Six adresses bâties sur une même famille de noms, « cma-immobilier » et ses variantes, figurent depuis le 6 octobre 2026 dans le fichier public que les autorités de contrôle françaises tiennent sur les acteurs non autorisés. Les six lignes portent la même date et les mêmes qualifications, et partagent une forme unique, « prénom.nom », celle que ce fichier emploie pour désigner l’adresse d’une personne. Cinq des six noms existent encore au registre des adresses en « .com », tous confiés au même bureau d’enregistrement entre mai et août 2026. Aucun ne présente de service : les cinq noms qui répondent affichent une page d’attente identique.
Sommaire
- Six adresses du même groupe fichées le 6 octobre 2026
- Cinq noms passés au registre chez le même dépositaire
- Ce que ces noms renvoient aujourd’hui
- Une infrastructure réduite à l’hébergement et à la messagerie
- Acteurs non autorisés : ce que l’inscription établit
- Réunir les pièces après un versement fait sous ce nom
- Trois questions autour de ces adresses
Six adresses du même groupe fichées le 6 octobre 2026
Le fichier public rassemblé par les autorités de contrôle françaises s’est enrichi, le 6 octobre 2026, de six lignes qui se répondent presque mot pour mot. Chacune vise une adresse : pré[email protected], pré[email protected], pré[email protected], pré[email protected], pré[email protected] et pré[email protected].
Les deux libellés qui accompagnent ces lignes sont identiques d’un bout à l’autre du relevé. Le premier vise large : « Crédits livrets paiements assurances ». Le second désigne le procédé : « Usurpation Professionnel ». La seconde dit l’essentiel du dossier : sous un tel libellé, l’adresse s’attribue un titre professionnel qu’aucune habilitation ne soutient.
Ces lignes se relisent directement dans le fichier public qui les porte. Une recherche sur le seul mot « cma-immobilier » n’y rend qu’une entrée, comme une recherche menée sur chacune des autres formes. C’est le rapprochement des six résultats, et leur date commune, qui fait apparaître la série.
Le fait que pas un de ces noms n’ait de contenu ne réduit pas la portée de l’inscription. Le relevé vise des adresses employées pour démarcher, pas des vitrines. Ce qui y est consigné, c’est le canal par lequel un message arrive et l’identité qu’il endosse.
Dernière mise à jour : 08/10/2026
📄 Document
Voici, mise à disposition gratuitement par BrokerDefense, la capture de la page affichée par cma-immobilier.com, prise le 8 octobre 2026. On y lit le titre « Prochainement disponible », le nom du domaine en grand et la phrase « En construction. Veuillez revenir un peu plus tard. » : la page servie n’offre rien à examiner, et c’est exactement ce que la pièce jointe met sous les yeux.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Cinq noms passés au registre chez le même dépositaire
Le registre central des adresses en « .com » permet de suivre la mise en place de cette famille. Cinq des six noms y figurent, tous remis au même bureau d’enregistrement, Squarespace Domains, et tous confiés aux serveurs de noms de ce prestataire.
L’ordre des dépôts est net. cma-immobilier.com a été enregistré le 26 mai 2026. groupeimmo-cma.com et immocmagroupe.com l’ont été tous deux le 25 juin 2026, la seconde quelques minutes après la première. cma-finances.com a suivi le 2 juillet 2026, puis immobilier-cma.com le 11 août 2026. Chaque nom est réservé pour un an, jusqu’à la même date l’année suivante.
Deux verrous accompagnent chaque inscription : le transfert vers un autre prestataire est bloqué, comme la suppression du nom. Ces mentions décrivent l’état du dossier, rien de plus.
Le titulaire, lui, n’est jamais diffusé. Le registre ne laisse voir derrière ces cinq noms ni personne, ni société, ni coordonnée.
La sixième forme, immo-cmagroup.com, n’a laissé aucune trace : aucune inscription au registre, aucune résolution. Elle n’existe que par la ligne d’adresse qui la porte dans le fichier du régulateur.
Ce que ces noms renvoient aujourd’hui
Interrogés séparément, les cinq noms enregistrés répondent tous par la même page. Elle ne contient qu’un titre, « Prochainement disponible », le nom du domaine, et la ligne « En construction. Veuillez revenir un peu plus tard. »
La mise en page est celle d’un gabarit d’attente du constructeur de sites, chargé depuis ses propres serveurs, et son en-tête écarte les robots des moteurs de recherche. Aucune société, aucun produit, aucun formulaire, aucune coordonnée n’y figurent.
Comparées entre elles, les cinq réponses ne diffèrent que par le nom affiché. Le traitement est le même d’un bout à l’autre de la famille.
Le schéma n’est pas inédit. Sur le dossier Five Arrows, trois noms construits sur une marque connue se contentaient eux aussi d’une page d’attente du même constructeur de sites. Un service indépendant qui note la fiabilité des noms de domaine place par ailleurs cma-immobilier.com parmi les moins bien notés de son échelle, avec 25 % de confiance seulement ; cette évaluation se consulte librement.
Un nom qui répond sans rien servir, et cinq fois de suite, décrit une mise en place où la messagerie compte plus que la page. C’est elle qui reçoit les réponses, et c’est elle que les adresses inscrites rendent utilisable.
