L’adresse pré[email protected] figure depuis le 4 septembre 2026 sur la liste noire de l’Autorité des marchés financiers, dans la catégorie « Usurpation ». Contrairement à une boîte « contact » générique, ce format « prénom.nom » est celui d’une identité individuelle : il sert à faire croire qu’un conseiller précis, doté d’un nom et d’un prénom, écrit personnellement à l’épargnant. Derrière cette adresse se trouve pourtant un domaine enregistré le 27 mai 2026, dépourvu de tout site web et configuré uniquement pour la messagerie. Aucune société réelle ne revendique ce nom, et tout message prétendument signé d’un conseiller depuis cette adresse doit être ignoré.
Dernière mise à jour : 07/09/2026
Sommaire
- pré[email protected], une adresse inscrite le 4 septembre sur la liste noire de l’AMF
- Un domaine né le 27 mai 2026 à 8 h 21, une heure avant son jumeau
- Aucune page web : le domaine n’existe que pour la messagerie
- Des adresses « prénom.nom » qui singent un conseiller individuel
- Un courriel reçu de pré[email protected] : les bons réflexes
- Questions fréquentes sur pré[email protected]
pré[email protected], une adresse inscrite le 4 septembre sur la liste noire de l’AMF
La fiche publiée par le régulateur classe pré[email protected] dans la catégorie « Usurpation » et précise que cet acteur n’est pas autorisé par l’AMF à proposer certains services ou placements financiers en France. La date de mise en ligne de l’avertissement, le 4 septembre 2026, ne laisse que trois jours d’écart avec nos vérifications du 7 septembre. Le signalement vaut pour l’adresse elle-même : le régulateur a choisi de pointer une boîte aux lettres plutôt qu’un site, ce qui est la signature des montages d’usurpation menés par courriel. La mise en garde consacrée à cette adresse est consultable sur le site de l’AMF.
Le nom pgroup-user.com appartient à une paire que nous avons déjà documentée : son jumeau pgroup-client.com, créé le même matin du 27 mai 2026 environ une heure plus tard, porte l’adresse [email protected], elle aussi blacklistée par l’AMF le 4 septembre. Notre enquête sur pgroup-client.com décrit le fonctionnement de cette organisation fictive. Le couple « client » et « user » reproduit la structure interne d’une entreprise imaginaire, où une boîte générique répondrait aux courriels tandis que de faux conseillers individuels écriraient sous des prénoms et des noms d’emprunt.
Un domaine né le 27 mai 2026 à 8 h 21, une heure avant son jumeau
Les registres du domaine pgroup-user.com sont sans ambiguïté : l’enregistrement a eu lieu le 27 mai 2026 à 8 h 21 UTC, soit environ une heure et six minutes avant celui de pgroup-client.com, créé à 9 h 27 le même jour. Les deux noms ont été déposés chez le même registrar, Registrar.eu, la marque sous laquelle opère la société néerlandaise Hosting Concepts B.V., avec les mêmes serveurs de noms Openprovider (ns1.openprovider.nl, ns2.openprovider.be et ns3.openprovider.eu). L’échéance de l’enregistrement est fixée au 27 mai 2027. Consultez la fiche WHOIS complète sur DomainTools pour vérifier les détails d’enregistrement du domaine.
Le titulaire est masqué derrière Whois Privacy Protection Foundation, une protection de confidentialité enregistrée aux Pays-Bas. Cette dissimulation est récurrente dans les montages frauduleux : elle empêche de relier le nom à une personne physique et rend impossible toute mise en demeure directe. La création quasi simultanée de deux noms construits sur le même modèle, avec le même registrar et la même protection, constitue un indice fort de production organisée : ces domaines ne sont pas nés d’un projet d’entreprise, mais d’une liste de noms préparée à l’avance pour un usage d’usurpation.
Aucune page web : le domaine n’existe que pour la messagerie
Au moment de nos vérifications du 7 septembre 2026, pgroup-user.com ne publie aucun enregistrement qui permettrait d’afficher un site : aucune adresse IP n’est associée au nom, les ports habituels du web ne répondent pas et le domaine est incapable de présenter la moindre page, la moindre mention légale ou le moindre espace client. Cette absence n’est pas accidentelle : elle traduit un choix de configuration. Le nom a été créé pour porter des adresses de courrier électronique, pas pour héberger un site qui pourrait être signalé, saisi ou archivé.
La seule infrastructure détectée est destinée aux courriels : le domaine pointe vers les serveurs de messagerie de Google (aspmx.l.google.com et ses variantes) et publie un enregistrement SPF autorisant Google à expédier des messages en son nom. Autrement dit, pgroup-user.com est prêt à produire et à recevoir des courriels signés d’adresses en prénom.nom@, sans jamais exposer de vitrine. Le site d’analyse ScamDoc consacre une fiche à pgroup-user.com, analysée le 7 septembre 2026 : elle affiche un indice de confiance de 25 %, parmi les plus faibles, et relève le caractère récent du nom, sa faible espérance de vie et le masquage du titulaire.
