Arnaque Threeriverscapitalwealth.com : huit vitrines, un serveur

Huit vitrines du même script, servies par une seule adresse

threeriverscapitalwealth.com a répondu en 200 à nos outils le 26 octobre 2026, en affichant 5 368 investisseurs et 578 659 versements sur son écran d’entrée. Derrière cette vitrine, une mesure simple : le nom partage son adresse IPv4, 190.97.166.185, et la même paire de serveurs de noms, ns1.cybercastco.com et ns2.cybercastco.com, avec sept autres sites de placement qui tournent sur le même logiciel commercial.

Ces sept voisins, nos outils les ont ouverts le même jour. Il s’agit de g-globalyield.org, growthfirmltd.com, wealthprolimited.com, wintechgloballtd.com, yorkerholdingsltd.com, crypto-finance-global.com et prominentholdingsltd.org. Tous affichent la même navigation par paramètre d’adresse, avec les entrées ?a=home, ?a=login, ?a=signup et ?a=faq. Tous chargent la même fenêtre de conversation en bas de page. Plusieurs reprennent la même colonne de plans assortie d’une commission versée au parrain, et le même carrousel de cours de cryptomonnaies.

Les dates de dépôt de ces huit noms s’échelonnent du 5 janvier 2023 au 19 février 2026, et trois bureaux d’enregistrement différents apparaissent au registre : Global Domain Group LLC, 1API GmbH et Hosting Concepts B.V. pour le nom qui nous occupe. Changer de bureau d’enregistrement ne change pas la main qui rédige : la grille de rendement, elle, varie d’un site à l’autre, de 1,5 % à 7,5 % par jour. Le décor reste identique, seul le tarif de la promesse est ajusté.

La série a même ses noms déjà morts. amiteclimited.com et rivebornlimited.com, deux autres entrées du même voisinage, ne se résolvent plus du tout, et noblefieldlimited.com a basculé sur une page d’attente qui propose des noms de domaine à l’achat. L’adresse de service, elle, n’a pas bougé et porte encore les huit enseignes relevées ce jour. Une machine à ouvrir des façades, donc, dont les noms se remplacent au fil des mois.

Dernière mise à jour : 26/10/2026

📄 Huit pages relevées le 26 octobre

BrokerDefense archive ci-dessous l’écran d’entrée tel qu’il s’affichait ce jour sur threeriverscapitalwealth.com. Sept autres pages ont été parcourues dans la même session, la présentation, la foire aux questions, les conditions générales, le contact, la connexion, l’inscription et la page crypto : le dossier de constat réunit donc la revendication d’agrément et la grille des quatre plans telles qu’elles se présentent au visiteur.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Page d'accueil de threeriverscapitalwealth.com relevée le 26 octobre 2026

Des rendements de 2,2 % à 7,5 % par jour, capital non restitué

La grille tient en quatre lignes, affichées côte à côte sur l’accueil. Le plan Economy promet 2,2 % par jour pour un dépôt de 100 à 4 999 dollars. Le plan Business monte à 3,5 % entre 5 000 et 9 999 dollars, le plan Premium à 5 % entre 10 000 et 19 999 dollars, et le plan Executive à 7,5 % à partir de 20 000 dollars, sans plafond. Chaque ligne porte la même mention, en majuscules : PRINCIPLE : NOT INCLUDED, autrement dit le capital déposé n’est pas rendu. S’y ajoute une commission de 10 % versée au parrain, sur deux niveaux.

Un pourcentage quotidien se traduit mal en tête, alors posons le calcul. 2,2 % par jour sur 365 jours font 803 % du dépôt en un an, et 7,5 % par jour en font 2 737 %. Cent dollars placés sur le premier plan produisent 2,20 dollar par jour, soit 803 dollars sur l’année, et le dépôt d’origine ne revient pas. Aucun actif ne produit cela : ni l’immobilier, ni l’or, ni le forex, ni les mines dont la page se réclame. La seule ressource capable de payer les premiers retraits est l’argent des dépôts suivants, ce qui définit un montage en pyramide et non un placement.

