utilisé : un paiement par carte ouvre une contestation auprès de l’établissement émetteur dans des délais courts, un virement se heurte au nom du compte destinataire, un transfert de cryptomonnaies ne laisse qu’une trace publique à faire relever. Passé ces fenêtres, seule une plainte permet de poursuivre. La procédure, les pièces attendues et le ressort compétent sont détaillés sur notre page sur le dépôt de plainte.
Trois questions avant de remplir un formulaire sur tesorvenza.it
Aucune raison sociale, aucune adresse et aucun numéro d’immatriculation ne figurent sur les pages du site, y compris dans les conditions d’utilisation et la politique de confidentialité. Le registre du nom ne désigne qu’un particulier domicilié en Tchéquie, sans lien affiché avec une activité de courtage. Une plateforme qui gère de l’argent de tiers doit pouvoir être identifiée par un nom et un numéro.
Parce qu’il n’y a pas de compte à ouvrir. Le formulaire de la page « Accedi » ne comporte qu’un champ de courriel et trois valeurs cachées, et la page du tableau de bord répond par une erreur 404. La connexion sert à collecter une adresse de plus, pas à donner accès à un espace client.
Il part vers /api/v1/sign-up avec le pays, deux paramètres de campagne publicitaire et la langue du visiteur. Les conditions d’utilisation prévoient leur communication à des courtiers partenaires, et le site charge en plus un script qui relève les caractéristiques du navigateur. Autrement dit, la contrepartie annoncée, un compte, n’est pas celle qui est livrée : c’est un contact revendu.
Tout dépend du canal et de la date. Un paiement par carte se conteste auprès de la banque émettrice dans un délai bref, un virement suppose d’identifier le compte bénéficiaire, et un transfert de cryptomonnaies exige un relevé de la trace publique. Dans tous les cas, il faut réunir sans attendre la confirmation d’inscription, les messages du démarcheur et les relevés, puis déposer plainte pour que l’enquête puisse remonter le compte d’encaissement.
Tesorvenza ne vend ni terminal, ni bot, ni compte : elle vend des coordonnées, à un enchaînement d’annonces qui conduit jusqu’à un faux conseiller. Nos outils ont retrouvé sous ce nom la tuyauterie décrite trois fois déjà cette année, les mêmes quatre chemins, un formulaire de connexion sans mot de passe et des tarifs qui contredisent la gratuité annoncée. Une personne qui a versé des fonds après un appel reçu à la suite d’un formulaire de ce type doit conserver les échanges et les relevés, puis faire évaluer son dossier avant que les délais bancaires ne se referment.
Un versement a été effectué vers Tesorvenza ? Notre service d’aide aux victimes examine gratuitement ce que vous avez conservé, capture de l’inscription, messages reçus, relevés, et précise selon le mode de paiement les recours encore utiles.


