Getliquid365 arnaque : un nom relancé le lendemain de notre enquête

Le 25 juin 2026, BrokerDefense publiait son enquête sur getliquid24.com, une plateforme de trading sans agrément dont le domaine a été gelé par son bureau d’enregistrement cinq jours plus tard. Le lendemain de cette publication, le 26 juin 2026 à 11h20 UTC, un second nom était réservé chez le même prestataire : getliquid365.com. Le site est toujours en ligne aujourd’hui, et il continue de porter, dans son propre code comme dans ses pages légales, le nom du domaine exposé.

Le lendemain de notre enquête, la marque revenait déjà sous un autre millésime

Le dossier getliquid24.com avait établi que cette vitrine chargeait ses images, ses icônes de drapeaux et son fichier de script principal depuis as-investment.com, un autre site dénoncé quarante-huit heures plus tôt : la signature d’un atelier commun produisant plusieurs enseignes à partir d’un même socle. Le nom a été enregistré le 13 mars 2026 et payé jusqu’au 13 mars 2027. Le 30 juin 2026 à 02h09 UTC, le registre a basculé son statut en « client hold », une suspension qui coupe la résolution du nom sans le libérer. Ce n’est donc pas une expiration, mais une mise à l’arrêt.

La date d’enregistrement de getliquid365.com s’insère exactement entre les deux événements. Le nom a été réservé le 26 juin 2026, alors que l’enquête venait de paraître et que son prédécesseur fonctionnait encore. Quatre jours plus tard, getliquid24.com était gelé. Autrement dit : le temps que le premier nom soit mis à l’arrêt, le second était déjà acheté, opérationnel et prêt à recevoir la clientèle. L’enchaînement rappelle celui de dexmarketspro.com, dont le registre avait suspendu le nom dans les jours qui ont suivi notre enquête de juillet 2026. Le domaine court ici jusqu’au 26 juin 2027 et ne s’est pas contenté d’exister : il est aujourd’hui l’un des rares sites de cette série à répondre encore.

Dernière mise à jour : 17/09/2026

📄 Document

BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par getliquid365.com, réalisée le 17 septembre 2026. Y figurent la promesse d’un courtier « Most Reliable Broker », la mention d’une plateforme dite régulée pour la bourse, les cryptomonnaies et les contrats sur différence, le compteur « Operating since 2024 » et les boutons d’ouverture de compte : de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.

Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

Capture de la vitrine servie par getliquid365.com le 17 septembre 2026

L’ancien nom resté dans le libellé d’accessibilité, la page d’entreprise et le formulaire d’inscription

La preuve la plus directe de cette filiation ne se lit pas dans le texte affiché mais dans le code. Sur la page d’accueil de getliquid365.com, le lien qui entoure le logo porte l’attribut d’accessibilité « Getliquid24 ». Ce libellé est invisible à l’œil : il n’est prononcé que par les lecteurs d’écran, ce qui explique qu’il ait survécu au changement de marque. Il désigne pourtant le site par son ancien nom, sur toutes les pages du domaine.

Les pages secondaires vont plus loin, car elles sont rédigées. La page de présentation de l’entreprise annonce que « Getliquid24 is a global leader in financial and investing services ». Celle des documents légaux indique que le visiteur y trouvera « all necessary documents for doing business with Getliquid24 », puis répète ce nom dans son propre intitulé. La page des types de comptes promeut un « VIP Getliquid24 Specialized Trading Account » et précise que la société propose des échanges sans commission de report. La page des plateformes de trading invite à lancer le « Getliquid24 WebTrader ».

Le cas du formulaire d’inscription est le plus significatif. Les deux cases à cocher que le visiteur doit valider avant d’ouvrir un compte portent ce texte : « I wish to open an account with Getliquid24. I confirm that I have contacted Getliquid24 of my own free will and initiative. » La personne qui ouvre un compte sur getliquid365.com consent donc, noir sur blanc, à contracter avec Getliquid24. L’espace client reste dans la même logique : sa page d’accès affiche en pied de page que le service est fourni par « Getliquid24, LTD », et sa description de référencement est rédigée en allemand sous le titre « Online-Trading & Investitionen mit Getliquid24 », avec deux boutons intitulés « REGISTRIEREN » et « EINLOGGEN ». Sur les six pages que nous avons ouvertes, le nom de l’ancien site apparaît trente-cinq fois, dont dix-neuf sur la seule page de l’espace client.

La vitrine a par ailleurs été reconstruite sur un socle que l’ancien site n’utilisait pas, ce qui confirme un rebadgage plutôt qu’une simple redirection. Le site tourne sur WordPress associé au constructeur de pages Elementor et à son extension de composants additionnels, complétés par des modules écrits en Vue, par la bibliothèque de styles Tailwind chargée depuis un réseau de diffusion public et par jQuery. Les graphiques et le fil d’actualité financière proviennent des widgets de TradingView, et une fenêtre de conversation LiveChat est ouverte à toute heure sous l’identifiant 19720200. Cloudflare assure à la fois la résolution du nom, la diffusion du contenu et la mesure d’audience, et l’en-tête de sécurité impose le chiffrement strict à tous les sous-domaines. Le fichier d’exclusion du site écarte nommément les robots des principaux fournisseurs d’intelligence artificielle ainsi que ceux des grands moteurs commerciaux : la vitrine se protège de l’examen outillé tout en sollicitant les visiteurs humains.

