L’Autorité des marchés financiers a publié le 10 septembre 2026 une fiche consacrée à l’adresse de courriel [email protected]. Elle y figure sous le libellé « Usurpation ». Le nom de domaine qui soutenait cette adresse, pendoxa.com, ne répond plus depuis le mois d’août : le registre le décrit comme gelé et ses serveurs de noms ne renvoient plus rien.
Ce qui distingue ce dossier d’une simple page de trading de plus, c’est le nom apposé sous la vitrine. La plateforme se présentait comme opérée par CoinShares, gestionnaire d’actifs numériques européen bien réel, dont elle reprenait les références d’agrément. Et l’application, elle, n’a pas disparu : la même instance répond toujours, sous une autre terminaison du même nom.
Sommaire
- L’adresse [email protected] inscrite au fichier « Usurpation » de l’AMF
- CoinShares, gestionnaire d’actifs dont le nom a servi d’appui
- Le nom en .com, enregistré en octobre 2025 puis gelé au mois d’août
- Gabarit de plateforme et portail d’ouverture de compte
- Des versements vers cette plateforme : ce qu’il reste à documenter
- Les interrogations qui reviennent sur ce nom
- Pendoxa.com : un nom coté affiché, deux adresses pour un même service
L’adresse [email protected] inscrite au fichier « Usurpation » de l’AMF
La fiche que le régulateur consacre à cette adresse porte la date du 10 septembre 2026 et le libellé « Usurpation ». Elle est également reprise dans le fichier public des listes noires et mises en garde que l’autorité tient à jour pour les épargnants. Sur cette page, aucun agrément ne couvre l’activité proposée aux personnes établies en France.
Le choix du libellé dit l’essentiel. L’AMF range sous « Usurpation » les dossiers bâtis sur l’identité d’un tiers, et le tiers est ici identifiable sans ambiguïté : la plateforme portée par ce nom se présentait, en toutes lettres, comme opérée par CoinShares International Limited. L’inscription de l’adresse de contact apparaît ainsi comme l’aboutissement visible d’un montage qui a emprunté le nom d’une société existante pour se donner une apparence de solidité.
Un point mérite d’être noté d’emblée : ce que le régulateur désigne est une adresse de courriel, pas une page. C’est par la messagerie que le contact s’établissait, la vitrine servant de caution visuelle à l’échange. Une adresse inscrite suffit donc à identifier le canal utilisé, même lorsque le site qui la porte a cessé de répondre.
Dernière mise à jour : 17/09/2026
📄 Document
BrokerDefense met gratuitement à disposition la capture de la page servie par pendoxa.com, réalisée le 17 septembre 2026. Y figurent la bannière « Precise Predictable Powerful », le bouton « Open an Account » et le bloc « The Pendoxa Premium » : de quoi reconnaître l’interface, appuyer un dossier ou alerter un proche.
Pour une utilisation dans le cadre d’une procédure judiciaire, commandez la version complète sans filigrane.

CoinShares, gestionnaire d’actifs dont le nom a servi d’appui
Les pages conservées de la vitrine portent, en pied d’écran, un encadré intitulé « Company Information ». On y lit que Pendoxa est une plateforme de trading « opérée par CoinShares International Limited », et que les services disponibles passent par plusieurs entités du groupe, dont une société enregistrée dans le Jersey et une société de gestion agréée par l’AMF. Ces trois éléments sont présentés comme un faisceau de garanties.
Rien, dans ce qui a été recueilli, ne rattache la plateforme au gestionnaire cité. Le site institutionnel de CoinShares, qui se décrit comme le principal gestionnaire d’actifs européen spécialisé dans les actifs numériques, répond parfaitement et ne renvoie à aucun moment vers ce nom. Cette société est étrangère au montage décrit ici : c’est son identité qui a été reprise, et elle n’est aucunement mise en cause.
Le contraste entre les deux pages est instructif. Côté CoinShares, une société identifiable, des publications régulières et une adresse de contact qui mène à un service. Côté Pendoxa, un encadré qui cite des agréments sans jamais indiquer la société qui les détient, aucun numéro d’immatriculation propre, aucune adresse physique. L’emprunt d’un nom connu tient lieu de pedigree.
Le nom en .com, enregistré en octobre 2025 puis gelé au mois d’août
Ce schéma n’est pas isolé dans les dossiers que nous suivons : il évoque goldfitrade.com, où les rendements étaient promis au nom de Binance, et la copie du site du régulateur documentée quelques jours plus tôt.
Le registre situe la création de pendoxa.com au 20 octobre 2025, pour une échéance fixée au 20 octobre 2026. L’enregistrement a été pris chez NameSilo, un bureau américain, et le titulaire est masqué derrière un service de confidentialité qui ne laisse apparaître qu’un identifiant anonyme. Deux serveurs de noms du même prestataire de résolution accompagnaient le nom.
Le fait le plus parlant se lit dans les statuts : « client hold » et « client transfer prohibited », avec une dernière modification datée du 7 août 2026. Le premier de ces statuts suspend le fonctionnement du nom à l’échelon du registre ; c’est lui qui explique l’absence totale de réponse aujourd’hui, alors même que l’enregistrement court jusqu’en octobre. Un nom gelé n’est pas un nom rendu au domaine public : il est mis hors service, généralement à la demande du bureau d’enregistrement ou d’une autorité.
