Aimex Trade arnaque : le 862e site d’une usine à vitrines

Le fichier d’analyse chargé par aimex-trade.sbs porte, en clair, l’identifiant d’un chantier : un numéro de site, 862, un numéro de modèle, 103, et l’adresse du service qui reçoit ses données, un second nom de domaine en .sbs, sf-seo.sbs. Ouvert le 18 septembre 2026, ce dernier ne sert aucune vitrine commerciale : il affiche une interface d’administration intitulée « Site Factory », dont les écrans répondent aux libellés « domains », « templates », « deploy », « auto-purchase », « leads », « servers » et « search-console ». La plateforme de trading aux quatre millions de traders annoncés se présente ainsi, dans son propre code, comme le 862e site sorti d’un atelier.

Le code de la vitrine renvoie vers un panneau nommé Site Factory

Le script d’analyse de la page d’accueil n’est pas un simple compteur de visites. Il transmet chaque événement à l’adresse sf-seo.sbs, accompagné de deux identifiants de série, sans y joindre les données d’authentification du visiteur, et il conserve dans la base locale du navigateur les envois restés en attente, afin de les rejouer à la visite suivante. Le nom de domaine appelé n’appartient pas à la vitrine, ne figure nulle part dans ses pages, et n’est affiché dans aucune de ses mentions.

Ce second nom ouvre un outil de production. Enregistré le 9 mars 2026, trois mois avant aimex-trade.sbs, chez le même bureau d’enregistrement et sur la même extension, il répond derrière la même infrastructure de diffusion et sert une application dont la page d’accueil est déclarée en langue russe. Les écrans qu’elle expose sont ceux d’un atelier de fabrication : gestion des noms de domaine, bibliothèque de modèles, déploiement, achat groupé, suivi des inscriptions reçues, inventaire des serveurs, surveillance, tests comparatifs et raccordement à une console de référencement. Un formulaire de connexion protège l’accès, et rien n’indique publiquement combien de sites sont sortis de cette chaîne. Nous n’avons pas tenté de forcer cette porte : notre constat porte sur les seuls écrans libres d’accès.

La vitrine d’aimex-trade.sbs se lit alors autrement. Elle compte huit pages toutes bâties sur la même trame, sans histoire, sans équipe, sans nom de responsable, et son code de collecte la désigne comme un élément numéroté d’une série. Le rapprochement s’impose avec deux dossiers voisins documentés les jours précédents, evinquo.com et getliquid365.com, deux vitrines de trading sans agrément dont l’architecture répond aux mêmes besoins. Ce que ce montage organise, c’est une production de sites interchangeable : le contenu, les chiffres et les logos se remplacent, seule la collecte des inscriptions reste.

Dernière mise à jour : 18/09/2026

📄 Document

BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par aimex-trade.sbs, réalisée le 18 septembre 2026. On y distingue la promesse d’un pilotage par intelligence artificielle, le seuil d’entrée affiché à 250, les quatre millions de traders revendiqués, les logos de cabinets et de plateformes présentés comme partenaires, ainsi que les formulaires d’ouverture de compte : de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Capture de la vitrine servie par aimex-trade.sbs le 18 septembre 2026

Deloitte, CoinDesk, Nansen : des voisins de vitrine affichés sans accord

Une bande de la page annonce des partenaires : Deloitte, CoinDesk, Nansen et Decrypt. Une autre, intitulée « They Trust Us », aligne TradingView, Coinbase, Binance et Ledger. Aucun document du site ne rattache ces noms à un contrat, et aucun de ces acteurs n’apparaît dans les pages légales. Ce sont quatre-vingts ans d’audit pour l’un, des plateformes d’échange et un cabinet d’analyse pour les autres : des entreprises réelles, dont le nom sert ici de décor. Nous les citons parce que le procédé les met en avant malgré elles ; aucune d’entre elles n’a, à notre connaissance, de lien avec cette vitrine.