Deux millésimes du même nom réservés chez un seul registrar

Les deux noms relèvent du même bureau d’enregistrement, NameCheap, Inc., identifié sous le numéro 1068 auprès de l’autorité d’attribution des noms d’Internet. Le rapprochement ne s’arrête pas là. Le registre attribue à chaque domaine un identifiant numérique propre : les deux extensions de cette vitrine, en .com et en .net, en ont reçu deux qui se suivent à deux unités près, ce qui trahit une réservation faite d’un seul geste.

Ce second millésime mérite qu’on s’y arrête, car c’est lui qui porte la messagerie. Les adresses publiées sur la page de contact du site sont [email protected] et [email protected] : l’écriture électronique de la société se fait donc sur une autre extension que celle de la vitrine. Le nom en .net répond au même moment dans le système de noms de domaine que le .com. Les serveurs de noms des deux millésimes sont ceux de Cloudflare, et les enregistrements de getliquid24.com renvoyaient également vers cette infrastructure avant sa suspension. Le statut déclaré au registre pour getliquid365.com est « client transfer prohibited », qui interdit tout transfert du nom vers un autre prestataire sans l’accord du titulaire. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.

Le certificat de sécurité présenté par la vitrine a été délivré par Google Trust Services sous l’autorité intermédiaire WE1, pour getliquid365.com et l’ensemble de ses sous-domaines ; l’exemplaire en cours court du 24 août 2026 au 22 novembre 2026. Les journaux publics de transparence des certificats montrent que les premiers d’entre eux ont été émis le jour même de l’enregistrement du nom, et qu’aucun autre domaine n’y est associé : contrairement à d’autres dossiers de cette série, la vitrine n’affiche pas ici le nom d’un site tiers dans son certificat. Le service de notation ScamDoc situe de son côté getliquid365.com au plus bas de son échelle, avec un indice de confiance de 25 %, et signale l’absence d’identité d’éditeur ainsi que le caractère récent du nom. La fiche est consultable sur ScamDoc.

Un contrat client régi par le droit d’un archipel, une société britannique introuvable

La page d’accueil affirme que « The Getliquid365 is a regulated and secure platform », sans nommer l’autorité qui l’aurait autorisée. La recherche de cette autorité dans les documents contractuels ne donne rien. Le contrat client, long de plusieurs dizaines de pages, ne désigne jamais la société autrement que par les mots « The Company » : aucun numéro d’immatriculation, aucun siège social, aucun numéro de licence n’y figure. Le document est en revanche explicite sur un point, à son article 20 : il est régi par le droit de la République de Vanuatu. L’avertissement sur les risques, annexé au même contrat, indique que la contrepartie « n’est régulée par aucun autre régulateur financier » et qu’aucune autorité de Hong Kong n’a relu le document. Ces mentions ne sont pas propres à cette enseigne : elles proviennent d’un formulaire conçu pour un autre marché, repris tel quel.

L’identité affichée sur la page de contact reste tout aussi flottante. Le site déclare un établissement au Royaume-Uni, à Londres, dans le quartier de Southwark ; une représentation en Suisse, à Zurich, dont l’adresse est écrite en un seul bloc de chiffres ; et un siège en Allemagne, à Berlin, sur le Kurfürstendamm. Le numéro de téléphone publié est un numéro britannique non géographique, du type utilisé pour les services d’assistance. Or aucune société répondant au nom Getliquid365 Finance Limited, ni Getliquid24 Finance Limited, ne figure au registre britannique des sociétés, que nous avons interrogé à la date du 17 septembre 2026. Les deux mentions légales les plus récentes publiées par la vitrine portent enfin des dates antérieures à l’existence du domaine : la politique de confidentialité est datée du 24 juin 2025 et le contrat client du 28 novembre 2025, soit environ un an avant l’enregistrement du nom. La page d’accueil affiche pour sa part un compteur « Operating since 2024 », en contradiction directe avec un nom réservé en juin 2026.

Nous avons par ailleurs vérifié l’absence de ce nom dans les listes de mise en garde publiées par l’Autorité des marchés financiers. Les six fichiers en ligne à notre date d’examen ne comportent aucune entrée correspondant à getliquid365.com. Il ne faut pas y voir une garantie de régularité : cela signifie seulement que, ce jour-là, ce nom ne figurait dans aucun des fichiers de l’autorité. La vitrine propose par ailleurs un catalogue complet de produits spéculatifs (actions, devises, métaux précieux, matières premières, indices, cryptomonnaies), un effet de levier annoncé jusqu’à 1 000 fois la mise, et des dépôts par carte bancaire, portefeuille électronique, virement local ou cryptomonnaies, dont le bitcoin, l’ether et plusieurs réseaux alternatifs. Aucun de ces instruments ne s’accompagne de l’agrément qui conditionne pourtant leur commercialisation auprès du public français.