Le canal de paiement ferme la porte derrière le déposant. L’accueil n’accepte que des cryptomonnaies, bitcoin, ethereum et tether notamment, et la page des questions précise que les retraits sont envoyés « to your provided wallet address ». Un virement bancaire peut être rappelé, une transaction en bitcoin ne l’est pas : le choix du canal n’est pas un détail pratique, c’est ce qui rend toute récupération amiable impossible une fois l’envoi confirmé.

Le mécanisme se retrouve à l’identique dans deux dossiers voisins. Sur tradeassetlimited.com, les versements censés prouver la solidité sont régénérés à chaque consultation, et sur nosinasset, sept paliers tournent sur un cycle unique de quinze heures. Ici, la promesse est plus lente et plus haute : quatre paliers, un an de rendement quotidien, et aucune trace d’un seul versement réel.

Un agrément suisse revendiqué, une liste d’alerte qui dit le contraire

La page des questions fréquentes répond en une phrase à la question de l’autorisation : « We are registered and licensed by the Financial Markets Authority. » Aucun numéro d’agrément, aucune date, aucun nom de registre, aucune juridiction ne vient étayer la phrase. La même page situe le bureau à « Via Albarelle 41, Stöckweid. Switzerland », adresse reprise telle quelle en pied de page et sur la page de contact, sans forme sociale, sans numéro d’identification d’entreprise et sans numéro de taxe sur la valeur ajoutée.

Le 22 octobre 2026, l’autorité suisse de surveillance des marchés financiers a publié une entrée au nom du domaine sur sa liste d’alerte. La fiche reprend l’adresse exacte, Via Albarelle 41, Stöckweid, indique l’adresse du site et porte, à la rubrique du registre du commerce, la mention « Sans inscription au registre du commerce ». La case du siège est vide. La FINMA précise par ailleurs qu’elle ne garantit ni l’exhaustivité ni l’actualité de sa liste, ce qui vaut d’être rappelé : l’absence d’un nom n’y prouve rien, sa présence en revanche est un fait daté.

La contradiction la plus nette ne vient pas du régulateur, elle vient du site lui-même. La page des conditions générales, atteignable par l’adresse ?a=rules, écarte l’application des lois fédérales américaines de 1933, 1934 et 1940 sur les valeurs mobilières, puis écrit noir sur blanc : « We are not FDIC insured. We are not a licensed bank or a security firm. » Une vitrine qui se dit titulaire d’une autorisation et qui se décrit, deux pages plus loin, comme ni banque ni société de valeurs mobilières agréée, ne laisse au lecteur qu’une conclusion : l’une des deux affirmations est un décor.

Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Son certificat de société est une brochure Word de vingt-deux pages

Le pied de page propose trois pièces : « Company Docs (english) », « Company Docs (German) » et « Company Certificate ». La troisième, dernière citée, est un fichier PDF servi depuis le domaine lui-même et pesant un mégaoctet. Nos outils l’ont ouvert : vingt-deux pages, 7 438 caractères de texte, un document produit avec Microsoft Word 2016 dont la date de création inscrite dans le fichier est le 17 janvier 2026 à 10 h 39, soit trois jours après le dépôt du nom de domaine.

Nous y avons cherché ce qu’un certificat de société contient toujours. Les mots « licence », « Financial », « Authority », « certificate », « Switzerland » et « registration number » n’y apparaissent pas une seule fois. Aucune forme sociale, aucune adresse, aucun numéro au registre, aucune autorité émettrice, aucune date de délivrance. Le document déroule une présentation commerciale, celle d’une maison présente dans plus de quarante pays, dotée d’une équipe expérimentée et d’un portefeuille diversifié, puis un mode d’emploi de la plateforme en cinq étapes.