Les chiffres ne tiennent pas davantage. La même page revendique quatre millions de traders, un milliard de dollars de transactions traités, une décennie de résultats éprouvés et une précision de 85 %. Elle affiche aussi deux systèmes de notation concurrents, à quelques écrans d’intervalle : le premier crédite la plateforme de 4,9 sur 5 pour 1 247 avis, le second de 4,7 pour 189 avis calculés sur 247 notes. Les deux ne peuvent pas décrire la même activité. Trois témoignages signés de personnes présentées comme résidant en Irlande annoncent des rendements de 18,4 %, de 24,1 % et de 31,7 %, sous un avertissement qui précise qu’il s’agit de résultats déclarés par des utilisateurs. Un compteur décompte les secondes restantes d’une offre d’entrée à 250 au lieu de 1 000.

Un nom réservé en juin 2026, une ancienneté revendiquée de dix ans

Le registre est plus sobre que la vitrine. Le nom aimex-trade.sbs a été déposé le 8 juin 2026 à 07h52 UTC et il est payé jusqu’au 8 juin 2027. Son titulaire est masqué, son bureau d’enregistrement est NameSilo, LLC, son statut interdit tout transfert vers un autre prestataire sans l’accord du détenteur, et ses serveurs de noms sont ceux de Cloudflare. Le registre n’a plus bougé depuis le 13 juin 2026, cinq jours après la création du nom. Le premier certificat de sécurité du nom a été délivré le 8 juin 2026 à 06h58 UTC, soit moins d’une heure avant l’horodatage du registre : le nom et son chiffrement ont été mis en place d’un seul geste. Le certificat en cours, émis par Google Trust Services sous l’autorité intermédiaire WE1, court du 6 août au 4 novembre 2026 et couvre le domaine comme l’ensemble de ses sous-domaines.

Trois mois et demi d’existence, donc, pour une plateforme qui se présente comme forte de dix ans de résultats. Le décalage se retrouve dans les documents : la politique de confidentialité du site est datée du 11 mai 2026, soit près d’un mois avant l’enregistrement du nom qu’elle prétend régir. L’en-tête servi par la page d’accueil porte, elle, une date de rafraîchissement au 12 septembre 2026. Une seule copie publique de la page est conservée par un service de sauvegarde, prise le 12 juin 2026, quatre jours après la création ; pour le panneau sf-seo.sbs, il n’en existe aucune. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Aucune société, aucune adresse, un courriel masqué

Le pied de page de chaque page porte une mise au point qui contredit le reste du site. Il indique qu’aimex-trade.sbs n’est pas une société de services financiers, qu’elle ne peut pas délivrer de conseil en investissement, qu’elle opère comme simple prestataire et qu’elle se borne à mettre en relation avec des courtiers présentés comme autorisés, sans en nommer un seul. Aucune raison sociale, aucun numéro d’immatriculation, aucun numéro de licence et aucun siège ne figurent ailleurs dans le site. La page des questions courantes affirme pourtant que la plateforme se conforme aux réglementations financières applicables en Irlande et passe des audits réguliers, sans nommer l’autorité qui les conduirait.

La page de contact n’apporte pas davantage de prise : un seul formulaire, une adresse électronique protégée contre la lecture par des robots, et rien d’autre. Aucun téléphone, aucune adresse postale, aucune entité. Le sélecteur de pays du formulaire s’ouvre sur la France et le préfixe téléphonique +33, tandis que les scripts de la page interrogent jusqu’à cinq services de géolocalisation pour adapter l’affichage et l’offre au pays du visiteur. Les inscriptions sont envoyées à un script hébergé sur le domaine lui-même.

Le service de notation ScamDoc attribue à aimex-trade.sbs un indice de confiance de 25 %, relève l’absence d’identité de l’éditeur et la jeunesse du nom ; la fiche est consultable sur ScamDoc. Les six listes de mise en garde tenues à jour par l’Autorité des marchés financiers ne portaient, à la date de notre examen, aucune entrée à ce nom. Une absence de signalement ne vaut pas quitus : elle décrit l’état de ces listes ce jour-là, rien de plus. Le site s’appuie par ailleurs sur les bibliothèques de styles et de scripts d’usage courant, diffuse ses pages par l’intermédiaire de Cloudflare, déclare une organisation dans son balisage structuré et n’expose aucune trace d’équipe ni de prestataire identifiable.

