Bpiannual.com arnaque : deux noms du même dépôt, gelés puis fichés

Bpiannual.com et bpi-annual.com ne forment pas deux dossiers séparés. Les fiches publiques du registre datent le dépôt des deux noms de la même seconde, le 11 septembre 2026 à 07:03:37 en temps universel, chez le même bureau d’enregistrement et derrière les mêmes serveurs de noms. Un certificat Let’s Encrypt a même été délivré aux deux adresses à la même seconde, une cinquantaine de minutes plus tôt. Ni l’une ni l’autre ne répond désormais : chacune a été suspendue par la partie qui l’enregistre, et depuis le 30 septembre 2026 toutes deux figurent sur le recueil des acteurs non autorisés tenu par l’ABE Infoservice, sous les qualifications « Crédits livrets paiements assurances » d’un côté et « Usurpation Professionnel » de l’autre.

Notre relevé a été arrêté le 30 septembre 2026. Aucune des deux adresses ne sert le moindre contenu, aucune copie publique n’a gardé la trace d’une vitrine, et la seule pièce encore datable reste le certificat délivré le jour du dépôt.

Deux noms déposés à la même seconde, écartés de la zone avant toute mise en service

Le rapprochement tient en trois relevés. Le registre d’abord : l’événement d’enregistrement de bpiannual.com et celui de bpi-annual.com portent la même seconde, et la même échéance, fixée au 11 septembre 2027. Le certificat ensuite : les deux adresses ont reçu, à la seconde près là aussi, une émission Let’s Encrypt, et bpi-annual.com en a obtenu une seconde sept jours plus tard. Le gel enfin : bpiannual.com est passé en « client hold » le 16 septembre 2026, bpi-annual.com le 20 septembre 2026, un statut par lequel le bureau d’enregistrement écarte le nom de la zone sans que son titulaire l’ait abandonné.

Depuis, aucune des deux adresses ne se résout : ni le nom seul, ni le préfixe « www ». Les serveurs de noms déclarés ne rendent plus la moindre adresse, et les interrogations répétées à plusieurs heures d’intervalle donnent toutes la même réponse négative.

Deux libellés bâtis sur la même racine, commandés au même moment, servis par la même infrastructure, puis retirés avant d’avoir produit quoi que ce soit de durable : le faisceau décrit un dépôt en série. Il ne dit rien, en revanche, de l’identité de la personne qui a payé ces noms. Les deux fiches de registre portent un titulaire masqué.

Dernière mise à jour : 30/09/2026

Fichier commun : deux noms inscrits sous la même date

Le second fait vient du régulateur. Le 30 septembre 2026, bpiannual.com et bpi-annual.com ont été inscrits le même jour sur le recueil public que l’ABE Infoservice consacre aux acteurs non autorisés, où sont réunies les listes noires tenues par le superviseur bancaire et par l’Autorité des marchés financiers. Chacune des deux lignes porte deux mentions : « Crédits livrets paiements assurances », qui décrit les activités affichées, et « Usurpation Professionnel », qui relève d’une autre logique. La date portée est celle du 30 septembre 2026.

Ces libellés disent deux choses distinctes. Les activités citées décrivent ce que le nom a entrepris de proposer : du crédit, des livrets d’épargne, des moyens de paiement et de l’assurance, soit l’éventail complet d’une banque de détail. La seconde qualification vise, elle, les noms qui empruntent l’identité d’un professionnel soumis à autorisation. Aucune pièce publique ne désigne le professionnel dont l’identité aurait été reprise, et rien ne permet d’imputer la sollicitation à une institution existante.

Une inscription sur ce recueil n’est pas une appréciation commerciale : c’est la constatation qu’un nom ne dispose d’aucune des autorisations qu’il laisse supposer. Pour une personne qui a rempli un dossier de souscription, elle transforme une impression favorable en élément de fait opposable.

Un bureau d’enregistrement unique et un titulaire masqué

Les deux noms ont été déposés chez Aceville Pte. Ltd., un bureau d’enregistrement établi à Singapour, et confiés aux serveurs de noms A, B et C.DNSPOD.COM, l’infrastructure du service DNS du groupe Tencent. Le contact technique déclaré pour les signalements d’abus renvoie lui aussi à ce groupe. À cela s’ajoute la mention « privacy protect », qui remplace l’identité du titulaire par celle d’un service de confidentialité : les registres publics ne portent donc aucun nom de personne ni de société derrière ces deux noms.

Les statuts, en revanche, sont lisibles. bpiannual.com ne porte que la mention « client hold », tandis que bpi-annual.com cumule cette mention et une interdiction de transfert. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Certificats et copies conservées : ce qui subsiste de ces noms

Les journaux publics de certificats confirment l’antériorité du certificat sur l’événement de dépôt : les deux adresses portent une émission Let’s Encrypt dont l’horodatage est légèrement antérieur au dépôt lui-même, un décalage courant entre l’ouverture d’une zone et son enregistrement. La seconde émission obtenue par bpi-annual.com sept jours plus tard indique qu’une zone existait et qu’elle était administrée. Rien de tout cela ne décrit une activité commerciale : un certificat s’obtient sans vitrine.