La pièce est donc à sa place dans la vitrine et sans valeur probante : elle ne dit rien de la personne morale qui reçoit les fonds, rien de son pays de constitution, rien de son objet social. Une société qui collecte des dépôts pour les placer produit un rapport annuel, un dépositaire, un auditeur et un numéro d’immatriculation. Ici, une brochure de vingt-deux pages remplace les quatre.

Un nom déposé en janvier 2026, un copyright de 2020

Le registre public du domaine donne une date précise : enregistrement le 14 janvier 2026 à 10 h 11, expiration le 14 janvier 2027, statut de transfert verrouillé, bureau d’enregistrement Hosting Concepts B.V., connu sous le nom commercial Registrar.eu. En bas de chaque page, le site affiche pourtant « Copyright © 2020 Three Rivers Capitalwealth ». Cinq années d’écart entre l’âge affiché et l’âge réel du nom, sans qu’aucune archive ne vienne couvrir la période intermédiaire.

Le certificat de chiffrement raconte la même jeunesse et, surtout, la nature de l’hébergement. Il a été délivré le 15 septembre 2026 par Let’s Encrypt et court jusqu’au 14 décembre 2026. Son nom commun n’est pas le domaine mais mail.threeriverscapitalwealth.com, et la liste des noms couverts comprend cpanel, webmail, webdisk, cpcalendars et autodiscover, la signature d’un hébergement mutualisé de type cPanel et non d’une infrastructure bancaire. Le serveur répond en nginx et le site ouvre une session PHP à chaque visite.

La navigation, enfin, passe entièrement par un paramètre d’adresse. Sept entrées ont été visitées dans une même session, de ?a=about à ?a=signup, et l’adresse ?a=news rend une erreur 500. Une adresse non liée, ?a=terms, renvoie exactement la page d’accueil, au même octet près, avec la même empreinte que la racine : le routeur répond à tout. Les fichiers robots.txt et sitemap.xml, eux, renvoient une page d’erreur 404, ce qui laisse un site sans plan ni consigne d’indexation, sur un nom qui se réclame d’une autorisation financière.

Une équipe sans état civil, des compteurs figés dans le code

La page de présentation nomme quatre dirigeants : John Smith, directeur général, Sarah Johnson, responsable des investissements, Michael Brown, conseiller financier, et Emma Wilson, spécialiste des cryptomonnaies. Aucune fonction datée, aucune biographie, aucun mandat dans une autre société, aucun lien vers un profil professionnel. Les quatre noms sont ceux qui arrivent en tête des prénoms et patronymes les plus portés dans les pays anglophones, et les portraits qui les accompagnent sont des images de banque d’images, sans nom de photographe ni légende.

Les trois compteurs de l’accueil, 5 368 investisseurs, 793 538,42 de financements et 578 659 de paiements, ne bougent pas. Deux relevés espacés ont rendu les mêmes valeurs, caractère pour caractère, sans que la page ne les recalcule ni ne les date. Un registre de caisse s’allonge, il ne se réécrit pas à l’identique à chaque consultation : ces chiffres sont du décor, pas une comptabilité.

Les témoignages portent la même marque. Quatre prénoms, Ruso Kaleb, Clint Abel, Nunes Ben et Gustavo Km, sans date, sans montant, sans identité vérifiable, reviennent d’une page à l’autre à l’identique, et l’un d’eux a conservé un défaut d’encodage dans le texte affiché. La description de l’activité, elle, change selon la page : l’accueil parle de crypto, de forex, d’immobilier et d’or, la foire aux questions ajoute le pétrole brut et le capital-risque. Une maison qui gère des fonds sait ce qu’elle gère.

Un indice public confirme l’impression d’ensemble : la fiche ouverte au nom du domaine par un service indépendant de notation de sites, consultable ici, lui attribue un indice de confiance de 25 %. Ce n’est pas une preuve en soi, c’est un signal de plus, cohérent avec tout ce qui précède.