Les caractéristiques d’enregistrement du nom, ses dates et son bureau figurent dans la fiche WHOIS complète sur DomainTools.
Gabarit de plateforme et portail d’ouverture de compte
La vitrine n’avait rien d’une réalisation sur mesure. Les données techniques de l’application désignent un projet nommé « 0671_Pendoxa », déployé sur un moteur unique qui sert l’ensemble des pages : accueil, produits, types de comptes, cryptomonnaies, forex, actions, matières premières, conditions d’utilisation, politique de conformité et page de risques. Un sélecteur de langue ouvre le même contenu en plusieurs versions. Ces pages relèvent d’une même famille de gabarits, où seuls le nom et les visuels diffèrent.
Le parcours de conversion est également standardisé : la bannière d’accueil propose un bouton « Open an Account » qui mène directement au portail client, sur un sous-domaine dédié, où l’ouverture de compte et la collecte des pièces d’identité commencent. Ce portail répond encore aujourd’hui. La page d’accueil affiche, elle, les formules habituelles : « The Pendoxa Premium », une plateforme présentée comme conforme et sécurisée, et une promesse de trading assisté par l’intelligence artificielle.
Sur le plan de la réputation, une fiche consacrée à ce nom existe sur un service d’évaluation indépendant, dont l’indice de réputation ressort à 1 %. La mesure repose en grande partie sur la jeunesse du nom, et elle ne constitue pas un verdict à elle seule ; elle rejoint toutefois les deux constats précédents.
Deux points d’infrastructure complètent le tableau. Le certificat présenté par le nom vivant est un certificat générique couvrant le domaine et ses sous-domaines, émis le 10 août 2026 et valable jusqu’au 5 décembre : un choix de mutualisation, pas une preuve d’identité. Le serveur qui répond, de son côté, se présente sous l’étiquette nginx, sans autre élément d’identification.
Des versements vers cette plateforme : ce qu’il reste à documenter
Le réflexe utile, quand une adresse de ce type a servi d’interlocuteur, n’est pas d’écrire de nouveau. Il consiste à rassembler ce qui existe déjà : les messages échangés avec le service, en-têtes complets et expéditeur apparent, puis les justificatifs bancaires, ordres de virement et relevés de compte. Ces pièces sont datées, elles, et ne dépendent pas de la disponibilité du site.
Deuxième étape, la banque. Une demande écrite permet de faire constater que le bénéficiaire annoncé au dossier n’est pas celui qui a effectivement réceptionné les fonds, et d’obtenir les coordonnées d’un compte destinataire. Cette démarche se double d’un signalement : le service public de signalement des fraudes, puis le procureur de la République du ressort du domicile. Les voies de droit ouvertes après une escroquerie sont décrites sur notre page dédiée à la plainte pénale.
Notre rédaction a recueilli le témoignage de Maître Denitza Gueorguieva, avocate qui relève du barreau de Lyon : elle y retrace une affaire d’investissement dans l’or jugée à Perpignan, et les sommes allouées aux personnes trompées. Le dossier qu’elle commente n’est pas celui de pendoxa.com, mais la méthode qu’elle décrit vaut pour toute plateforme non autorisée.
Les interrogations qui reviennent sur ce nom
Oui, lorsque cette adresse est nommément inscrite sur le fichier public du régulateur. C’est le cas ici : l’AMF a retenu [email protected] le 10 septembre 2026, ce qui donne un point de départ précis. L’adresse vaut donc comme pièce d’identification du canal utilisé, même en l’absence de site accessible.
Les relevés effectués pour cette enquête montrent la même instance applicative sur les deux terminaisons : même identifiant de projet, mêmes pages, même encadré de bas de page citant CoinShares. Autrement dit, le gel du nom en .com n’a pas interrompu le service rendu aux visiteurs, il l’a seulement déplacé.
Par la conservation, puis par la banque. Les messages, les ordres de virement et les relevés datent les opérations et permettent de demander les coordonnées du compte bénéficiaire. Un signalement au procureur peut être déposé dans le même temps, sans attendre le résultat des recherches sur la plateforme.
Pendoxa.com : un nom coté affiché, deux adresses pour un même service
L’histoire de pendoxa.com se lit en trois dates. Octobre 2025, la création du nom et la mise en service d’une plateforme de trading qui se réclame de CoinShares. Août 2026, le gel au registre et la disparition de toute réponse. Septembre 2026, l’inscription de l’adresse de contact sur le fichier des acteurs non autorisés. Entre-temps, l’application a simplement continué sa route sous une autre terminaison, avec le même contenu et les mêmes promesses.
Les personnes concernées décrivent presque toujours la même situation : un premier contact par courriel, une vitrine crédible en apparence, un compte ouvert sur le portail client, puis des demandes de versements complémentaires présentées comme la condition d’un retrait. Le gel du nom ne rend pas ces opérations invisibles : il déplace l’interlocuteur. Les relevés bancaires, eux, restent.
Avant d’engager une démarche, faire établir par BrokerDefense ce que le dossier contient encore d’exploitable aide à choisir la voie la plus utile.
Vous avez été en relation avec cette plateforme ou avec une adresse de ce type ? Le service d’aide aux victimes de BrokerDefense examine votre situation et vous indique les pièces à réunir.


