Cimapatrienza.net arnaque : 950 euros par jour, zéro compte

Au 28 octobre 2026, cimapatrienza.net affichait encore deux portraits de la télévision italienne au-dessus d’une promesse de revenu quotidien de 950 à 2 150 euros. Derrière ces visages, aucun espace client, aucun identifiant, aucune société : un unique formulaire de rappel qui transmet le nom et le numéro saisis à un script nommé send.php.

Les deux portraits ne renvoient à aucune interview

Le bloc s’intitule « Leader che supportano l’iniziativa ». Deux fichiers d’image y sont appelés sans légende ni crédit : celeb-1.webp et celeb-2.webp. En dessous, un texte présente le premier comme journaliste et animateur de télévision, le second comme entrepreneur et fondateur du Billionaire Club, avec des propos mis entre guillemets. Au premier, la phrase « Utilizzo la piattaforma da diversi anni e ho scoperto che gli investimenti possono generare un reddito passivo stabile ». Au second, plus audacieux encore, l’affirmation d’un investissement de 2,5 millions d’euros et d’une croissance « actuelle » de 78,4 %.

Ces deux hommes existent : ce sont des figures connues du public italien. C’est précisément ce qui rend le procédé efficace, et c’est aussi ce qui le rend vérifiable. Or aucune date, aucun média, aucune émission, aucun lien ne vient étayer les phrases citées. Les pages du site ne comportent ni communiqué, ni mention d’une quelconque collaboration, ni la moindre référence à une interview. Le nom des fichiers images ne porte pas non plus de crédit photographique, alors qu’une utilisation autorisée en porterait un.

Rien n’établit donc que l’un ou l’autre ait jamais parlé de cimapatrienza.net. Une recommandation réelle laisse des traces : un extrait vidéo, un article, une publication datée. Ici, il n’y a qu’un portrait posé à côté d’une citation, dans un rapport de confiance qui doit tout à la notoriété de ceux dont l’image est reprise.

Dernière mise à jour : 28/10/2026

📄 Document

Le fichier joint reproduit la page que cimapatrienza.net servait le 28 octobre 2026. Le bandeau de revenu quotidien, les deux portraits puis le formulaire de rappel s’y succèdent sans interruption, jusqu’au mur d’avis signés de prénoms italiens.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Capture de la page d'accueil de cimapatrienza.net le 28 octobre 2026

Me Goce Novakov, avocat au barreau de Paris, détaille dans la vidéo ci-dessous une décision où l’établissement qui tenait les comptes a dû répondre de son défaut de surveillance, et où 70 % des pertes sont revenues à la victime. Sa présentation et ses coordonnées figurent sur sa page dédiée.

950 à 2 150 euros par jour pour 250 euros déposés

La promesse est écrite en haut de page, en gros caractères : « Guadagna tra 950 € e 2.150 € al giorno con una piattaforma di investimento intelligente ». Suit l’annonce d’une inscription « désormais ouverte en Italie », puis trois étapes. S’inscrire, passer un appel gratuit avec un conseiller, déposer au moins 250 euros, recevoir ses premiers paiements « le jour même de l’inscription ». Aucun frais caché, précise le site, seul compte ce qui est versé.

Le reste de la page empile les mêmes chiffres. Un taux de réussite de 96,9 %. Des statistiques présentées comme la preuve d’une solidité : 102 millions d’euros d’investissements en cours, 350 millions d’euros de gains cumulés, 1,6 milliard d’euros de volume traité. Puis six avis, tous italiens, tous signés d’un prénom et d’un nom, tous accompagnés d’un montant : 28 300 euros pour l’un, 31 400 pour l’autre, 490 euros par jour pour un troisième.

Un calcul suffit à mesurer l’écart. 950 euros par jour représentent 28 500 euros par mois, soit plus de 11 000 % par an sur un dépôt de 250 euros. Aucun placement régulé ne produit cela, et l’énoncé même de la promesse contient sa contradiction : un rendement de cet ordre n’aurait aucune raison d’être vendu par un formulaire public, encore moins à 250 euros. Le procédé n’est pas propre à ce nom : il a déjà été décrit dans l’enquête consacrée à Borientesfin.digital, où la même mécanique monnayait la provenance de la visite sans ouvrir de compte.