Les copies publiques recueillies au fil du mois ne conservent aucune page. Les relevés disponibles montrent une redirection du nom vers sa version sécurisée, puis une réponse « Not Found » de quelques centaines d’octets, servie par nginx. Aucun titre, aucun texte, aucun formulaire n’a été conservé : rien n’indique que ces adresses aient un jour présenté une interface complète et navigable. L’évaluation publique du nom ne leur accorde qu’un indice de confiance de 1 %, au plus bas de son échelle.

Un nom sans vitrine conservée n’est pas un nom inoffensif. Dans les dossiers de ce type, l’adresse sert de support à un démarchage mené ailleurs, par courriel ou par messagerie, où le seul élément vérifiable est le domaine inscrit au bas d’un message.

La qualification « Usurpation Professionnel », et ce qu’elle suppose

La mention retenue contre les deux noms les range dans une rubrique particulière du recueil : celle des adresses qui se présentent sous les traits d’un professionnel réglementé. Elle décrit le procédé, non une infraction établie. Elle ne permet donc pas d’affirmer que telle banque ou tel établissement a vu son nom repris, ni d’imputer à quiconque la sollicitation.

Le mode opératoire associé à ce type de dossier est en revanche documenté par notre rédaction. Dasnovahaus.com, dont le nom a lui aussi été retiré de la zone, et finance97-dolores52.sbs, suspendu le jour même de son dépôt, suivent la même trajectoire : un nom récent, une présentation empruntée, puis une disparition rapide dès que la sollicitation a porté ses fruits. Dans le cas présent, le nom n’a même jamais eu le temps de servir une page.

Rassembler les preuves avant toute réclamation

La démarche tient en quelques gestes. L’ordre de virement émis vers le compte indiqué reste la pièce maîtresse : il porte une date, un montant, un bénéficiaire et une référence que la banque peut retrouver. À côté de lui viennent les messages du démarcheur, l’adresse d’où ils ont été envoyés, les écrans conservés lors de l’ouverture du compte et le nom de l’interlocuteur qui a guidé l’opération. Un signalement auprès de l’ABE Infoservice, qui tient le recueil où les deux noms figurent, et une plainte déposée au commissariat ou à la brigade de gendarmerie compétente complètent l’ensemble. Les voies de recours ouvertes sont présentées sur notre dossier consacré à la plainte pénale pour escroquerie.

Nous avons posé la question à Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate dont le tableau est celui de Paris, pour savoir ce qu’une personne ayant versé des fonds sous ce nom peut encore faire valoir. Son intervention est filmée ci-dessous :

Le signalement auprès du régulateur et la plainte ne s’excluent pas : le premier alimente le recueil public, la seconde ouvre une procédure. Conserver les échanges écrits reste déterminant dans les deux cas, car ce sont eux qui établissent comment le contact a été pris et qui a proposé le versement.

Bpiannual.com et bpi-annual.com appartiennent-ils au même opérateur ?

Les deux noms portent le même horodatage d’enregistrement, à la seconde près, le même bureau d’enregistrement, les mêmes serveurs de noms et la même date d’inscription sur le recueil du régulateur. Un certificat Let’s Encrypt identique a même été délivré aux deux adresses à la même seconde. Ces éléments convergent vers un dépôt unique, sans qu’aucune pièce publique ne nomme la personne qui l’a commandé.

Que signifient les qualifications retenues le 30 septembre 2026 ?

Le recueil du régulateur cite les activités affichées (crédits, livrets, paiements, assurances) et ajoute la qualification « Usurpation Professionnel », qui vise les noms empruntant l’identité d’un professionnel soumis à autorisation. Une telle inscription constate l’absence d’autorisation, elle ne constitue pas à elle seule une décision de justice.

Peut-on encore agir après un versement vers ces adresses ?

La réponse dépend du moyen de paiement employé et de son ancienneté. Un virement bancaire laisse une trace nominative et datée, exploitable par une réclamation puis par une action en justice ; un transfert d’actifs numériques s’avère nettement plus difficile à remonter. Les justificatifs du paiement et les courriels du démarcheur forment le socle utile, sans qu’aucun résultat puisse être promis.

Contactez notre service d’aide aux victimes

Ce que deux noms retirés de la zone laissent derrière eux

Bpiannual.com et bpi-annual.com ne se distinguent donc pas par un produit financier, mais par la manière dont ils ont été construits : deux libellés commandés dans la même seconde, sur la même racine, servis par la même infrastructure, puis écartés de la zone avant d’avoir jamais montré une page. Il n’en reste qu’un certificat, une échéance au 11 septembre 2027 et deux lignes inscrites au recueil du régulateur. Pour les personnes qui ont été sollicitées sous cette enseigne, l’utilité tient désormais aux pièces : l’ordre de virement, les messages du démarcheur, les pages conservées au moment de l’échange. Faire évaluer son dossier sans attendre, sur cette base, reste la démarche la plus utile.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

SERVICE DE VÉRIFICATION

Vérifier le destinataire de votre paiement avant d’effectuer votre virement

ÉTUDE DE TRAÇAGE

Litiges cryptoactifs

SERVICES

BROKER DEFENSE

Offres spécifiques en matière de gestion des litiges dans le domaine de l’investissement et des escroqueries financières.

Ceci pourrait vous intéresser