Des adresses « prénom.nom » qui singent un conseiller individuel
Le procédé mérite d’être souligné : là où pgroup-client.com imitait une boîte « contact » générique, pgroup-user.com est conçu pour des adresses au format prénom.nom@, celui d’un interlocuteur personnalisé. L’escroc peut ainsi signer ses courriels d’un faux prénom et d’un faux nom, imiter le style d’un conseiller en gestion de patrimoine et entretenir l’illusion d’une relation de suivi individuelle. Cette personnalisation est un levier de confiance classique : un message signé d’un nom précis paraît plus crédible qu’une expédition anonyme, et l’épargnant peut être tenté de répondre, de transmettre des documents ou d’engager un versement.
Le caractère organisé du montage est confirmé par l’association de consommateurs ADC France, qui a publié un signalement commun aux deux domaines pgroup-client.com et pgroup-user.com sur son site. Cette salve du 4 septembre n’a pas frappé que la paire pgroup : le même jour, l’AMF a également inscrit l’adresse pré[email protected], qui imitait la plateforme d’investissement SwissBorg, un montage que nous avons documenté dans notre enquête sur swissborg.com-accesprive.app. La technique de l’identité d’emprunt est ancienne : dès 2020, des escrocs se faisaient déjà passer pour les agents de la plateforme d’échange Kraken afin d’écrire à des épargnants francophones.
Lorsqu’un message signé d’un prénom et d’un nom inconnus a conduit à un virement ou à la transmission de coordonnées bancaires, la question de la récupération des fonds se pose immédiatement. Dans la vidéo ci-dessous, Maître Julie Younes, avocate au barreau de Paris, expose les voies de droit mobilisables face aux litiges financiers : mise en demeure et négociation d’un accord, puis, à défaut, action en justice pour obtenir la restitution des sommes et l’indemnisation du préjudice subi.
Un courriel reçu de pré[email protected] : les bons réflexes
Un message prétendument signé d’un conseiller depuis pré[email protected] n’émane d’aucun professionnel réel. Ne répondez pas : toute réponse confirme aux expéditeurs que votre adresse est active et alimente leurs fichiers. N’ouvrez pas les pièces jointes et ne cliquez pas sur les liens, qui peuvent mener vers une page de collecte d’identifiants ou installer un programme malveillant. Signalez le courriel comme pourriel, puis signalez l’adresse à l’AMF : elle figure déjà sur la liste noire, mais chaque signalement renforce le travail des enquêteurs. L’AMF Epargne Info Service répond également au 01 53 45 62 00.
Si vous avez déjà versé des fonds ou communiqué des documents après un contact passé par cette adresse, prévenez votre banque immédiatement pour tenter d’interrompre ou de contester l’opération, conservez l’intégralité des échanges, les relevés et les captures d’écran, puis déposez plainte pour escroquerie et usurpation d’identité. Notre guide de la procédure pénale détaille les étapes. Méfiez-vous aussi des appels ou courriels qui vous proposeraient, contre un paiement préalable, de « débloquer » un gain ou de « récupérer » vos fonds : aucune démarche légitime ne se paie à l’avance, et cette seconde sollicitation serait une nouvelle arnaque.
Questions fréquentes sur pré[email protected]
Non. L’AMF a inscrit cette adresse sur sa liste noire le 4 septembre 2026, dans la catégorie « Usurpation », et indique que cet acteur n’est pas autorisé à proposer certains services ou placements financiers en France. Le domaine pgroup-user.com, enregistré le 27 mai 2026 chez Registrar.eu, n’héberge aucun site web, ne publie aucune page et n’est configuré que pour la messagerie. Aucune société ne revendique ce nom : tout message signé d’un prénom et d’un nom depuis cette adresse est frauduleux.
Parce que le format prénom.nom@ est celui d’une identité individuelle : il sert à faire croire qu’un conseiller précis écrit personnellement à l’épargnant, ce qui rend la sollicitation plus crédible qu’un message générique. Le domaine pgroup-user.com a été configuré uniquement pour l’envoi et la réception de courriels via les serveurs de Google, sans aucun site web. Il forme avec pgroup-client.com une paire « client » et « user » créée le même matin du 27 mai 2026, dont les deux adresses ont été blacklistées par l’AMF le 4 septembre 2026.
Contactez votre banque sans délai pour signaler et contester toute opération, conservez l’ensemble des échanges et des justificatifs, puis déposez plainte pour escroquerie et usurpation d’identité. Ne répondez à aucune demande de frais préalables pour « débloquer » un retrait ou « sécuriser » un gain : ce serait une seconde arnaque. Notre service d’aide aux victimes peut étudier gratuitement votre situation et vous orienter vers les démarches adaptées.
L’inscription de pré[email protected] sur la liste noire de l’AMF, le 4 septembre 2026, offre aux épargnants un repère officiel : elle confirme que cette adresse au format d’un conseiller individuel, portée par un domaine muet du 27 mai 2026, appartient à un montage d’usurpation organisé autour de la paire pgroup-client.com et pgroup-user.com. Les personnes qui ont reçu un courriel signé d’un faux prénom et d’un faux nom, ou qui ont versé des fonds après un tel contact, ont intérêt à agir rapidement : chaque jour compte pour interrompre un virement, préserver les preuves et engager les démarches auprès de leur banque et des autorités. BrokerDefense reste à leur disposition pour une évaluation préalable de leur situation, sans frais et sans engagement.