Le formulaire ne crée rien, il transmet

L’examen du code de la page donne la réponse que le site ne donne pas. La balise <base href="//cimapatrienza.net/landers/pater/"> indique au navigateur que toutes les adresses relatives partent d’un sous-répertoire nommé landers, lui-même suivi d’un code de campagne, pater. Les deux formulaires portent la classe aio-sdk-form et un champ caché commun : clickid, ici dbh5fsgsbtmc73acmjsg. C’est un identifiant de piste, pas un identifiant de client.

Interrogé sans données, le script de réception répond en déversant ses avertissements PHP, et livre au passage son chemin complet sur le serveur : /app/public/landers/pater/send.php. La page d’accueil n’est donc pas un site marchand installé à la racine : c’est un dossier de campagne, servi tel quel. La conséquence se vérifie à l’usage. /privacy/ répond 404, /terms/ répond 404, /about/ et /contact/ également, alors que les mêmes adresses répondent 200 dès qu’on les demande sous /landers/pater/. Les liens du menu ne fonctionnent que par l’effet de la balise de base.

Aucun espace client n’existe : /login, /dashboard et /account ne renvoient rien. Aucune page ne décrit un produit financier, un compte-titres ou un contrat. Deux traceurs complètent le dispositif, chargés depuis un fichier de configuration séparé : une mesure d’audience Google et un compteur Yandex, avec les identifiants G-5M4MV1X9LM et 108378624. Ce que la page mesure, ce n’est pas l’activité d’un compte, c’est le nombre de formulaires remplis. La même mécanique de kit recyclé ressortait de notre enquête sur Brintaxio Flarvix.

Les conditions d’usage décrivent un site d’information

Il faut lire les pages secondaires pour trouver la phrase décisive. Au point 1.2 des conditions, le site déclare fournir « des informations sur des plateformes de tiers qui permettent le trading ». Autrement dit, cimapatrienza.net ne se présente pas lui-même comme un opérateur : il revendique le statut d’intermédiaire d’information. La page d’accueil dit exactement le contraire, en promettant des paiements versés depuis « la plateforme ».

Aucune de ces pages ne nomme d’éditeur. Pas de raison sociale, pas d’adresse, pas de numéro d’immatriculation, pas de TVA, pas de mention d’un quelconque régulateur. La seule coordonnée proposée est une adresse électronique rendue illisible par le masquage anti-robot, et le domaine ne possède aucun enregistrement de messagerie : une lettre envoyée à cette adresse ne peut aboutir nulle part. Un site qui collecte des numéros de téléphone pour un appel sous vingt minutes, mais qui ne peut pas recevoir de courrier, n’a pas de service après-vente à offrir.

Un nom déposé le 3 avril 2026 chez Sav.com, sans messagerie

Le registre confirme la jeunesse de l’ensemble. cimapatrienza.net a été enregistré le 3 avril 2026, pour une échéance fixée au 3 avril 2027, soit une première année seulement, et sa dernière modification date du 3 juillet 2026. Le bureau d’enregistrement est Sav.com, LLC, avec un statut de blocage des transferts et deux serveurs de noms Cloudflare, danica et henrik. Le titulaire n’apparaît pas.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

L’infrastructure est celle d’un service masqué : deux adresses Cloudflare, 104.21.89.107 et 172.67.140.135, un certificat délivré par Google Trust Services le 31 août 2026 et valable jusqu’au 29 novembre, couvrant le domaine et tous ses sous-domaines, et un enregistrement de vérification Google dans la zone. Le certificat a donc été renouvelé après l’ouverture du site : l’ensemble est entretenu, pas abandonné. Aucun enregistrement MX, en revanche, sur un domaine qui prétend traiter des inscriptions et des paiements.