Reste la suite, celle qui compte pour une personne ayant déjà envoyé des fonds. Une banque peut être interrogée sur le compte qui a reçu un virement, et une plainte peut être déposée pour escroquerie, avec les pièces du dossier. Les étapes et les modèles utiles figurent sur la page où nous détaillons la marche à suivre pour porter plainte, avec ce que le ministère public attend d’un dossier chiffré.

Sur la restitution proprement dite, la question a été portée devant les tribunaux : Maître Goce Novakov, avocat dont le tableau est celui de Paris, revient ci-dessous sur une décision où un établissement s’est vu reprocher de n’avoir pas assez vérifié les opérations d’un client trompé, la victime y ayant récupéré 70 % de ses pertes. Son analyse porte sur ce qui peut encore être demandé à la banque qui a exécuté les virements.

Ce que les victimes demandent le plus souvent

Threeriverscapitalwealth.com est-elle autorisée à recevoir des dépôts ?

Non. La page des questions affirme une autorisation délivrée par la « Financial Markets Authority » sans citer de numéro, de date ni de registre, et la fiche publiée le 22 octobre 2026 par l’autorité suisse indique, sous le nom du domaine, « Sans inscription au registre du commerce ». Un intermédiaire qui collecte de l’épargne doit afficher l’enregistrement qui l’y autorise ; ici, la seule pièce produite est une brochure commerciale de vingt-deux pages.

Un virement ou un envoi en bitcoin peut-il être annulé ?

Un envoi en bitcoin, en ethereum ou en tether ne peut pas être annulé par l’émetteur : la transaction est définitive une fois confirmée dans la chaîne. Un virement bancaire, lui, peut être signalé à sa banque au titre d’une opération frauduleuse, et c’est la voie à actionner dans les heures qui suivent, en joignant l’ordre de virement, le relevé et les échanges avec le site. La banque examinera sa propre exécution, notamment le contrôle du bénéficiaire.

Quelles pièces conserver après un dépôt sur ce site ?

L’identifiant de chaque transaction avec l’adresse de destination, les captures de la grille des plans et de l’espace client, les courriels échangés avec [email protected], les conversations ouvertes dans la fenêtre de discussion du site, ainsi que la date et le montant de chaque envoi. Ces éléments établissent la chronologie du préjudice et relient chaque envoi à l’écran qui l’a suscité, deux points sur lesquels un dossier se joue.

Les retraits affichés sont-ils réellement payés ?

Rien sur le site ne permet de le vérifier. Les trois compteurs de l’accueil sont écrits en dur dans la page et ne renvoient à aucun journal consultable, et aucun identifiant de transaction n’est publié. Un paiement réel se prouve par son identifiant de transaction, vérifiable sur un explorateur de chaîne publique : sans lui, un chiffre affiché reste une image.

Un versement a déjà été envoyé à threeriverscapitalwealth.com ?

Décrivez-nous l’envoi, la date, le canal utilisé et les messages reçus : nos juristes relisent les pièces et indiquent ce qui peut encore être tenté, du côté de la banque comme du côté pénal.

Contactez notre service d’aide aux victimes

threeriverscapitalwealth.com promet 2,2 % à 7,5 % par jour sur des dépôts en cryptomonnaies, sans restitution du capital, depuis un nom déposé en janvier 2026 et servi par une machine qui héberge sept autres vitrines du même logiciel. Ses victimes types sont des épargnants attirés par un rendement quotidien présenté comme régulier, qui versent d’abord une somme modeste, reçoivent un premier retrait pour être rassurés, puis engagent des montants plus élevés avant que les demandes ne cessent d’aboutir. Un dossier évalué avant un second versement coûte moins cher qu’un dépôt supplémentaire : c’est ce que BrokerDefense propose sans frais, à partir des pièces du premier envoi, en vérifiant l’enregistrement du nom, le canal de paiement et l’historique de la vitrine.

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