Réunir les relevés et la correspondance avant toute fermeture d’accès

Les sommes engagées sur cette vitrine partent par carte bancaire ou en cryptomonnaies, à partir du seuil affiché de 250. Quand un retrait est demandé, l’issue dépend de ce qui a été conservé. Trois ensembles de pièces doivent être extraits sans attendre : les relevés de l’espace client avec l’historique des dépôts et des demandes de retrait, les copies d’écran montrant les soldes et les positions, et l’intégralité des échanges écrits avec les interlocuteurs du service, quel que soit le canal utilisé. Il faut y ajouter les coordonnées bancaires et les adresses de portefeuilles qui ont servi à recevoir les fonds, notées telles qu’elles ont été transmises.

Ces éléments déterminent les recours ouverts aux personnes trompées. Une plainte, adressée au procureur du ressort du domicile ou déposée dans un commissariat ou une brigade, gagne à être accompagnée d’un exposé chronologique et des justificatifs de versement. Sur le terrain civil, la responsabilité de la banque qui a laissé passer les virements peut être recherchée lorsqu’elle a manqué à son devoir de vigilance, comme l’illustre l’entretien ci-dessous.

Maître Anne Bernard-Dussaulx, avocate rattachée à l’ordre parisien, revient sur une décision de la Cour de cassation qui a clos onze années de procédure dans un dossier de faux placements, et sur ce que la provenance des versements a permis d’établir au bénéfice des victimes. Son intervention détaille le rôle des établissements qui ouvrent les comptes utilisés par les escrocs et les suites que les personnes trompées peuvent encore espérer. Sa présentation figure sur sa page dédiée.

Aimex Trade : les questions que l’on nous pose le plus souvent

Le site affiche Deloitte, Binance et Coinbase : est-ce une garantie ?

Non. Ces sociétés existent réellement, mais aucun document publié par aimex-trade.sbs ne rattache l’une d’elles à un contrat, à un audit ou à un partenariat. Leurs noms figurent sur la page d’accueil au même titre que les chiffres de fréquentation, sans pièce justificative. Une page qui s’autorise d’une marque connue n’en tire aucune qualité propre.

Puis-je retirer mon argent quand je le souhaite ?

Le site l’affirme, mais aucun élément vérifiable ne l’étaye : il ne nomme ni établissement teneur de comptes, ni prestataire de paiement, ni autorité de tutelle. Dans les dossiers de ce type, la demande de retrait finit fréquemment par déboucher sur une exigence de frais préalables, présentés comme nécessaires à la libération des fonds. Verser davantage ne libère rien et aggrave la perte.

Que faire si un virement a déjà été effectué ?

Rassembler d’abord les pièces : relevés de l’espace client, copies d’écran des soldes, échanges avec les interlocuteurs, coordonnées bancaires et adresses de cryptomonnaies utilisées. Signaler ensuite les faits à sa banque et déposer une plainte. Un dossier constitué rapidement conserve des éléments qui disparaissent dès que l’accès au compte est coupé.

Une vitrine de série, sans titulaire

Ce qui distingue aimex-trade.sbs des autres dossiers de la même semaine, c’est la trace laissée par sa fabrication. Le site ne cherche pas seulement à convaincre : il s’annonce, dans son propre code, comme le 862e exemplaire d’un atelier, et il renvoie vers la console qui gère ses noms de domaine, ses modèles et ses inscriptions. Ajoutez trois mois et demi d’existence contre dix ans revendiqués, une politique de confidentialité antérieure à la naissance du domaine, des références empruntées à des cabinets et à des plateformes réelles, et un pied de page qui se décrit comme un simple prestataire de mise en relation : l’ensemble décrit une chaîne de production, pas un établissement financier.

Un examen préalable du dossier, conduit par BrokerDefense, permet aux personnes ayant envoyé de l’argent à cette vitrine, par carte ou en actifs numériques, de savoir ce qui reste exploitable. Ce qui a été sauvegardé avant la coupure d’accès, relevés en tête, décide de la suite.

Des fonds ont-ils été engagés sur aimex-trade.sbs après une sollicitation ? Le service d’aide aux victimes de BrokerDefense se penche gratuitement sur votre dossier : il vous dira quelles pièces réunir et quelles étapes envisager.

Contactez notre service d’aide aux victimes

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