Les six listes de l’Autorité des marchés financiers ont été passées en revue, dans leurs versions exportées le 8 octobre 2026 : aucune entrée correspondant à cimapatrienza n’y figure. On n’en déduira aucune garantie de conformité : cela veut dire uniquement que le nom n’a pas encore été relevé par le régulateur français. L’usage, sur ce type de dossier, est que l’inscription arrive après les signalements.

Ce qu’il faut garder avant de saisir sa banque

Les victimes de ce type de vitrine décrivent presque toujours la même séquence : formulaire rempli, appel d’un « conseiller » dans les vingt minutes, dépôt de 250 euros par carte, puis demande d’un versement plus important pour accéder à un « niveau supérieur ». Le solde affiché sur un tableau de bord progresse, le retrait, lui, exige des frais.

Trois éléments doivent être conservés avant toute démarche. Le numéro depuis lequel l’appel a été passé, avec la date et l’heure, et les échanges qui ont suivi sur WhatsApp ou par messagerie. L’IBAN exact du bénéficiaire du virement, tel qu’il figure sur l’ordre de paiement : il désigne souvent une société tierce, sans lien apparent avec cimapatrienza.net, et c’est cette pièce qui permet de remonter le compte. Enfin les captures d’écran du tableau de bord et des pages de retrait refusé, avec leur adresse visible. Une demande de rappel de fonds doit être adressée par écrit à la banque émettrice, en joignant ces pièces, sans attendre. Vient ensuite la plainte, dont les modalités sont exposées sur la page que nous y consacrons. La fiche publique du site, avec son indice de confiance de 25 %, reste consultable sur ScamDoc.

Questions fréquentes sur cimapatrienza.net

Cimapatrienza.net est-il une arnaque ?

La page promet 950 à 2 150 euros par jour et présente deux personnalités italiennes comme soutiens, sans aucune source vérifiable, tandis que son formulaire ne crée aucun compte : il transmet les coordonnées saisies à un script de campagne. Les conditions d’usage la décrivent d’ailleurs comme un simple site d’information sur des plateformes tierces. Ces trois éléments réunis justifient de la considérer comme frauduleuse.

Peut-on récupérer les 250 euros déposés ?

Tout dépend du moyen de paiement. Un paiement par carte peut donner lieu à une contestation auprès de la banque émettrice, dans les délais prévus par le réseau utilisé. Un virement, lui, ne se conteste pas mais se rappelle : la banque peut tenter de récupérer les fonds si la demande est écrite, immédiate et accompagnée de l’IBAN du bénéficiaire. Plus le signalement est tardif, plus la somme est difficile à retrouver.

Alessandro Cattelan et Flavio Briatore sont-ils liés à ce site ?

Aucun élément ne l’établit. Les deux hommes sont des figures réelles de la télévision et de l’entrepreneuriat italien, mais les propos qui leur sont prêtés sur cimapatrienza.net ne renvoient à aucune interview, aucune émission et aucune publication datée. Les portraits sont appelés par des fichiers sans crédit. Il s’agit d’une reprise d’image et de citation, non d’un partenariat démontré.

Ce que la vitrine laisse derrière elle

cimapatrienza.net n’a ni société, ni adresse, ni messagerie, ni espace client, et elle n’a que six mois. Ce qu’elle a, c’est un formulaire qui capte un nom et un numéro, deux visages empruntés pour donner du crédit, et un texte qui promet un revenu quotidien que personne ne peut produire. Les personnes qui remplissent ce formulaire reçoivent un appel dans les vingt minutes et sont conduites, en quelques semaines, à augmenter un dépôt qu’elles ne reverront pas. C’est cette progression, du formulaire au virement, que BrokerDefense évalue avant toute démarche, en confrontant les pièces du dossier à l’infrastructure réelle du site.

Vous avez déposé des fonds après un appel de cimapatrienza.net ? Écrivez-nous en joignant l’IBAN du bénéficiaire et la date de l’appel.

Contactez notre service d’aide aux victimes

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