Une infrastructure réduite à l’hébergement et à la messagerie
Deux briques seulement sont configurées sous ces noms. La première est l’hébergement : le serveur qui répond s’annonce comme Squarespace, et les cinq noms pointent vers le même petit groupe d’adresses, deux à deux jumelles.
La seconde est la messagerie. Les cinq noms déclarent les mêmes serveurs de réception, ceux de la messagerie Google, sur un jeu de cinq enregistrements identique. Rien là d’étonnant : la forme des adresses inscrites suppose une boîte aux lettres derrière chaque nom, pour recueillir les réponses.
Le certificat est du même ordre de sobriété : un seul document, délivré par Let’s Encrypt, couvrant uniquement la forme « www » de cma-immobilier.com, et valable du 8 septembre au 7 décembre 2026. Aucune autorité payante, aucun autre nom couvert.
L’enregistrement du domaine se consulte dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Rien de cet ensemble ne ressemble à une infrastructure financière : ni plateforme, ni espace client, ni serveur de paiement. Ce que ces noms portent, c’est un hébergement grand public et une boîte de courrier.
Acteurs non autorisés : ce que l’inscription établit
Une inscription au fichier public ne raconte pas ce qui a été fait. Elle constate une qualité : l’adresse visée ne détient aucune autorisation pour proposer des crédits, des livrets, des services de paiement ou des assurances aux épargnants français. Elle nomme aussi le procédé, puisque un second libellé vise la reprise d’une identité professionnelle.
Sur ce dossier, plusieurs constats convergent. Six adresses. Une seule date d’inscription. Un même bureau d’enregistrement. Un même hébergement. Une même messagerie. Cinq pages d’attente interchangeables. Réunis, ils décrivent une mise en place conduite d’un seul mouvement. Ils ne désignent personne : aucune société, aucun dirigeant, aucune adresse ne sort du dossier, et aucune pièce recueillie ne permet d’attribuer les envois à une entreprise identifiable.
Une chronologie mérite d’être gardée en tête, sans qu’on en tire de conclusion. Le premier nom a été déposé le 26 mai 2026, le dernier le 11 août 2026. L’inscription du régulateur, elle, date du 6 octobre 2026. Entre les deux, près de cinq mois se sont écoulés, pendant lesquels les noms n’ont rien servi d’autre qu’une page d’attente.
Le dossier d’acp-finance.fr, fiché au même relevé pour une seule adresse, montre la variante la plus dépouillée de ce procédé : là aussi le régulateur a visé l’expéditeur, et non une enseigne.
Il reste une pièce que le relevé ne fournit pas : le contenu exact des messages envoyés depuis ces adresses. Le fichier public nomme le vecteur, il ne reproduit pas les sollicitations.
Réunir les pièces après un versement fait sous ce nom
Si un virement, un paiement par carte ou un transfert a été engagé après un échange venu de l’une de ces six adresses, trois gestes comptent plus que les autres. Le premier est de mettre de côté le message d’origine dans son intégralité, en-têtes compris : c’est lui qui porte l’adresse d’envoi, l’heure et le serveur de départ.
Le deuxième est de rassembler les traces bancaires des mouvements effectués, et la correspondance échangée avec l’interlocuteur, quel qu’ait été le canal employé.
Le troisième est de ne plus répondre à cette adresse. Toute réponse confirme la boîte comme active et relance l’échange.
Ces pièces, rapprochées du relevé du régulateur, forment la base d’un dossier. Le parcours d’un dépôt de plainte est décrit sur notre page consacrée à la plainte pénale.
L’entretien filmé qui suit a été confié à Maître Goce Novakov, avocat dont l’admission au barreau s’est faite à Paris. Il y revient sur la condamnation d’une banque devant une cour d’appel, et sur ce qu’une telle décision représente pour des victimes de virements frauduleux.
Trois questions autour de ces adresses
Il constate que l’identité professionnelle reprise par ces adresses n’est adossée à aucun droit. Le fichier rassemble les acteurs qui proposent des services financiers sans y être habilités, et l’inscription y vise l’adresse d’envoi, pas une vitrine.
Non : l’absence de contenu est ici la règle, pas l’anomalie. Les cinq noms qui répondent n’affichent qu’une page d’attente interchangeable, et le sixième ne résout pas. Ce qui compte, c’est la boîte de courrier derrière chaque nom, qui reçoit les réponses des personnes sollicitées.
Ne plus y répondre, garder le message d’origine au complet, et rassembler les preuves des versements engagés. Un dossier se construit ensuite à partir de ces éléments, rapprochés du relevé publié par les autorités de contrôle.
Cette famille de noms illustre une mécanique simple : quelques adresses, un même dépositaire, une même page d’attente, et une autorisation qu’aucune n’a jamais eue. Pour une personne démarquée par une adresse en « cma-immobilier », l’essentiel se joue sur les premières traces rassemblées, et sur le message conservé tel qu’il est arrivé. C’est le travail que notre service d’aide aux victimes conduit avant toute démarche, afin de situer précisément ce qui a été fait et ce qui peut encore être réclamé.