Un versement, des pièces à conserver, une banque à interroger

Lorsque des fonds ont été confiés à ce type de plateforme, les démarches utiles se jouent d’abord sur ce qui subsiste du dossier. L’accès à l’espace client de getliquid365.com peut être coupé du jour au lendemain, sans préavis, à la manière de getliquid24.com en juin 2026 : tout ce qui n’a pas été sauvegardé avant disparaît. Il faut donc extraire sans attendre les relevés des comptes ouverts sur la plateforme, l’historique des dépôts et des retraits, les captures des écrans montrant les positions et les soldes, ainsi que la correspondance échangée avec les interlocuteurs du service. Les adresses de cryptomonnaies et les coordonnées bancaires communiquées pour les versements doivent être notées telles qu’elles ont été transmises : ce sont elles qui permettent de retracer le chemin des fonds.

Ces éléments conditionnent la suite, et notamment les recours ouverts aux personnes trompées. Une plainte peut être déposée auprès du procureur de la République du lieu de résidence ou dans un service de police ou de gendarmerie, avec un exposé chronologique des faits et les justificatifs de versement. Sur le plan civil, la responsabilité de l’établissement qui a reçu les virements peut être recherchée lorsqu’il a manqué à son obligation de vigilance : c’est le point que développe l’entretien ci-dessous.

Maître Goce Novakov, avocat dont le barreau a son siège à Paris, revient sur une décision dans laquelle la banque par laquelle les fonds ont transité a été condamnée, et sur la façon dont la provenance des versements a été établie pour les victimes de faux placements. Son analyse porte sur le rôle de l’établissement qui ouvre le compte utilisé par les escrocs, et sur les recours que cette responsabilité ouvre aux personnes trompées. Son profil est présenté sur sa page dédiée.

Getliquid365 : trois points que nos lecteurs nous ont demandés

Getliquid365.com est-il le même site que getliquid24.com ?

Les deux vitrines ont été réservées chez le même bureau d’enregistrement, elles s’appuient sur la même infrastructure de diffusion, et la plus récente porte encore le nom de la plus ancienne dans son code, ses pages légales, la présentation de son entreprise et jusqu’au texte des cases à cocher de son formulaire d’inscription. Nous présentons ces éléments comme ceux d’une suite technique, sans affirmer l’identité des personnes qui les font fonctionner : aucune nous est nommément connue.

Peut-on récupérer l’argent versé sur cette plateforme ?

Chaque situation dépend des preuves conservées et du chemin qu’ont suivi les fonds. Les justificatifs des virements, les adresses de cryptomonnaies utilisées pour les dépôts, les relevés de la plateforme et les échanges avec les interlocuteurs constituent les pièces déterminantes. Les demandes de frais supplémentaires présentées comme nécessaires au déblocage d’un retrait sont un procédé courant : elles n’ouvrent aucun droit et augmentent la perte.

Le site affiche une société au Royaume-Uni et une adresse à Berlin. Ces mentions sont-elles vérifiables ?

Aucune société portant le nom Getliquid365 Finance Limited ne figure au registre britannique des sociétés, que nous avons interrogé le 17 septembre 2026. Les documents contractuels évitent d’ailleurs soigneusement de nommer l’exploitant, qu’ils désignent uniquement par les mots « The Company », et renvoient au droit de la République de Vanuatu. Les adresses affichées ne sont donc adossées à aucune entité vérifiable.

Conclusion : un nom relancé, une identité toujours absente

Getliquid365.com résume en une page tout ce que le dossier de juin 2026 avait mis au jour, avec une différence de degré : le nom n’est plus seulement repris par un opérateur voisin, il est repris par le même atelier, qui a rebadgé son propre gabarit sans en effacer les traces. La chronologie est le fait le plus lourd du dossier : le domaine a été acheté le lendemain de la parution de notre enquête, et quatre jours avant que le registre ne gèle le précédent. Le reste du tableau, la vitrine reconstruite, le contrat régi par le droit d’un archipel, les adresses sans société, le compteur d’ancienneté contredit par la date de réservation du nom, décrit une mécanique éprouvée plutôt qu’une improvisation. Ce qui manque toujours, c’est l’identité de celui qui encaisse.

Les personnes ayant versé des fonds sur getliquid365.com, que ce soit par virement bancaire, par carte ou en cryptomonnaies, peuvent demander une évaluation préalable de leur situation auprès de BrokerDefense. Les pièces rassemblées à ce stade, et notamment les relevés de l’espace client extraits avant toute fermeture d’accès, déterminent les voies de recours qui restent ouvertes.

Vous avez ouvert un compte ou envoyé des fonds après une invitation reçue au nom de getliquid365.com ? Le service d’aide aux victimes de BrokerDefense examine gratuitement votre situation et vous indique les pièces utiles et les démarches possibles.

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